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Full text of "Bulletin Societe D'Histoire Naturelle de Toulouse (et de Midi Pyrenees)."

BULLETIN 



DE LA 




SOCIETE 



D'HISTOIRE NATURELLE 



DE TOULOUSE 



PREMIERE ANNEE. - TOME I. 




TOULOUSE 

TYPOGRAPHY DE BONISAL ET G1BRAC 

RUE SAINT-ROME, 44 

1867. 




BULLETIN 



DE LA 



SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE 

DE TOULOUSE. 



P'97 



BULLETIN 



DE LA 



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SOCIETE 



D'HISTOIRE NATURELLE 






DE TOULOUSE 



PREMIERE ANNEE. - TOME I. 



TOULOUSE 

TYPOGRAPHIE DE BONNAL ET GIBRAC 

BUE SAINT-ROME, 44 

1867. 



BULLETIN 



DE LA 



S0G1ETE D'HISTOIRE NATURELLE 
DE TOULOUSE. 



AX, SES SOURCES, SA GEOLOGIE (') , 

Par le D r F. Garrigou. 

La medecine, la chimie et la geologie sont trois sciences inse- 
parables l'une de l'autre dans l'etude approfondie des eaux 
minerales. Celui-la seul qui ne possede qu'une teinte legere et 
peu serieuse de ces diverses branches de l'histoire naturelie peut 
nier la solidarity de ces sciences. Une etude medicale, geologique 
et chimique de toutes les stations thermales d'une meme region 
permettrait peut-etre d'arriver a la connaissance des lois qui regis- 
sent cette circulation incessante qu'accusent les sources thermales 
entre les couches superiicielles et les couches profondes du globe. 
Les monographies de ce genre rendraient a l'humanite un service 
des plus importants. Elles permettraient aux praticiens, meme 
les moins habitues a la medecine hydrologique, dedonner a leurs 
malades des conseils utiles dans le choix d'une station thermale. 
Elles eviteraient des tatonnements souvent si facheux dans le trai- 
tement des maladies chroniques qui sont Papanage de la therapeu- 
tique thermo-minerale. Puissent des travaux de ce genre venir 
augmenter les renseignements deja si precieux que des savants du 
plus baut merite ont procures sur les nombreuses sources medica- 
lement exploiters. 

(1) Seance du 1G novembre 1868. 

Tome 1. t 



— 2 — 

La station d'Ax, que j'ai ctudiee au triple point de vue dont je 
parle, aver mon ami regrelte Louis Martin , est a coup sur l'une 
des plus interessantes des Pyrenees. Elle sert en efTet d'inter- 
mediaire entre les eaux des Pyrenees-Orientales et lcs eaux de 
Luchon. 

Deja depuis plusieurs annees (Memoires de l'Academie des 
sciences do Toulouse, 5 me serie. T. Ill, p. 40 a G2,, M. le profes- 
seur Filhol (1) avait montre qu'au point de vue de la composition 
chimique les eaux sulfureuses d'Ax differaient des eaux de Luchon 
par l'alcalinite, nulle dans ces dernieres, tres prononcee dans les 
premieres, ce qui faisait ressembler celles-ci aux sources d'Olette 
principalement (Pyrenees-Orientales). D'autre part il avait montre 
dans son Traite des eaux des Pyrenees, que la presence de l'acide 
sulfhydrique libre dans les sources d'Ax, et le phenomene du 
blanchiment, sont des faits chimiques communs aux eaux d'Ax et 
aux eaux de Luchon. 

En 1803 et en 4864, jerendais compte a la Societe Geologique 
de France et a l'Academie des sciences, de ines recherches geolo- 
giques et mineralogiques faites avec Louis Martin dans les trois 
regions d'Olette, d'Ax, de Luchon. Nous montrionsa Ax une serie 
de roches rappelant d'une maniere remarquable la mineralogie 
d'Olette et de Luchon. En effet, a Ax nous avons : 1° comme dans 
lcs Pyrenees-Orientales, des roches essenliellement quartzeuses et 
porphyroides, une sorte d'elvan ressemblant a ceiui d'Olette et 
iTAinelie-les-Bains, des roches silicifiees sur des etendues consi- 
derables, rappelant un peu ce que Ton voit aux environs du Vernet 
et de Vinca. 2<> Comme a Luchon, il exisle a Ax une serie de 
roches et de mineraux identiques : pegmatite a gros elements, 
a quartz cristallise formant la pierre hebrai'qu3, a feldspath souvent 
decompose, a mica palme, a tourmaline, accompagnee de grenat , 



(\) Cet (''mincnt cbimisle eludiant les eaux des Pyrenees a montre, chose 
aossi delicate a Olfouter qu'utile a connaitre, les differences qui existent entre 
elles. On s.iil qu'Anglada avait au conlraire cherche a saisir leurs ressemblan- 
ces. Lee Irayaui de ces deux savants resteronl dans la science comme type des 
phases pat lesquelles Joivent passer des recherches de ce genre pour arriver a la 
CODDais&aoce chimique complete d'une serie de sources thcrmo-minerales dans 
nne meme ri'-gion. 



- 3 - 

de pinite, de pyrite et d'emeraude grise, le lout formant 1 Ion dans 
un granit plus ancien, a elements fins. 

Au contraire, les stations des Pyrenees-Orientales (a part Amelie- 
les-Bains) et Luchon, ne se ressemblent en rien par les roches qui 
sonl dans le voisinage des sources thermales. 

De meme encore, en etudiant dans les trois regions que je decris 
les systemes de fractures qui ont permis aux sources chaudes d'ar- 
river au jour, nous avons trouve 1° qu'a Olette, surtout, las filons 
d'eau minerale se trouvaient en rapport avec des failles s'orientant 
principalement sur le systeme du Thuringerwald ( 0. 51° N. ) 
de M. Elie de Beaumont , rapporte par le calcul d'un triangle 
spherique dans la region des Pyrenees ; 2° qu'a Luchon les sources 
naissent dans des failles dont plusieurs sont encore beautes et 
exactement orientees sur la direction N. 27° 0. qui n'est autre 
que celle du systeme du Mont-Viso (de M. Elie de Beaumont), egale- 
mentcalculee dans la region qui nous occupe. 

A Ax les sources naissent sur le croisement de plusieurs accidents 
geologiques dont les principaux sont: 1° une immense fracture du 
Thuringerwald que j'ai suivi dans une etendue de \ 50 kilometres 
environ ; 2° une serie de failles da Mont-Viso ayant produit dans 
le departement les accidents caracteristiques de son age. 

La chimie, la geologic et la mineralogie s'accordent done parfai- 
tement pour montrer que les sources sulfureuses d'Ax sont un 
intermediate entre celles des Pyrenees-Orientales et celles de 
Luchon. Mais ce n'est pas seulement a ces sciences qu'il faut 
demander la place naturelle de cette station privilegiee. Interrogeons 
encore la medecine et le microscope pour puiser a leur source de 
precieux renseignemenls. 

Dans une monographic fort interessante, M. Leon Soubeiran (1) 
a etudie la matiere organisee que deposent les sources sulfureuses 
des Pyrenees. L'etude microscopique que ce savant a faite de la 
faune et de la flore de ces depots, va me permettre, concurremment 
avec mes propres observations et celles de M. le Professeur Filhol, 
d'arriver a des resultats curieux et appuyant les donnees chimiques 
et geologiques que nous possedons deja sur Ax. 



(1) Essai sur la matiere organisee des sources sulfureuses des Pyrenees.— 
Victor Masson. Paris. 4 858. 



En general, les matieres glairineuses des sources d'Olette presen- 
tent des colorations varices 5 elles sont blanches, vertes ou rouges; 
celte derniere coloration semble plus abondante que les autres, elle 
devient parfois saumonee. Les matieres rouges et blane-grisatre, 
se font remarquer par la quantite de diatomees qu'elles contiennent. 
On y voit la Frustulia subulata, YEunotia diadema, YEunotia 
longicornis, la Navicula Filholi, etc. Enfin la glairine rouge de la 
source Saint-Michel a presente a M. Soubeiran une matiere carmi- 
nee offrant les plus grandes analogies avec les agregations de 
monades, de la source inferieure de Merens (Ariege). 

A Ax j'ai pu etablir qualre divisions dans les depots organises 
des sources, et ces divisions sont les memes qu'a Olette; il y a de 
plus de la glairine noire. Les depots blancs et verts se ressejnblcnt 
notablement dans les deux stations, mais les depots rouges d'Ax, 
de Merens et de Saliens sont bien moins riches en diatomees que 
les depots semblables d'Olette. C'est a peine si Ton y trouve quel- 
ques bien rares navicules; les monades roses sont les etres organises 
les plus abondants. 

A Luchon, il n'y a plus trace 111 de depots rouges ni de 
diatomees. 

Ax et Luchon se ressemblent cependant par les depots abondants 
de cristaux de soufre que contiennent les matieres glairineuses, 
et de plus par la coloration noire d'un graud nombre deces depots, 
lait que je n'ai pu constater a Olette. 

Je ferai encore remarquer que la quantite de sels contenue dans 
4 litre d'eau d'Ax est intermediaire entre les quantites contenues 
dans 4 litre d'eau de Luchon et 4 litre d'eau d'Olette. Ax se rap- 
proche cependant, a ce point de vue, beaucoup plus de la premiere 
de ces deux stations ; il en est de memo pour la quantite de sels 
solubles contenus dans la barCgine d'Ax qui la place comme 
intermediaire entre les deux memes localites. 

Au'point de vue medical, je dirai, sans entrer dans des details 
descriptifs peu en rapport avec le but de notre societe, que les 
sources d'Olette sont on ne peut plus efficaces dans les maladies qui 
rcclament un traitement alcalin, tandis que cellos de Luchon 
produiscnt des effets desaslreux dans les memos cas. Ainsi, la 
gravelle, la goutte, les affections de la vessie, le diabete qu'on 
gu£rit ou qu'on ameliore a Olette, sont exasperes a Luchon. Ax se 
trouve intermediaire, et un goutteuxou un diabetique rhumatisant 



venant chercher du soulagement a Ax l'y trouve, pourvu qu'il y 
prenne les bains d'une maniere rationnelle. 

Ces faits rapidement enonees, je vais etudier les phenomenes 
chimiques et geologiques qui regardent les eaux d'Ax. 

Dans des travaux precedemment publics, j'ai donne des details 
sur la composition chimique des sources sulfureuses qui nous 
occupent. Je n'ajouterai a mes descriptions precedentes rien de 
nouveau, quant a ce qui regarde l'elude chimique de la station d'Ax. 
Mais j'insisterai sur un phenomene particulier que j'ai deja signale 
en 1862. 

M. le Professeur Filhol avait remarque que des changements dans 
la sulfuration et dans la temperature de certaines sources des 
Pyrenees survenaient d'une annee et meme d'un jour a l'autre. Il 
avait cru observer une augmentation dans la chaleur et dans le 
degre de sulfuration de ces sources apres les saisons pluvieuses. Mes 
observations recueillies avec le soin que mon savant maitre a le 
don d'inculquer a ses eleves, viennent aujourd'hui confirmer de 
la maniere la plus formelle le fait entrevu pour la premiere fois par 
M. Filhol. 

C'est en employant le procede si sensible de la sulfhydrometrie 
renversee, au moyenjle l'iodure damidon, invente par M. Filhol, 
et en me servant de thermometres tres exacts construits par 
M. Baudin de Paris, que j'ai pu acquerirla certitude des resultats 
suivants. 

La source Viguerie qui. pendant une saison seche, avait donne 
0s,016comme degre sulfhydrometrique, est remontee a 0^,019 eta 
0s,021 apres une saison pluvieuse. De meme les Canons ont subi 
apres les memes changements une augmentation de sulfuration de 
plusieurs milligrammes par litre. 

Le captage de la source Viguerie fait dans les meilleures condi- 
tions possible m'a revele la connaissancede changements frequents 
dans la sulfuration et dans la temperature de cette source , chan- 
gements se faisant sentir meme sans attendre de trop longs inter- 
valles de temps. Je ne donnerai ici qu'une seule observation, mais 
irrecusable ] car elle a ete recueillie en meme temps par mon ami 
le Docteur P. Mares, que ses remarquables travaux sur l'Afrique 
ont fait depuis longtemps connaitre, et par moi. Nous etions munis 
tous deux d'instruments identiques , construits par M. Baudin , et 



_ 6 — 

doM nous avons verifie le zero, avant et apres nos operations. Nos 
resultats ont ete concordants. 

Le 10 septembre 1806, il tombait a Ax et dans les environs une 
pluie torrentiellc. Le 11, la meme pluic continuant, la source 
Viguerie donnait : 

Sulfure do sodium 0^,0226 par litre, temp. 75°5 ; le 15 

— — 08,0242 — — 75°6 ; le 14 

— — 0«,0245 — — 75»7. 

La pluie ayant ccsse depuis le 12, le temps s'est maintenuau 
beau et sans pluie notable jusqu'au 25 septembre. A ce moment 
il a plu quelques heures, puis neige abondamment. Du 14 au 25, 
la source Viguerie a subi quelques legeres variations dans la tempe- 
rature et dans la sulfuration, mais c'est seulement le 20 septembre 
que le degre sulfydrometrique est franchement descendu a 
0s,0255, et la temperature est tombee le 27, ainsi que l'a observe 
M. Mares en mon absence , a 75°, 25. A partir de ce jour, nous 
n'avons pu ni l'un ni l'autre continuer nos observations. 

Plusieurs fois avant la saison thermale derniere, j'avais verifie 
le fait qui est aujourd'hui demontre d'une maniere a peu pres 
certaine. 

Pour donner plus de poids et plus de valeur aux observations 
que je relate, il est necessaire de voir si les autres sels contenus 
dans l'eau minerale varient de meme que le sulfure et la tempe- 
rature. II faut constater surtout si la quantite de sulfate est tou- 
jours la meme ou si elle diminue lorsque le sulfure augmente. 
Les sources demandent aussi a etre surveillees pour decouvrir 
s'il n'y a pas un plus grand debit des griffons en meme temps 
qu'augmentation de sulfuration etde temperature. Mes observations 
sur cette derniere circonstance n'ont pu porter que sur un point, 
sur la source qui fournit quelques suintements a l'entree de la ville, 
presde l'hutel Boye. J'ai pu constater qu'apres les saisons pluvieu- 
ses et en m6me temps que je trouvais une augmentation de 
temperature et de sulfuration dans les sources captees , ces 
suintements devenaicnt plus abondants, et la quantite de baregine 
deposed sur la pegmatite le long de la fente liumide , etait 
sensiblement plus considerable. Pendant les saisons seeb.es, ces 
suintements sonr a peine scnsibles. Les sources volumineuses de 



la station etant toutes captees dans les alluvions de la vallee, il est 
fort difficile de constater les changements qui peuveut survenir 
dans le volume total de la masse d'eau minerale. Des captages 
soignes et faits dans des conditions semblables au captage de la 
source Viguerie pourront permettre d'arriver a un resultat 
certain (1). 

Ainsi que jed'ai montre dans un travail recemment presente a 
la Societe Geologique de France, le gisement des sources d'Ax est 
fort curieux et en meme temps fort inleressant a connaitre. Cou- 
lant dans des terrains meubles et a elements pour ainsi dire desa- 
greges, les sources a haute temperature ont du continuer a produire 
dans la masse traversee les phenomenes metamorphiques inevita- 
bles, toutes les fois qu'une serie de conditions particulieres sont 
reunies. Ainsi, c'est a des sources fort anciennes et fort abondan- 
tes, dont les griffons d'Ax sont aujourd'hui les modestes repre- 
sentants, qu'avec Louis Martin, nous avons rapporte les grands 
phenomenes de metamorphisme qui out modifie les granits primi- 
tifs et les schistes anciens de la region, en y produisant une serie 
de changements dans les mineraux anterieurement formes a 
l'epoque ou se sont accomplis ces curieux phenomenes, et en y 
determinant la cristallisation de substances nouvellementamenees. 
De meme, c'est visiblement aux sources d'Ax qu'il faut rapporter 
la formation de ce terrain, produit aux depens des alluvions et 
que, d'apres M. Peslin, j'ai appele terrain de tapp. Ce tapp n'est 
autre chose que l'alluvion metamorphisee. 

Je rappeilerai la distribution de cette couche nouvellement soli- 
difiee, dans la region qui nous occupe, avant d'en entreprendre 
l'etude mineralogique. 

Les alluvions de I'Ascou et de 1'Orlu ont servi de point de 
depart a la formation du tapp. Sous le pont du Teich, on voit la 
riviere d'Orlu couler sur ce terrain solide : il est encore a decou- 
vert sous les puits Orlu et dans la region meme de 1'etablissement 
du Teich. Les puits Orlu coulent a sa surface, la source Viguerie 
est directement captee dans sa propre masse : on voit que le griffon 
vient d'un point profondement place au-dessous. II en est de meme 
des sources Joly et de la Pyramide. Ces sources sont a peu pres 

(1) M. Filhol a constate pour les eaux de Luchon une augmentation sensible 
de volume apres les fortes pluies. 



_ 8 — 

les scules, dans Ax, qu'on ait pu faire monter directement a plu- 
sieurs metres au-dessus de leur point de captage, en augmentant 
leur temperature d'un degre environ, et en doublant le debit de 
1'une d'elles, de la source Viguerie, sans alterer le volume d'eau 
fourni par les autres. 

Dans les alluvions de l'Ascou, la couche de tapp a ete mise a 
dceouvert par les travaux du pont de Breilh, et principalement 
par les grands travaux de deblai executes pour la construction de 
l'etablissement ditle Modele. Cette couche se prolonge vers la place 
du Breilh et le groupe des Canons et des Rossignols. C'est a sa 
surface que coulent les sources exploiters pour 1'entretien et 
l'alimentation des baignoires du Modele. Une experience decisive, 
que j'ai relatee ailleurs, l'a demontre d'une maniere complete. 

Les travaux que M. Sicre a fait faire, il y a deja plusieurs 
annees, pourrinstallation de son gracieux etablissement du Breilh, 
ont aussi montre l'existence dela couche de tapp dans les alluvions 
de son quartier. 

LeCouloubretseul paraitcompletement, ouapeu pres, depourvu 
du plancher solide au-dessous ou au-dessus duquel nous avons vu 
jusqu'ici couler les sources sulfureuses. Aussi, le gisement des 
griffons qui alimentent les diverses parties de l'etablissement, est-il 
encore un mystere, et Ton est a se demander si les sources nais- 
sent directement dans le lieu meme de leur exploitation, ou si 
elles viennent de plus loin. Je ne suis pas eloigne, pour ma part, 
ainsi que je l'ai dit dans un autre Memoire, de les regarder comme 
venant de plus loin. Peut-etre, pourtant, quelques-unes (les plus 
chaudes et les plus sulfureuses), naissent-elles directement de la 
roche, au-dessous du Couldubret meme? 

Dans les etablissements ou la couche de tapp existe, nous 
voyons les sources se comporter d'une maniere differenle, les vines 
par rapport aux autres. D'une part, au Teich, Viguerie, Joly, la 
Pyramide, sont des griffons ascendants, a temperatures tres ele- 
vees, 73°, 71°, G8°, ne presentant pas les phenomenes du blan- 
chiment, donnant lieu a des denots de soufre sur les parois des 
bassins le long desquelles elles coulent (4). D'autre part, au 

(O Je cilerai, en passant, comme opinion aussi Strange qu'anti-scientifique, 
relic de M. Constant Alibert, ancien inspccteur des eaux d'Ax sur les depots de 
soufre. Pour M. Alibert, le soufre depose par les sources les plus chaudes d'Ax, 
exi»te dans ces eaux a Yelat de nature! 



Module, aucune source n'est aecendante : elles sont toutes tres 
chaudes, car la moyenne de 20 naissants, a fourni 54° apres leur 
reunion a plusieurs metres du point d'emergence. Ces sources, 
comme les sources tres chaudes, ne blanchissent pas naturelle- 
ment. Le groupe des sources des Canons, des Rossignols, del'Hopi- 
tal, sont dans les memes conditions. Aucune de ces dernieres n'est 
ascendante. Ce ne sont que les sources relativement froides ou a 
temperatures inferieures a r54°, qui blanchissent naturellement. 
Les exceptions a cette regie confirment l'explication la plus con- 
venable du blanchiment. 

D'apres les recherches de M. Filhol et depuis mes travaux sur 
Ax, il est incontestable que le phenomene du blanchiment et du 
bleuissement, est un seul et meme resultat, du a l'alteration des 
sources sulfureuses. Pour que le blanchiment se produise, il faut 
que la source sulfureuse soit melangee intimement a l'air atmo- 
spherique , c'est-a-dire qu'elle soit en contact immediat avec 
1'oxygene. Ce contact peut s'operer de deux manieres : 4° par la 
dissolution directe de 1'oxygene de l'air dans l'eau minerale, ce 
qui ne peut avoir lieu que dans l'eau suffisamment refroidie; 
2° par l'addition a l'eau thermale, d'une quantite d'eau froide con- 
tenant deja elle-meme de l'air en solution. 

On comprendra, des lors, qu'une source sulfureuse puisse 
atteindre en se refroidissant, a Vabri du contact de l'air, des 
temperatures relativement basses sans blanchir. De meme, il est 
aise de voir une source tres chaude blanchir en subissant un 
melange qui ne fasse eprouver qu'une legere diminution a sa 
temperature. Ainsi, la source Viguerie refroidie de 73° a 26° par 
le serpentinage ne blanchit pas lorsqu'elle est dans une baignoire. 
Si Ton veut produire le blanchiment, il faut l'agiter fortement et 
la battre au contact de l'air. J'ai observe le meme phenomene sur 
plusieurs autres sources, entre autres sur celle du n° 4, au Teich. 
De son cote, la source Hardy a I'etablissement du Breilh et la 
source de la douche, toutes deux tres elevees en temperature, 65° 
et 68°, les plus chaudes meme de ce groupe, blanchissent natu- 
rellement. Les infiltrations de sources froides (1) penetrent ces 

(1) Le thermometre plonge au fond de la source Hardy, sur le griffon, indique 
une temperature plus elevee qu'a la surface ou l'on voit les eaux froides impre- 
gnant le sol se melanger a Teau sulfureuse. 



— 40 — 

sources chaudes pendant qu'elles traversent les terrains permea- 
ses, et Fair dissous par les eaux froides, qui se melent a l'eau 
ehaude pour lcgerement abaisser sa temperature, suffit pour les 
faire blanchir. 

L'etude de ce phenomene particulier, qui se reproduit sur 
loutes les sources sulfureuses quand on fait un essai sulfhydro- 
metrique, me permet de dire avec M. le professeur Filhol, qu'il 
serait possible d'avoir a Ax une buvette d'eau blanche comme a 
Luchon. Pour ma part, je ferais choix de la source Viguerie 
serpentinee, que j'amenerais dans un bassin ou elle put subir le 
contact de Fair sur une grande surface, je melangerais ensuite un 
filet de cette eau sulfureuse refroidie, avec un filet d'eau froide 
ordinaire, dc maniere a les faire tomber d'assez haut dans un 
bassin construit convenablement pour les recevoir. II est probable 
que l'eau blanchirait dans ce bassin et pourrait etre conduite de la 
au robinet d'une buvette. 

Des innovations de ce genre dans une station aussi riche que 
celle d'Ax, seraient plus utiles au medecin et au malade que des 
creations surabondantes. Sources volumineuses et tres variees, 
etablissements confortables, bains actifs, douches puissantes, on a 
la un ensemble qui serait complet si le baigneur et 1'homme de 
l'art avaient a leur disposition une piscine de natation et une serie 
d'appareils hydrotherapiques. L'eau froide des torrents joignant 
son action a celle des sources chaudes permeltrait de traiter et 
de guerir des affections rebelles encore, faute de moyens pour les 
altaquer. II faut esperer que l'ere de progres ouverte dans la 
station qui m'occupe, depuis que l'habile et intelligent architecte 
Chambert a pris a coeur de nous doter d'etablissements aussi 
bien installed que ceux de France et d'Allemagne, se continuera 
longtemps. Se completant au lieu de se faire concurrence, les 
etablissements qui sont actuellement en activite permettraient au 
medecin de proncr au loin des eaux bienfaisantes, aux malades 
de proclamerleur efficacite. 

Nous avons vu le terrain de tapp former un plancher solide 
danschacune des deux vallees de I'Orlu et de l'Ascou. Etudions 
la composition intime de ce terrain. 

La masse est composee de cailloux roules quartzeux, graniti- 
ques, scbisteux et ties rarcment calcaires. Les varietes de granit 
que Ton rencontre parmi eux sont les suivantcs : 4° granit bleua- 



— 11 — 

tre,a grains fins eta mica noir, souvent avec amandes de feldspath 
blanc. C'est le granit fondamental de la region, celui dans lequel 
ont ete formes a pres coup les grands filons de pegmatite alignes 
N. N. 0. ; 2° pegmatite a elements variables, avec mica argentin 
et mica palme. Cette derniere variete se trouve surtout, peut-etre 
meme exclusivement, dans la vallee d'Ascou. Cette pegmatite 
contient, en outre, de beaux cristaux de tourmaline, les plus beaux 
specimens viennent des vallees d'Orlu et de l'Ariege; 5° granit 
gneiss, off'rant tous les passages insensibles du granit au mica- 
schiste , et presentant souvent des cristaux d'andalousite ; 
4°leptinite; 5° eurite porphyro'ide ressemblant 4 la roche dite 
Elvan d'Amelie-les-Bains et d'Olette. 

Les scbistes sont composes de schistes alumineux principale- 
ment, de schistes quartzeux, calcaires et de mica-schistes. Ges 
derniers forment par leur desagregation une sorte d'argile fine 
bleue composant en partie la gangue qui cimente le tapp. Aussi, 
les ouvriers du pays, habitues a travailler dans les terrains allu- 
viens de la contree, donnent-ils au tapp le nom de terre bleue. 
On rencontre cette terre dans les points oii le poudingue agrege 
presenle les elements les moins considerables. Souvent meme des 
depots argileux formes exclusivement par des mica-schistes 
desagreges forment des niveaux variables dans la couche allu- 
vienne. 

Les schistes calcaires sont assez rares et ne se rencontrent 
meme que dans la vallee d'Ascou. 

Granits et schistes sont souvent decomposes sur place et ne 
presentent plus qu'une lentille de sable ou d'argile occupant la 
place des cailloux roules primitivement deposes par les eaux. 
L'oxyde de fer colore presque toujours les restes de ces galets. 

La gangue qui joint entre eux tous les elements de ce poudin- 
gue solide est presque entierement composee par la terre bleue. Ce 
cimentetudie dans sa composition intime ne laisse pas que d'etre 
ires interessant. La loupe permet d'y decouvrir d'abondants cris- 
taux de quartz pyramides, la silice au lieu d'etre cristallisee est 
souvent deposee sous forme de gelee, elle imbibe meme la ma- 
tiere argileuse. Des paillettes tres fines de mica argentin brillent 
de loin en loin. Mais le fait le plus curieux est la formation des 
pyrites dans !e poudingue entre les elements qui le composent et 
dans la gangue meme. J'ai vu ce sulfure de fer cristallise sur 



- 12 - 

plusieurs echantillons, et M. Daubree a pu constater aussi son 
existence sur quelques mauvais fragments que j'avais eu occasion 
de lui adresser. 

L'on sait que la formation de la pyrite a notre epoque n'a etc" 
constatee que fort rarement, soit en France, soit en Allemagne. 
Ainsi,M. Longchamp l'a vu se former a Chaudesaigues; M. J. 
Francois pense qu'elle se forme de toutes pieces dans les eaux de 
Lamalou, ou elle cristallise en meme temps que le sulfate de 
baryle. M.'Bischoffl'a egalement retrouvee a Brohl et M. Bunsen 
en Irlande. 

A Plombieres, il a suffi de faire des fouilles de quelques metres 
de profondeur dans les terrains arlificiels imbibes depuis des 
siecles par l'eau minerale a 70° pour y trouver le cuivre sulfure 
en cristaux identiques a ceux de Cornouailles. Ce cuivre sulfure 
existe probablement aussi dans les productions thermales des 
Pyrenees. 

Mais, ce ne sont pas la les seuls depots que Ton puisse attribuer, 
comme formation nouvelle, aux sources sulfureuses d'Ax. 

Lorsque celles-ci ont circule dans des alluvions dont la masse 
presente des vides au-dessus du lit sur lequel coulent les sources, 
on a souvent l'occasion de constater que ces vides sont remplis de 
soufre cristallise. J'en ai recueilli de tres-jolis octaedres au-dessus 
du griffon des canons. 

Les interstices des cailloux roules formant le tapp sont aussi 
remplis quelquefois par une substance blancbe , efflorescente, 
ayant un gout sale, legerement piquant. Quand on peut en ras- 
sembler une assez grande quantite pour la traiter par desreactifs, 
on la trouve eomposee de carbonate de soude et de sulfate 
ilalumine. On voit cette matiere abonder aux environs des puits 
Orlu, dans l'ancien lieu d'ccoulement de ces sources.. De meme 
sous le pont de Teich, a la surface du tapp, lorsque la riviere n'a 
pas eu de crue abondante depuis quelque temps, cette substance 
prend naissance sur les points ou coulent des filets d'eau minerale 
tres chaude, et recouvre, en partie, les cailloux environnanls. 

Certains scbistes calcaires prcsentent aussi, lorsqu'ils ont ete 
longtemps soumis a la vapeur de l'eau sulfureuse, des incrus- 
tations peu epaisses, a peine de 5 millimetres, d'une matiere 
blanche, cristallise^ sous forme de prismes, se laissant rayer par 
l'ongle, et qui n'est autre chose que du sulfate de chaux. 



— 13 — 

Les pyrites de ces schistes, surtout de ceux qui proviennent de 
la montagne de Sorgeat, sont, la plupart du temps, decomposers 
quand elles subissent, pendant quelques mois, l'influence de la 
vapeur d'eau et de Fair. Elles donnent a ces schistes la coloration 
rouillee qui existe sur la face tournee vers le point d'ou s'eleve la 
vapeur. Du reste, ces schistes alumineux subissent, au simple 
contact de l'air, une alteration fort curieuse. Les pyrites s'oxydent, 
et il se forme un sulfate double d'alumine et de fer qui s'effleurit 
et donne un aspect particulier aux murs des maisons construites 
avec les mauvais materiaux que fournissent certains quartiers de 
la montagne de Sorgeat. Ainsi que le fait remarquer Dietrich, vers 
la fin du siecle dernier, les schistes alumineux de Vaychis et 
d'Ignaux etaient exploited pour leur alun et leur sulfate de fer. 

G'est dans ces schistes que prend naissance la fontaine ferru- 
gineuse qui existe sur la propriete de M. de Clauselle, et que ce 
genereux particulier a mis a la disposition des baigneurs et de ses 
compatriotes. L'analyse de cette eau indique bien sa provenance. 
Elle a a sa sortie de la roche une temperature de 14°, 5, qui m'a 
paru invariable depuis quatre ans que j'observe cette source. 
Etudiee qualitativement, cette eau m'a donne des precipites avec 
les reaclifs suivants : chlorure de baryum, indiquant la presence 
de sulfates ; oxalate d'ammoniaque indiquant la presence de la 
chaux ; acetate de plomb indiquant la presence de carbonates ; 
nitrate d'argent indiquant des traces de chlorures ; ammoniaque 
indiquant la presence du fer et de l'alumine. Mon analyse quan- 
titative est encore inachevee, je ne puis done la faire connaitre. 
Je me contenterai de dire que dans 1 litre d'eau il y a 0s r ,027 de 
fer et d'alumine. 

On a pu voir par les details precedents et par I'etude encore peu 
complete que je viens de donner du terrain de tapp, combien est 
curieux le role que les sources minerales et chaudes jouent dans 
la composition et dans la transformation des terrains qu'elles 
traversent. De meme que nous voyons maintenant les alluvions 
imbibees d'eau sulfureuse impregnees de silice, contenir des 
mineraux qui n'y existaient pas primitivement et que Ton voit s'y 
former de toutes pieces ; de meme aussi aurions-nous pu voir, a 
des epoques anterieures, les memes sources bien plus abondantes 
operant des transformations bien plus considerables sur des roches 
autrement difficiles a metamorphiser. G'est ainsi que je considere 



— U — 

les grands Rlons do pegmatite dans les granits anciens comme 
i)ov;uit lour formation a des sources aboridantes oi thcrmo- 
minerales ayant opere dos rcmanicments, des cristallisations 
subsrquontes et nouvcllos dans les roclies au milieu desquelles 
olios avaient ete' conduites par les fractures ouvertes duns des 
mouvements de l'ecorce terrcstre, et qu'ainsi elles avaient pu 
corroder, penclrcr, imbiber et metamorphiser. Les schistes 
aluminoux de la region d'Ax avec bandes alternantcs de schistes 
ru bane's, do micasehistes et de granit, auraient ete deposes dans 
une mer plus ou moins thermo-minerale qui, le devenant beau- 
coup plus a certains intervalles, aurait amene la formation en 
couclio de tollcs ou tellos roclies, suivant la predominance de tels 
et tels elements dans les eaux au sein desquelles elles se depo- 
saient. Soumises plus tard a l'influenoe de nouvelles Emanations 
aqueuses, de nouveaux cbangements ont pu se faire dans une 
grande etendue, ces couches deja formees depuis longtemps ; d'oii 
les phenomenes de metamorphisme normal. Ces granits, dits pri- 
mitifs eux-memes, ne sont-ils pas le resultat d'une cristallisation 
opcree au sein d'un liquide aple a donner naissance aux mineraux 
qui le composent ? 

La decouverte du systeme Laurentien dans I'Amerique du Nord 
est venu donner un point d'appui solide aux geologues qui admet- 
tenl aujourd'hui, d'apres les donnees fournies par la science, que 
les granits sont des masses non eruptive* , rnais metamorphixees. 
Quo seraient devenues ces couches calcaires avec leurs fossiles 
antediluviens, si, comme leur position stratigraphique semblerait 
l'indiquer d'apres les theories anciennes, elles avaient ete com- 
prises entre deux masses granitiqucs eruptives. II ne serait pro- 
bablement pas reste trace de leurs elements essentiellement 
constituants, les corps organises qui les caracterisent n'auraient 
plus subsistc, et, fondus pour ainsi dire dans une raeme masse, il 
ne serait plus reste vestige de cos roches, que tout le monde s'ac- 
corde a regarder comme stratifiocs malgre leur entourage si 
otrange. 

La science qui etudie la constitution de la croute terrcstre n'est 
une science exacte que pour ceux qui la comprennent comme le 
nsiiltat d'un ensemble de connaissances suffisantes en chimie, 
en pale*ontologie, en physique, en botanique, en mineralogie, etc. 
Lorsqu'on voit des savants tels que Cuvier, d'Orbigny, Elie de 



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— 15 — 

Beaumont, d'Archiac, Daubree, etc., passer leur vie a scruter 
les secrets des diverses branches de l'histoire naturelle pour 
arriver a lire une page de l'histoire du globe antique que nous 
habitons, il y a lieu de s'etonner que des horames d'un merite 
bien ordinaire puissent deroger a la raison jusqu'au point de 
vouloir faire de la chimie et de la paleontologie des sciences 
inutiles et sans raison d'etre pour le geologue. Qu'il me soit 
permis de repondre avec M. Deshaye a ces pseudo-savants, que la 
chimie et la paleontologie mal apprises, mal appliquees, sont des 
moyens aussi surs de faire faire une fausse route a la geologie 
qu'ils sont puissants, lorsqu'on les a serieusement compris et 
etudies, pour conduire le geologue vers les decouvertes les plus 
grandioses, vers des idees philosophiques les plus profondes et les 
les plus exactes. \ 



NOTE 

SUR UN LEZARD VERT A DEUX QUEUES (1), 

Par le D r Guitard. 

La Note que je viens lire aujourd'hui est extraite d'un plus 
long travail, ayant pour titre : Mes vacances d Ussat-les-Baim, 
en 1866. 

De temps en temps, et si vous me le permeltez, je vous en don- 
nerai quelques fragments, soit sur la Zoologie ou la Botanique,soit 
sur la Geologie ou l'Hydrologie. 

Pour cette fois, je n'abuserai pas longtemps de votre bienveil- 
lante attention. 

M. le D r Janson, avec lequel j'allais quelquefois herboriser, me 
fit cadeau d'un Lezard vert a deux queues. 

Celui-ci me parut interessant, et je l'acceptai avec empresse- 
ment, tout en me promeltant de l'etudier et de le soumettre a votre 
observation. 

II est de moyenne grandeur , plus gros, moins effile que les 

(1) Seance du 16 novembre 1866. 



— 16 — 

autres , et presentc, en effet, ccttc remarquable particularite : 
une queue bilide. 

II mesure 22 centimetres jusqu'a la bifurcation de la queue, 
des deux branches de celle-ci, celle de droite a 07 centimetres, et 
celle de gauche 072 millimetres. 

Leur couleur rappello celle du Lezard gris et tranche singuliere- 
ment avec la couleur verte generale. 

Cependant la branche droite de la queue est recouverte a sa 
base de deux rangees d'ecailles vertes, ce qui semblerait indiquer 
qu'elle est veritablement la queue naturelle, tandis que l'autre, 
dirigee dans le sens du rachis, aurait l'air, elle aussi, d'en etre le 
prolongement direct. 

Embarrasse , j'ai voulu chercher a m'en rendre compte par la 
dissection. 

Celle-ci ne m'a rien appris en apparence sur ce point particulier 
de ma curiosite, puisque je n'ai point trouve' de vertebres ni dans 
l'une, ni dans l'autre branche, mais un ligament cartilaginiforme 
se prolongeant jusqu'aux deux extremites. 

Toutefois, cette organisation analomique exceptionnelle, sem- 
blait vouloir dire que ces deux prolongements constitues anorma- 
lement ne sont que le produit d'un accident qui aurait porte sur 
la queue de 1'animal , non seulement en la faisant disparaitre, 
mais encore en laissant le moignon divise en deux. 

II ne repugne en aucune fagon d'admettre ensuite que chacune 
de ces deux moities se soit cicatrisee separement et n'ait ensuite 
obei au nisus formativus en donnant naissance a ces deux appen- 
dices qui en font un ornement si singulier. 

Ce phenomene de bifidite, quoique peu commun, n'est cepen- 
dant pas tres rare chez le "Lezard gris; il I'estun peu plus chez le 
Lezard vert. 

Aussi ai-je fait quelques rechcrches pour apprendre ce que les 
anciens auteurs en avaient dit. 

Pline deja, dans son Histoire naturelle (t. I, liv. XI, chap. L, 
p. 500), s'cxprime ainsi a ce sujet : « Si Ton coupe la queue a un 

» Lezard ou a un Serpent, elle revient ; on trouve des lezards 

» a double queue : Lacertis inveniuntur et geminx. n 

II a fallu se rapprouher beaucoup de notre epoque pour trouver 
quelques donne'es plus satisfaisantes. 

Aldrovande s'exprime plus categoriquement (De quadrupe 



— '17 - 

digit, ovip., lib. I, p. 628), puisqu'il cherche a donner l'expli- 
cation de ces deux fa its : 

« Illis quoque natura adeo glutinosum ingenuit humo- 

» rem, utper medium divisa lacerta non pereat. Imo, ex iEliano, 
)> si hujusmodi partes jungantur tacita et naturali quadam colli- 
» gatione coalescunt , atque ex duabus partibus unus lacertus 
» resultat. 

» Caudse etiam saepiiis amputate renascuntur , quoniam cauda 
» pars excrementitia est, et partes hujus generis avulsse, veluti 
» pili et ungues iterum nascuntur. » 

La nature leur a donne une humeur tellement glutineuse que, 
partage par le milieu, un Lezard ne perit meme pas. Plus encore, 
d'apres iElien, ces deux parties peuvent s'accoler ensemble et 
former alors un Lezard complet. 

II arrive tres souvent que la queue, accidentellement coupee, 
renait Ires bien, puisqu'elle est, comme les poils et les ongles, une 
partie excrementitielle qui repousse naturellement. 

Deux pages plus loin (p. 650), et sous le titre de Monstra, le 
meme auteur aborde franchement la question qui nous occupe. 

Je ne puis resister a la tentation de le citer, encore cette fois, 
textuellement : 

« PraBter ijlud memorabile, quod Mizaldus recitat accidisse, 
» anno Domini 4551, mense Julii in Hungaria , prope pagum 
» Zicbsum , juxta Tbeisum fluvium; nimirum in multorum 
» hominum alvo lacertas naturalibus similes ortas fuisse. Inter- 
» dum conlingit, ut animadvertit Schenchius, lacertum viridem 
» in cseti magnitudinem excrescere, qualis aliquando LutetiaB visa 
» est. Saspe etiam lacerti duabus, et tribus caudis referte nas- 
« cuntur, quas vulgus ludentibus favorabiles esse nugatur. 

» Quae Monstra non ab alia causa, nisi ab ovis dilecythis, id est 
» geminis, dimanare possunt. Verum magis admiranda fuit lacerta 
» quadricauda, quse, anno Domini 15M, nobis dono data fuit. 
» Etenim longior cauda tres aliquas tanquam ramusculos produ- 
» cebat. Quod monstrificum animal ex abundantia materiaB natum 
» fuisse existimamus, et prascipue, quoniam cetere corporis partes 
» justo grandiores erant. Praeterea incessit animo nostro admiratio 
» non mediocris, quando Franciscus Centensis, diligentissimus 
» odontagogns, lacertum amphicephalon nobis atlalit. » 

Et dans le chap. VI. De Lacerta viridi, p. 655 : 

Tome I. 2 



— 48 — 

« Tunc etiam quia hie veram effigiem damus, cui addimus 
» aliam iconem lacerti viridis cauda bifurca, necnon alterius 
i> exiceati eauda bifida, qui adhuc integer in publico Musaeo 
» servatur. » 

Ainsi, apres avoir raconte que plusieurs hommes rendirent, en 
4 551 , un grand nombre de Lezards dans leurs excrements, il parle 
d'un Lezard qui aurait acquis un volume monstrueux;' d'autres 
qui seraient nes avec deux ou trois queues, et il l'atlribue a une 
disposition particuliere de l'ceuf. II cite ensuite, comme chose tres 
etonnante, un Lezard a quatre queues , qui Jui fut donne en 
1596, el il n'en peut comprendre la formation que par une sura- 
bondance de matiere qu'il retrouve, en effet, dans toutes les parties 
de l'animal. 

Enfin, a propos du Lezard vert, car il parait que lout ce qui 
precede se rapporte seulement au Lezard gris, il annonce qu'il 
donne dans une plancbe l'image .de cet animal , accompagne 
d'un second et d'un troisieme qui sont bifides, le dernier etant 
encore tout desseche el intact, dans la collection du Musee public. 

Dans VHistoria naturalis de quadripedibus, cum arneis figuris, 
le D r Jean Jonston (t. I, II, p. 154, cap. 2, de Lacertis, Ams- 
terdam , 1G57) , rapporte simplement les fails annonces par 
Aldrovande, sans en donner aucune explication et aucune dis- 
cussion ; ces quatre Lezards y sont graves dans une belle plancbe 
illustrant un exemplaire qui, d'apres une annotation manuscrite, 
aurait appartenu a Buffon et a Mirabeau. 

L'on croit aujourd'bui a la plupart de ces fails ; mais Ton differe 
par l'explication que Ton en donne. 

Ainsi, la pluralite des auteurs de nos jours, pour ne pas dire 
tous, csliment que cette bifurcation de la queue des Lezards n'esl 
qu'un pur accident, et non pas le resultat d'une monstruosite 
congeniale. 

Comment peut-on l'affirmer d'une maniere absolue, si l'on 
n'a pas loujours assiste de visu a la confirmation materielle 
de cette opinion ? 

Je serais peut-etre plutot enclin pour la premiere maniere de 
voir, je pense qu'il vaut mieux cependant accepter l'un el l'autre 
en tlxisc generale , la nature ayant encore pour nous des secrets 
qui ne seronl decouverls que plus lard et peut-etre jamais. 



— 19 - 

Le Lezard que je presente done aujourd'hui appartiendraila la 
categorie de ceux qui sont devenus monstrueux par accident, et 
non pas a celle qui renferme les jeux de la nature, ladibria natura, 
comme les a si pittoresquement designes un homrne qui, tout a 
la fois , 6tait poete et naturaliste. 



MfiMOIRE 

SUR LOECIDIUM OXYACANTH^E (1), 

Par M. Marius Lacaze. 

(Seance du 28 decembre 1866). 

Vers la fin d'avril 18G5, un champignon parasite, YOEcidium (2) 

(4) Laplupart des botanistes ecrivent : jEcidium, mais ce mot derivant du 
grec otxtStov, maisonnette, par extension : loge, cellule, sa veritable orthographe 
est OZ?cidium. 

(2) M. J. E. Duby, auteur d'un Traite crypiogamique, reunit VOEcidium 
oxyacanthcehVOEcidhm laceratum comme s'il n'en etait qu'une variete. De Can- 
dolle, au contraire , ap'res avoir reuni ces deux champignons dans le second 
volume de sa Flore francaise, page 247, les separe dans son supplement, t. 5, 
page 98, et les caracterise ainsi qu'il suit : 

OEcidium oxyacanthw. OEcidium laceratum. 

Peridiums nombreux , en groupes Groupes moins nombreux, peri- 

serres, peu reguliers , formant des diums demi ligne, decbires jusque pres 
taches jaunes ou rougeatres marquees de la base en lanieres fines, nombreu- 
de points noirs, de forme cylindrique, ses et divergentes. 
souvent un peu courbes, longs de 
deux lignes, blanchatres, legerement 
decbires en lanieres fines et etroites ; 
gongyles abondants, d'un roux brun. 
— Croit a la surface inferieure des 
feuilles de l'aubepine, sur le petiole, 
les tiges et surtout sur les fruits. 

Nous trouvons dans ces caracteres, et surtout dans ceux que nous offrent la 



- 20 — 

oxyacanthw , qui pcut-otrc n'avait pas ele observe dans nos con- 
trees avant cette epoque, s'est montre en quantite prodigieuse sur 
ie Cratwgus monogyna (Aubcpine) et le Crataegus oxyacantha. 
M. lc docteur Clos, professeur de botanique et M. Musset, chef 
d'institution, ont dcja fait, a l'occasion de ce champignon, deux 
communications a l'Acadcmie des Sciences de cette villc. 

Voici comment ces deux communications se trouvent resumees 
dans les joiflrnaux de la localite : 

« M. Clos met sous les yeux de ses confreres, des rameaux 

» d'aubepine (Crataegus monogyna), offrant sur certains points 

» de l'axe, des rameaux ou des feuilles, mais prjncipalement sur 

» les fruits, de nombreux groupes du champignon designe par de 

» Candolle, sous le nom d'OEcidium oxyacanthx (parce qu'il a 

> ele observe d'abord sur le Crataegus oxyacantha, espece tres- 
» voisine du Crataegus monogyna). 11 parait que ce champignon 
» est propre au midi de la France, du moins les auleurs ne Tin- 

> diquent pas dans le nord de l'Empire. Son existence a-t-elle 
» ete deja signalee a Toulouse? En l'absence de toute flore cryp- 
» togamique de nos contrees, il serait difficile de repondre a cette 
» question. Toutefois, cet OEcidium est tellement repandu cette 
» annee sur les fruits de 1'aubepine, le long de la Garonne, il 
» determine de telles modifications dans ses organes, qu'il merite 
» de fixer 1'attenlion des botanistes et qu'il y avail lieu peut-etre 
» de les mentionner. » 

(Journal YAlgle, 20 juin 1865). 



longueur et les decbirures des peridiums, des differences qui nous permeltent de 
distinguer a premiere vuc ces deux champignons. Fonncnl-ils reellement deux 
especes? Je ne puis emeltre aucune opinion a cet egard, n'ayant pas observe 
VOEcidium laceralum. Du rcste, il faut etre tres-prudent dans la determination 
des OEcidium, car il resulte d'observalions recentes que plusieurs d'entre cux 
sont sujets a la generation allernante : ainsi, VOEcidium cancellalum ou Rcestelia 
cancellula qui emit sur lc poirier, n'csl qu'une forme du Gymnosporangium Juni- 
peri oil Podiioma Sdbina qui atlaque la Sabine; VOEcidium Berbcridis et lc cham- 
pignon qui produit la rouille des cereales (Uredu rubigo) ne sont que deux etats 
d'un meme tire, etc. 

Quoi qu'il en soit, le champignon qui fait I'ohjct de ce memoire est bicn VOEci- 
dium oryacanlha decrit par de Candolle. 



— 21 — 

« M. Musset communique a l'Aeademie ses observations sur le 
» champignon parasite de l'aubepine, deja signale par M. Clos. II 
» croit que ce parasite est YOEcidium laceratum, designe par 
» Leveille et Payer comme croissant sur le Crataegus oxyacantha ; 
» c'est egalement celui que, d'apres Link, le bon jardinier appelle 
» un reratites. 

» M. Musset entre dans des detail? d'organograpbie microsco- 
» pique, sur la structure de cet OEcidium et sur le developpement 
» des spores. Dans des tubes cylindriques, il apparairdes amas de 
» granulations egalement espaces ; puis, ces amas grossissent, dis- 
» tendent le tube qui offre alors I'aspect d'un chapelet; enfin, le 
» tube qui relie les spores ainsi formees s'atrophie de plus en plus 
» et les spores libres tombent dans le conceptacle qu'elles remplis- 
» sent de leur poussiere brun fonce. Contrairement a Topinion 
» du bon jardinier, M. Musset dit que ce parasite est nuisible a 
» l'aubepine, surtout quand il croit sur les fruits, dont il empecbe 
» le developpement. Du reste, M. Musset se propose d'etudier 
» encore ce champignon, notamment la germination de ses spores-, 
» il fera part a l'Aeademie de ses nouvelles observations. » 
(Journal de Toulouse, 19 aout 1865). 

En presence de cette reserve, il semble que Ton doive laisser a 
M. Musset le soin d'elucider toutes les questions qui se rattachent 
a ce champignon, et que Ton ne saurait publier des recherches a 
cet egard, sans violer les regies les plus elementaires du droit 
scientifique. 

Cependant, je crois pouvoir communiquer a la Societe d'his- 
toire naturelle de Toulouse, mes observations sur YOEcidium 
oxyacanthce, sans froisser aucun amour-propre, sans me mettre 
en contravention avec le code des savants. Je fonde ma croyance 
sur ce que j'ai ete le premier, l'an dernier, a decouvrir ce crypto- 
game et a appeler sur lui l'attention des botanistes de la cite. Ma 
communication est done pleinement justifiee par la priorue qui 
m'appartient dans cette circonstance. 

Les questions que souleve le champignon parasite de l'Aubepine, 
peuvent se diviser en deux categories : les unes, en effet, se rap- 
portent au champignon lui-meme, les autres aux accidents qu'il 
determine cbez les vegetaux oii il vit. 

Je vais d'abord examiner les premieres de ces questions. 

VOEcidium oxyacantha est un eniophyte qui appartient au 



— 22 — 



genre OEcidium et a la Iribu des OEcidinees, creee par Leveille. 
Avant les iravaux de ce botaniste sur le developpement des Uredi- 
nitt y les OEcidium formaientun simple genre de cette famille, et 
meme Link les avait reunis aux Uredo, pour en faire un genre 
unique, qu'il nommait Ccvoma. 

Leveille a etabli deux autres tribus dans la famille des Uredi- 
nees : les Uredinees proprement dites et les Ustilaginees. 

II dit qu'il n'est pas possible de confondre ces trois tribus, car, 
« dans la premiere (OEcidinees), les spores sont enfermees dans 
>» des receptacles propres, qui s'ouvrent tie differentes manieres; 
» dans la deuxieme [Uredinees), les spores et, mieux encore, les 
» sporanges sont libres et fixes sur un stroma plus ou moins de- 
» veloppe et, enfin, dans la troisieme {Ustilaginees), les spores 
» n'ont ni receptacles ni stroma, mais elles coexistent avec des 
» filaments byssoi'des dont on ne connait pas encore les rapports 
» mutuels. » 

Voici, d'ailleurs, un tableau synoplique qui fera parfaitement 
comprendre comment Leveille a divise 
famille des Uredinees. 



et subdivise la grande 



TRIBUS. 



GENRES. 



OECIDINEES. 



Famille 

des 

Uredinees. 



UREDINEES. 



USTILAGINEES. 



Raestelia. 
OEcidium. 
Peridermium. 
Endopbyllum. 

Phragmidium. 

Triphragmium. 

Puccinia. 

Uredo. 

Gymnosporangium 

Podisoma. 

Coryneum. 

Exosporium. 

Sporidesmium. 

Ustilago. 

Sporisorium. 

Sepedonium. (?) 

Testiculars. (?) 



— 23 — 

Posterieurement aux travaux de Leveille, d'autres mycologues 
et notammentM. Tulasne (de l'Institut), ont entrepris des recher- 
ches sur cette famille , et sont parvenus a eclairer bien des points 
qui etaient restes obscurs et a corriger des erreurs. Pour faire 
connaitre ces reeherches, je serais oblige d'entrer dans de longs 
details et de sortir du cadre que je me suis trace ; aussi, les lais- 
serai-je de cote. D'ailleurs, si j'ai parle du Memoire de Leveille 
sur les Uredinees, ce n'etait que pour indiquer la place qu'occupent 
les OEcidium dans les classifications cryptogamiques, et je crois 
avoir atteint mon but en exposant ses idees a cet egard. 

V OEcidium oxyacanthw presente denombreux peridiums isoles, 
mais disposes en groupes; ils sont cylindriques , blanchatres , 
legerement dechires a leur extremite libre, en lanieres etroites ; 
leur longueur atteint quelquefois 5 millimetres. Les cellules qui 
les constituent sont allongees, un peu attenuees a leurs extremites, 
et couvertes de petits points. 

Ces cellules n'ont pas entr'eiles une grande adherence : elles se 
separent facilement, si on les place dans une goutte d'eau, entre 
deux lames de verre, et qu'on vienne ensuite, en pressant un peu, 
a faire glisser ces deux lames l'une sur I'autre. 

Dans I'interieur des peridiums, se trouvent des theques tubu- 
leuses et c'est dans ces theques que se forment les spores , ainsi 
que l'indique M. Musset. Seulement, elles sont souvent si nom- 
breuses, qu'elles ne peuvent pas tenir dans les conceptacles, et, 
alors , elles restent dans les peridiums jusqu'a ce qu'elles soient 
disseminees. 

Ces spores ont une forme irreguliere et produisent, en se reunis- 
sant, une poussiere couleur de rouille. 

Dans le but d'etudier la partie vegetative ou le mycelium de ce 
champignon, j'essayai de faire germer ses spores en les placant, 
soit dans un lieu humide, soit dans l'eau ; toutes ces tenta- 
tives resterent infructueuses. J'eus alors Tidee de recourir a un 
moyen naturel : jesemai, vers la fin d'avril, c'est-a-dire a l'epoque 
correspondant a l'apparition de Y 'OEcidium dans nos contrees, une 
assez grande quantite de spores, sur une haie d'Aubepines. Je 
visitai bien souvent, en vain, le champ de mon experience. Cepen- 
dant, vers le milieu de juin, je trouvai, sur deux jeunes tiges, 
deux groupes d' OEcidium oxyacanthce bien developpes. Le resultat 
fut loin de repondre a mon attente : ayant seme un grand nombre 



— 24 — 

de spores, j'esperais une recolte abondante. Pcut-etre I'aurais-je 
obtcnue, si j'eusse pris le soin de les deposer dans les bour- 
geons et dans les fleurs nouvellement ecloses. C'est un essai que 
je ferai 1'annee prochaine. 

De plus, il ne me fut pas possible de suivre ce champignon dans 
son developpement, car tous les individus qui composaient les 
groupes dont je viens de parlor etaient completement formes quand 
je les decouvris. 

M. Meyen, dans ses experiences sur la germination des spores 
des OEcidium, a ete moins heureux que moi. II dit que c'est 
toujours en vain qu'il en a seme, et il va meme jusqu'a douter 
qu'elles servent a la reproduction de ces entophytes. 

M. Unger n'a jamais vu, non plus, germer les spores des Uredi- 
nees . 

CependantM. Tulasne (de l'lnstitut), dans un second Memoire 
sur les Uredinees et les Ustilaginees, insere dans les Annales des 
Sciences Naturelles, annee 4854, dit avoir fait germer les spores 
de quelques OEcidium, soit en les repandant sur une goutte d'eau, 
sous un de de verre, soit en renfermant dans une atmosphere tres 
humide ou en plagant sur l'eau les feuilles memes qui les avaient 
nourries. 

11 n'a vu sur aucune d'elles des pores destines au passage des 
germes, mais il s'est cru plusieurs fois fonde a en soupconner 
1'existence, nolamment chez V OEcidium ranunculacearum. Les 
spores de cet OEcidium donnent rarement plus d'un germe qui 
atleint promptement en longueur trente fois et plus le diametre 
de la spore, sous une epaisseur variable de 5 a 6 milliemes de 
millimetre. Ce filament reste ordinairement simple, il estsouvent 
toruleux et contourne en spirale allongee. 11 l'a vu aussi quel- 
quefois se partager en deux branches presque egales et ires ecartees 
l'une de l'autre. La spore, en germant, se vide de son contenu 
plastique, se conlracte et perd de son volume; c'est alors surtout 
que son tegument incolore parait offrir plusieurs oscules , cor- 
respondant a autant de parlies faiblement saillantes. 

Voila les renseignements que nous donne M. Tulasne sur la 
germination de la spore de YOEcidium ranunculacearum. J'ai 
rapporte" ici ses propres paroles, afin de ne rien changer a ses 
observations. 

11 a ensuite etudie le developpement des corps reproducleurs 



— 25 — 

de YOEcidium crassum, de YOEcidium cyparissiw, de YOEcidium 
tragapogi, etc. ; mais il ne parle nullement de ceux deYOEcidium 
oxyacanthcc. Mori insucces, en employant a peu pres les memes 
moyens que M. Tulasne, ne tiendrait-il pas a ce que j'ai expe- 
rimente sur les spores de ce dernier OEcidium, qui ne pourraient 
germer qu'a la condition de se trouver dans des conditions tout- 
a-fait naturelles ? Cette hypothese n'est pas gratuite : elle repose 
sur ce fait prouve, que bien des corps reproducteurs des cryp- 
togames ne germent artificiellement qu'avec difficulte, et qu'il en 
est meme qui, jusqu'ici, se sont montres rebelles a loutes les 
tentatives que Ton a faites a cet egard. 

Je laisse la ces questions pour m'occuper des accidents que le 
champignon parasite de l'Aubepine determine chez les vegetaux 
oii il vit. 

Comme tous les parasites du regne vegetal, ce champignon ne 
peut croitre que sur certaines plantes, et chez ces plantes que sur 
quelques organes. On doit voir dans cette localisation une loi 
conservative que Ton retrouve dans le regne animal. La nature, 
en repandant partout la vie et en la manifestant sous des formes 
innombrables, a voulu qu'il s'etablit un juste equilibre entre les 
etres vivants, et que jamais les uns n'arrivassent a la destruction 
complete des autres et ne se vissent condamnes eux-memes a 
perir faute de moyens d'existence. C'est ce qui aurait lieu infail- 
liblement, si les parasites des deux regnes, si nombreux et si 
feconds, ne rencontraient un grand nombre d'obstacles a leur 
propagation : au nombre de ces obstacles se trouve, sans nul 
doute, la difficulte qu'eprouvent les corps reproducteurs de ces 
parasites d'etre places dans leurs lieux d'election. 

Je n'ai observe YOEcidium qui m'occupe particulierement que 
sur les jeunes tiges, les nervures des feuilles et les fruits du 
Crataegus monogyna et du Crataegus oxyacantha. 

Les parties attaquees des tiges augmentent considerablement 
de volume par suite d'une hypertrophie ou plutot d'une alteration 
des tissus, et elles se deTorment de maniere a presenter quelquefois 
des figures assez bizarres. 

Si Ton fait une coupe de ces parties, on voit un tissu verdatre 
qui parait homogene et qui se laisse facilement entamer. On ne 
distingue plus l'ecorce du tissu fibro-vasculaire. La substance 



— 26 — 

scUrogene, qui donne aux cellules fibreuses leur durcte et qui, en 
definitive, constitue Ic bois, ne se depose pas. 

Dcs phenomencs semblables se produisent dans les nervures : 
augmentation de volume, deformation, ramollissement. 

Les fruits sont plus attaques que les autres parties , ils eprouvent 
dcs cbangements non moins remarquables. Leur volume est aussi 
notablement augmente, sauf de rares exceptions. Les trois couches 
de tissus qui les constituent : epicarpe, mesocarpe et endocarpe, 
paraissent confondus. Cependant, un examen attentif permet de 
distinguer Yendocarpe, sa densite etant un peu plus forte que celle 
des autres tissus. Comme chez les tiges, la substance sclerogene 
fait defaut : les fruits entierement envahis sont toujours depourvus 
denoyaux. Quant a la graine, elle avorteconstammentdanscecas. 

Tels sont les accidents les plus remarquables causes par YOEci- 
dium oxyaeanthce. 

Les causes intimes qui les produisent nous echappent complete- 
ment, comme d'ailleurs toutes celles des alterations des organis- 
mes. Neanmoins, nous pouvons nous former une idee de la 
maniere dont agit cet entophyte, en nous basant sur des principes 
d'histogenie. 

En effet, pour que les tissus d'un organisme se forment et se 
developpent normalement, c'est-a-dire d'apres leur plan specifique, 
il est necessaire que les blastemes au sein desquels ils prennent 
naissance, et que les plasmas qui servent a leur nutrition, aient une 
certaine nature et se trouvent dans des milieux particuliers. Toute 
cause qui determine un cbangement dans ces conditions, amene 
en meme temps une modification das tissus. Or, le champignon 
parasite de l'3ubepine agit de plusieurs manieres sur les organes 
oil il se fixe : il agit physiquement comme corps etranger : il agit 
chimiquemenl par ses affinites, et enfin, il change la nature des 
blastemes et des plasmas, en s'assimilant pour se developper et 
pour se nourrir des principes immediats et en rejetant les mate- 
riaux vieillisde ses organes. 

II est facile de comprendre que de graves alterations resultent 
de Taction de ces causes, et qu'il se produit un defaut d'harmonie 
entrc les parties saines et les parties attaquees. C'est ce defaut 
d'harmonie qui expliquc comment la mort du parasite est suivie 
de celle des points sur lesquels il vivait. 

On remarque, en efiet, qu'apres que YCEcidium a parcouru 



— 27 — 

toutes les phases de son developpement et qu'il a produit ses 
spores, les organes qu'il a modifies meurent rapidement : l'effet 
doit naturellemenldisparaitre avec la cause. Ces organes durcis- 
sent alors et prennent une couleur noire qui leur donne l'aspect 
d'un corps carbonise. 

VCEcidium oxyacanthce est-il nuisible aux vegetaux qu'il 
attaque? 

Gette question est differemment resolue par M. Musset et par 
l'auteur du livre intitule le Bon Jardinier : le premier, dit oui; 
le second, non. Quant a moi, je crois que leur divergence d'opi- 
nions est plus apparente que reelle, et que, dans le fond, ils ont 
raison l'un et l'autre. 

En effet, on peut soutenir avec M. Musset que YCEcidium est 
nuisible, si Ton veut exprimer l'idee qu'il detruit les parties ou il 
croit-, maison est encore en droit d'affirmer son innocuite, si Ton 
entend par la qu'il ne compromet nullement la vie du vegetal. 

L'action de cetentophyte est heureusement locale ; s'il en eiait 
autrement, presque toutes nos haies d'aubepines auraient ete 
detruites l'an dernier. 

Quand la moitie d'un fruit est attaquee, cette moitie seulement 
eprouve les accidents que j'ai signales ; l'autre vit a la maniere 
ordinaire : son epicarpe rougit, son mesocarpe devient pulpeux 
etson endocarpe durcit; la graine meme se developpe ordinaire- 
ment, mais elle est deformCe. 

Inutile d'ajouter que lorsqu'un anneau d'OEcidium existe 
autour d'une tige, toute la partie de cette tige qui est au-dela de 
l'anneau est condamnee a une mort certaine, la seve ne pouvant 
plus lui parvenir apres la mortification de la portion ou vegete le 
parasite. 

L'apparition subite de YOEcidium oxyacanthce dans nos con- 
trees nousporte a nous demander d'ou sont venus les spores qui 
lui ont donne naissance. 

Nous manquons de donnees pour resoudre cette question. 

Sans doute les vents ont joue un grand role dans ce phenomene ; 
ce sont eux qui sont les vehicules des spores et qui les portent a de 
grandes distances. Mais la difficulte est de savoir ou ils prennent 
ces spores et comment ils peuvent s'en charger d'une grande 
quantile, pres d'un an apres qu'elles ont ete disseminees et expo- 
sees a une foule de causes de destruction. 



— 28 — 

La disparition tie YOEcidium a ete aussi tres prompte. L'an 
dernier, il etait repandu partout sur les baies d'aubepines qui se 
trouvaienl le long des cours d'eau, comme sur celles qui existaient 
dans les plaines les plus arides; mais cetle ann£e, je ne 1'ai 
observe nulle part. 

Que sont devenues les spores produites? 

Autre question pleine d'interet ettres difficile a resoudre. 

On serait tente d'admettre qu'elles ont ete detruites pendant 
l'biver, si Ton ne savait que la resistance vitale des corps repro- 
ducteurs des cryptogames est tres grande, et que, de plus, l'hiver 
dernier n'a pas ete tres rigoureux. 

II faut done recourir a une autre explication. 

II est probable que cette disparition tient a ce que les circons- 
tances atmospheriques n'ont pas ete favorables au developpement 
de ce cbampignon. Le faible resultat que j'ai obtenu de mon ense- 
mencement semble venir a I'appui de cette idee. 

Je crois devoir signaler ici une singuliere coincidence. 

Au moment ou YOEcidium oxyacanthtt se montrait en grande 
quantite dans nos contrees, YErysiphe dela vigne, connu vulgaire- 
ment sous !e nom d'Oidium, diminuait considerablement. 

La presence de YErysiphe ne fut signalee, 1'an dernier, que 
dans quelques localites, et encore dans ces localites n'y etait-il 
pas tres repandu. 

Je constatai, pour ma part, qu'un vignoble qui n'avait jamais 
ete soufre et qui etait annuellement ravage, produisit une bonne 
recolle. 

Nouvelle coincidence : Cette annee, YOEcidium a disparu et 
YErysiphe s'est montre aussi abondant que par le passe. 

Devons-nous conclure de ces coincidences que les conditions 
atmospberiques, qui sont favorables a YOEcidium oxyacanthw 
nuisent, au contraire, a YErysiphe t 

Le fail est possible, mais il serait imprudent de l'affirmer. 

Les problemes de l'apparition et de la disparition des crypto- 
games parasites sont si obscurs, que nous comprenons qu'a une 
epoque tres peu eloignee de la notre, mais ou Ton n'avait pas de 
notions Ires etendues sur les divers modes de reproduction employes 
par la nature, des savants, d'aillcurs d'un grand, merite, aient pu 
regarder quelques-uns de ces parasites, comme des maladies des 
fitrcs sur lesquels ils vivaient. 



— 29 - 

M. Turpin pensait que les Uredo, les (Ecidium, les Xyloma, etc., 
resultaient de la modification de la globuline (Chlorophylle). 

M. Unger, dans un long memoire qu'il a ecrit sur les exan- 
themes des plantes, s'exprime ainsi : 

« Les vegetaux parasites, conn us sous le nom d'Entophytes ou 
de champignons epiphylles, ne sauraient etre, en aucune maniere, 
assimiles a ceux qui poussent sur des substances organiques en 
putrefaction; leur existence est, en effet, intimement liee a celle 
des vegetaux sur lesquels ils vivent; leur apparition est un resultat 
des fonctions meme de ces vegetaux, et on ne saurait, a cause de 
cela, les considerer comme de veritabies plantes, mais Lien comme 
des formations palhologiques. » Et un peu plus loin : « Les ento- 
phytes sont des maladies de la peau des vegetaux, resultant d'un 
trouble des fonctions respiratoires. » 

M. Unger indique ensuite les diverses phases par lesquelles passe 
un exantheme pourarriver a son etat parfait. 

Chacune de ces phases correspondrait a un genre de parasites. 
Ainsi, les Uredo ne seraient autre chose que le premier degre d'un 
exantheme, les Uromyces le second, les Puccinia le troisieme, 
les Phragmidium le quatrieme, les Peridermiam le cinquieme, les 
OEcidium le sixieme, les Rwstelia le septieme, et le Cronartium le 
huitieme, c'est-a-dire le developpement le plus parfait auquel 
puisne arriver un exantheme vegetal. 

Aujourd'hui, ces idees ont completement disparu de la science. 
Noui savons positivement que les Uredo, les Uromyces, les Puc- 
cinia, etc., sont de veritabies champignons, qui se reproduisent au 
moyen de spores ; nous savons aussi quelles sont les conditions 
atmospheriques generales qui leurconviennent; mais nous sommes 
loin d'etre renseignes sur les lieux d'oii nous viennent leurs 
spores «a un moment donne, et sur les agents particuliers qui 
favorisent ou empechent leur developpement. 

Nous voyons apparaitre et disparaitre non seulement ces cryp- 
togames, mais encore bien d'autres parasites vegetaux ou animaux, 
comme ces maladies epidemiques qui nous frappent a l'improviste 
et qui nous quittent sans que nous sachions ni pourquoi ni com- 
ment. 

La science s'efforce aujourd'hui de resoudre ces grands pro- 
blemes, dont la solution nous interesse a un si haut degre. 11 est 



- 30 - 

done de notrc devoir de Paider dans sa tache difficile par des 
observations serieuses et par des theories qui doivent loujours etre 
rationnelles, e'est-adire basees sur des faits bien constates. 



NOTE 

RELATIVE A LA THEORIE DE M. LEYMER1E (PROFESSErjR DE GEOLOGIE A LA 
FACULTE DES SCIENCES DE TOULOUSE), 

SUR LORIGINE DU CALCAIRE DANS LA NATURE , 
Par J. M. Mellies, 

Prgparateur de chimie a la Faculty des Sciences de Toulouse. 

Dans la seance du 21 avril 18G4, M. Leymerie a enlretenu 
l'Academie des Sciences de Toulouse, d'une theorie de 1'origine 
du calcaire. 

Elle consiste a admettre que les anciennes mers n'etaient pas 
salees de la meme maniere qu'elles le sont aujourd'hui ; le sel 
dominant, au lieu d'etre du chlorurc de sodium, elait le chlorurc 
de calcium. 11 suppose ensuite que dans une mer oinsi salee il 
arrive d'autres eaux conlenant du carbonate de soude. Alors une 
double decomposition a lieu ; il se forme un precipite de carbonate 
de chaux et le cblorure de sodium resle en dissolution. 

Une action chimique du meme genre peut, d'apres lui, rendre 
raison de la formation des calcaires magnesiens et' des dolomies. 
Pour cela, il suffit d'admettre que les anciennes mers contenaient 
deja, comme aujourd'hui, du chlorurc de magnesium. 

Ces idees, M. Leymerie les avail deja avancees dans son Cours, 
des 1848 au moins. II les avail consignees depuis dans son Traite 
de Gcologie; enfin il en avait fait I'objel d'une communication, a 
l'une des dernieres reunions des Societes savantes de France. 

Je ne crois pas devoir transcrire ici les objections demcurees 
sans replique que lui ont opposces MM. Milne-Edward, Blan- 
cliard, Lecoq el Lory j je me contenterai d'ajouter la suivante. 



— 31 — 

Pour que cette maniere de voir de M. Leymerie put etre adop- 
tee, il faudrait admettre que notre globe n'a jamais ete a l'etat de 
fusion et que la temperature de sa surface n'a jamais ete assez ele- 
vee pour que le chlorure de calcium et le carbonate de soude 
pussent etre fondus. Car, alors, ces deux corps ont du reagir l'un 
sur lautre et faire du chlorure de sodium et du carbonate de 
chaux., avant que l'eau ait pu prendre l'etat liquide et former la 
moindre mer. 

Pour demontrer cette proposition, je prends deux creusets: 
dans l'un, je mets 662 grammes de chlorure de calcium anhydre, 
dans l'autre, 693 grammes de carbonate de soude. Je les place 
tous les deux dans un fourneau et je chauffe au rouge blanc. Les 
deux substances fondent. Je verse alors, avec precaution, le liquide 
de l'un des creusets dans l'autre. Je ferme ce dernier avec un 
couvercle traverse par un tube assez long pour que son extremite 
superieure se trouve au-dessus du fourneau et je chauffe pendant 
une heure environ. 

Je retire alors le tout du feu et je trouve de la chaux vive dans 
le creuset et du chlorure de sodium dans le tube. 

Et si, apres avoir fait le melange des deux sels, je mainliens 
quelque temps la temperature au rouge cerise seulement, je trouve 
deux couches dans le creuset, l'une de carbonate de chaux a la 
partie inferieure, l'autre de chlorure de sodium a la partie supe- 
rieure. 

Afin d'etre a l'abri de toute objection, sur l'intervention possi- 
ble de la substance du vase dans la reaction, j'ai repete l'expe- 
rience trois fois , en employant successivement des creusets en 
terre, en plombagine et en platine. Dans les trois cas, les resultats 
ont ete identiques. 

Que ccnclure de ces fails? 

Lorsque la terre, apres sa separation du soleil, a pu se reunir 
en une immense sphere gazeuse et abandonner elle-meme son 
satellite la lune, les elements materiels dont elle se compose, 
se rapprochant de plus en plus les uns des autres, par suite du 
refroidissement de la masse generate , le regne des actions chimi- 
ques a du commencer. 

Les corps simples se sont unis suivant des affinites que nous 
ne connaissons pas et sur lesquelles nous ne pouvons emettre que 



— 32 — 

des conjectures, puisque nous ne pouvons pas produirc ces hautes 
temperatures. 

Accordons a M. Leymerieque, contre toute probability, lechlore 
se soit d'abord porte sur le calcium et I'acide carbonique sur la 
soude. La difficulte restc toute entiere. Cc qui est bien certain en 
effet, c'est que lorsque la terre continuant a se refroidir, a pu 
devenir eu partie liquide, en partie meme solide, lorsque sa sur- 
face s'est trouvee a la plus baule temperature que nous pouvons 
obtenir dans nos fourneaux ; toute l'eau qui forme aujourd'hui 
l'Ocean, etait a l'etat gazeux dans Tatmospbere. 

Alors, dis-je, si le chlorure de calcium et le carbonate de soude 
existaient en grande quantite, ces deux substances, liquides toutes 
deux, ont du reagir l'une sur l'autre et produire : 

1° Du cblorure de sodium qui, peut-etre, malgre l'enorme 
pression atmospherique, a du reprendre l'etat gazeux ; 

2° De la chaux qui est restee a l'etat pulverulent sur la masse 
des silicates a l'etat pateux ; 

3° De I'acide carbonique libre qui a repris son etat de gaz. 

Ainsi done, et j'insiste sur ce point, le chlorure de sodium et 
le carbonate de chaux n'ont pas pu ne pas exister avant le depot 
de l'eau a la surface de notre globe. 

Que d'autres reactions se soient manifestoes, que le chlorure de 
sodium et la vapeur d'eau aient produit de I'acide chlorhydrique 
et de la soude, c'est possible. Mais lorsque I'acide chlorhydrique 
et I'acide carbonique ont eu a choisir entre la soude et la chaux, 
la nature de leurs unions n'est pas douteuse, I'acide chlorhy- 
drique s'est porte sur la soude avant que I'acide carbonique n'ait 
pu se porter sur la chaux. 

A celte epoque ou un peu plus tard, le sel marin a du prendre 
l'etat liquide. II a done existe une mer de sel fondu, a laquelle les 
geologues n'ont pas attache l'importunce qu'elle merite, car elle a 
du agir longtemps a la maniere de nos mers actuelles dissolvant 
certains corps, en tenant d'autres en suspension et donnant pro- 
bablement lieu a une serie de mineraux dont on a vainement 
cherche l'origine jusqu'a ce jour. 

Plus tard, I'acide carbonique a pu se combiner a la chaux et 
former un carbonate probablement liquide dans les premiers 
temps, et pulverulent vers la fin de cette periode. 

Le refroidissement continuant, les eaux se sont condensees a 



— 33 — 

leur tour. Elles ont pu dissoudre, detremper, transporter et stra- 
titier ces masses do craie. ^'atmosphere etait alors plus riche en 
acide carbonique, plus pauvre en oxygene que celle de nos jours. 
Les eaux salees aussi bien que les eaux douces provenant des 
pluies diluviennes de celte epoque, prenant une temperature de 
plus en plus faible a mesure que la croute terrestre se refroidis- 
sait, ont pu dissoudre une grande quantite d'acide carbonique et 
former des bicarbonates de chaux et de magnesie solubles dans 
1'eau. Puis, sur les points oii lachaleur centralese fesait plus vive- 
ment scntir, ces eaux ont du perdre de leur acide, les bicarbo- 
nates, passer a l'etat de carbonates neutres et se deposer en masses 
slalagmitiques et stratifiees. 

Enfin, la vegetation prenant un grand developpernent et le 
regne animal n'etanl encore represenle que par des etres a respi- 
ration peu active, 1'atmosphere a vu diminuer insensiblement sa 
ricbesse en acide carbonique, augmenler sa dose d'oxygene libre, 
ce qui aete pour les eaux une cause d'appauvrissement general en 
acide carbonique et par consequent aussi la cause de nouveaux 
depots de calcaire pur ou magnesien. 

Voila la theorie generalement adrnise. Cette nianiere d'envisager 
la question parait si rationnelle, que le doute ne semble pas per- 
mis. Aussi, n'etait il venu a l'idee de personne de chercber a 
l'appuyer sur des faits. Et, si j'ai eru devoir me charger de ce soin, 
c'est uniquement parce qu'une voix s'est elevee contre elle. 



NOTE 

SUR LES PROPRIETES CHIMIQUES DE LA GHLOROPHVLLE (1). 
Par M. E. Filhoi.. 

Presque tous les chimistes qui ont essaye de preparer de la 
chlorophylle pure ont eu recours, pour isoler cette maliere colo- 
rante dans un grand etat de purete, a Taction de 1'acide chlorhy- 
drique concentre. 

Suivant la plupart d'entre eux, la chlorophylle est soluble dans 

(1) Seance du 11 Janvier 1867. 

Tome 1. 3 



- u - 

l'acide snlfurique avec lequel ello produit un liquiilc colore en 
bleu. 

Marquart, Berzelius, Mallei". Morot, etc., qui ont publie' iles 
recherches tlu plus haut intcret touchant los proprietes chiraiques 
de la cbloropbylle, ii'ont pas apcrc,u la decomposition que subit 
celte substance lorsqu'elle est melangee avec des acides mineraux 
energiques. 

M. Fremy a publie, dans ces dernieres annees, un travail qui 
avait pour but de demontrer que la cbloropbylle est compose'e de 
deux matieres distinctes, dont l'une est jaune et l'autre bleue. 
Ces deux matieres pourraient etre isolees facilement par un pro- 
cede qui consiste a meler une solution alcoolique de cbloropbylle 
avec de l'elber sature d'acide cblorbydrique. Quand on fait un 
pareil melange, la majeure partie de l'etber vient nager a la surface 
et forme une coucbe coloree en jaune, au-dessous de laquelle se 
trouve un liquide colore en bleu pur. 

J'ai demontre, a la meme epoque, par des experiences simples 
et decisives, don I l'exactitude n'a jamais ete contestee, que cette 
matiere bleue ne preexistait pas dans la chloropbylle, et qu'elle 
etait produile par Faction de l'acide cblorbydrique sur une sub- 
stance jaune qu'on peut isoler avec facilite. 

J'ai fait voir que si Ton ajoute a une solution alcoolique de 
cbloropbylle quelques traces d'acide chlorbydrique ou d'acide 
sulfurique , elle se trouble et perd sa belle nuance verte. Si Ton 
jette sur un filtre la solution trouble , on voit une matiere 
solide brune roster sur le filtre, et le liquide qui a traverse le 
papier est colore en jaune brunatre. En ajoutant a cette liqueur 
jaune une dose un peu forte d'acide, on la voit se colorer en vert 
fonce, et si Ton soumet le liquide vert a une nouvelle filtration 
au papier , celui-ci retient une matiere jaune et laisse passer un 
liquide colore en bleu pur. 

II est done bien evident que Taction de l'acide cblorbydrique 
faible a [tour effet de dedoubler la cblorophylle en deux matieres 
distinctes, dont l'une est solide, brune et prcsque insoluble dans 
Palcool, et ['autre reste en dissolution et colore ce vehicule en 
jaune. C'est cette derniere qui devient bleue sous l'influence d'un 
exces d'acide. 

Plusieurs acides organiques (acide oxalique, lartique, citri- 
que, etc.), produisent le dedoublemenl en matiere solide brune 



- 35 - 

et en substance jaune, mais aucun d'eux. ne pent produire la 
substance bleue. Cette derniere nc se forme qu'au contact des 
acides mineraux concentres. 

On peut prouver que la substance bleue ne preexistait pas dans 
lachloropbylle au moyen d'une experience qui donne un resullat 
de la plus grande nettete. 

II suffit, en effet, de saturer par de rammoniaque la liqueur 
acide coloree en bleu pour lui rendresa couleur jaune primitive ; 
d'oii il resulte que si cette substance faisait partie de la chloro - 
pbylle normale, une solution de cbloropbylle devrait devenir 
jaune lorsqu'on la melerail avec de rammoniaque, ce qui n'a pas 
lieu. 

On peut isoler la substance jaune, dont je viens de parler, sans 
avoir recours a Taction des acides ; il suffit de traiter une solution 
alcoolique de chloropbylle par du noir animal, en ayant soin de 
n'en pas mettre assez pour de'colorer entitlement le liquide. On 
obtient ainsi une solution coloree en jaune pur qu'on peut faire 
evaporer au bain-marie pour isoler la substance jaune. En redis- 
solvant celle-ci dans un peu d'alcool, on obtient une solution con- 
centree qui prend une belle couleur verie quand on la melange 
avec la moitie de son volume d'ae.ide chlorbydriquo, et qui, lors- 
qu'on la jette sur un filtre, se dedouble en une substance jaune 
qui reste sur le filtre, et une liqueur d'un bleu tres intense qui 
passe a travers ce dernier. 

Ainsi, comme on le voit, cette matiere peut etre isolee sans 
avoir recours a l'emploi des acides ou a celui des bases puissantes 
dont M. Fremy s'est servi pour isoler les corps qu'il a decrits, 
corps qui, d'apres moi, sont produils pendant le cours des opera- 
tions , sous I'influence des reactifs qu'a employes M. Fremy, 
etn'existaient pas dans la chlorophylle. 

L'action des acides organiques peut etremise en evidence d'une 
maniere bien simple et bien saillante. Si Ton prend, en effet, des 
feuilles fraiches d'oseille, et qu'apres les avoir ecrasees dans un 
mortier, on les epuise par de 1'alcool bouillant, on obtient une 
liqueur coloree en jaune, sans la moindre trace de vert. En epui- 
sant les feuilles de la meme plante par de l'ether, on obtient une 
teinture coloree en vert tres vif et tres pur. 

Si, au lieu de proceder ainsi, on lave les feuilles d'oseille 
contusees avec do l'eau jusqu'au moment ou celle-ci ne rougit 



— 30 — 

plus le tourncsol, les feuilles a'msi lavees lournissent une teinlure 
coloree en un beau vert avec I'alcool et avec Tether. 

Tout cela s'expli<|uo sans peine, quand on se rappelle que 
I'acide oxalique est soluble dans Teau et I'alcool, tandis qu'il nc 
so dissout pas dans Tether ; niois tout cela eut ete inexplicable 
sans la notion des faits que j'ai rapportes plus haut. 

La substance solide brune, qui rcste sur le filtre, est a peine 
soluble dans I'alcool (Void, mais elle se dissout dans I'alcool 
bouillant, qui la laisse deposer en grande panic en se refroidis- 
sant. Elle est ires soluble dans Tether. Sa solution alcoolique 
prend une coulcur orange lorsqu'on y ajoute de la potasse ou de 
la soude caustique, mais cettc couleur change peu a peu et devient 
d'un beau vert au bout de quelques heures. Ce vert artificiel est 
plus stable que la chlorophylle. 

La substance brune est ties richc en azote et se rapproche, 
sous ce rapport, des matiercs albuminoidcs. Elle a, coinine ces 
dernieres, la propriele de se dissoudrc dans I'acide chlorbydrique 
en lui communiquant une couleur bleue. 

J'ai demontre depuis longtemps que la xanthine des fleurs, la 
matiere colorante du jaune d'oeuf et le jaune de la bile prennent, 
sous Tinflucnce de Tacide chlorhydrique, une couleur verte, et 
sont dcdoublees soit par Tellier, soit par la filtration en jaune et 
en bleu. 

Enfin, j'ai fait voir que la substance verte qui colore le corps 
de certains insectes se comportc au contact des acides absolument 
comme la chlorophylle. Une solution alcoolique de chlorophylle 
perd, apres quelques heures d'cxposilion au soleil, la propriete de 
subir les modifications que j'ai decrilcs dans ce travail. Elle les 
perd avec plus dc lenteur, quand elle est exposee a la lumiere. 



— 37 — 



DU PRISME TRIANGULA1RE DANS LE CALGAIRE, 

SA DERIVATION DU RHOMBOEDRE (1), 

Par Charles Fouque 

La crystallisation est, de tous les caracteres physiques, le plus 
important dans l'examen des mineraux. Bien que les formes cris- 
tallines, que nous presente la nature, soient pour ainsi dire mnom- 
brables, on est parvenu a les faire deliver d'un petit nombre 
de types simples, et l'ensemble des diverses formes provenant 
des modifications d'un meme type, constitue un systeme cris- 
tallin. 

C'est ainsi que le systeme regulier comprendra toutes les formes 
pouvant deriver des modifications faites sur chacun des elements 
d'un solide type qui, pour ce systeme, peut etre le cube. Ainsi, 
1'octaedre regulier, qui fait partie du meme ensemble, resulte des 
modifications faites sur les angles du cube ; le dodecaedre rhom- 
boi'dal s'obtient en modifiant un cube sur ses aretes 

Mais, dans les diverses modifications des formes types, la nature 
suit toujours certaines regies. Ces lois, decouvertes par Haiiy, et 
qui servent de base a ces passages d'une forme a une autre, con- 
sistent en ce que : s'il existe une modification sur une partie quel- 
conque d'un crista], la meme modification doit se retrouver sur 
toutes les parties identiques du meme cristal. 

Ces lois presentent, d'apres certains mineralogistes, des excep- 
tions. D'apres eux, quelques types n'auraient subi qu'unc partie 
des modifications exigees par les lois de symetrie. On designe ces 
crislaux sous le nom d'hemiedres. 

Le nombre des cristaux considered comme hemiedres est varia- 
ble, suivant les types que Ton adopte 5 de plus, des modifications 

(1) Seance du 11 Janvier 1867. 



— 38 - 

oouvelles nous mcttent sur la voie de la non-hcmiedric de cer- 
tains a u Ires. 

Un dcs cristaux des plus simples, vu le nombre de ses faces, 
et qui a tres pcu occupe 1'aUention des mineralogistes, est le 
prisme triangulaire droit. 

Nous ne l'avons trouve indique que dans les Traites de Mine- 
ralogie publies a Toulouse, par M. Leymerie. 

D'apres cet auteur, le prisme triangulaire qui appartient a son 
sous-sijsteme trigonal, scrait produit par un ensemble de modifi- 
cations tangentes, a tous les sommets compris dans une meme 
moitie de rhomboedres. 

Ajoutons aussi que M. Leymerie declare ne pas avoir encore 
rencontre ce solide isole, mais qu'il existe, a l'etat de combinaison, 
dans la piupartdes cristaux prismatiques de la tourmaline. 

Un echantillon que nous avons acquis recemment, nous Pa 
presente isole ; nous le deposons dans les collections du Museum 
d'Histoire Naturclle de Toulouse. 

Get echantillon n'appartient pas a la tourmaline, qui etait la 
seule espece minerale dans laquelle on ait indique le prisme trian- 
gulaire, represente seulement par quelques facettcs-, mais, a 
l'esp6ce calcaire, substance la plus riche en varietes de cristaux, 
car M. de Bournon, dans une monograpbie du calcaire en deux 
volumes, cite pres de 800 formes crislallines djfferentes. 

Dans ce grand nombre de formes, qui sont le resultat des com- 
binaisons des memes faceltes, associees de difterentes maniercs, il 
n'est jamais fait mention du prisme triangulaire. 

Notre echantillon se compose d'une serie de prismes triangu- 
laires de diverses grosseurs, reposant sur une de leurs bases. 
En examinant les surfaces des bases libres de ces prismes, on 
y reconnait un clivage non parallele a 1'aretc opposee. 

Ce manque de parallelisme permet de preciser d'une maniere 
cxacte l'arrangement des diverses molecules constituant le prisme 
triangulaire, de plus, qu'il est conforme aux lois de symetrie 
d'Hauy, et qu'il provient de modiiications faites sur un ensemble 
de parties identiqucs d'un rbomboedrc. 

Car, en considerant les elements du rhomboedre, nous y trou- 
von8 . 



- 39 - 

i 2 culminants (sommets). 

8 angles solides triples . , ., 

D ' j C lateraux. 

l 6 aboutissant aux sommets. 

\ 2 aretes egales. . 6 reliant les angles / 3 allant de bas en haul. 

' lateraux. \ 3 allant de haut en bas. 



ce qui donne en tout 5 sortes d'elements identiques physiquement. 

Or, en modifiant, par des plans tangents, les deux sommets 
el trois aretes laterales de meme sens, le rhomboedre, qui est l;i 
molecule integrante du calcaire, on obtient un prisme triangulaiie 
dont l'arrangement moleculaire est conforme a celui de notre 
echantillon, et qui produit un clivage analogue. 

Tel est le resultat de nos recherches sur le prisme triangulaire 
droit, offert par cet ecbanlillon de calcaire. montrant la possibility 
de la derivation de ce solide du rhomboedre sans avoir modifie les 
lois de symetrie d'Haiiy. 



NOTE 

A PROPOS DU TRAPA NATANS L., DECOUVERT A TOULOUSE, 
Par M. Timbal-Iagrave., pharmacien. 

Le Trapa natans (L.), ou chaitaigne d'eau, aime les eaux 
claires, limpides, profondes et a temperature moyenne, comme les 
Sagittaria sagittata folia (L.), le Villarsia nymphoides (Vent.), 
VHottonia palustris , et la nombreuse serie des Naias myria- 
phyllum, potamogeton, utricularia, etc. 

Toutes ces plantes n'ont pas une aire de d spersion bien deter- 
minee; ce sont des plantes qui, comme le dit M. Alph. de Can- 
dolle (Geogr.bot., p. 632), se naturalisent a petites distances, et 
ne sont jamais repandues abondamment et d'une maniere uniforme 
dans les regions qu'elles occupent; cela vient surtout de ce que 
ces vegetaux ne trouvent pas toujours les conditions necessaires a 



- 40 — 

lour extension dans un lieu en apparence propice; le milieu que 
ces especes habitent est soumis a tant de variations que, pendant 
un temps donne, elles peuvent languir et'meme disparaitre pour 
revenirquand les conditions locales seront mcilleures, ou quand 
une nouvelle circonstance apportera de nouvelles graines. 

C'est sans doute ainsi qu'on peut expliquer la presence du 
Trapa natans(L), dans les pieces d'eau de la fontaine du lavoir 
deM. Goulard, au pont des Demoiselles, pres les docks du Canal 
du Midi, ainsi que celle de quelques individus du Nymphea alba 
(L.) qu'on y trouve aussi. Les graines auront du y etre transpor- 
ters par le proprietaire de ce lavoir, ou par quelque autre pour 
rornementation de ces grands bassins. 

Les environs de Toulouse et meme la circonscription geogra- 
phique de notre departemenl sont peu propices aux plantes aqua- 
tiques, soil flottantes, soit purement submergees. Les grands marais, 
les etangs meme y sont rares, et le petit nombre de ceux qu'on y 
rencontre quelquefois a une tendance a disparaitre par les soins 
incessantsdes agriculteurs, qui cherchent a rendre les terres a la 
culture ; on ne saurait, au reste, les en blamer. Aussi, a 1'excep- 
tion de quelques Lemna, des Potamogeton, des Myriaphyllum, etc. , 
on ne trouve dans nos environs que tres peu et exceptionnelle- 
ment de veritables plantes aquatiques flottantes ; elles sont elles - 
memes confinees dans les canaux et les deversoirs qui sillonnent 
nos contrees. Voici d'ailleurs un tableau abrege des localites les 
plus remarquables de notre departement. 

A Braqueville, sous le village de Portet, un ancien bras de la 
Garonne a laisse deux ou trois marais ou Ton remarque les Scirpus 
lacustris (L.), le Cyperus baduis (Desf.), des Lemna et notam- 
ment YUtrirularia intermedia (Hayn.) et Vulgaris (L.). 

Dans un deversoir du Canal lateral, pres de l'Embouchure du 
Canal du Midi, on trouve le Lemna gibba (L.), des Ceratophyl- 
lum, etc., etc. 

Pres de Grenade et a Ondes, on remarque, non loin de la 
Garonne, des marais considerables dans lesquels on trouve une 
serie d'especes aquatiques flottantes et d'autres qui se plaisent 
aux bords des marais, telles que le Nymphea lutea (le N. alba 
manque), des Callitriche, le Potamogeton nutans (L.), luceus (L.), 
rrispus (L.), rompressus (L.). 

A une petite distance du village qu'on nomme Les Crespis, on 



_ 41 - 

rencontre un grand marais qu'on nomrae Loungo Traijo, dont la 
surface est entierement couverte de plantes aquatiques flottantes, 
telles que Lemna arhiza (L.), Polyrhiza (L.), Nymphea lutea 
(L.), des Ceratophyllum, des Myriophijllum, des Callitriche, le 
Butomus umbellatus (L.) , les Typha angustifolia (L,) , fafi- 
/b/i'a (L.) et Pkragmites communis [Tin.) qui en dependent les 
bords ; a Longue Truie on ne trouve pas le Sagittaria sagittw- 
folia (L.), ni YUtricularia vulgaris (L.) qui abonde au contraire 
unpeu plus loin, dans des marais qui portent le nomde Garounetto, 
nom qui indique tres bien leur origine. Ces marais, situes vis- 
a-vis Grizolles, dans le Tarn-et-Garonne , sont tres riches en 
plantes des marais. Outre les deux especes que nous venons de 
citer, la Garonnette renferme : les Sparganium ramosum (Huds.) 
et simplex (Huds.), le Scirpus Savii (Seb. et Maur), le Carex 
disthicha (Huds.) et le Cy perns compactus (Krock) qu'on ne 
trouve pas dans la Haute-Garonne. 

Si Ton remonte la Garonne jusqu'au sommet des Pyrenees, les 
marais un peu considerables sont peu nombreux et ne nous fournis- 
sent que peu de plantes flottantes, si ce n'est quelques Renoncules 
batraciennes et le Nymphea lutea (L.), comme on l'observe aussi 
dans quelques parties du Touch ou de la Save. 

Pres de Montrejeau, en allant dans la lande vers Lannemezan, 
quelques petites mares nous ont offert le Menyanthes trifoliata (L.) 
que nous n'avons pas encore cite. 

La partie p}reneenne nous presente de tres grands lacs, mais 
leurs eaux profondes et froides n'ont pas un grand nombre d'es- 
peces aquatiques : celui de Barbazan, bien connu par son etendue 
et sa profondeur, n'a en plantes flottantes que les Nymphea lutea 
et alba, et encore celui-ci, par ses fleurs tres petites, pourrait-il, 
mieux etudie, rentrer dans une des especes recemment creees 
par M. Boreau ; mais en revanche les bords fangeux qui entourent 
ce lac nous fournissent une serie d'especes aquatiques interes- 
santes : le Menyanthes trifoliata (L.), Scirpus lacustris (L.), 
Juncus obtusi folia, le Ranunculus lingua (L.) et le Cladium 
mariscus (L.) que nous ne connaissons encore que dans cette 
locality. 

Les lacs de la region alpine sont encore moins frequentes par 
les phanerogames : ainsi ceux deSeculejo et d'Espingo, aux eaux 
froides et profondes, ne presentent aucune espece flottante ; 

Tomb I. * 



neanmoins sur quolques points mieux exposes au midi, ou les lacs 
pen etcndus peuvent clrc plus rechauffes par le soleil, quelqucs 
vegetaux y trouvent encore un asile. Je citerai, comme exemple, 
le petit bassin de Pmna blanca, situe sous le port de Venasque, 
celui du Plan des etatigs, et du Bout de la Coume de] la baque, 
dans lesquels on trouvc le Sparganium minimum (L.), le Pota- 
mogeton rufescens (Schrad.). 

Nous n'avons pas vu encore dans le departement les VMarsia 
nymphoides (Vent.), Hottonia palustris (L.), Limosella aquatica 
(L.), Littorella lacustris (L.), Hippuris vulgaris (L.), quoique 
ce dernier ait ete signale a Pibrac eta Laramette par M. Noulet, 
dont tout le monde connait le grand savoir et la parfaite exactitude ; 
mais en revanche nous avons vu en quantitc dans ces deux 
localites VElatine alsinastrum (L.), le Damsonium et le Ranun- 
culus ophyoglossifolius (Vill.). 

ERRATA. 

Page 39 : au lieu de Myriaphyllwm , lisez : Myriophyllum. 
Page 40 : id. id. — id. 

— id. C. Baduis, lisez : C. Badius. 

— id. P. Luceus, — P. Lucens. 



NOTE 

SUR UNE ESPECE NOUVELLE D'ORTHOSIA (1), 
Par A tc D'Aubuisson. 

Depuis 4855, dpoque a laquelle j'ai commence a faire des recher- 
ches cntomologiques dans les environs de Toulouse, je n'avais pu 
decouvrir, jusqu'en 1865, que onze especes d'Orthosia, toutes 
(l( ; j;\ connues et mentionnees par plusicurs auteurs; ce sont les 
Orthosia Gothica, Hcbraica, Neglecta, Humilis et sa variete 
Lunosa, Pistacina et ses varietes, Munda, Instabilis etses varietes, 
Ypsilon, Lota, Stabilis etMiniosa; mais, le 25 septcmbre 18G5, 
dans une de mes chasses nocturnes, je decouvris unc espese, 
inconnuc des auteurs, etqui a ete prise pour Pistacina {Noctua 

(t) Seance du 18 decern!;™ 1800. 



ietin de la Sociele d'Histoire naturelle k Toiilouse Tome 1. 



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2. 



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■;•%% ~ 



1. Ortkosia Pistacmdiies 

2 d° d° (dessous) 



LiiJi.P.JRiviere Toulovst 



— 43 — 

Lychnidis, de Duponchel), par plusieurs savants entomologistes 
auxquels je l'ai montree. 

En effet, au premier aspect, il est facile de la confondre avec 
cette derniere, et c'est a cause de cette ressemblance que j'ai cru 
pouvoir la nommer Pistacinoides. Elle est de meme taille et a, 
comme sa congenere, le dessous des ailes superieures tantot d'un 
rouge-fauve, tantot d'un fauve-clair et tant6t d'un gris-rougeatre. 
Leur bord terminal porte une serie de petits points, au nombre de 
sept, d'une couleur fauve plus ou moins foncee, suivant la nuance 
de l'insecte, qui d'ailleurs varie de couleur autant que Pistacina. 

La raie fulgurale est remplacee par une autre serie de points 
plus grands, de meme couleur et en egal nombre que les premiers, 
bordes, comme les taches ordinaires, de fauve clair ou d'une 
nuance pareille a celle des nervures. 

Les taches ordinaires sont beaucoup plus grandes que dans Pista- 
cina j la reniforme affecte un peu la forme d'un B et l'orbiculaire 
est presque ovale ; leur couleur ne differe pas ou presque pas, au 
moins dans le type, de celle des ailes-, la bordure seule est tres 
claire, tandis que dans Pistacina ces taches sont le plus souvent 
tres foncees. 

La raie extra-basilaire, qui est tres peuapparente dans Pistacina, 
Pest beaucoup dans Pistacinoides; dans l'une et dans l'autre, la 
raie basilaire est presque effacee. 

Les ailes inferieures sont en dessus d'un gris-noir tres fonce, 
avec la frange d'un rouge-fauve. 

Le dessous des ailes superieures est d'un gris-fonce avec la cote 
et le bord terminal d'un rouge-fauve. La parlie correspondant a la 
tache reniforme est marquee par un point noiratre de forme trian- 
gulaire. 

Le dessous des ailes inferieures est gris jusqu'a la nervure 
mediane et le reste d'un rouge-fauve, avec un point noiratre, de 
forme irreguliere, au centre de l'aile. Entre ce point et le bord 
terminal, il existe une ligne transversale grise peu apparente. 

La tete, les antennes et le corselet sont de meme couleur que 
les ailes superieures; l'abdomen est couleur rouge-fauve, annele 
de brun. 

Enfin ses yeux sont petits et tou jours fauve-clair, tandis que 
ceux de Pistacina sont gros et d'un marron tres fonce. 

II y a peu de difference entre les deux sexes, l'abdomen de la 



— 44 — 

femellc est plus volumincux que celui du male ct ses antennes 
sont filiformes au lieu d'Stre ciliees, comme cclles dc cc dernier. 

La Pistacinoides i'aitson apparition du 15 septembreau lOocto- 
bre, et ce n'est que quand elle est prete a disparaitre que Pistacina 
commence a se montrer. 

L'an dernier, avec M. Riviere, notre collegue et mon ami, j'ai 
relrouve cette meme cspece dans la meme localite. 



ESSAI SUR LA FLORE D'USSAT(I), 

par le D r Guitard. 

Peut-il y avoir unc plus douce, plus agreable et plus facile dis- 
traction que la recherche et l'examen de ces dedicates et e*blouis- 
santes productions de la nature que nous foulons trop souvent 
sous nos pieds avec tant d'indifference? 

Si, pousse par le desir de faire leur connaissance, de nous 
immiscer dans leur vie de famille, dans leurs rapports avec notre 
societe, — si, amoureux des beautes dc la creation, nous voulons 
etudier a Ussat les rapports intimes qui existent entre la pianie et 
le sol, entre le sol, la plante et le ciel, pour rattacher les donnees 
particulieres fournies par cette station thermalc aux notions gene- 
rales repandues si genereusement par les savants sur lageographie 
botanique. nous le pouvons au milieu de ce parterre naturel tout 
resplendissant des couleurs les plus varices et les plus vivos, tout 
embaume des parfums les plus delicieux. 

La Flore de ce petit recoin de l'Ariege est assez riche, et nous 
y trouverons encore amplement a glaner apres meme nos devan- 
ciers. 

Avant 1862, M. Loret avait deja signale la presence de quel- 
(jues bonnes especes. 

Sous le titrcde : Esquisse de la vegetation d'Ussat (Ariege), 
M. le D r Clos, prol'esseur a la Faculte des Sciences et directeur du 
Jardin des Plantes de notre ville, avait publie dans la Revue, des 

[l) S6ancc du 14 decern bre 18GG. 



- 45 - 

Societes savantes du 11 juillet 1862, un travail interessant ren~ 
fermant environ une centaine d'especes. 

En 1865, dans mon Guide a Ussat-les-Bains, j'avais indique 
quelques-unes des plantes de cette localite. 

En 1865, M. Contejean insera dans le Bulletin de la Societe 
Botanique de France (t. XII, p. 217), un article remarquable 
dans lequel il signale « un hybride entre le Teucrium, montanum 
et le T. pyrenai'cum. Cette plante, dont j'ai recueilli, dit-il, plu- 
sieurs exemplaires dans les rocailles de la rive gauche de l'Ariege, 
vis-a-vis l'etablissement des bains d'Ussat (Ariege), inter par entes, 
est parfaitement intermediaire entre les deux especes qui lui ont 
donne naissance. Elle pourrait etre nommee Teucrium montano- 

PYRENAICUM. » 

En 1865, dans l'appendice intitule : Mon Eerbier des Souvenirs 
d'Ussat, mon catalogue s'etait eleve au chiffre de 527, en y com- 
prenant les 88 sujets de MM. Loret, Clos et Contejean que je 
n'avais pas encore rencontres sur mes pas. 

Cette annee enfin, en compagnie de mon ami le D r Janson, les 
vacances m'en ont donne quelques autres et ont fait monter ainsi 
mon chiffre total a 607. 

Je suis bien eloigne certainement d'avoir cette pretention ridi- 
cule de presenter ainsi une liste complete ; j'ai la ferme conviction 
du contraire. 

J'espere meme et je desire surtout que chaque annee vienne y 
ajouter quelques nouvelles especes. 

Cependant, telle qu'elie est, cette nomenclature pourra deja 
donner une idee assez exacte de cette station. 

Je puis aussi, et je dois ajouter que, ne me fiant pas absolu- 
ment a mes propres forces, je me suis aide, pour la determination 
de ces plantes, du savant et bienveillant concours de mon collegue 
et ami M. Timbal-Lagrave dont les connaissances speciales doi- 
vent servir de garantie suffisante. 

J'ai trouve toutes ces plantes clans les herborise tions suivantes: 
1° la route, les prairies, les champs et les jardins: — 2° le ravin 
d'Ornolac-d'En-Bas; — 5° Lombrive; — 4° Col-de-Paoulo; — 
5° Lasserre ; — 6° le Quid; — 7° Lujac ; — 8° Faboscur; — 
9° Labecede ; — 10° la grotte de Bedeillac. 



46 — 



LISTE GENERALE DES PLANTES QUE j'AI TROUVEES A USSAT. 



Acer eampestris (Linn.) 
Achilloea millefolium (Linn.) 
Agar icus social is (Cancl.) 
A. eburneus (Bull.) 
A. sepium. (Noul.) 
A. aurantiacus (Bull.) 
Agrimonia eupatoria (Linn.) 
Agrostis vulgaris (With.) 
A. alba (Linn.) 
Ajuga reptans (Linn.) 
A. Chamoepytis(Schreb.) 

A ?( ) 

Allium ampeloprasum (Linn.) 
A. intermedium (Cand.) 
A. sativum (Linn.) 
Alisma plantago (Linn.) 
Alsine laxa (Jord.) 
Alyssum calycinum (Linn.) 
A. montanum (Linn.) 
Amygdalus persica (Linn.) 
A. communis (Linn.) 
Anagallis coerulea (Lam.) 
A. Phcenicea (Lam.) 
Anthemis eotula (Linn.) 
Anthoxanthum odoratum (Linn.) 
Anthyllis vulneraria (Linn.) 
Antirrhinum majus (Linn.; 
Apium petroselinum (Linn.) 
Aquilegia vulgaris (Linn.; 
Arabis turrita (Linn.) 
A. hirsuta (Cand.) 
A. Alpina (Linn.) 
A. sagittala (Cand.) 
Arenaria serpyllifolia (Linn.) 
A. Petreea (Jord.) 
A. niucronata (Cand.) 
Arbutus uva ursi (Linn.) 
Artemisia campeslris (Linn.) 
A ?( ) 



Asclepias vincetoxicum (Linn.) 

Asparagus acutifolius (Linn.) 

Asperula cynanchica (Linn. ) 

A. odorata (Linn.) 

Aspidium aculeatum, var. angulare 

(Gren. et God.) 
A. Filix mas (Sw.) 
Asplenium adianthum nigrum (L.) 
A. Trichomanes (Linn.) 
A. Ruta muraria (Linn.) 
Aster alpinus (Linn.) 
Astragalus glycyphyllos (Linn.) 
A. Monspeliacus (Linn.) 
Astrantia major (Linn.) 
A. major, var. involncrata (Gr. et 

God.) 
Avena flavescens (Linn.) 
A. pubescens (Linn.) 



Ballota nigra (Linn.) 

Bellis perennis (Linn.) 

Betonica officinalis (Linn.) 

Biscutclla laevigata (Cand.) 

Boletus esculentus (Pcrs. ) 

B. hepaticus (Pers.) 

Brachypodium sylvaticum (R. Sell.) 

B. pinnatum (P. B.) 

Brassica oleracea (Linn.) 

B. erucastrum (Linn.) 

Briza minor (Linn.) 

B. media (Linn.) 

Bromus madrilensis (Linn.) 

B. sterilis (Linn.) 

B ? 

Brunella vulgaris (Moench.) 
B. Tournefortii (Timb. ) 
Bryonia dioica (Jacq.) 
Bupleurum falcatum (Linn.) 



— 47 



B. pyrena'icum (Gouan.) 
Buxus sempervirens (Linn.) 

Calamintha menthoefolia (Host.) 

C. acinos (Clairv.) 
G. nepeta (Link.) 

C. officinalis (Mcenck.) 

Calluna erica (Cand.) 

Caltha palustris (Linn.) 

Campanula trachcelium (Linn.) 

C. rotundifolia (Linn.) 

C. persicifolia (Linn.) 

G. latifolia (Linn.) 

C. glomerata (Linn.) 

C. patula(Linn.) 

C. speciosa (Pourr). 

Cannabis sativa (Linn.) 

Capsella bursa pastoris (Moench.) 

Cardamine impatiens (Linn.) 

Carduus tenuiflorus (Curt.) 

C. nutans (Linn.) 

C. clefloratus (Linn.) 

Carlina vulgaris (Linn.) 

C. acanthcefolia (All.) 

C. acaulis (Lam.) 

Caucalis vulgaris (Pers.) 

Centaurea calcitrapa (Linn.) 

C. serotina (Bor.) 

C. nigrescens (Willd) 

C. cyanus (Linn.) 

C. scabiosa (Linn.) 

Centranthus angustifolius (Cand.) 

C. Lecoqi(Jord.) 

C. calcitrapoefolius (Dufr.) 

Ceterach officinarum (Willd.) 

Chelidonium majus (Linn. ) 

Chenopodium viride (Linn.) 

C. album (Linn.) 

Chlora perfoliata (Linn.) 

Chrysanthemum corymbosum (L.) 

C. partbenium (Smith.) 

Chrysosplenium oppositifolium (L.) 



Cicer arietinum (Linn.) 
Circea lutetiana (Linn.) 
Cirsium eriophorum (Scop.) 
C. tuberosum (All.) 
C. lanceolatum (Scop.) 
C. acaule (All.) 
Clavaria flava (Pers.) 
Clematis vitalba (Linn. ) 
Clinopodium vulgare (Linn.) 
Colchicum autumnale(Linn.) 
Convallaria majalis (Linn.) 
C. polygonatum (Linn.) 
Conyza ambigua (Cand.) 
C. Squarrosa (Linn.) 
Corylus avellana (Linn.) 
Coronilla emerus (Linn.) 
C. minima (Linn.) 

C ? 

Crepis albida (Vill.) 

C. virens (Vill.) 

C. grandiflora (Tausch.) 

C. agrestis (W. Kit.) 

Cucubalus bacciferus (Linn.) 

Cuscuta epithymum (Linn.) 

Cynoglossum pictum (Ait.) 

C. montanum (Lam.) 
Cynosurus cristatus (Linn.) 
Cynanchum laxum (Bartl.) 

Dactylis glomerata (Linn.) 
Daphne laureola (Linn.) 
Daucus carrota (Linn.) 
Delphinium cardiopetalum (Cand.) 
Dentaria pinnata (Linn.) 
Dianthus Monspessulanus(Linn). 

D. Carthusianorum (Linn.) 
D. prolifer (Linn.) 
Digitalis purpurea (Linn) . 
D. lutea (Linn.) 
Dipsacus sylvestris (Mill.) 

Echium vulgare (Linn.) 
Echinaria capitata (Desf.) 



— 48 - 



Echinospermum lappula (Lehni.) 

Elichrysuni etechas (Cand.) 

Epilobiuni inollo (Lam.) 

E. collinum (Gmel.) 

E. roseuni (Dub.) 

E. parviflorum (Schreb.) 

E. hirsutum (Linn.) 

Epipactis rubiginosa (Koch.) 

Equisetum palustre (Linn.) 

E. tehnateya (Ehrh.) 

Erica vulgaris (Linn.) 

Erigeron acris (Linn. ) 

E. graveolens (Linn.) 

E. canadensis (Linn.) 

Erinus alpinus (Linn.) 

Eruca saliva (Lam.) 

Ervum hirsutum (Linn.) 

Erysimum officinale (Linn.) 

E. ochroleucum (Cand.) 

Euphorbia hyberna (Linn.) 

E. helioscopia (Linn.) 

E. cyparissias(Linn.) 

E. sylvatica (Linn.) 

E. lathyris (Linn.) 

Eupatoriurn cannabinum (Linn.) 

Euphrasia salisburgensis (Fk.) 

E. odontites (Linn.) 

E. ericetorum (Jord.) 

E. officinalis (Linn.) 

Fagus sylvatica (Linn) . 

F. castanea (Linn.) 
Festuca duriuscula (Linn.) 
F glauca (Br6b.) 

Ficus carica (Schrad.) 
Fragaria vcsca (Linn.) 

F ? 

Fraxinus excelsior (Linn.) 
Fumana vulgaris (Spach.) 

Galeopsis arvatica (Jord.) 

G. angustifolia (Ehrh.) 
G, ladanum (Linn.) 



Galium cruciatum (Smith.) 
G. lseve (Thuil.) 
G. mollugo (Linn.) 
G. dumetorum (Jord.) 
G. aparine (Linn.) 
G. album (Lam.) 
G. verum (Linn.) 
G. erectum (Huds.) 
Genista scoparia (Chaix.) 
G. scorpius (Cand.) 
Gentiana acaulis (Linn.) 
G. ciliata (Linn.) 
Geranium Robertianum (Linn.) 
G. dissectum (Linn.) 
G. purpureum (Vill.) 
G. sanguineum (Linn.) 
G. rotundifolium (Linn.) 
G. pyrenaicum (Linn.) 
Geum urbanum (Linn. ) 
Glechoma hederacea (Linn.) 
Globularia nudicaulis (Linn.) 
G. vulgaris (Linn.) 
G. cordifolia (Linn.) 
Glyceria fluitans (R. B.) 

Hedera helix (Linn.) 
Helianthemum vulgare (Goertn.) 
H. piloselloi'dcs (Lapeyr. ) 
H. pulverulentum (Cand.) 
H. tomentosum (Cand.) 
H. calcareum (Jord.) 
H. canum (Dun.) 
Heliotropium europceum (Linn.) 
Helleborus foelidus (Linn.) 
H. viridis (Linn.) 
Hepatica triloba (Chaix.) 
Ileiacleum sphondylium (Linn.) 
H. pyrenaicum (Lam.) 
Hieracium pilosella (Linn.) 
Hippocrepis comosa (Linn.) 
Holcus lanatus (Linn.) 
Hypericum montanum (Linn.) 






49 — 



H. nummularium (Linn. ) 

H. perforatum (Linn.) 

H. id. var. angustifolium (Gr. etG. 

H. quadrangulum (Linn.) 

Hypnum ? 

lberis amara (Linn.) 
I. pinnala (Gouan.) 
Ilex aquifolium (Linn.) 
Impatiens noli tangere (Linn.) 
Inula graveolens (Desf.) 
I. dysenterica (Linn.) 

Jasonia glutinosa (Gand.) 
Jasione montana (Linn.) 
Jasminum fruticans (Linn.) 
Juncus bufonius (Linn.) 
J. glaucus (Smith.) 
Juglans regia (Linn.) 
Juniperus communis (Linn.) 
J- Sabina (Linn.) 

Koeleria setacea (Pers.) 
Knaulia sylvatica (Dub.) 

Laetuca capitata (Linn.) 
L. non capitata (Linn:) 
L. crispa (Linn.) 
L. romana (Linn.) 
L. perennis (Linn.) 
L. virosa (Linn.) 
L. muralis (Fries.) , 
Lamium maculatum (Linn.) 
Lampsana communis (Linn.) 
Laserpitium siler (Linn.) 
L. latifolium (Linn.) 
L. var. aspera (Crantz.) 
L. gallicum (Bauh.) 
Lathyrus pratensis (Linn.) 
L. aphaca (Linn.) 
Lavandula pyrena'ica (Gand.) 



Lepidium graminifolium (Linn.) 
Leontodon hirtum (Vill.) 

L ? 

Leucanthemum vulgare (Lam.) 
L. corymbosum (Gr. et God.) 
L. atratum (Cand.) 
Leuzea conifera (Gand.) 
Libanotis montana (All.) 
Ligustrum vulgare (Linn.) 
Linaria striata (Cand.) 
L. supina (Desf.) 
L. minor (Desf.) 
L. crassifolia (Mut.) 
L. origanifolia (Cand.) 
Linum catharticum (Linn.) 
L tenuifolium (Linn.) 
Lithospermum arvense (Linn.) 
L. luteo-purpureum (Linn.) 
L. officinale (Linn.) 
Lonicera Etrusca (Sant.) 
L. periclymenum (Linn.) 
Lotus corniculatus (Linn.) 
Luzula maxima (Cand.) 
Lychnis dio'ica (Cand.) 
Lycoperdon bovista (Pers.) 
Lycopus Europseus (Linn.) 
Ly thrum salicaria (Linn.) 

Malva moschata (Linn.) 
M. rotundifolia (Lapeyr.) 
Marchantia polymorpha (Linn.) 
Marrubium vulgare (Linn.) 
Medicago lupulina (Linn.) 
Melampyrum pratense (Linn.) 
Melica nebrodensis (Pari.) 
Mentha sylvestris (Linn.) 
M. candicans (Krantz.) 
M. nemorosa ( Willd.) 
M. arvensis (Linn.) 
Mercurialis annua (Linn.) 
Merulius cantharellus (Pers ; 
Muscari comosum (Mill.) 



50 — 



Myosolis versicolor. (Roth,) 
M. intermedia (Link.) 

Odontites verna (Rehb.) 
Onobrychis sativa (Lam.) 
Ononis procurrens (Walbr.) 
0. striata (Gouan.) 
0. natrix (Linn.) 
Origanum vulgare (Linn.) 
0. id. var. bracteata (Gr. ct God.) 
0. id. var. creticum (Cand.) 
Orobanche cruenta (Bert.) 

? 

Orobus luteus (Linn. ) 
Osyris alba (Linn.) 
Oxalis corniculata (Linn.) 

Pallenis spinosa (Cass.) 
Panicum cms galli (Linn.) 
P. verticil latum (Linn.) 
Papavcr cambricuin (Linn.) 
Parietaria diffusa (M. et K.) 

P ? 

Parnassia palustris (Linn.) 
Passcrina dioica (Ram.) 
Peucedanum cervaria (Lapeyr.) 
Phallus esculentus (Linn.) 
Phaseolus vulgaris (Linn. ) 
Phleum Bohcemeri(Wb.) 
Phyteuma spicata (Linn.) 
P. orbicularis (Linn.) 
Picris hieracioi'des (Linn.) 
Pimpinella magna (Linn.) 
P. saxifraga (Linn.) 
P. saxifraga, var. poteriifolia (Gr 

et God.) 
Plantago major (Linn.) 
P. cynops (Linn.) 
P. lanceolata (Linn.) 
P. serpentina (Vill.) 
Platanus occidentalis (Linn.) 
Pba nemoralia (Linn.) 



P. rigida (Linn.) 
Podisoma fuscum (Dub.) 
Polygonum persicaria (Linn.) 
P. piperatum (Linn.) 
P. aviculare (Linn.) 
P. fagopyrum (Linn.) 
P. lapathifolium (Linn.) 
Poly gala calcarea (Schulz.) 
Polypodium vulgare (Linn.) 
Polytrichum commune (Linn.) 
Populus fastigiata (Poir.) 
Poterium sanguisorba (Linn.) 
P. muricatum (Spach.) 
Primula officinalis (Linn.) 
Pteris aquilina (Linn.) 
Pulmonaria officinalis (Linn.) 
P. tuberosa (Schranck.) 
Pyrus malus hortensis (Linn.) 
Prunus avium (Linn.) 
P. ccrasus (Linn.) 
Pyrus communis hortensis (Linn.) 

Quercus ilex (Linn.) 
Q. pubescens (Willd.) 
Q. sessiliflora (Smith.) 

Ranunculus thora (Linn.) 
R. arvensis (Linn.) 
R. trichophyllus (Chaix.) 
R. repens (Linn.) 
R. bulbosus (Linn.) 
Raphanus raphanistrum (Linn.) 
Reseda phyteuma (Linn.) 
R. luteola (Linn.) 
Rhamnus alatcrnus (Linn.) 
Rhinanthus major (Ehih). 
R. crista galli (Linn.) 
Ribes alpinum (Linn.) 
Robinia pseudo-acacia (Linn.) 
Rosa canina (Linn.) 
R. alpina (Linn.) 
R. repens (Scop.) 



— 51 — 



R. kosinsciana (Bess.) 

Rosmarinus officinalis (Linn.) 

Rubia peregrina (Linn.) 

Rubus csesius (Linn.) 

R. idseus (Linn.) 

R. csesius, var. umbrosus ( .) 

R. fruticosus (Linn.) 

Rumex pulcher (Linn.) 

R. crispus (Linn.) 

R. obtusifolius (Linn.) 

R. scutatus (Linn.) 

R. nemorosus (Schrad.) 

R. conglomeratus (Murr.) 

Ruscus aculeatus (Linn.) 

Salix alba (Linn.) 

Sambucus ebulus iLinn.) 

Saponaria officinalis (Linn.) 

S. ocymoides (Linn.) 

Saxifraga aizoon ( .) 

Scabiosa Loretiana (Timb.) 

S. patens (Jord.) 

S. arvensis (Linn.) 

S. succisa (Linn.) 

S. columbaria (Linn.) 

Scirpus palustris (Linn.) 

Scrophularia aquatica (Linn.) 

vS. Balbisii (Hornam.) 

S. canina (Linn.) 

Secale cereale (Linn.) 

Sedum altissimum (Poir. ) 

S. acre (Linn.) 

S. telephium (Linn.) 

S. dasyphyllum (Linn.) 

S. reflexum (Linn.) 

S. album (Linn.) 

Senecio erucsefolius (Linn.) 

S. viscosus (Linn.) 

Sempervivum Boutignian. (G. etB.) 

Seseli montanum (Linn.) 

Sesleria caerulea(Ard.) 

Setaria viridis (Pal. Beauv.) 



S. glauca (Pal. Beauv.) 

S. hyssopifolia (Linn.) 

Silene inflata (Smith.) 

S. nutans (Linn.) 

S. puberula (Jord.) 

S. dioica (Linn.) 

S. saxifraga (Linn. ) 

Sisymbrium nasturtium (Linn.) 

S. austriacum (Jacq.) 

Solanum dulcamara (Linn.) 

S. miniatum (Willd.) 

S. tuberosum (Linn.) 

Solidago virga aurea (Linn.) 

Sonchus asper (Vill.) 

S. oleraceus (Linn.) 

S. oleraceus; var. foliismult. (G. G.) 

Sorbus aucuparia (Linn.) 

Spiraea ulmaria (Linn.) 

S. aruncus (Linn.) 

Stachys recta (Linn.) 

S. alpina (Linn.) 

S. sylvatica (Linn.) 

Stellaria holostea (Linn.) 

S. neglecta(Weich.) 

S. media (Smith.) 

Stipa pennata (Linn.) 

Telephium imperati (Linn.) 

Teucrium chamsedrys (Linn.) 

T. pyrenaicum (Linn.) 

T. scorodonia (Linn.) 

L. flavicans (Lam.) 

T. montanum (Linn.) 

Thesium humifusum (Cand . ) 

T. pratense (Ehrh.) 

Thymus serpyllum (Linn.) 

T. acinos (Linn.) 

T. serpyllum; var augustifol. (G.G.) 

T. alpinus (Linn.) 

T. chamsedrys (Fries.) 

*Prifolium pratense (Linn.) 

T. procumbens (Linn.) 



— 52 — 



T. ochroleucum (Linn.) 
Tragopogon crocifolinm (Linn.) 
Trinia vulgaris (Gand.) 
Triticum sativum (Lam.) 
T. repens (Linn.) 
Tussilago farfara (Linn.) 

Ulmus campestris (Linn.) 
Urtica dioica (Linn.) 
U. urens (Linn.) 

Valeriana officinalis (Linn.) 
V. sambucifolia (Mik.) 
Vaccinium myrtillus (Linn.) 
Vcrbascum lhapsus (Linn.) 
V. lychnitis (Linn.) 
Verbena officinalis (Linn.) 
Veronica beccabunga (Linn.) 



V. agrestis (Linn.) 

V ? 

V. teucrium (Linn.) 

Viburnum lantana (Linn.) 

Vicia Gerardi (S l Am.) 

V. f aba (Linn.) 

V. varia (Host.) 

V. sepium (Linn.) 

V. cracca (Linn.) 

V. hybrida(Linn). 

Viola Riviniana (Rchb.) 

Viola hirta (Linn.) ; Var. pedun- 

culis glabris. 
V. hirta, pedunculis pubescentibus= 
Vitis vinifera (Linn. ) 

Zea mays (Linn.) 



LISTE DES PLANTES DE MM. LORET, CLOS ET CONTEJEAN A AJOUTER AUX MIENNES. 



Acer monspessulanum (Linn.) 
Alchemilla alpina (Linn.) 
Allium fallax (Don.) 
Agrostis lendigera (Cand.) 
Alyssum montanum (Linn.) 
Amelanchier vulgaris (Moench.). 
Andropogon ischaemum (Linn.) 
Androsace villosa (Linn.) 
Andriala sinuata (Linn.) 
jEthionema saxatile (R. Br.) 
Anthyllis montana (Linn.) 
Antirrhinum azarina (Linn.) 
Asplenium Halleri (Cand.) 

Bupleuruin aristatum (Bartl.) 
Broirus squarrosus (Linn.) 



Cheiranthus chciri (Linn.) 
Cirsium monspessulanum (All. ) 
Gistus salvisefolius (Linn.) 
Cotyledon umbilicus (Linn.) 
Crassula rubens (Linn.) 
Cystopteris fragilis (Bernh.) 

Dorycnium suffruticosum (Vill.^ 

Erodium malacb'ides (Villd.) 
Fumaria parviflora (Lam.) 

Galeopsis tetrahit (Linn.) 
Galium Boccone (All.) 
Genista tinctoria (Linn.) 
Globularia cordifolia (Linn.) 



Calamintha alpina (Lam.) 
Campanula erinus (Linn.) 
Carex humilis (Leyss.) 
Carduus medius (Gouan.) 



Helianthemum CElandicum (Cand.) 
H. fumana (Mill.) 
Helminthia echioides (Goertn.) 
Hieracium Jacquini (Vill.) 






Iberis Forestieri (Jord.) 
Iris germanica (Linn.) 

Lactuca scariola (Linn.) 
L. tenerrima (Pourr.) 
Lappa major (Psertn.) 
Laserpitium prutenicum (Lap.) 
Lepturus filiformis (Trin.) 
Linaria supina (Desf.) 
L. repens (Steud.) 
Linum narbonense (Linn.) 
Lychnis coronaria (Lam.) 
Lythrum (3 gracile (Gand.) 

Melica Magnolii (Gr. e% God.) 
Melilotus coeruleus ( ) 
Molinia coerulea (Msench,) 

Nasturtium sylvestre (Brow.) 
Nepeta cataria (Linn. ) 

Ononis Columnae (All.) 
Onopordum acanthium (Linn.) 

Phleum asperum (J acq.) 
Phlomis lychnitis (Linn.) 
Phyteuma Charmelii (Vill.) 



53 — 

Pistacia terebinthus (Linn.) 
Poterium dictyocarpum (Spach.) 
Prunus mahaleb (Linn.) 
Ptychotis heterophylla (Koch.) 

Ranunculus Friesanus (Gr. et God.) 
Rosa verticillacantha (Merat.) 

Salvia sclarea (Linn.) 

Sedum maximum (Sut.) 

S. cepsea (Linn.) 

Sempervivum montanum (Linn. ) 

Stachys Germanica (Linn.) 

Teucrium aureum (Schreb.) 

T. botrys (Linn.) 

T. montanum (Linn.) 

T. montano-pyrenai'cum (Cont.) 

Thalictrum majus (Jacq.) 

T. minus (Linn.) 

Thesium divaricatum (Jan .) 

Ulex Europseus (Linn.) 

Valerianella auriculata (Gand.) 
Vincetoxicum laxum (Gr. et God. ) 



En attendant qu'il vous soil loisible de vous donner cette satisfaction 
immense d'aller chercher toutes ces plantes, permettez-moi de vous 
entretenir, au moins un instant, du tapis vegetal de ces montagnes. 



J'aurais pu m'occuper d'un plus grand nombre de ces plantes de 
mon Herbier d'Ussat ; mais je crois en avoir dit assez, si non trop. 

Mais, avant de clore ce chapitre, il ne me parait pas inopportun de 
donner quelques renseignements sur les conditions climateriques 
dans lesquelles se trouvent tous ces vegetaux. 

Les eaux de l'Ariege sont ici a 500 metres au-dessus du niveau de 
la mer. 

La gorge n'a pas plus de 540 a 550 metres de largeur 5 elle 
est formee, sur la rive gauche, par les montagnes de Lomhrive, 
du Quie et de Bouan, et, sur la rive droite, par celles de Ram- 



- 54 — 

ploques ou Lasserreet dc Lujac, qui courent decharnees, malheu- 
reuses, du N.-E. nu S.-O. 

La monlagne de Lombrive est elevee de 318 metres, celle de 
Ramploques de 21 6, tandis que celles du Quie et de Lujac le sont 
plus encore : il faut de 2 h. 1/2 a 3 h. pour les gravir. 

Cette disposition particuliere de cette gorge produit ce que dit 
si bien Virgile dans ce vers : 

Tres patent coeli spatium, non amplius ulnas, 
et fait aussi qu'en decembre et en Janvier le soleil donne seule- 
ment de 8 h. a 9 h. 1/2 du matin depuis l'hotel dc la Renaissance 
jusqu'au pont d'Ornolac. 

Le maximum de temperature d'Ussat s'arrete ordinairement 
de+35°a3G° centig. ; le minimum a — 12° ou — 13°, et la 
moyenne de +12° a 12°,5. 9 

La hauteur moyenne du barometre est de O m ,720, le maximum 
etant de 0«\734, et le minimum de m ,694. 

L'etendue du mouvement annuel du barometre est de m ,40 ? et 
la variation diurne moyenne de m ,15. 

Le poids atmospberique equivalant, au bord de la mer, a 
18,068 kilogr., ne sera done plus a Ussat que de 17,590 kilogr., 
un peu plus cependant qu'a Luchon, ou le barometre, donnant 
709 mm , accuse une pesanteur atmospherique de 17,488 kilogr. 

L'hygrometre marche de 48 a 100 degres. La moyenne de 
Pannee n'est pourtant que de 60 a 65, l'atmosphere etant plus 
souvent humide. 

Le Printemps est variable d'ordinaire el souvent pluvieux. On 
e"prouve quelquefois les quatre saisons dans la raerae journee. 

L'Ete est generalement tres chaud; aux rayons solaires directs 
se joignent les rayons reflechis des montagnes dela vallee; cellc-ci 
par sa fraicbeur en tempere cependant 1'intensite. 

L'Automne, saison habituellement belle, est tres douce, sauf 
quelques transitions brusques dans le mois d'octobre ; le tber- 
mometre court assez exactement de 7°, 5 a 25°. 

Les nuages, qui forment la pluie d'hiver, ne sont qu'a une hau- 
teur absolue de 700 a 800 metres. En ete, ils s'elevent a 1200 et 
1500 metres et donnent la pluie a grosses gouttes. 

Quoique les pluies y soient frCquentes au printemps, elles durent 
peu. II y en a cependant qui persistent de 24 a 36 heures, et qui 
donnent dc 18 a 20 millimetres d'eau. 






— 55 — 

La quantite moyenne annuelle de pluie est de O m ,5780. 

Le vent duNord-Ouest et celui dn Sud, ou vent d'Espngnc, sont 
les seuls vents dominants du bassin d'Ussat. 

Le Nord-Ouest souffle un tiers de l'annee environ ; le vent du 
Sud a peu pres les deux autres tiers. 

C'est grace a ce dernier que les hivers sont generalement assez 
tiedes et peu charges de neige au moins dans les bas-fonds. 

La moyenne de la temperature en hiver est de + 5°. 11 est bien 
rare que le thermometre descende a — 5°. Cependant, en Janvier 
4^37, a 6 h. du matin, il a marque — 12° pendant trois ou quatre 
jours. 

Le vent d'Espagne souffle assez generalement en fevrier, avril, 
mai, juillet, aout, septembre, octobre et novembre, mais pas d'une 
maniere permanente. 

Le Nord-Ouest succede presque toujours a l'autre. C'est lui qui 
donne les pluies froides du printemps et de l'automne, ainsi que la 
neige et le froid des hivers. Cette neige est peu abondante, mais 
elle persiste plus longtemps. 

11 est souvent tres violent, mais regne rarement au-dela de huit 
a dix jours, en mars, juin, decembre et Janvier. 

Le Sud fournit aussi des neiges, mais plus grosses, plus abon- 
dantes et plus ephemeres. 

C'est lui qui donne lieu a la fonte des masses de neiges des hau- 
teurs etqui amene les inondations. 

Encore un autre vent, le Sud-Est, se presente aussi quelquefois, 
plus rarement, en juin et juillet, mais plus souvent , pendant 
l'hiver, apres la chute des neiges. II persiste pendant cinq ou six 
jours, et donne un froid sec et vif, un ciel toujours serein, et 
par exception un temps nuageux et la pluie. 

Les Orages sont assez rares. lis sont toujours produits par ie 
vent duSud; et apres 1'orage le Nord-Ouest se met de la partie 
pendant deux ou trois jours. 

La Foudre gronde rarement d'octobre a la fin de mars, mais 
plus particulierement en avril, juillet et aoiit. 

Elle frappe presque toujours les cimes calcaires qui entourent 
Ussat, et tres exceptionnellement le fond de la vallee. C'est ainsi 
que, vers la fin de juillet 1866, elle tomba sur les flancs du Quie 
d'Ussat, alors que, 52 ans auparayant, elle avait brise en eclats 
un petit pont a cote de la grotte de Fontanel. 



— 50 - 

Lcs Neiges apparaissent bien rarcment en octobre et novembre; 
c'cst du 11) decembre au 20 Janvier lc plus ordinairement, ct 
quelquefois aussi en fevrier et en mars. 

En 4865, il tomba, du l er Janvier au 2 avril, presque sans 
interruption, une masse de neige exceptionnelle qui obtint dans la 
plaine une puissance de 80 centimetres. 

Pendant ces trois mois, la temperature fut relativement douce, 
et le thermometre nc descendit jamais a plus de — 2°. II se 
maintint generalement a +5° malgre la neige qui tombait et qui 
fondait bientot, ce qui evita. un desastrc general. 

En48GG, cbose anormale et excessivementrare, on l'a vue, vers 
le 45 septembre, pendant 2 ou 5 jours, ce qui a chasse definili- 
vement les baigneurs attardes. 

Cette annee, le 14 et le 4 5 Janvier, la neige est tombeea Ussat 
sous l'influence du Nord-Ouest, 4 heures apres son apparition 
a Toulouse. 

Une epaisseur d'environ 45 centimetres couvrit le sol. Pendant 
trois jours un froid excessif suivit cette chute, mais la reappari- 
tion du vent d'Espagne la fit bien vite disparaitre. 

La Grele arrive par les orages quelquefois au printemps, plus 
souvent en ete, dans le fond de la vallee-, mais, reduite a des 
grelons peu nombreux et peu gros, elle y est de tres courte durec, 
et n'y a jamais cause le moindre degat. 

II n'en est pasde meme pour les plateaux superieurs, comme a 
Lujac, ou elle couvre souvent le sol d'une couche de 4 deci- 
metre. 

Les Gelees et lc Givre arrivent vers le 15 decembrc et continuent 
jusqu'a la fin de Janvier, quelquefois jusqu'en mars, et bien rare- 
ment en avril et mai. 

II y a tres peu de Brouillards. lis remontent peu la vallee, 
quoique Ton ait pu en voir pendant deux ou trois jours en de- 
ccmbre dernier. 

La Basse-Ariege sera souvent couverte d'un brouillard epais que 
Ton jouit a Ussat d'un beau soleil. 

Les Brumes se logent ordinairement sur les montagnes de 
Saurat, presque toujours apres les pluies, et plus particulierement 
apres cellos du printemps. 

La duree du jour est, en ete, do 3 heures du matin a 8 heures 



— 57 - 

et demie du soir, — et, en decembre, de 7 heures 1 / 2 du matin 
a 4 heures x j 2 du soir. 

Le Sureau et le Groseillier epineux donnent des feuilles des les 
premiers jours de fevrier. 

L'Amandier, qui pointe ses feuilles a Paris le 18 mars, fleurit 
ici en fevrier, et pousse ses feuilles dans le meme mois. 

Le Mais est recolte generalement dans le courant du mois 
d'octobre. 

Les vendanges ont lieu du l er au 40 octobre. 

Le Sarrasin, seme fin juin jusqu'au 15 juillet, se recolte ordi- 
nairement du l er au 15 octobre. 

La chute des feuilles commence vers la mi-octobre. 

Ces donnees, telles qu'elles sont, doivent faire comprendre 
leur influence sur la vegetation d'Ussai, en partie mediterraneenne 
et en partie alpine, soit au point de vue de l'etat de nature, soit 
au point de vue de la culture. 

C'est pourquoi je les ai placees ici. Elles seront d'ailleurs com- 
pleters, pour constituer la geographie botanique de ce petit recoin 
de 1'Ariege, par les documents soit geologiques, soit mineralo- 
giques, dont l'ensemble doit composer un autre travail. 

Qu'il me soit permis de terminer celui-ci en transcrivant les 
vers suivantsempruntesa l'article de M. Le Maout, du Jardin des 
Plantes de Gurmer, soit pour justifierl'amour des veri tables adeptes 
de la botanique, soit pour entrainer lesincertains, soit pour former 
la bouche aux ignorants : 



Au sein du monde police 

Se propage un culte paisible. 
Sentiments tolerants, dont le dogme est sense, 
lis ont un Christ, des Saints, des Martyrs, une Bible ; 
De ce Livre divin dans les champs disperse, 
Chaque fleur est pour eux une page lisible. 
Le dome des forets est Pantique et haul lieu 
Ou brille a leurs regards la majeste de Dieu. 
Leur Messie est Linne ; leurs quatre Evangelistes : 
Tournefort, Robert Brown, de Candolle, Jussieu 5 
C'est la secte des Botanistes. 



Tome 1. 



- 58 — 



AGE DU RENNE DANS LA GROTTE DE LA VACHE 

VALLEE DE NIAUX 

PRfcS DE TARASGON (ARlfiGE) (1), 
Par le D r F. Garrigou. 

Lc village d'AUiat, sur la rive gauche du Vic-de-Sos, est situe 
environ a 5 kilometres au S. 0. de Tarascon, en face du village 
de Niaux. J'ai deja decrit a la Societe d'Anthropologie, a 1' Aca- 
demic des sciences de Paris, a celle de Toulouse, et a la Societe 
Geologique, quelques gisements paleo-archeologiques de cette 
region du canton de Tarascon. Je resumerai leurs conclusions 
apres avoir fait la description de la caverne de la Vache. 

Pour aller d'AUiat a la grotte de la Vache, on doit suivre le 
chemin de Sacany, redescendant la vallee jusqu'a 800 metres du 
village. On laisse a gauche les grottes murees (caougnies) et Ton 
arrive au pied d'un talus d'eboulement, au sommet duquel on 
voit les deux entrees de la caverne, regardant l'une vers l'E., 
1'autre vers le S. E. Lour niveau, 1° au-dessus du pont de Taras- 
con, est de 100 metres ; 2° au-dessus de la mer, de 578 metres. 
Deux vastes salles, communiquant largement entre elles, corres- 
pondent aux deux ouvertures visibles du dehors. Celle de gauche 
se prolonge par un long couloir, dans lequel on ne peut avancer 
que courbe et dont je n'ai pu parcourir les profondeurs. Apres une 
demi-heure de marche, dans une position pareillea cello qu'oblige 
de prendre le peu d'elevation de la voute, il est impossible de 
prolonger la promenade. L'humidite excessive des profondeurs de 
cette caverne ne permet pas de prendre sans imprudence le repos 
necessaire pour faire une exploration complete. 

La surface du sol, dans les salles de l'entree, est couverte de 
debris de roches venant du dehors 5 le talus d'eboulement de 
l'exterieur se continue dans la caverne. Creusee jusqu'a 40 cen- 
timetres do profondeur, la terre de la surface m'a fourni plusieurs 

(1) S6ance du 11 Janvier 18(V7. 



-_ 59 — 

instruments en fer et en bronze brises, fragmented ; des poteries 
grossieres, d'autres tournees, quelqaes-unes vernies, et des osse- 
ments nombreux de ruminants, bceufs, moutons, semblablesa ceux 
de l'age de la pierre polie (1). Les os de ces animaux avaient 
servi a la confection de quelques poincons et d'une petite cuiller 
ressemblant a nos palettes pour prendre le sel dans une saliere. 
II y avail aussi des cendres, du charbon, des helix. Le sus par- 
liculier de cette faune m'a permis de rapporter l'age de cet 
ensemble a une epoque plus recente que celle de la pierre polie. 
La presence des metaux (bronze et fer) est venue conflrmer les 
donnees fournies par la paleontologie. La partie la plus inferieure 
du gisement renfermait, avec les ossements tallies, des fragments 
de meules en granit. 

Au-dessous de la premiere couche de terre que je viens de 
decrire, argileuse et assez compacte, se trouvait une stalagmite 
resistante et dure, offrant une epaisseur qui a varie de 25 a 
50 centimetres et 1 metre 50. L'existence de cette epaisse stalag- 
mite rendait le travail de deblai penible et tres lent. II a fallu 
detruire ce plancher solide sur une eteudue de J 50 metres carres 
environ pouretudier convenablement la seconde couche fossilifere. 

Celle-ci, epaisse de 50 a 55 centimetres, etait formee par une 
sorte de breche osso-pierreuse, noiratre, contenant des cendres et 
du charbon. Elle reposait sur une argile sableuse jaunatre, avec 
cailloux roules, qu'il m'a ete facile de reconnaitre comme faisant 
partie des depots tertiaires (2) de la vallee. 

En a est la couche a fossiles antehistoriques et historiques. 
En c la stalagmite horizontale a la surface, et se confondant en d 
avec des cendres et des helix, ainsi qu'avec de nombreux restes de 
charbon empales dans la masse meme de carbonate de chaux. 

/"est la partie dans laquelle les ossements forment une couche 
tres nette, melangee a des fragments de calcaire, queiquefois 
cephaliques, ainsi qu'a de nombreux silex tallies. Les ossements 
sont plus rares en h. 

Le tout repose en i sur les alluvions tertiaires et occupe une 
epaisseur de 2 metres 50 environ. 

(1) Le sus seul faisait exception. 

(2) Je signalerai simplement ici ces dep6ts tertiaires tres curieux, tres impor- 
tant?, qui n'ont encore ete reconnus par aucun des geologies qui ont ecrit sur 
l'Ariege. Je les decrirai flans un travail prochain. 



— 60 — 

Les animaux qui composent la faune caracterisant la couche 
infra-stalagmitique sont les suivants : Renne, grand cerf (cervus 
elaphtis), bceuf (indeterminable), bouquetin, chamois, chevre, 
mouton de grande taille, sus de grande taille, lapin, Heme, 
cheval (tres rare), loup, renard, ursus arctos, felis spelata, oiseaux 
nageurs, echassiers, brocket ou peut-etre salmonide, helix nemo- 
ralis, aspersa, pomatia. 

Les os des mammiferes que je viens d'enumerer sont tous 
casses comme ceux des grottes de l'age du Renne deja connues. 
J'ai recueilli plus de 00,000 ossements ou fragments d'ossements, 
et 6,000 environ portaient des empreintes indiquant que des 
instruments tranchantsavaient servi a les diviser eta les depouiller. 

Les bois de Cerf et de Renne sont aussi fort abondants. Je n'en 
ai trouve aucun entier ; tous sont fragmented, et Ton voit.sur 
chacun les traces profondes laissees par l'instrument qui a servi a 
les diviser ainsi. On reconnait que ces bois ont ete attaques avec 
des haches en pierre et avec d'aulres outils equivalents ; souvent 
on retrouve les traits de scie et les empreintes de grattoirs ayant 
servi a unir leur surface raboteuse. 

Les objets fabriques par l'homme avec la depouille osseuse des 
animaux enumeres plus baut sont les memos que ceux retires des 
grottes de Alassal (inferieure), du Mas-d'Azil, de Montesquieu- 
Avantes, de Lourdes, d'Espalungue, deBruniquel, de la Dordogne, 
du Poitou, etc. : fleches (pi. 2 ; fig. 2, 5, 4) ; barpons (pi. 2 ; 
fig. 1) ; poincons (pi. \ , 5, 4 ; fig. 4, 5, 6); spatules (pi. 4; fig. 5) ; 
pointes de fleche (pi. i, 5 ; fig. 6) ; poignards (pi. i ; fig. 2) (la 
poignee seule), etc., rien ne manque. 

J'ai trouve en outre quelques pieces qu'on n'avait encore cite 
nulle part jusqu'ici. Ce sont : 1° Un fragment de bois de Cerf, long 
de 44 a 15 centimetres, graduellement diminue dans son epais- 
seur jusqu'a son extremite la moins forte, etcreuse dans toute la 
longueur en forme de cuiller allongee (V. pi. 1, fig. 4). — 2° Une 
serie d'objets, tallies dans des bois de Renne, auxquels on a donne 
la forme de pointes de fleche, de 8 a 10 centimetres de long 
(pi. 3, lig. 5, 6), ayant sur chaque bord deux crans symetrique- 
ment place's et perces, les uns sur la gauche, les autres sur la 
ilroite de la ligne modiane. Etait-ce la un ornement fabrique de 
maniere a raonlrer la face polie lorsqu'il serait suspendu? en un 
mot, ne sont-ce pas ties ornements destines a Atre attaches aux 



— 61 - 

oreilles ? La forme et le travail de ces pieces permettent de le 
supposer. — 3° Une sorte de plaque osseuse, perceeal'une de ses 
extremites, constilue un objetdont il me serait difficile de donner 
la destination (pi. 3, fig. 3). 

Les fig. 1, 2, 4 de la pi. 4 representent des fragments d'os 
portant des dessins. La fig. \ est un dessin assez caracterise pour 
me permettre d'insister sur le vertebre qu'il represente. Je ne crois 
pas qu'il soit possible de rapporter la tete qui y est tracee a un 
autre animal qu'a un cetace herbivore , et je crois , pour ma 
part, que le dessinateur a voulu faire la silhouette d'un Morse. La 
tete est peut-etre trop allongee, mais la defense, qui descend ver- 
ticalement de la macboire, indique suffisamment le cetace que je 
viens de nommer. II n'est pas etonnant que les hommes contem- 
porains du Renne aient pu voir ce mammifere, car la presence 
de nombreuses coquilles marines, principalement du peigne de 
S. Jacques (pecten Jacobceus), de cardite, etc., dans le gisement 
d'Alliat, nous prouve que ces montagnards allaient quelquefois 
jusque sur les bords de la mer (1 ). 

La decouverte de ce dessin de Morse fait supposer, comme du 
reste tout Tensemble de la faune de Page du Renne, que le climat 
regnant alors dans les lieux que nous habitons aujourd'hui devait 
elre sensiblement le meme que celui des iles Scandinaves, sur les 
bords desquelles vivent de nos jours les morses et les autres cetaces. 

Le dessin, reproduit pi. 4, fig. 2, est tronque; cependant je 
crois possible d'y reconnaitre un bceuf, peut-etre un peu velu, 
dont la tete serait tournee vers la gauche. 

Je signalerai surtout a l'attention des observateurs les n oS 3 
et 5 des pi. 2 et 4. Le n° 5 represente des signes particuliers aux- 
quels je ne saurais encore donner de determination exacte. 
Examinees par mon ami M. Pruner-Bey, ces pieces sont restees 
pour lui une enigme. Depuis lors, la piece 3 a eu exactement sa 
pareille dans la grotte de l'age du Renne, de Massat. Cette coinci- 
dence de deux pieces, portant des signes semblables, et relrouvees 
dans deux cavernes du meme age, eloignees l'une de l'autre, 
donne beaucoup a penser. Ne serait-ce pas la une serie de signes 
ayant une valeur conventionnelle? Ces pieces ne mettraient-elles 
pas sur la voie d'une decouverte nouvelle, celle des premiers 

(1) Quelques personnes ont vu dans ce dessin la representation d'un brochet. Je 
ne partage pas leur avis, car la defense du poisson est tres nettement indiquee. 



- 62 - 

caracteres qui ont scrvi a representer une idee par des signes? 
Lcs recherchcs consciencieuses apprcndront, plus tard, ce qu'il 
faut penscr sur la valeur reelle dcs deux objets que jc signalc 
aujourd'hui. 

Du resle, je crois, pour ma part, que trouver les premieres 
traces dc l'ecriture chez un peuple qui savait si bien figurer les 
images des animaux qui l'entouraient, le peuple de l'age du Renne, 
ne serait pas une chose extraordinaire. Altribuer aux tribus 
d'Asie Introduction, dans l'Europe, de la civilisation et des 
avantages qui l'accompagnent, est aujourd'hui une chose impos- 
sible. En assignant l'Asie comme le berccau lout entier du genre 
bumain, on oublie en general que l'introduction de la pierre polie 
el des mctaux dans tout l'univers n'est pas le premier bienfait 
du aux progres de 1 'intelligence humaine. Avant d'avoir su polir 
la pierre, l'homme avait borne sa science a la tailler; avant d'avoir 
vecu avec le Renne, l'homme avait etc le contemporain du grand 
Ours des cavernes et du Mammouth. I/ancien continent renfermc 
les restes de ces temps geologiques si recules ; partout ou Ton 
fouillc, partout les preuves se multiplient, partout on rencontre 
les traces des diverses phases geologiques dont fut temoin l'homme 
qui taillait la pierre, et tout montrc que le globe a continue a 
subir les lois geologiques qui le regissent depuis que les peuples 
apprircnta polir les roches les plus dures. 

Co n'est done pas avec les donnees fournies par l'histoire qu'il 
faut songer a retrouver les premieres etapes de la civilisation. 
Cost l'archeologie qui seule peut permettrc de rassembler les 
feuillcts cpars du livre dc la nature dans lequel est raconte ce 
qu'etait Fhomme primitif, et nous permet aussi, par la compari- 
son du present et du passe, d'entrevoir ce qu'il pourra devenir. 

Quant au fait particulier de ces signes hieroglyphiques dont je 
viens de parler, il est bon d'appuyer mon interpretation dc cello 
deM. Van Reneden, au sujet «d'une plaque de pierre, couvertede 
signes et de camctercs, » drcouvcrto en Relgique, pres de Dinant, 
dans le foyer de la grotte de Chaleux. M. Van Beneden, qui a 
d( ; crit cette caverne de l'age du Renne avec MM. Dupont et 
Ha U ze u r, croit que ces signes « pourraient bicnetre de 1'ecrituro.)) 

'f Peut-etre en trouvcra-t-on un jour Implication, » dit a 
(•(.' sujet M. Victor Meunier. « I^urquoi non? Ainsi (jue iVi. Spring 
« ei\ fait la remarque, lors(]uc Grotefend enlreprit le premier dv 



- 63 - 

» dechiffrer les signes qui se trouvent sur les monuments assyriens, 
» on ignorait s'ils constituaient reellement une ecriture ou si ce 
» n'etaient que des ornements-, on ne savait pas un mot de la 
y> langue a laquelle ils pouvaient appartenir; on ne savait meme 
» pas de quelle epoque ils provenaient; Falphabet etait-il phone- 
» tique, syllabique ou hieroglyfique ? On l'ignorait. Or, nous 
» connaissons a present les inscriptions cuneiformes de Cyrus, de 
» Darius, de Xerces, d'Artaxerces I er , etc., nous en avons des 
» traductions, des grammaires et des dictionnaires. » 

L'ensemble des fossiles de la grotte de la Vache permet de dire 
que le peuple qui a laisse tant de debris dans ce coin des Pyre- 
nees, est bien le meme que celui dont les depouilles et les outils 
jonchaient aussi le sol du centre de'la France et des autres points 
des Pyrenees, pendant que le Renne abondait dans les pays dont je 
parle. Un fait assez singulier, cependant, me semble devoir fixer 
l'attention. Quelques cavernes du centre de la France contenaient 
des fragments de poteries en meme temps que la faune du Renne; 
aucune grotte des Pyrenees (et je les ai a peu pres toutes etudiees 
par moi-meme) ne renfermait en meme temps le Renne et des 
vases en terre. 

Parmi les outils retires de la grotte de la Vache, il en est quel- 
ques -uns dont j'ai pour ainsi dire pu suivre la confection au 
moyen des debris que j'ai mis tout mon soin a recueillir. Je veux 
parler des aiguilles avec cbas. Ces aiguilles ont ete taillees dans 
des os d'oiseaux principalement. Mieux que tous les autres, ces os 
presentent les qualites necessaires pour obtenir ces objets desti- 
nes sans doute a la couture : ils sont peu epais et en meme temps 
tres resistants. L'os etait entame longitudinalement avec un silex j 
t et, parallelement a la premiere rainure ainsi produite, une seconde 
entaille permettait de detacher une esquille longue et facile a 
appointir. Le chas etait ensuite obtenu avec un silex taille pour 
cet usage. 

Le gisement de la Vache contenait des myriades de silex tailles; 
parmi les formes princi pales, je signalerai les suivantes : rebuts, 
noyaux, couteaux longs, couteaux larges, grattoirs, pointes 
allongces, pointes triangulaires, scies (fort rares), et pierres de 
fronde ou plutot nucleus. 

Ce n'est pas tantau point de vue des pieces paleo-archeologiques 
qu'elle contenait, que la nouvelle caverne que je viens de decrire 



- 64 - 

est intercssante. On y voit, en effet, la serie des objels d'induslrie 
humainc ct de mammiferes (4) caracterisanl d'ordinaire toutes 
les cavernes habitees par l'homme pendant 1'cpoque elite du 
Renne. 

Le fait essentiellement remarquable, e'est la decoiiverte de l'agc 
du Renne dans une cavernc des environs de Tarascon. II 
vicnt confirmer, de la maniere la plus complete, la theoric que 
j'ai emise en 4865 (2) sur les diverses epoques du remplissage des 
cavernes. 

Guide par ses savantes etudes, M. Lartet avoit etabli quatre 
ages paleontologiques des temps quaternnires anciens. Mais des 
recherclies nouvelles avaient monlre a cet eminent naturaliste que 
les epoques de l'Ours, du Mammouth, du Renne, de l'Aurochs, 
pourraicnt bien subir quelques changements. Prevenu par lui, je 
m'etais decide a chercher et a comparer. 

C'est done en partant des premieres donnees fournies par 
M. Lartet, que j'aireduit a deux, pour l'Ouest de PEurope et sur- 
tout pour le Midi de la France, les quatre ages admis par ce savant. 
L'age de l'Ours et du Mammouth ne formeraientplus qu'une seule 
epoque caracterisee surtout par le premier de ces mammiferes ; 
le Renne serait aussi le mammifere caracteristique d'une epoque 
plus recente, ayant precede l'age de la pierre polie, etcomprenant 
celui de l'Aurochs. L'etude de la grotte du Mas-d'Azil, au N. du 
departement de l'Ariego, avait deja montre la superposition di- 
recte de trois depots appartenant respectivement a chacun des 
trois ages precedents, ages de l'Ours, du Renne, do la pierre 
polie (3). 

Les fouilles de la grotte d'Alliat ont donne la certitude que ces 
trois ages paleontologiques (4) ont existe autour de Tarascon, sur # 

(1) Jc ferai remarquer, en passant, que je ne suis pas dVcord avec M. Al- 
phonse Milne-Edwards au sujet dc la non cohabitation de plusicurs cerfs avec le 
Renne. (Voir TEtude de la grotte de Lourdes, par ce savant). Ici deux cerfs ont 
etc les contemporains du Renne. 

; 2) Etude comparative des alluvions quaternaires anciennes et des cavernes a 
ossements. — Paris, J.-B. Baillere; Toulouse, Delboy. 

^3) J'ai donne a la Soci6te d'Anthropologie de Paris la description des grottos 
dc l'age du bronze et du fer dans la vallee de Tarascon. 

(4) J'ai dit aussi dans le travail deja cite que Pelephas antiquus deviendrait 
peut-ctie Le mammifere caraclerisque d'une epoque quarlenairc plus anciemie 
que celle de Tours et du mammouth. 



- 65 - 

un rnyon de trois kilometres au plus, suivant les conditions de 
gisement indiquees dans mon travail deja cite. On aurait done sur 
ce point seul des Pyrenees, developpes sur le meme lieu et par con- 
sequent d'une maniere successive, des fossiles differents indiquant 
que 1'homrae a exisle pendant : 

4° L'age de l'ursus spelaaus (grand Ours des cavernes) ; 

2° L'age du cervus tarandus (Renne); 

3° L'age de la pierre polie ; 

4° L'age du bronze et du fer. 

Nous pourrons done plus que jamais appliquer a la vallee de 
Tarascon, de"sormais la plus caracteristique au point de vue de 
l'antiquite" de l'homme, cette phrase de M. d'Archiac: 

« Nous aurions ainsi, dans cette scule vallee de I'Ariege, les 
» elements d'une chronologie humaine que nous n'avons encore 
» trouvee mile part aussi complete sur un aussi petit espacc. » 



EXPLICATION DES PLANCHES. 

Planche \. 

Fig. \ . Fragment de bois de Cerf, creuse dims toutesa longueur, 
ayant pu etre destine a contenir un liquide. 

Fig. 2. Poignee d'une espece d'arme aceree, sans doute, percee 
d'un trou regulier. 

Fig. 5. Sorte de polissoir. 

Fig. 4. Poincon en bois de Renne, ressemblant assez au n° b* de 
la Planche 7 (epoques antehistoriques du Poitou de M. A. Brouil- 
let). 

Fig. 5. Poincon casse, du meme genre que le precedent. 

Fig. 6. Pointe en bois de Cerf, destinee peut-etre a armer une 
fleche en bois, et ressemblant, quoique plus petite, au n° 18 de 
la Planche 7 (ouvrage cite). 

Planche 2. 

Fig. \ . Fragment inferieur d'une sorte de harpon en bois de 
Renne, semblablu a ceux que M. Lartet a retrouves dans les caver- 
nes du Perigord. 

Fig. 2 a 4. Fleches et fragment de ileche en bois de Retine, 



— 66 — 

rcssemblanl a ceux retrouves dans les grottes de l'age du Rcnne, 
cependant uu pcu moins parfaites. 

Fig. 5. Fragment de bois de Renne portant des caracteres aux- 
quels il est impossible, pour le moment, de donner une significa- 
tion, mais qui pourraient bien avoir servi a representer une idee. 

Fig. G. Aiguille en os a laquelle il manque la pointe. 

Planche 3. 

Fig. 4. Pointe a peu pres pareille au n° 6 de la planche 1 ; 
comme cette derniere, elle est en bois de Cerf. 

Fig. 2. Poincon en bois de Renne, ressemblant au n° 6 de la 
Planche 7, dans l'ouvrage cite plus haut, et au n° 2 de la Planche 
qui accompagne le Memoire de M. Alphonse Milne -Edwards, sur 
la grottc de Lourdes (Annates des sciences naturelles, 4 e serie, 
tome XVII). 

Fig. 5. Piece plate, percee d'un trou dont je ne puis compren- 
dre l'usage. 

Fig. 4. Piece plate, en bois de Renne, portant sur la face plane 
une serie d'entailles croisees, faites a l'aide d'un silex poinlu. 
Cette piece ressemble au n° 1 de la Planche du Memoire prccite 
de M. Alph. Milne-Edwards. 

Fig. 5 et 6. Pieces semblables, percees d'une facon symetri- 
que, do maniere a pouvoir montrer la face polie lorsqu'elles 
etaient suspendues. G'etaient peut-etrc des ornements pour les 
oreillcs. 

Plancue 4. 

Fig. i. Fragment d'os, sur lequel est gravec une tele represen- 
tant la silhouette d'un Morse. 

Fig. 2. Autre fragment d'os, sur lequel est gravec la silhouette 
d'un Bceuf, sans doute. 

Fig. 5. Piece en bois de Renne, sur laquelle sont des lraits 
rectiiignes, groupes, que je ne puis mieux comparer qu'a un 
signc employe dans l'ecriturcde la musique, le diezc. J'ai rctrouve 
une piece cxactcment pareille dans la grotte infericure de Massat 
(age du Renne). Ces signespeuvent se rapprocher, sans doute, de 
ceux figures au n° 5 de la Planche 2. 

Fig. 4. Fragment de bois de Rcnne, sur lequel l'artiste a, sans 
doule, reprcsente une tele de Crocodile. 

fig. 5. Double spatule en hois de Renne, ressemblant a des 



PL. 1 




PL. 5. 




PL. 4. 




1 




% 



\xTlW ^TvitoXlTV TtAlVvftVSG. 



— 67 ~ 

instruments semblables, que j'ai trouves dans la grotte inferieure 
de Massat. 

Fig. 6. Poin^on en bois de Cerf. 

Fig. 7.- Extremite inferieure d'une fleche, en bois de Renne. 

Fig. 8. Aiguille en os d'oiseau. 

(Tous les objets sont represented de grandeur naturelle). 



ETUDE 

SUR LA FORME GENERALE DU CRANE CHEZ LOURS DES CAVERNES, 

Par M. Eugene Trutat, 

Conservateur du Musee d'Histoire naturelle de Toulouse. 

L'etude de la Pal6ontologie est intimement lieeaux decouvertes 
qui mettent au jour les debris des faunes anciennes qui ont peuple 
tour a tour notre globe. 

Presque toujours, les pieces d'elude sont en tres petit nombre, 
ct In plupart du temps une espece, un genre meme est cree sur 
Pexamen d'un echantillon unique et quelquefois incomplet. 

Sans doute, Cuvier a pu dire, avee raison, que « la moindre 
» faeette d'os, la moindre apophyse, ont un caractere determine 
>> relatif a la classe, a Pordre, au genre et a l'espece auquel el les 
» appartiennent, au point que, toutes lesfois que Ton a seulemcnt 
» une extremite d'os bien conservee, on peut, avee de Pappli- 
» cation et en s'aidant, avee un pen d'adresse, de l'analogie et de 
» la comparaison effective, determiner toutes ces choses aussi 
» surement que si Ton possedait l'animal entier. » 

Certainement, dans la generalite des cas, la regie de Cuvier est 
applicable, et un anatomiste quelque peu verse dans l'etude de 
l'osleologie comparee, reconnaitra sans hesitation un fragment de 
Rliinoceros, d'Elepbant, de Singe ou de Lion. 

Mais, si les caracteres differentiels et caracteristiques sont ordi- 
nairement faciles a saisir, il existe certains genres ou, tout au 
contraire, les variations individuelles conslatees sur les especes 
actuelles, semblent indiquer une variabilite considerable chez les 
especes perduesdu meme genre. 

Comment, dans ce cas, le naturaliste pourra-t-il distinguer 
l'espece de la variete accidentelle? 11 ne le pourra qu'a la condition 



\ 



— 68 — 

de trouvcr ud caracterc invariable. Mais ce caracterc existe-t-il? 
Oui, nous repondront la plupart des naturalistos ; non, nous 
diront lcs partisans de la theorie nouvelle. 

Pour nous, ce point essentiel, caracteristique, existe toujours ; 
il pcut etrc liraite , il est alors essentiellement distinct; ou bien il 
resulto d'un ensemble de caracteres, il est alors plus difficile a 
saisir, mais il n'en existe pas moins. 

D'oii vient done cettc divergence d'opinion ? Du peu de valeur 
que Ton accorde rnaintenant aux etudes pratiques des sciences 
naturelles. Pour meriter le nom de naturaliste, il ne faut s'occuper 
que des theories de la science ; les livres seuls doivent inilier aux 
innombrables secrets de la nature, et i'etude veritable, I'etude 
pratique, est delaissee comme futile. L'on ne voit done pas que 
e'est la seulement que le naturaliste peut acquerir cette surele de 
coup-d'ceil qui caracterise toujours les liommes de genie et rend 
leurs oeuvres imperissables. 

Pour nous, l'espece existe done, et si elle a semble ebranlec 
aux yeux de quelques-uns, nous ne pouvons attribuer ce fait 
qu'aux tendances de 1'eeole actuelle qui voudrait presquc sup- 
primer I'etude des details comme inutile. L'on oublie en cela que 
ce sont ces seuls details qui permettent d'etablir d'unc manuire 
solide les bases memes de la science. 

Nous allons trouver un exemple frappaut de ces idees dans 
I'etude d'un simple point de l'anatomie de l'Ours des cavernes. 

Parmi les genres difficiles, a caracteres douteux et peu cons- 
tants, celui des Ours a de tout temps exerce la patience des natu- 
ralistos. Depuis Linne jusqu'aux zoologistes de nos jours, les 
espcecs actuelles ont ete continuellement remaniees. Et comment 
pouvail-il en etre autrement? Chez l'Ours des Pyrenees, par 
exemple, la taille et le pelage varient du tout au tout. 

Un Ours jeune, a dents peu usees, et dont toutes les epiphyses 
sont encore libres, depasse souvent de beaucoup la taille d'un 
sujet vicux a dents completement usees, et cependant il est im- 
possible d'etablir deux especes, car les observations fort exactes 
des montagnards et I'expcriencedes menageries ne laissent aucun 
doute a cet egard. 

La taille variant beaucoup, les formes, que j'appellcrai formes 
musculaires des os, varient ainsi que toutes les proportions. 

Les considerations precedentes font pressentir la difficulte de 



- 69 - 

I'etude des Ours fossiles, et combien doit etre peu sure la deter- 
mination des caracteres etablis sur un petit nombre de specimens. 

Effectivemenl, si nous ouvrons les Traites qui se sont occupes 
de cette question, nous Irouverons que c'est a peine si les auteurs 
ont eu quelques pieces completes a leur disposition. Aussi les 
especes se sont multiptiees outre mesure, et pour quelques auteurs, 
Marcel de Serres, par exemple, un cas purement anormal a servi 
a constituer une espece. 

II fallait done, pour resoudre la question d'une maniere un peu 
sure, avoir a sa disposition des materiaux considerables; il fallait 
pouvoir etablir des series nombreuses qui permissent de distinguer 
d'une maniere irrecusable les caracteres de l'espece des variations 
individuelles. 

C'est ce qu'il nous a ete donne de faire en classant les collec- 
tions du Musee d'Histoire naturelle de Toulouse. Grace a la gene- 
rosite et au devouement de M. Filhol, notre Galerie des Cavernes 
renferme une quantite considerable d'echantillons recueillis dans 
les grottes des Pyrenees. 

Les ossements d'Ours proviennent principalement de la caverne 
de Lherm (Ariege) : ils sont dans un etat de conservation remar- 
quable; les cranes intacts, les membres entiers, les bassins com- 
plets se comptent par centaines. Nonseulement nos collections sont 
extremement nombreuses, mais notre laboratoire possede encore 
une quantite considerable d'echantillons ; deja il en a ete distribue 
dans un grand nombre de Musees, et nous trouvons la un puis- 
sant moyen d'echange. 

11 Taut dire aussi qu'un semblable resultat n'a ete obtenu qu'au 
prix de longs et coiiteux travaux : mais M. Filhol avait trop a 
coaur de doter Toulouse d'un Musee digne de sa vieille reputation, 
et il avait trouve chez le proprietaire de cette riche station, M. de 
Bertrand d'Artigueres, une si gracieuse courtoisie, que rien ne l'a 
arrete dans ses recherches. 

Pour nous, nous sommes heureux de trouver l'occasion de 
remercier M. Filhol de son bienveillant patronage. En voulant 
bien nous attacher a son travail de creation, M. Filhol nous a 
donne le moyen le plus complet de satisfaire notre gout pour 
I'etude des sciences naturelles; en mettanta notre disposition les 
echantillons deses collections particulieres, il nous donne aujour- 



— 70 — 

d'hui 1c moycn d'entreprendre une serie d'etudes sur la faune 
quaternaire. 

Nous commcncerons ces etudes par celle de 1'Ours. Dans ce 
premier Memo-ire, nous ne nous occuperons que des formes gene- 
ralesdu crane chez VUrsusspeloeus. Plus tard, nous examinerons 
successivement les autres parties du squelette, et nous etudierons 
d'une maniere complete l'osteologie de cette espece. 

Nous arriverons par la a demontrer que les cavernes des Pyrenees 
ont ete habiteespar une seule espece d'Ours; et que cette espece 
est dirferente de toutes celles de l'epoque actuelle , et remar- 
quable surtout par la variation enorme de sa taille et de ses pro- 
portions. 

Nous esperions completer notre travail par des planches de 
grandeur naturelle; malheureusement le temps nous a manque pour 
cela ; heureusement que notre ami M. Cartailhac a bienvoulu 
metlre son talent de dessinateur a notre disposition. Gracealui. 
nous avons pu representer une serie de cranes, dans lesquels il 
est facile de reconnaitre les transitions insensibles d'une forme a 
l'autre. 



I. 



Cuvier, dans ses Ossements fossiles, tome VII, p. 255, trouve que 
le principal caractere de l'Ours des cavernes « est dans la forte 
» elevation du front, au-dessus de la racine du nez et les deux 
» bosses convexcs du front ; cette espece se fait encore remar- 
» quer par la grande saillie etle prompt rapprochement des cretes 
» temporales et par la longueur et l'elevation de la crete sagit- 
» tale. » 

Nous allons examiner successivement une serie de cranes prise 
dans les collections de Toulouse, et de cet examen nous pourrons 
facilement conclure que, si la plus grande partie des caracteres 
indiques par Cuvier est vraie, d'autres n'ont en realite aucune 
valour; parmi ces derniers, nous placerons ceux qui devaicnt 
caracteriser YUrsusarctoideus et VUrsus prisons. 

N° 1. Tres grande taille. 

Sujet tres vieux, a dents completement usees j de chaque cole 
alveole d'une petite molaire qui n'cxiste plus. 



— 71 — 

Bosses frontales tres saillantes, celle de gnuche porle une 
excroissance osseuse considerable ; avons-nous a faire a un etat 
pathologique simple de l'os ou a une fracture ? G'est ce que nous 
n'osons dire. 

Depression medio -frontal e tres considerable, ne remontant pas 
tres haut sur le frontal. 

Cretes temporales peu saillantes, se rejoignant completement. 

Point le plus eleve du crane au point de reunion des cretes 
temporales et sagitlales. 

No 2. Grande taille. 

Adulte, les sutures ne sontpas effacees entierement. 

Bosses frontales peu considerables, regulieres. 

Depression medio-frontale ne remontant presque pas sur le 
frontal. 

Cretes temporales presque nulles. 

Crete sagittale elargie, aplatie, mesurant 45 mm en avant et 
20mm en arr iere. 

Face superieure aplatie, se relevant a peine au point de reunion 
des cretes temporales. 

Face inferieure elargie. 

No 5. PI. 4, fig. 6. 

Type de YU. spelceus, museau court, elargi. 

Vieux, dents plus usees a droite qu'a gauche. 

Bosses frontales considerables, regulieres. 

Depression medio-frontale assez forte, remontant jusqu'au point 
de reunion des cretes temporales. 

Celles-ci, tres peu marquees et formees simplement par un 
enfoncement de ia table externe du frontal. 

Arcades zygornatiques tres fortes et tres hautes. 

N° 4. PI. I, fig. 9. 

Tres grande taille, type a apophyses postorbitaires (du frontal), 
minces et dejetees en bas. 

Bosses frontales globuleuses a leur point le plus externe. 

Depression medio-frontale a peine marquee. 

Cretes temporales naissant directement de Tangle externe des 
apophyses postorbitaires. 

Museau etroit, allonge. 

Arcades zygornatiques faibles. 



— 72 



No Ik Allonge. 



Vieux, dents tres usees. 

Bosses frontales peu saillantes, apophyses postorbitaires du 
frontal cffilees et dejetees en bas et en arriere. 

Cretes temporales saillantes, se prolongeant jusqu'a la crete 
occipitale sans se reunir, et formant alors directement la crete 
sagittale. 

Face superieure horizontale. 

N° 6. Collection de M. Filhol. 
Arrondi, etroit en avant, portion incisive tres basse. 
Vieux. 

Depression medio-frontale remontant en formant un sillon jus- 
qu'a Punion des cretes temporales. 
Celles-ci normales. 
Crete sagittale tres large en avant. 
Arcades zygomatiques faibles. 

N° 7. Allonge, aplati superieurement. 

Adulte, dents peu usees, mais sutures completement efTacees. 

Cretes frontales a peine marquees. Triangle superieur du frontal 
aplati, horizontal, presentant trois depressions, une centralc 
venant de la racine du nez, et deux laterales remplagant les cretes 
frontales Celles-ci se prolongeant sur la crete sagittale jusqu'a 
l'occipital ; la elles se continuent pour descendre verticalement 
jusqu'au trou occipital. 

No 8. Collection de M. Filhol. 

Type du spelmus. Vieux. 

Bosses frontales verticales, regulieres. 

Depression medio-frontale peu considerable, formant un sillon 
qui rejoint la crete sagittale 5 le fond de cette depression se trouve 
au niveau des apophyses postorbitaires du frontal ; le frontal se 
trouve par la divise en deux portions, concave au centre, convexe 
aux bords et a courbure de faible rayon. 

Cretes temporales et sagittales peu developpe"es. 

Arcades zygomatiques faibles. 

N° 9. Collection de M. Filhol. 

Type allonge, e"troit, portion incisive extremement haute. 

Adulte, mais dents peu usees. 



- 73 - 

Bosses frontales peu marquees , ne scmblant etre formees que 
par les apophyses postorbitaires. 

Depression medio-frontale tres faible, elargie. 

Apophyses zygomatiques extremement fortes; celle de droite a 
ete fracturee a son extremite anterieure, et la soudure s'est faite 
par juxta-position. 

No 10. PI. I, fig. 2. 

Crane tres volumineux, ramasseV 

Adulte, sutures effacees, dents peu usees, alveoles des incisives 
obliterees. 

Bosses frontales tres saillantes ; apophyses postorbitaires globu- 
leuses et saillantes. 

Depression medio-frontale considerable. 

Cretes temporales peu saillantes, epaisses, se prolongeant jus- 
qu'aux trois quarts de la crete sagittale. 

Face superieure aplatie, ayant une profonde rainure sur la par- 
tie moyenne. 

Arcades zygomatiques tres fortes, tres relevees, a convexite 
superieure tres forte. 

N° 11. PL I, fig. 1. 

Tresvieux sujet, malade, a physionomie toute particuliere. 

Les bosses frontales se continuent bien au-dela de la partie 
moyenne du frontal, se portant directement en haut, de facon a 
atteindre une hauteur verticale considerable, tout en formant un 
angle tres obtus avec les os propres du nez. 

Surface frontale elargie, pleine, lisse, sans cretes. Celles-ci 
dejetees en dehors et formant de chaque cote un bourrelet saillant 
au-dessus de la fosse temporale ; sa face superieure est porcee dc 
trous qui font communiquer la face superieure du crane avec les 
fosses temporales. 

No 15. PL I, fig. 5. 

Arrondi, tres vieux; pas de trace d'alveole pour la premiere 
molaire; canines cassees et usees apres coup. 

Bosses frontales au-dessus des apophyses postorbitaires du 
frontal. 

Depression medio-frontale remontant tres loin et se prolongeant 
en sillon jusqu'a la crete occipitale. 

Cretes temporales faibles, regulieres. 

Tome !<*. 



- 74 — 

Crete sagittale elargie, atteignant en certains points 5 et 4 cent 
de largeur. 
Museau tres court, elargi. 

No 44. PI. I, tig. G. 

Tres grande taille, elargi, face superieure horizontal. 

Tres vieux, dents completement usees. 

Apophyses postorbilaires dejetees en bas. 

Depression medio- frontalc presque nulle. 

Cretes frontales ct sagittales considerables. 

Arcades zygomatiques tres fortes, hautes et epaisses. 

N° 45. PI. I, fig. 40. 

Profil superieur arrondi. 

Adulte, dents peu usees. 

Bosses frontales peu saillantes. 

Cretes temporales et sagittales peu marquees. 

No 46. PI. I, fig. 3. 

Type du spelams, mais a face superieure horizontals 

Adulte, dents peu usees, canines gaudies cassees ct usees apres 
coup. 

Bosses frontales tres developpees, apophyses postorbitaircs glo- 
buleuses. 

Crete sagittale, epaisse, double, sinueuse. 

Arcade zygomatique droite, percee de deux trous. 

Epine occipitale a peine marquee. 

No 47. Collection de M. Filhol. 

Arrondi. 

Tres vieux sujet, n'ayant plus qu'une molaire et deux canines. 

Bosses frontales verticales. 

Depression medio-frontale tres forlc, formant un sillon profond 
remontant jusqu'a la moitie du frontal. 

Triangle frontal aplati, tres oblique de bas en haut. 

Pas de cretes temporales. 

Arcades zygomatiques extremement fortes, tres hautes. 

Apophyses postorbilaires du maxillaire superieur tres sail- 
lantes. 

N° 18. Allonge. 

Adulte, mais sutures distinctes sur les os propres du nez. 



— 75 - 

Bosses frontales assez developpees. 

Depression medio-frontale peu considerable remontant tres peu 
sur le frontal. 

Cretes temporales peu marquees. 

Crete sagittale unie. 

Epine occipitale tres basse, sur un plan posterieur aux condyles 
de l'occipital. 

N° -19. Court, arrondi. 
Adulte, mais dents peu usees. 
Bosses frontales tres fortes. 
Depression medio-frontale considerable. 
Arcades zygomatiques faibles. 

No 20. Collection de M. Filhol. 
Allonge, profil arrondi. 
Adulte, dents a peine usees. 

Bosses frontales se continuant verticalement en haut ; surface 
frontale arrondie, inclinee en arriere et en haut. 
Cretes peu developpees. 

N° 21. Partie posterieure allongee. 

Adulte, dents peu usees. 

Apophyses postorbitaires tres saillantes. 

Depression medio-frontale tres forte. 

Cretes temporales peu marquees. 

Crete sagittale tres forte, surtout a la partie porterieure. 

Arcade zygomatique faible. 

No. 22. Collection de M. Filhol. 

Type spelaus; vieux, n'ayant que deux molaires a droite. 

Bosses frontales regulieres, saillantes. 

Depression medio-frontale, se prolongeant en rainure jusqu'au 
point de reunion des cretes temporales. 

Celle-ci reguliere; crete sagittale tres elargie. 

Epine occipitale presque nulle et remplacee par deux eminences 
laterales. 

Arcades zygomatiques fortes, hautes, e'largies. 

N° 25. PI. I, fig. 14. 

Etroit, allonge; jeune, pas de sutures effacees. 



— 76 — 

Bosses frontales placees en avant des apophyses postorbitaires 
du frontal. 
Depression medio-frontale peu marquee. 
Surface triangulaire du frontal aplatie. 
Cretes temporales a peine indiquees. 

No 24. PL I, fig. 8. 

Adulte, dents a moitie usees. 

Bosses et cretes normales. 

Arcades zygomatiques fortes et elevees. 

Depression medio-frontale formant un sillon jusqu'au point de 
reunion des cretes temporales, mais ne se prolongeant pas au- 
dela. 

No 25. Type allonge, interme'diaire. 
Adulte, dents peu usees, mais sutures effacees. 
Bosses peu developpees, globuleusesa leur sommet. 
Depression medio-frontale forte, remontant tres haut et se 
prolongeant en gouttiere sur toute la longueur de la crete sagittale. 
Cretes temporales peu marquees. 

N« 26. Haut, court, attaches musculaires tres fortes. 

Apophyses postorbitaires peu saillantes, globuleuses. 

Depression medio-frontale considerable. 

Cretes temporales peu saillantes dans leur portion oblique, se 
relevant en se rapprochant de la crete sagittale et se continuant 
fort loin sur cette derniere. 

N° 27. Collection de M. Filhol. 

Type spceleus, tres vieux. 

Bosses frontales fortes, arrondies. 

Depression medio-frontale peu marquee, remontant en un Igger 
sillon jusqu'a 1'union des cretes temporales : cellcs-ci peu sail- 
lantes. 

No 28. Collection de M. Filhol. 
Petit, se rapprochant du priscus-, tres vicux. 
Bosses frontales peu developpees. 

Depression medio-frontale peu profonde, atlcignant par une 
courbe insensible le sommet des apophyses postorbitaires. 
Crf'tcs peu saillantes. 
Pace snperieure horizontal. 



- 77 - 

N° 29. Allonge, etroit, remarquable par le grand developpe- 
ment du triangle frontal. 
Jeune. 

Bosses frontales peu marquees. 
Pasde cretes temporales; la sagittale a peine marquee. 
Depression medio-frontale a peine sensible a la racine du nez. 
Arcades zygomatiques tres faibles. 

N° 50. Collection de M. Filhol. 

Type a front aplati, a triangle frontal se prolongeant jusqu'a la 
crete occipitale. 

Bosses frontales entierement formees par les apophyses postor- 
bitaires, qui deviennent par la tres saillantes en avant el en haut, 
leur face inferieure etant evidee et dejetee en bas. 

Depression medio-frontale faible, rejoignanl par une courbe 
faible etreguliere le sommet des bosses frontales. 

Cretes temporales tres elargies dans leur partie posterieure. 

Crete sagittale large, aplatie. 

Arcades zygomatiques etroites. 

N° 51. PI. I, fig. 8. 
Petite taille, face superieure horizontalc. 
Tres vieux, dents complelemenl usees, alveoles des incisives 
obliterees. 

N° 52. Volumineux, malade. 

Adulte, dents usees-, alveoles des incisives gauches obliterees 
par des fongosites, canine gauche cassee anciennement et usee, 
fongosite des maxillaires au point le plus eleve de l'alveole de cette 
dent; tres petite alveole posterieure a la derniere molaire gauche. 

Apophyses postorbitaires peu saillantes, renflees. 

Depression medio-frontale tres considerable, commencant au 
point de jonction des os propres du nez et remontant jusqu'au 
point de jonction des cretes temporales. 

Cretes tres fortes. 

No 55. PI. I, fig. 11. 

Petit, se rapprochant du prisms par la taille, du spelceus par 
les bosses, arrondi dans la partie posterieure. 

Vieux, dents tres usees. 

Bosses frontales allongees, se prolongeant beaucoup en haut et 
depassant de beaucoup les cretes temporales. 



— 78 — 

Arcades zygomatiques faibles. 

No 34. PI. II, fig. 15. 
Tres allonge, bas, etroit. 

Jeune, toutes les sutures encore marquees, dents sans traces 
d'usure. 
Bosses frontales tres peu ddveloppees. 
Depression medio-frontalc extremement faible. 
Cretes peu marquees. 

N° 55. Type allonge, etroit, se rapprochant du priscus par la 
taille, de Yarctos par la forme. 

Adulte, ossification complete, plus de traces de sutures, dents a 
moitie usees. 

Bosses frontales a peine marquees , apophyses postorbitaires 
faibles et peusaillantes. 

Cretes temporales presque nulles, crete sagittale peu saillante. 

Face superieure du crane presque horizontal; partie poste- 
rieure abaissee, arrondic. 

N° 3G. Allonge ; le point le pluseleveetant comme a l'ordinaire 
au point de reunion des cretes temporales , la portion du crane 
posterieuro a ce point est fortement abaissee. 

Jeune, mais sutures effacees. 

Bosses frontales entierement formees par les apophyses postor- 
bitaires du frontal. 

Cretes temporales et sagittales peu marquees. 

Arcades zygomatiques faibles. 

No 57. Type arrondi. 
Adulte, dents peu usees. 

Bosses frontales , cretes temporales et sagittalcs peu sail- 
lantes. 

Epine occipitale a peine indiquee. 

N° 38. Etroit, forme generale arrondie. 
Tres jeune, pas de sutures effacees. 
Bosses frontales tres developpees. 
Apophyses postorbitaires peu saillantes. 
Cretes temporales a peine indiquees. 
Crete sagittale ties forte, mais arrondie. 
Arcades zygomatiques tres faihlcs. 



- 79 - 

N° 39. Type du prisms. # 

Vieux, sutures effacees et dents usees. 

Bosses frontales moins fortes que chez le spelceus. 

Depression medio-frontale tres peu prononcee. 

Apophyses postorbitaires saillantes, mais horizontales. 

N<> 40. Conditions identiques a celles du no 37. 

No 44. PI. II, fig. 4. 
Etroit, petit, profil superieur arrondi. 

Adulte , sutures entierement effacees , mais dents fort peu 
usees. 
Bosses frontales peu developpees. 
Depression medio-frontalepresque nulle. 
Cretes temporales nulles, crete sagittale fort peu developpee. 

N° 42. PI. II, fig. 2. 
Type du priscus. 

Moins age que le no 39, mais adulte cependant. 
Bosses frontales commechez le n° 39. 

Depression medio-frontale peu prononcee, remontant tres haut 
sur le frontal. 
Apophyses postorbitaires comme chez le n° 39. 

N°43. PI. II, fig. 3. 

Type du priscus. 

Vieux, dents tres usees. 

Formes et proportions comme chez les n os 39 et 42. 

N° 44. PI. II, fig. 6. 

Jeune, mais cependant sutures effacees et dents peu usees. 

Bosses frontales peu saillantes. 

Pas de cretes frontales et sagittales. 

Arcades zygomatiques tres faibles. 

Si maintenant nous comparons a la fois les descriptions prece- 
dents cntre elles et les diverses mesures indiquees au tableau 
general , nous pourrons reconnoitre facilement 1'etendue de la 
variabilite chez cette espece. 



— 80 — 

II. 

Lignc basilaire. — N° \ du tableau. 

Cette lignc est mesuree du bord posterieur des alveoles des 
incisives du milieu au bord anterieur du Irou occipital. 

Notre plus grand crane mesure 0,470 mm et le plus petit 0,550 mm 
seulcment. La degradation se fait regulierement en passant par 
lous les nombres intermediaircs; ccs mesures peuvent se grouper 
ainsi : 

Cranes de 0,470 2 

— 0,460 4 

— 0,450 6 

— 0,440 5 

— 0,450 7 

— 0,420 G 

— 0,410 2 

— 0,400 2 

— 0,390. 2 

— 0,380 5 

— 0,570 2 

— 0,360 2 

— 0,550.... \ 

La moyenne oscillerait done entre 0,450 et 0,420. 

Profit super ieur. — N° 2 du tableau. 

Cette ligne est mesuree du bord posterieur des alveoles des 
dents incisives du milieu a la crete occipitale en suivant les cour- 
burcs. 

Les dimensions extremes, etant de 600 a 420, se groupent 
ainsi : 

Cranes de 0,600 2 

— 0.S90 2 

— 0,580 5 

— 0,570 4 

— 0,560 5 

— 0,550 4 



- 81 - 

— 0,54£ 5 

— 0,530 1 

— 0,520 2 

— 0,510 2 

— 0,500 4 

— 0,490 1 

— 0,480 5 

— 0,470 1 

— 0,460 1 

— 0,450 3 

— 0,420 1 

Comme on le voit , la variation est encore plus considerable 
dans le profil superieur. L'examen des planches I et II fait saisir 
facilement ces nombreuses differences. 

Ici, il nous sera facile cependant d'etablir deux grands groupes : 
les cranes arrondis et les cranes allonges. Cette distinction, deja 
remarquee par Cuvier, lui avait servi a distinguer, dans sa pre- 
miere edition, I'Ursusarcto'ideus de YUrsus spelams; plus tard, de 
Blainville avait cru devoir Fattribuer a une difference dans les 
sexes, ne faisant en cela que remettre en avant l'opinion d'Esper. 

Pour nous, ces variations n'ont aucun caractere reel. 

Les cranes arrondis appartiennent ordinairement a de jeunes 
sujets (n° 41, pi. II, fig. 4) et souvent aussi a des sujets adultes et 
meme vieux (n° 11, pi. I, fig. 1 ; no 13, pi. I, fig. 5; n° 15, 
pi. I, fig. 10). 

Dans les types allonges, ou plutot a portion fronto-sagittalc 
horizontal, les variations sont egalement independantes de 1'age : 
parmi les jeunes, voir n° 34, pi. II, fig. 15; n° 29, et parmi les 
vieux les n os 35 et 31, pi. I, fig. 8. 

L'ensemble du profil superieur varie done independamment de 
1'age ; mais si nous decomposons ce profil en plusieurs parties, 
nous trouverons dans chacune d'elles une diversite aussi grande. 

Le museau est tantot fort eleve, a face superieure oblique en 
arriere et en haut, tendant a effacer la depression nasale. 

D'autres fois, au contraire, cette meme portion est horizontale 
et par suite la depression nasale fortement accentuee. 

L'angle forme par la saillie du frontal varie de meme ; l'examen 
seul des planches le demontre completement. 



— 82 — 

En tin, 1c sommet tie la crete sagittate est horizontal ou convexe, 
et nc se creuse jamais pour se relever vers l'occipital, comme chez 
les chats, par exemple. 

Cretes temporales et sagittales. 

Les cretes temporales sont quelquefois a peine marquees (n° 41, 
pi. II, fig. 4; n os 29-25, pi. 1, fig. 14). 

D'autres fois, ellessont formees par une legere depression de la 
table externe de l'os (n os 38-37-35-28-20). 

Enfin, elles peuvent devenir de fortes eminences rugueuses 
(n os 32-30-22-21). 

Leur longueur varie de meme ; mais ici il est quelquefois difficile 
de determiner exactement le point precis ou finissent les cretes 
temporales et ou commence la crete sagittate . 

En effet, elles se reunissent souvent a une faible distance en 
avant de la suture fronto-parietale ; le triangle frontal alors est 
court, a angle posterieur oblus (n° 27, pi. II, fig. 9 ; n<> 30, pi. II, 
fig. 10). 

D'autres fois, elles se reunissent au-dela de ce point et allon- 
gent singulierement en arriere le triangle frontal (n° 28, pi. II, 
fig. 8). 

Enfin, elles se prolongent quelquefois jusqu'a la crete occipitale, 
en formant alors une double crete sagittate, et le sommet du triangle 
frontal arrive alors jusqu'a l'occipital (n° 11, pi. II, fig. 7). 

La crete sagittale est tantot nulle, mais ce cas est fort rare 
(n° 29) ; elle est ordinairement simple (n° 28, pi. II, fig. 8), et 
quelquefois double (n° 50, pi. II, fig. 10). Elle est horizontale ou 
oblique, en arriere et en bas. 

Les caractercs, tires de la longueur relative des cretes tempora- 
lis et sagittales, invoques par Cuvier pour caracteriser VUrsus 
priscus, nc sont done d'aucune valeur. 

Les bosses frontales forment un des caracteres reels de l'Ours 
des cavernes. Tantot elles sont simplement formees par un renflc- 
ment des apophyses postorbitaires du frontal; elles sembleraient, 
dans ce cas, etre caracteristiques de VUrsus prisms ; ccpendant, 
avee un pen d'altention, il est facile de voir qu'elles se rencontrent 
aussi souvent chez les sujets de grande taille que dans les petits, 
chez les vieux que chez les jeuncs (no 14, pi. I, fig. 6; n° 10, 
pi. I, fig. 10). 

Le plus ordinairement elles forment une forte proeminenee 



- 83 - 

au-dessusdes os propres du nez (n° 46, pi. I, fig. 3 ; n° 24, pi. I, 

fig- 7). 

Elles peuvent etre unies l'une a l'autre, et alors la face ante- 
rieure du frontal presente une surface regulierement convexe 
d'avant en arriere, et d'un cote a l'autre (n° 41, pi. I, fig. 4 et 
pi. II, fig. 7). 

Le plus ordinairement elles sont separees l'une de l'autre par 
une depression medio- frontale. Celle-ci commence inferieurement 
a la racine du nez et remonte plus ou moins haut, suivant les 
sujets : elle peut ne pas depasser les apophyses postorbitaires du 
frontal; elle atteint souvent le point de reunion des cretes tempo- 
rales ou arrive jusqu'a l'occipital, en formant sur la crete sagittate 
une profonde rainure. 

Gette meme depression peut etre peu profonde et fortement 
creusee sur le frontal ; sa convexite est tantot faible et reguliere, 
tantot tres forte, irreguliere, et formant une veritable gouttiere. 

Arcades zygomatiques. 

Elles sont tantot fortes et epaisses ; leurs bords superieurs sont 
alors fortement convexes et rugueux. (n os 47, 22, 44, pi. I, 
fig. 6 ; n° 10, pi. I, fig 2). Dans d'autres cas, elles sont au con- 
traire faibles et leurs bords superieurs dans un plan horizontal 
(n 09 49, 24, 8, 6, 4; pi. I, fig. 4). Elles sont, dans le premier 
cas, fortement ecartees et a faces externes arrondies, et dans le 
second, etroites et droites : leur plus grande largeur varie en'tre 
550 et 220. Enfin, le point le plus eleve du crane est toujours au 
point de reunion des cretes frontales ; il varie done comme ce 
dernier. 

Au milieu de ces variations extremes, quels caracteres pourrons- 
nous trouver dans la forme generale du crane pour caracteriser 
1'espece qui nous occupe ? Nous croyons avoir demontre que ce ne 
sera ni la taille, ni la forme du triangle frontal, ni la plus ou 
moins grande longueur de la depression medio-frontale, ni l'ecar- 
tement plus ou moins considerable des arcades zygomatiques. 

Un seul point semblerait caracteristique, et encore ses variations 
sont telles, que e'esta peine si nous oserions le poser comme reel ; 
nous voulons parler des bosses frontales. , 

Guvier avait cru reconnaitre dans cette particularite un des 
principaux caracteres de l'Ours des cavernes. Pour nous, son 
importance n'est que relative. En effet, nous avons montre que 



— 84 — 

depuis la bossc frontalo du plus petit volume, celle qui n'est 
formee que par le renflement des apophyses postorbitaires du 
frontal, jusqu'acelles qui atteignent un developpement conside- 
rable, il existe des nuances intermediates qui les relient les unes 
aux autres ; nous ne pourronsdonc regarder la grande saillie des 
bosses frontales comme essentiellement caracteristique. 

Si maintenant nous cherchons a etablir une comparaison 
serieuse de ce caraclere chcz l'Ours fossile et chez les especes 
actuelles, nous verrons qu'il ne peut guere servir de criterium 
pour separer cette espece de celles qui vivent de nos jours. 

En effet, notre crane le plus petit, et qui doit se rapporter au 
priscus de Cuvier, se rapproche deja beaucoup de nos Ours bruns 
des Pyrenees par les formes. Et si nous n'avons pas encore entrc 
les mains des echantillons qui nous permettent de relier comple- 
tcment ces deux especes, nous possedons certains fragments, trop 
incomplets pour etre decrits, qui nous demontrent evidemment 
Texistence de cette transition. 

Nousnous resumons done en disant que : les formes generates du 
crane de l'Ours trouve dans les cavemes varient tellement, que I' on 
ne peut admettre comme caracteristique que la grande saillie des 
bosses frontales. Encore ce caraclere serait-il insuffisant s'il 
n'etait toujours allie a d'autres particularites plus essenticllcs et 
qui pour nous constituent les veritables caracteres de cette espece, 
nous voulons purler du systeme dentaire. 

Dans un second Memoire, nous demontrerons en effet que 
V absence constante des petites premolaires, tant au maxillaire 
superieur qu'au maxillaire inferieur, est le caractere invariable 
de l'Ours des cavemes. Au lieu d'etre particulierc a VUrsus 
priscus, la presence de ces petites molaires est un fait purement 
accidentel et anormal. 

Nous trouvcrons aussi dans le maxillaire inferieur des caracteres 
du memo genre; l'inspection des figures 10, 41, 12 et 45 de la 
planche II, fait voir deja la variation dans la forme de cette partie 
du squelctie. Nous etablirons dans les membres des scries analo- 
gues, mais in liniment plus nombrcuscs que dans les cranes, et 
nous scrons egalcmcnl conduits au memo resultat. 





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CRANES D'OURS DES CAVERNES 



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iturelle h Toulouse, Tomel 



CRANES D'OURS des cavernes 




? de VSmere Toulouse 



— 85 



NOTE 

SUR LA VARIETE A FLEURS BLANCHES DU LAMIUM PURPUREUM, 

SUIYIE DE QUELQUES CONSIDERATIONS SUR l'aLBINISME (1), 

Par M. Marius Lacaze. 

Dans une herborisation que je fis, le 24 du raois dernier, au 
ramier du Moulin-du-Ghateau? je trouvai le long de la haie qui 
clot du cote Est la pepiniere de M. Barthere, la variete d 
jleurs blanches du Lamium purpureum, plante dicotyledonee de 
la famille des Labiees. 

Vaillant a indique le premier (en 1727) cetle varie'te dans son 
Botanicon parasiense et l'a designee sous le nom de Lamium 
annuum vulgare album. Les caracteres distinctifs qu'il en donne 
sont les suivants : corolle toute blanche, sommet des etamines 
(antheres) couleur d'eearlate (2). 

Elle se trouve aussi decrite dans les Flores franchises de 
de Lamarck et de de Candolle; et ces celebres botanistes la carac- 
terisent ainsi : corolle blanche, antheres purpurines (3). 

Mais MM. Grenier et Godron l'ont omise dans leur Flore fran- 
caise. Elle ne figure pas non plus dans les Flores de MM. Noulet, 
Arrondeau, Tournon et Serres, c'est-a-dire qu'elle n'est menlion- 
nee dans aucune des Flores de Toulouse. 

Pour bien faire comprendre les differences qui existent entre la 
Lamium purpureum et sa variete a fleurs blanches, je vais indi- 
quer les caracteres qui sont propres a chacune de ces plantes. 
Gette comparaison est d'autant plus utile, que les caracteristiques 

(1) Seance du 22 mars 1867. 

(2) Bot. paras., p. 1 12. 

(3) De Lam,, t. II, p. 371 ; De Cand., p. 541. 



- 86 - 

donnees par Vaillant, de Lamarck et de Candolle, sont non-seule- 
mcnt incompletes, mais encore erronees. 

LAMIUM PURPUREUM. VARIETE A FLEURS BLANCHES. 

Epiderme des tiges et des petioles Corolle blanche. Antheres incolo- 

et feuilles superieurcs rougeatres ordi- res. Toutes les autres parties vertes , 

naircment. Feuilles infericures vertes, , a l'exception des racines , bien en- 

presentant quelquefois des taches ega- tendu. 
lenient rougeatres. Corolle et antheres 
purpurines. Grains de pollen oranges. 

II est facile de voir, d'apres ces caracteres, que ces deux lamiers 
ne different que par la couleur de quelques-uns de leurs organes, 
et un examen attentif permet de reconnaitre que toutes les diffe- 
rences tiennent a ce que Tun d'eux, le type, contient un pigmen- 
tum particulier, tandis que l'autre en est completement depourvu. 

En effet, le Lamium purpureum renferme une magnifique sub- 
stance purpurine a laquelle il doit le nom qu'il porte. Cette 
substance se trouve inegalement distribute. Elle est d'habitude 
assez abondante dans L'epiderme des tiges et des petioles et dans 
les feuilles superieures^ pour donner a ces parties une couleur 
rougeatre particuliere, resultant des modifications qu'elle et la 
chlorophylle font subir aux rayons lumineux. 

Les antheres en sont aussi abondamment pourvues. Les feuilles 
inferieures en contiennent tres peu. 

Mais ce n'est que dans la corolle ou elle se montre dans tout 
son eclat, car la sa belle couleur n'est point alteree comme dans 
les tiges, les petioles et les feuilles par la chlorophylle, ou, comme 
dans les antheres, par l'orange des grains de pollen. 

J'ai examine au microscope, avec le plus grand soin, tous les 
organes de la variete d fleurs blanches, et je n'ai trouve aucune 
trace de substance purpurine. De Lamarck et de Candolle se sont 
donclrompes en indiquant la presence de cette substance dans les 
antheres. Flore albo et antheris purpureis, disent-ils. Oui, la 
fleur est blanche, mais les antheres ne sont pas purpurines, elles 
sont incolores. Cependant elles paraissent orangees, et cela parce 
que les grains de pollen qu'elles renferment ont cette couleur. 

Vaillant s'est aussi trompe en disant ces organes (antheres) ecar- 
lates. 

Ces cClebres botanistes, pensant que les antheres de cette plante 



— 87 — 

contenaient de la matiere purpurine, ne signalant pas l'absence 
de cette matiere dans l'epiderme des tiges et des petioles et dans 
les feuilles , il est probable, pour ne pas dire certain, qu'ils ont 
cru a une simple anomalie locale, a un accident qui aurait amene 
la decoloration de la corolle, tandis qu'en realile ils etaient en 
presence d'un fait general, d'un phenomene sernblable a l'albinisme 
complet des animaux (4). 

Sous faction de causes que la science n'a pu encore decouvrir, 
le pigmentum, propre a l'espece ou a la race, ne se developpe pas 
chez certains animaux, et alors presque tous les organes, que ce 
pigmentum colore dans l'etat normal, sont plus ou moins blancs : 
c'est ainsi que se produisent les Merles blancs , — car il en 
existe, en depit du dicton populaire, — les Moineaux blancs, les 
Alouettes blanches, etc.; c'est ainsi que prennent naissance les 
Rats, les Lapins, les Taupes, les Elephants, etc. blancs; c'est ainsi 
enfin que se forment les Albinos dans l'espece humaine. 

Or, la variete d fleurs blanches du Lamium purpureum se trouve 
dans le meme cas que les Albinos : la substance purpurine, pig- 
mentum caracteristique de l'espece, manque dans tous les organes ,, 
ou elle devrait exister, et de plus elle est/eontenue dans des cellu- / normalement 
les epidermiques, comme le pigment des animaux. 

C'est done un veritable albinisme parfait que nous offre cette 
planle, qui doit etre inseree dans la Flore du bassinsous-pyreneen. 

Mes idees sur l'albinisme differant sensiblement de celles qui 
ont cours dans la science, je crois devoir les exposer incidem- 
ment. 

Je definis Talbinisme vegetal ou animal : le resultatde l'absence 
du pigmentum ou des pigmenta (2) caracteristiques de l'espece ou 

(1) Independamment des ouvrages que j'ai cites au commencement de cette 
note, j'ai consulte un grand nombre d'autres Flores generales ou particulieres, et 
de l'examen auquel je me suis livre, il resulte que peu de botanistes ont connu 
la varUti a fleurs blanches du Lamium purpureum, et que ceux qui l'ont obser- 
ved se sont bornes a l'indiquer ou a la caracteriser comme l'ont fait de Lamarck 
et de Candolle. 

(2) Je designe sousce nom les-matieres colorantes inutiles a la vie, contenues 
ordinairement dans des cellules epidermiques, et qui donnent aux teguments dos 
etres organises les couleurs qui les distinguent, 

Le mot pigmentum signifiant simplement couleur, il n'y a aucun inconvenient 
a etendre ainsi sa signification. 



- 88 - 

dc la race. II est eomplet lorsque le pigment ou les pigments man- 
quent absolument, partiel quand ils ne font defaut que sur cer- 
tains points, et enfin imparfait lorsqu'ils sont simplement dimi- 
nues. 

L'albinisme proprement dit est toujours congenital. 

Je parlerai d'abord de l'albinisme des animaux. 

Le defaut de substance pigmentaire, auquel, avec raison, on 
attribue en zoologie le phenomene qui m'occupe, est encore regarde 
par quelques medecins et par quelques naturalistes comme une 
maladie assez grande pour alterer profondement Porganisme. Les 
Albinos, dans l'espece humaine, par exemple, auraient une con- 
stitution delicate, un temperament lymphatique, seraient depour- 
vus d'intelligence et meme frappes de sterilite. La nature les 
aurait desherites, crees imparfaits, et leur imperfection, cause de 
nombreuses maladies, les jetterait dans une faiblesse physique et 
morale qui ne leur permettrait pas de partager avec leurs freres 
normaux les labeurs et les plaisirs de la vie sociale, et qui, par 
suite, les rendrait meprisables aux yeux de ces derniers. 

La plupart de ces accidents s'observent quelquefois, il est vrai, 
chez les Albinos ; mais est-ce bien a l'absence de la matiere colo- 
rante que Ton doit les attribuer? 

Je n'hesite pas a repondre negativement. 

Le pigmentum n'a pas de role important a remplir dans l'orga- 
nisme, sice n'est dans Tceil, ou il est charge" d'absorber les rayons 
lumineux qui, en se reflechissant, troubleraient la vision et la 
rendraient penible ; et encore la son absence ne constitue qu'un 
inconvenient et non une maladie. Les veritables causes des imper- 
fections que nous constatons chez les Albinos, se trouvent dans 
des modifications organiques, dans des vices de conformation qui 
coexistent assez souvent avec l'albinisme. La preuve qu'il en est 
ainsi, c'est qu'on voit des Albinos qui sont bien constitues, qui ont 
beaucoup de vivacite dans leur caractere, qui brillent par leur 
intelligence, et qui sont meme remarquables par leur fecondite. 
De plus, les animaux atteints d'albinisme ne different pas sous 
le rapport de la vitalite de ceux qui sont normaux. 

Or, si le pigmentum etait aussi important qu'on le dit, il est 
incontestable que son absence devrait toujours avoir pour rdsultat 
de graves accidents; nous venons de voir qu'il n'en est rien. 

C'est done a tort que Ton considere l'albinisme comme une 



— 89 — 

maladie et qu'on la designe aussi sous le nom de Leucopathie 
(Xs6y.b? blanc, ridOo? maladie). U ne faut pas faire ces deux mots 
synonymes : le premier doit etre employe pour indiquer l'ano- 
malie, — car e'en est une, — resultant de 1'absence du 
pigmentum; le second , pour designer d'une maniere vague des 
etats reellement pathologiques ayant pour symptome particulier la 
blaneheur d'un ou de plusieurs organes. 

Gette idee de regarder l'albinisme comme une maladie ne se 
trouve pas seulement en zoologie , on la rencontre encore en bota- 
nique. II est a remarquer, toutefois , que ce mot est applique dans 
cette derniere science a une veritable affection organique. 

Dans le Dictionnaire deMedecine, de Chirurgie, de Phar ma- 
de, etc., de Ph. Nysten, refondu par MM. Littre et Ch. Robin, on 
lit au mot albinisme : Albinisme de$ plantes : « Etat maladif d'une 
» plante dont les parties, ordinairement vertes, sont blanches par 
» suite de resorption de la matiere colorante. On l'obtient en fai - 
» sant vegeter une plante en un lieu obscur. II se presente quel- 
» quefois sur une plante ou une branche en plein air. » 

Gette definition , qui resume les opinions admises en botanique , 
n'est qu'un tissu d'erreurs ; il est facile de le demontrer. 

1° L'albinisme n'est pas un etat maladif. Je ne reviendrai pas 
sur cette proposition, car les raisons, sur lesquelles je me suis 
appuye pour la prouver en ce qui concerne les animaux, s'appli- 
quent aussi aux plantes. Je dirai seulement que les individusde 
la variete d fleurs blanches du Lamium purpureum, que i'ai places 
sous les yeux de mes collogues , etaient tres vigoureux : le vert 
fence de leurs feuilles en temoignait suffisamment. 

2° II ne saurait provenir de la resorption de la chl orophylle. 
En voici les motifs : cette substance n'est pas un pigmentum pro- 
pre a l'espece ou a la race •, elle fait au contraire partie de presque 
tous les vegetaux et joue un role des plus importants dans leur 
economie. De plus, la decoloration des parties vertes n'a pas lieu 
toujours par resorption. II est de ces decolorations qui proviennent 
d'une organisation particuliere de l'embryon, et qui , des-lors, 
etant congenitales, ne peuvent etre attribuees a la resorption. 

3° En faisant vegeter une plante dans un lieu obscur, on 
n'obtient pas l'albinisme, mais bien l'etiolement, une veritable 
maladie. En eflet , les plantes etiolees nous offrent une decolora- 
tion de leurs parties vertes et de graves desordres organ iques et 

Tome I. 7 



— 90 — 

fonctionnels : les lieux obscurs etant generalement humides , 
['exhalation nqucusc nc so produit que d'une manierc tres impar- 
i'aite , ct alors les tissus se gorgent d'eau •, la fixation du carbone 
dcvient a peu pros impossible, ear la chlorophylle, qui fournit I'ele- 
ment a fixer en decomposant 1'acide carbonique de Fair ou celui 
qui emane de la plante , a besoin de la lumiere pour se former et 
pour exercer ses fonctions. 

La definition de l'albinisme vegetal donnee par MM. Littre et 
Robin doit done etre rejetee. 

L'albinisme vegetal, comme celui des animaux, est une simple 
anomalie resultant de 1'absence du pigment. II constitue un phe- 
nnmene particulier qui peut se produire, et qui se produit , en 
eflet , en dehors detout etat patbologique et sans la disparition des 
matieres colorantes essentielles^a la vie. 

Le motalbinisme est par consequent aussi impropre a designer 
l'etiolement des vegetaux ou la decoloration des parties vertes de 
ces memes etres, qu'a indiquer Yanemie , la Morose ou la leuco- 
rythemie. Puisqu'on a donne des noms speciaux aux diverses alte- 
rations que subit la substance colorante du sang et le sang lui- 
meme, pourquoi n'agirait-on pas de la meme maniere a Tegard 
des liquides essentiels a la vie des plantes? (En disant cela, je 
n'entends pas assimiler la chlorophylle au sang.) 

II est vrai de dire que Ton applique aussi le mot albinisme a la 
decoloration des corolles des vegetaux. Fci son application est 
juste, et, fait etrange ! on ne semble l'employer que par extension : 
e'est Pinverse qui devrait avoir lieu. 

Quant aux causes quiprivent les etres deleur pigmentum ou de 
lours pigmenta, elles sont encore a trouver. Cependant, apres bicn 
des talonnements, les savants se sont arretes a cette opinion de 
Mansfeld , developpee par Isid. Geoffroy St-Hilaire, a savoir, que 
l'albinisme est du a un arret de developpement. Mais l'opinion de 
Mansfeld ne nous apprend pas grand chose en definitive, puis- 
qu'clle se borne a nous dire qu'au moment de revolution orga- 
ni([iie ou le pigmentum devrait apparaitre, sa formation n'a pas 
lieu. Or, e'est precise"ment la raison de ce phenomene qu'il 
serait important de connaitre. S'il etait vrai , comme le pretend 
Buzzi, que les Albinos humains fussent depourvus du corps 
muqueux de Malpighi (couche epidermique oil se trouvent les cel- 
lules pigmentaires), 1'absence de la matiere colorante s'explique- 



- 91 — 

rait naturellemeni chcz eux par l'absence des organes charges de 
la secreter, et Ton arriverait a comprendre la non formation de ce 
corps muqueux par une anomalie primitive du germe ou par un 
accident qui en aurait moditie le developpement. Mais d'autres 
anatomistes sont d'un avis contraire a celui de Buzzi. 

J'ai fait des recherches sur la varieteafleurs blanches du Lamium 
purpureum, afin de savoirsi les cellules de la substance purpurine 
existaient. L'epiderme des tiges m'a paru avoir une organisation 
un peu differente de celle de l'epiderme de la plante normale; 
mais je crois avoir vu les cellules dont il s'agit sur les bords des 
feuilles et dans la corolle ou elles sont tres abondantes ordinaire- 
ment. S'il en etait ainsi, nous nous verrions obliges, pour expliquer 
l'albinisme, de supposer ou bien une modification survenue dans 
les principes constituants des cellules pigmentaires, ou bien une 
elaboration exceptionnelle des liquides organiques. 

Telles sont mes idees sur Falbinisme. Je les ai exposees d'une 
maniere rapide, mais je pense, neanmoins, avoir presente assez 
de details pour montrer en quoi elles different de celles qui so ( nt 
admises dans la science et pour les etablir sur des bases solides. 



TABLEAU DES ESPECES EUROPEENNES 

Du Genre CLYTHRA (Laicharting). 



N. B. Afin de mieux etablir la difference qui existe entre cerlaines especcs, 
nous avons cru devoir indiquer les caracteres tres succincts de quelqucs Clylhro 
d'Algerie. 



L'etude des especes europeennes du genre Clythra, dissemi- 
necs dans le savant ouvrage de Lacordaire, presentant assez de 
fliHicultes , par suite de l'absence de tableaux dichotomiques , 



_ 92 - 

nous avons essaye , com me I'a deja fait notrc savant confrere 
M. Allard pour le sous-genre Lachntia, dc faciliter ccttc etude 
en resumant, dans quelques tableaux, les caracteres succincts et 
differentials des especos appartenant aux autres sous-genres. 

Toulouse, 1" mars 1807. 

Marquet. 



Sous-Genre : LAB1DOSTOMIS (Lacordaire). 

Males a prothorax transversal, tombant sur les cotes, en avant; 
scs bords lateraux, d'abord droits, puis coupes obiiquement ct 
redresses, avee les angles posterieurs toujours saillants ct plus ou 
moins relcves. Tele prolongee sous les yeux en une forte oreillettc 
trigone avec Tepistome profondement entaille; mandibules robustcs 
en forme de tenailles. 

DIVISION I. 

Premier article des antennes gros, court, plus ou 
moins renflc a son sommet et arque. 

A Antennes distinctement dentees a partir du qua- 
trieme article ; celui-ci, moins fortement triangulairc 
que les suivants, au moins aussi long que les deux pre- 
cedents reunis. 

a Elytres unicolores testaces. 
Prothorax grossiercment ponctue. 

Antennes unicolores; prothorax crenele sur les cotes, 
cuisses ante'rieures obtusement dentees pies dc leur som- 
met (Taille 9 l / 4 a 12 V 2 mm ). taxlcornis 

(Famucius). 

Antennes ayant 1c dessous de leurs trois premiers 
articles teslace ou rou< r eatre. Prothorax arrondi sur les 



93 



cotes. Guisses anterieures privees de dents en dessous, 
pres de leur extremite (T. 9 l / 4 a ^ i /2 mm ) (espece 
d'Algerie). 

-f- -+- Prothorax finement ponctue. 

Prothorax tres finement pubescent, grand, convexe. 
Antennes ayant le dessous des trois premiers articles 
comme le Rubripennis; leur premier article court, 
deprime et presque carre; le second article tres court, 
turbine ; le troisieme un peu plus long, obconique; le qua- 
trieme tres long, en triangle renverse. Jambes interme- 
diaires et posterieures subitement elargies a leur sommet. 
(Taille superieure 44 l / 2 mm )' 

Prothorax glabre, plus court et moins convexe que 
chez le precedent. Antennes ayant aussi leur troisieme 
article d'un tiers moins long ; les pattes intermediates 
et posterieures sont a peine epaissies a leur extremite 
(Taille inferieure, 7 a 9 mm ). 

b Elytres ayant une tache carree ou lineaire aux 2 / 3 
de leur longueur (T. 9 V4 mm ) (espece d'Algerie). 

c Elytres unicoiores, testaces, couverts d'une pubes- 
cence grisatre, tres fine, molle et couchee (Taille infe- 
rieure 7 a 9 mm .) 

(Taille superieure 12 ffim ). 

B Antennes dentees seulement a partirdu cinquieme 
article 5 le quatrieme obconique, de longueur variable. 

* Tele et prothorax pubescents, mais en general un 
peu moins que le dessous du corps. 

Antennes bleu violet, avec le dessous des trois pre- 
miers articles testace. Premier article en massue arquee; 
deuxieme tres court, obconique; troisieme subcylindri- 
que, un peu plus long ; quatrieme deprime, plus long 
que les deuxieme et troisieme reunis. Les six suivants 
larges, obliquement trigones, assez aigus ; le dernier 
surmonte d'un petit appendice conique et oblique (T. 9 
a 44 V2 mm )- 

' Antennes, chez la femelle, violet fonce. Deuxieme 



rubripennis. 

(Lucas). 



Lacordairei. 

(Reiciie). 



meridionalis. 

( Lacordaire) 



hybrida. 



(Lucas). 



propinqua. 

(Falderbi). 
asiatica. 

(Falderji). 



rufst. 



Waltok 



— 94 — 

article tres court, turbine ; troisieme et quatrieme egaux, 
assez longs et subcylindriques; les suivants assez larges, 
transversalement triangulaires (T. 7 V4 mm )- stevenii. 

(Lacohd.) 

Antenncs avec le deuxieme article tres court, obconi- 
que; troisieme de meme forme, de moitie plus long; 
quatrieme encore plus allonge, deprime, mais non dentc 
a son cote interne anterieur. Elles sont tres robustes a 
partir du cinquieme article (T. 7 mm ). suicicoiiis. 

(Lacord.) 

Antennes bleu-violet fonce\ avec leurs quatre premiers 
articles testaces, maisayant souventen dessus (surtout le 
premier) un reflet bleu ou vert. Leur premier article, 
subcylindrique et arque ; le deuxieme obconique, court; 
le troisieme et le quatrieme plus longs, obconiques et 
subegaux; les six suivants mediocrement larges et forte- 
ment transversaux (T. 7 l / A mm ). paiiidipciBBiis. 

(Qeblbr) 

Antennes comme cbez ce dernier ; mais elles sont plus 
greles, et leur quatrieme article est proportionnellement 
un peu plus long (T. 7 i / A a 9 l / 2 mm )- piilcoiiis. 

[Lxco&d.) 

Antennes d'un bleu-violet fonce •, dessous du premier 
article et les trois suivants testaces; le premier article 
deprime, en carre long ; le deuxieme obconique, court ; le 
troisieme etle quatrieme un peu plus longs, grossissant 
graduellement ; les six suivants m^diocres, mais assez 
aigus et fortement transversaux (T. 6 3 / 4 a 8 mm ). cyaniconsSs. 

(Gkhmar) 

+ * Tete et prothorax glabres. 

a Ely tres sans tache humerale (T. 6 3 / 4 a 8 3 / 4 mm ). tridentaia. 

(Linne). 

b Elytres avec une tache humerale noire. 

Court et robuste. Bleu fonce assez brillant. Tete tres 
grande, presquecarree, violacce. Vertex marque, au mi- 
lieu, d'un gros point. Front triangulairement excave et 
rugueux au fond. Epistome echancre en carre. Labre 
noir, mandibules tres -robustes (T. 8 mm ). brcvipennis. 

' ' (Fai.derman) 

Assez allonge (facies du taxicornis), vert bronze bleua- 
tre, peu brillant. Tete assez forte, criblee de petits points 



— 95 — 

acicules et meles de fines rides sur le vertex, qui n'est 
pas renfle , mais parcouru par une faible ligne lisse. 
Front un peu deprime dans sa moitie anterieure, cette 
depression plus ou moins rugueuse. Epistome taille en 
biseau, carreinent echancre, avec une petite dent au 
fond de l'echancrure. Labre noir, faiblement echancre 

(T. 9 */ 4 a 11 V 2 mm ). humeralis. 

(Panzer) 

Semblable a Humeralis, maisd'un tiers plus petite et 
moins allongee. Tete forte, carree, largement et brus- 
quement deprimee sur le front, partant, vertex renfle ; 
celui-ci finement pointille avec un sillon longitudinal, 
tandis que tout le reste de la tete est fortement rugueux. 
Mandibules tres-robustes, circonscrivant un vide ovalaire 
(T. G 3 / 4 a9 7 4 mm ). lucida. 

(Germar) 

Tres voisine de Lucida. Forme plus courte. Prothorax 
un peu plus court, un peu moins convexe sur le disque, 
pointille plus serre avec les angles posterieurs plus 
courts, tres obtus et releves seulement a l'extremiie. 
(T. 6 3 /4 mm ) — M. Lacordaire pense qu'il faut la reunir 

a la Lucida. axillaris. 

(Lacord.) 

La plus petite des especes precedentes. Varie beau- 
coup pour la forme et la longueur. Bronze verdatre 
assez foncc et assez brillant. Tete finement striee sur le 
vertex qui est un peu renfle et assez fortement sillonne 
sur la ligne mediane. Front avec une excavation pro- 
fonde, finement rugueuse et cuivreuse au fond. Mandi- 
bules surmontes a la base d'une lame assez saillante 

(T. 3 2 / 3 a 6 3 / 4 m m)„ pngimana. 

(Linne) 

Courte, tres parallele et peu convexe en dessus. Vert 
bleuatre assez fonce et tres-brillant sur le prothorax. 
Tete assez forte en carre. Vertex peu saillant, finement 
pointille. Front deprime en entier (T. 4 3 / 4 a 6 3 / 4 mm ). uraiensis. 

(Lacord.) 

Tete en carre un peu allonge > largement et tres- 
vaguement impressionnee sur !e front, qui est presque 
plan. Mandibules peu saillants et peu robustes. Du 



- 90 - 

reste, olio est tivs semblable a la Longimana, mais ici 

la fomello est semblable au male (T. 4 3 / 4 a 5 m ™). hispanica. 

(Lacokd.) 

c Elytres avccunogronde tache ovale commune d'un 

broilZO obscur (T. 4 3 / 4 a O mm ). centromaculala. 

(Gene) 

d Elytres avec deux points noirs, l'un humeral, 
I'autre deux fois plus gros, place apres le milieu 

Ghiliani. 

(Lacokd.) 

DIVISION II. 



CT.4»/4 



Premier article des antennes allonge, grClc, subcy- 
lindrique et non arque. 

a lnsecte vert bleuatre en entier ayant une tache 
orangeesur Tangle sutural del'elytre (T. 4*/a a ^ 3 /4 m,n )- Gmferlnll. 

(BaSsi) 

b lnsecte vert bronze ou bleuatre avec la tete doree. 
Elytres sans tache (T. 2 V's a 4 V2 mm )- hordei. 

(Fabricius) 



Sous-Genre CALYPTORH1NA (Lacordaire). 

Les insectes de ce sous-eenrc ont lc corps cylindrique, court, a 
peine pubescent en dessus, glabre, et criblc de points enfonces en 
dessous. Les yeux sont petits. Le prothorax presque cylindrique, 
legerement arrondi sur les cotes et aux angles posterieurs, coupe 
carrement et faiblement lobe a sa base. Ecusson assez grands en 
triangle rectiligne, obtus au sommet. Paltes longues, les anlerieures 
beaucoup plus longues; banches tres saillantes; cuisses assez forles, 
comprimees ; jambes greles, arquees ; troisieme article des larses 
fendu jusqu'a la base. 

A Tete prolonged sous chaque ceil en forme d'oreil- 
lette. Mandibules angulaircment recourbes a la base. 

lnsecte bleu fonce ou violace (T. 4 x j 2 a 4 3 / 4 rum ). 
(Espece d'Algerie.) forcipifcra. 

(Litcas). 

B Tete sans oreillette. 

lnsecte vert pur ou bleuatre (T. 4 ! /a £ G 3 /4 mm ). chiorfs. 

(Lacobd.) 



— 97 



Sous-Genre MACROLENES (Lacordaire). 

Les males ont les antennes tres robustes a premier article tres gros, 
le deuxieme tres court, le troisieme plus long, les suivants fortement 
transversaux , triangulaires. Prothorax assez grand , fortement 
declive sur ses cotes anterieurs, arrondi sur les bords lateraux en 
avant, puis fortement retreci, avec ses angles poslerieurs saillants. 
Pattes anlerieures tres longues, avec leurs bandies tres grosses, les 
cuisses comprimees 5 jambes greles, arquees, les tarses tres longs, a 
premier article d'un tiers plus long que les deux suivants reunis. 

Insecte rouge-fauve vif, avec quatre taches noires sur 
les elytres (deux a la base et deux au-dessous du milieu). 

(T. 6 a 8 mm ). ruflcollis. 

(Fabricius). 

Sous-Genre TITUBOEA (Lacordaire). 

Males ayant le corps massif, cylindro-conique ou parfois cunei- 
forme, glabre en dessus, tete luisante. Mandibules peu saillantes. 
Yeux grands, allonges, assez convexes. Antennes assez robustes, a 
articles deuxieme et troisieme egaux, les suivants triangulaires, le 
quatrieme plus petit que le suivant. Prothorax fortement transver- 
sal, tres peu convexe, jamais cylindrique, ayant ses bords lateraux 
obliquement arrondis dans leur moitie posterieure, a angles poste- , 

rieurs distincts. Pattes anterieures tres allongees, avec le premier 
article des tarses aussi long que les deux suivants reunis ; leurs 
hanches tres saillantes; leurs jambes allongees, arquees et inermes 
au bout. 

DIVISION I. 

Elytres legerement sinues sur les cotes , dans leur 
milieu. 

* Quatrieme article des antennes triangulaire. 

a Rouge-fauve vif ; trois ou quatre premiers articles 
des antennes fauves ; genoux et tarses noirs (T. \\ ^a 

15 3 /4 mm ). Sexmacnlata. 

(Fabricius). 

b Rouge-fauve pale ; quatre ou cinq premiers articles 



— 98 — 
des antennes fauves; genoux et tarses brims (T. 9 l / A a 

40 ! / 3 ). macropus. 

(Illiaer) 

** Quatrieme article des antennes obconique et 
allonge (espece exotique). 

DIVISION II. 

Corps plus ou moins cuneiforme. 

Prothorax avec une large bande fauve en avant 

(T. C 3 / 4 Si 9 t li mm ). sexpunctata. 

(Ouyieb) 

Protborax tout noir, sans bande (T. G */ 4 a 9 ! /4 mni )« dispar. 

( Lucas) 

Sous-Genre BARATHRjEA (Lacordaire). 

Insectes -voisins des Lachncea, mais ayant une tele, chez les males, 
monslrueuse; leurs ycux sont plus petits et leur ecussou est un peu 
autremenl fait. Leur corps est court, massif, plus ou moins pubes- 
cent sur la tete et le prothorax. La tete est tres grosse, presque 
ronde, engagee dans le prothorax, comme tronquee perpendiculai- 
rement, prolongee, sous chaque ceil, en une forte oreillette; epis- 
tomc profondcment entaille en carre, caverneux. Yeux petits, dis- 
linctement echancres. Pattes anterieures longues. Antennes comme 
dans le S. G. Lachnaea. 

D'un bleu-violet fonce, presque noir sur la tete et le 
protborax. Elytres jaune testace, avec trois gros points 
arrondis d'un noir violet, Tun humeral, le deuxieme 
plus gros, situe, apres le milieu, pres de la suture ; le 
troisieme un peu en avant, pies le bord lateral (T. 8 a 

40 3 / 4 mm ). ccrealis. 

(Olivier) 

Tres voisin du precedent, mais completement vert- 
bronze clair (T. 8 a 9 1 /4 mm )- straminipennis. 

(Lucas) 

Sous-Genre LACHNAEA (Lacordaire). 

Les especes de ce sous-genre ont, quelques-unes, le facies de s 
Tilulxra et d'autres ressemblent extremement a des Clythra (S. G.).. 
Les mules on I l<> corps massif, plus ou moins regulieremenl cylin- 



— 99 — 

drique. Tete generalement grosse, presque carree, prolongee infe- 
rieurement, plus ou moins renflee sur le vertex, avec les mandibules 
assez saillantes, droites, puis recourbees au bout, mais toujours plus 
ou moins engagees dans le prothorax et depourvues d'oreillettes sous 
lesyeux. Ces derniers, allonges, peu saillants, un peu echancres, par- 
foisplussaillanls et entiers. Antennes robustes, a premier article gros, 
carre et arrondi en avant 5 deux el trois obconiques,, courts, egaux ; 
quatrea onzelarges, triangulaires et serres. Prothorax plus ou moins 
cylindrique, droit et reborde sur les cotes, arrondi aux angles poste- 
rieurs, tronque carrement a sa base. Pattes allongees, les anterieures 
de longueur tres variable par rapport aux autres. 



I ei GROUPE. 

ELYTRES COUVERTES DE POINTS ENFONCES ET SERRES. 

I Premier article des tarses anterieurs des males 
grele, subcylindrique, nu en dessous. 

Elytres d'un fauve-rougeatre clair, sans taches. 

(T. 9 3 / 4 a 10 V 4 mm ). paradoxa 

(OnVIFlii 

Elytres avec trois taches noires (T. 9 *:/$ a 13 3 / 4 mm ). viciaia. 



(I.ACCM 



II Premier article des tarses anterieurs des males 
allonge, large, deprime, pubescent en dessous. Elytres 
d'un fauve plus ou moins rougeatre, avec trois points 
noirs, l'un humeral, les deux autres disposes transver- 
salement au dessous du milieu. 

A Prothorax couvert en dessus de petits points epars 
et obsoletes. 

-f- Point noir humeral sur le calus humeral meme. 

* Deuxieme article des tarses des males en carre 
allonge. 

Troisieme article des tarses anterieurs tres grand , 
formant un carre allonge, graduellement relreci en 
arriere, fendu dans un peu plus du tiers de sa longueur. 
Tete, corselet et dessous d'un noir bleuatre, pubescent. 



— 100 — 

Front couvert de rides longitudinales (T. 11 '/ 2 a 

15 3 /4 mm ). palmata. 



(Lacord. 



Troisieme article des tarses anterieurs des males un 
peu plus court, plus retreci en arriere et fendu jusqu'a 
moitie' de sa longueur. Pattes anterieures plus allongees 
que chez la Palmata. Tete, corselet et dessous d'un bleu 
violet fonce, pubescents-, front couvert de rugosites assez 

fines (T. 12 l / 2 a 15 mm ). niacrodactyla. 

(Lacord.) 

Troisieme article des tarses anterieurs des males ne 
formant plus une plaque quadrangulaire retrecie en ar- 
riere, mais en cceur allonge, fendu jusqu'au moins la 
moitie de sa longueur. Pattes anterieures d'un quart 
moins longues que dans la Palmata. Tete, corselet et 
dessous d'un noir bleuatre , puhescents (Taille 9 l / 4 

a 12 V2 mm )- longlpcs. 

(Fabricius) 

** Deuxieme article des tarses en triangle renverse, 
le troisieme en cceur allonge, fendu aux trois quarts de 
sa longueur. Tete, corselet et dessous a pubescence plus 
longue et plus abondante que chez toutes les especes 
precedentes de ce groupe. 

Elytres d'un jaune testace, clair (T. 8 a 12 mm ). tripunctata. 

(Fabricius). 

Elytres d'un rouge sanguin tres fonce (T. 9 74 mm )- hirta 
(Espece d'Algerie). (Fabr.cius) 

Tete, corselet et dessous a pubescence tres fine et peu 

abondante, d'un bleu assez clair et brillant (T. 6 */ 4 

a 10 V4 mm )- tristigma. 

(Lacord.) 

H — h Point noir anterieur place tres sensiblement au 
dessous du calus humeral. Corps de forme cylindrique 

(T. 7 a 11 7 2 mm )- cylindriea. 

(Lacord.) 

B Prolhorax couvert en dessus de petits points enfon- 
ces, nombreux et bien marques. 

Prolhorax, UHe et dessous converts d'une pubescence 



— 101 — 

blanche, longue et serree , le premier cylindro-conique, 

corps elargi en arriere (T. 8 a l^mm) . hirtipes. 

(Allard) 

Prothorax glabre, d'un bleu un peu verdatre. Anten- 
nes noires en entier. Corps subcylindrique (T. 4 1 /2 mm )- pwncticoiiis. 

(Cheyrolat) 

DEUXIEME GROUPE. 

Elytres d'un rouge sanguin, couvertes de cicatrices 
variolees (T. 5 3 / 4 a 10 l U mm ). variolosa. 

A 7 . B. Selon M. Allard, auteur du tableau de ce sous- 
genre, les Lachncea tripunctata, hngipes et hirtipes , dif- 
ferent des autres especes en ce que les elytres sont d'un 
jaune testace. 



(Linne) 



Sous-Genre GLYTHRA (Lacordaire). 



Dans ce sous-genre le corps est oblong ou presque cylindrique, 
mediocrement massif, point metallique., glabre en dessus, sauf la 
tete : cette derniere plus ou nioins rugueuse, impressionnee, enga- 
gee dans le prothorax, perpendiculaire. Mandibules courtes. Yeux 
tres grands, allonges, peu convexes, distinctement echancres. Pro- 
thorax faiblement lobe a sa base et plus ou moins court. Elytres 
faiblement sinues au milieu des cotes, rarement entieres, parfois 
dilatees, recouvrant completement le pygidium. Pattes courtes, 
robustes., egales ; premier article des tarses toujours plus court que 
les deux suivants reunis : antennes a premier article peu allonge, 
turbine et arque ; deux et trois tres courts , obconiques , presque 
egaux, les suivants triangulaires ou fortement pectines. 

PREMIER GROUPE. 



Tarses robustes, a premier article fortement trigone 
comme le deuxieme, seulement un peu plus long et un 
peu plus gros que celui-ci. 

A Quatrieme article des tarses anterieurs, au moins, 
plus ou moins allonge et degage des lobes du troisieme. 



— 102 — 

a Elytres traverses par une tres large bande au-des- 

SOUS du milieu (T. 8 '/ 2 a 9 V^"). nigrocincta 

(Lacord.) 

B Quatrieme article des tarses anterieurs mediocre, 
en grande partie engage dans les lobes du troisieme. 

b Prothorax noir. Elytres jaunes, avec deux laches 
noires, l'une humerale, l'autre submediaire. 

o Tarses anterieurs de forme normale. 

* Prothorax finement ponctue (T. 7 a 11 i l 2 mm )- quadripunetata. 

(Linne) 

** Prothorax lisse (T. 7 a 11 7 2 ram ). loeviuscuia. 

(Ratz) 

oo Tarses anterieurs plus etroits, partant paraissant 
plus longs, a articles moins serres (T. 9 l / A a 10 3 / 4 mm ). appendicina. 

(Lacord.) 

DEUXIEME GROUPE. 

Tarses robustes, leurs deux premiers articles forte- 
ment trigones, le premier de tous beaucoup plus large, 
plus convexe et, par suite, plus gros que les deux sui- 
vants, le quatrieme tres long et tres grele. 

Insecte fauve rougeatre, avec quatre points noirs pla- 
ces transversalement sur le prothorax (Taille 8 ! / 2 

a 1 2 V4 mm ) • Valerianae 

(Menetr.) 

TROISlfeME GROUPE. 

Torses peu robustes ; le premier article de tous 
allonge, presque aussi long que les deux, suivanls reunis, 
graduellement retreci a sa base. 

Elytres ayant chacun trois points noirs , un sur 
I'epaule, deux submediaires. Prothorax avec quatre 
points noirs, les externes un peu moins gros que les 
internes. Un cinquieme point devant l'ecusson (T. 7 

a 9 , /4 mm )- noYcmpunetata. 

(Olivier) 



— 103 



QUATRIEME GROUPE. 

Tarses peu robustes, leurs deux premiers articles for- 
tement trigones, de forme normale. Corps oblong (T. 7 

a 9 1 /4 mm )* Atraphaxidis. 

v Fabiucius) 

Tarses avec le dernier article beaucoup plus long que 
chez l'espece precedente, un tiers au moins (T. 6 */ 4 

a 7 i L mm ) maculifrons. 

(Zubk.) 



S-Genre GYNANDROPHTHALMA (Lacord.) 



Corps rarement un peu allonge et subcylindrique, presque tou- 
jours glabre en dessus. Tete petite ou au plus mediocre, quelquefois 
plus forte chez les males, mais tres legerement : dans ce cas, les 
mandibules un peu saillantes, ainsi que les yeux. Antennes greles, 
a articles 2 et 3 obconiques, courts, presque egaux ; les autres de 
forme variable. Ely tres jamais lobes a la base des epipleures. 
Pattes courtes generalement, les anterieures parfois un peu plus 
longues ehez les males. Jambes droites, tarses a troisieme article 
toujours fendu jusqu'a sa base, le quatrieme allonge, degage des 
lobes du precedent. 

PREMIER GROUPE. 

ESPEGES UNICOLORES 

Bleu verdatre ; beaucoup plus petite etplus grele que 
la Concolor. Antennes brunatres, avec leurs quatre pre- 
miers articles testace obscur (T. 2 ^3 a 3 1 /2 mm )- iiypocrita. 

(Lacord.) 

Bleu ou violet fonce presque noir. Prothorax avec 
deux points d'un fauve obscur vers les angles anterieurs. 
Cuisses posterieures noir bleuatre (T. 2 '/ 3 a 5 3 / 4 mm ). biocuiata. 

(Lacohd.) 

Vert, souvent bleuatre. Antennes comme chez ces 
derniers , mais le premier article vert en dessus 

(T. 3 */ 4 a 4 V2 mm )- concolor. 

(Fabkicios) 

Verdatre brillant en dessus. Bleu fonce en dessous. 



- 104 - 

Plusgrande et plus convexe que la Concolor. Antennes 
greies et grossissant sensiblement a leur extremite 
(T. i { j 2 mm ). (Espece de Syrie). viridana. 

(Lacord.) 

F'le d'un vert dore en dessus et vert metallique en 
dessous. Yeux ayant chacun en arriere une tres petite 
tache fauve. Antennes noires a reflets bronzes , avec 
leurs articles 2-4 fauve obscur (T. 4 1 /2 mm )- amabiiis. 

(Lacord.) 
DEUXIEME GROUPE. 

ESPECES AYANT LES ELYTRES ENTOUREES D'UNE BORDURE 
JAUNE TESTACE. 

fnsectes d'un beau vert metallique (Taille 4 x j 2 

a 5 i l2 mm )' limbata 

(Steven) 

TR01SIE1ME GROUPE. 

ESPECES AYANT LES ELYTRES ET LE PROTHORAX DIFFEREMMENT 
COLORES. 

a. Prothorax fauve vif. 

Vert bronze clair sur les elytres et en dessous. Pattes, 
en entier, et bouche jaune fauve (T. 4 i l 2 mm )- Ferula*. 

(Gene) 

Noir bleuatre. Tarses noirs. Tete moyenne (Taille 

2 f / 3 a 5 3 / 4 mm ). nigritarsis. 

(Lacord). 

Bleu fonce. Pattes courtes et robustes. Tarses noirs. 
Tete petite (T. 5 l l 2 mn ). thoracica. 

(Lacord.) 

Noir bleuatre. Facies robuste. Tarses testaces (Taille 

4 */ 2 a 6 3 / 4 mm ). cyanea. 

(Fabricius) 

Noir bleuatre. Facies de PAffinis. Tarses testaces (Taille fiavicoiiis. 

5 q 5 mm ). (Charpentier) 

b. Prothorax noir bleuatre, largement borde de jaune 
fauve. 






— 105 — 

Noir bleuatre, oblongue. Elytres a peine sinues sur 
les cotes, mediocrement ponctuees. Pattes, en entier, 
jaune clair (T. 2'/ 3 a4 V2 mm )- affinis. 

(Iluger) 

Vert bronze ou bleuatre, oblongue-allongee. Elytres 
fortement sinues sur les cotes et grossierement ponc- 
tuees. Cuisses en partie vert bronze (T. 4 V2 a 6 V4 mm )- xanthaspis. 

(Germar) 

Noir bleuatre , oblongue. Elytres fortement sinues 
sur les cotes, finement ponctuees. Jambes plus ou moins 
brunatres (T. 4 */ 2 a 7mm). aurita 

(Linne) 

Sods-Genre CHEILOTOMA (Redtembacher). 

Les males ont le corps court, massif, cylindrique, glabre en 
dessus. Tete tres grosse, perpendiculaire, presque orbiculaire, pro- 
longed de chaque cote, sous les yeux, en une grosse oreillette, avec 
l'epistome entaille quadrangulairement. Yeux petits, ovalaires, 
deprimes. Pattes anterieures un peu plus longues que les autres. 
Premier article de tous les tarses renfle, plus gros que les suivants. 

D'un vert bleuatre tres fonce, a prothorax fauve, avec 
une grande tache discoidale vert bleuatre fonce (Taille 

5 3 / 4 mm ). ery thro stoma. 

(Faldersi) 

Extremement voisin de i'Erythrostoma, taille plus 
petite, forme un peu plus courte. Couleur bleue plus 
prononcee au-dessus. Tarses d'un bronze presque noir 
(Taille 4 a 5 mm ). bucephaia. 

(Fabricius) 

Ici Ton doit placer une espece trouvee nouvellement 
en Espagne. Elle se distingue du Ch. bucephaia par sa 
forme plus etroite, sa tete plus petite, sans oreillettes, 
son labre et ses pattes plus obscurs et sa ponctuation 
plus forte. Elle presente le facies du Gynandrophthalmus 
affinis ; elle s'en eloigne par son epistome profondement 
echancre, sa tete bien plus forte chez le male et ses 
pattes plus sombres (T. 4 a 4 l l s mm ). Reyi. 

(Ca. Brisout. 



■100 



Sous-Genre COPTOCEPHALA (Redtembacher). 



Les males, dans ce sous-genre, ontle corps mediocrement allonge, 
ires parallele et un peu deprime, glabre en dessus. Tete grande, 
mais peu epaisse, comme tronquee verticalement. Mandibules assez 
grandes, arquees des lcur base. Yeux legerement saillants. Prothorax 
droit sur les cotes, arrondi aux angles posterieurs. Ecussonen trian- 
gle aigu. Patles antcrieures notablement plus longues que les autres. 
Tarses anterieurs generalement beaucoup plus longs que les quatre 
posterieurs; le premier article de tous presque aussi long que les 
deux suivants reunis. 



i" GROUPE. 

CORPS FAUYE EN DESSUS, AVEC DES TACHES VERTES OU BLEUATRES 
SUR LES ELYTRES. 

Noir bleuatre. Elytres ayant chacune trois taches : la 
premiere formant une lineole longiludinale a la base, 
pres de l'ecusson ; la deuxieme oblongue ou arrondie, 
mediocre, sur l'epaule ; la troisieme aux trois quarts de 
l'elytre, plus grande et transversale. Pattes assez robus- 

tes (T. 6 a 7 mm ). melanocephala. 

(Olivier) 

Bleu verdatre. Un peu plus petite, moins allongee et 
moins convexe que cette derniere. Elytres a points a 
peine visibles a la loupe-, elles ont, pour tout dessin, 
une petite tache basilaire, de forme arquee, partant de 
l'epaule et allant vers l'ecusson en se retrecissant. Pattes 
plus longues et plus greles que chez la Melanocephala 

(T. 4 ! / 2 a 6 V 4 mm ). cyanocephala. 

(Lacord ) 

Noir bleuatre ou virescent. Labre obscur. Elytres 
ayant deux larges bandes d'un noir- bleuatre; ces deux 
bandes n'atteignent pas les bords lateraux; la premiere 
ne louche pas l'ecusson 5 la deuxieme est echancree a la 
suture. Pattes noir bronze (T. 4 ^2 a 7 mm ). Scopoliaa. 

(Fabricius) 

Semblable a cette derniere ; mais ici le labre est cons- 



— 107 — 

tamment rougeatre ; les pattes sont en en tier de la cou- 
leur des elytres, c'est-a-dire fauve roux 5 souvent les 
cuisses sont tachetees de fonce a leur base (Taille 

3 3 / 4 a 5 3 /4 mm ). qwadrimacnlata. 

(Linne) 

Forme des precedentes ; mais les elytres n'ont qu'un 
point humeral noir bleuatre et une taehe transversale 
plus grande postmediane. Les pattes sont brun de poix 
avec les jambes fauve roux (T. 3 72 a 7 mm ). floraiis. 

(Olivier) 

Semblable a la Scopolina ; en differe par les caracteres 
suivants : 

Tete rouge fauve vif, avec son tiers posterieur bleu 
fonce, etle sommetdes mandibulesbrun clair. Les pattes, 
sauf les tarses , qui sont noir enfume, presentent, y 
compris les hanches, la couleur fauve rougeatre des ely- 
tres ; elles sont plus longues et plus greles que chez 
toutes les especes precedentes. Dessin des elytres pareil 
a celui de la Scopolina (T. 5 a 6 i / i mm ). GeMeri. 

(Gebler) 

2« GROUPE. 

CORPS D'UN BLEU FONCE UN1FORME, AVEC L'EXTREMITE PES ELYTRES 
PARFOIS TACHETEE DE JAUNE. 



a Elytres unicolores. 

Courte, cylindrique, bleu uniforme, un peu virescent 
sur les jambes (T. 2 V 3 a 3 1 /2 mm )- chaiifoa;a. 

(Germar}. 

Voisine de la Ghalibsea ; mais plus grande et plus 
allongee. Sa couleur varie du vert bronze obscur au 
bleu verdatre. L'epistome est si echancre en demi- 
cercle,qu'il parait bidente largement et deprime (Taille 

2 3 A a 4 mm ). unicolor. 

(Lucas). 

b Elytres avec une tache jaune vif a 1'extremite. 
Semblable a l'Unicolor; mais toujours plus foncee 



- 108 - 

(ellc passe du bleu pur au bleu verdatre et au violet). 
Cette espece differe aussi des Chaliba3a ct Unicolor en 
ce que son prothorax est largement fauve sur les cotes 

(T. 2 3 / 4 a 4 mm ). apicalis. 

( Lacori» . 



MEMOIRES 

SUR LES COQUILLES FOSSILES DES TERRAINS D'EAU DOUCE 

DU SUD-OCEST DE LA FRANCE 

Par J.-B. NOULET, d.-m, 

Professeur de therapeutique et de matiere medicate a l'Ecole de Medecine de 

Toulouse, professeur de la chaire d'agriculture de la meme ville, 

Membre de plusieurs societes savantes. 

Les Memoires sur les coquilles fossiles des 
formations d'eau douce du Sud-Ouest de la 
France parurent pour la premiere fois en 1854 (1). 
Depuis cette date, je n'ai rien neglige, pour les 
ameliorer ; ceque comprendront les paleontologistes 
et les geologues qui auront a les consulter. 

Dans cette seconde Edition, j'ai cru devoir con- 
server le plan primitif , simple et commode a la 
fois; en consequence les listes de coquilles fossiles 
caracteristiques de chacune des trois formations 
d'eau douce que je me suis propose d'etudier, sont 
precedees d'une courte Introduction, destinee a 

(1) Paris, in- 8°, V. Masson. 



— 109 - 

faire connaitre les traits essentiels de ces grands 
horizons geognostiques . 

Les conclusions auxquelles j'etais arrive en 1854 
ont ete maintenues : dans le sud-ouest de la France, 
la serie des terrains tertiaires s'ouvre par une for- 
mation lacustre immediatement inferieure au terrain 
marin a nummulites ; elle forme, par consequent, 
le terme le plus ancien de Petage eocene. 

Au-dessus du terrain nummulitique se presente 
une formation constitute par des depots fluvio- 
lacustres, tres puissants, dependante aussi de 
Peocene, dont elle constitue Petage superieur. 

Un ensemble de depots, egalement d'origine 
fluvio-lacustre, succede aux precedents, en stra- 
tification discordante, tres apparente sur de grands 
espaces; ces depots appartiennent au terrain tertiaire 
moyen ou miocene d'eau douce tres largement 
developpe. 

Enfin des couches meubles, dont certaines peu- 
vent etre surement rapportees, d'apres leurs fossiles, 
au nouveau pliocene ou diluvium, se montrent 
disseminees en lamheaux au-dessus de celles du 
miocene dans toutes les vallees sous-pyreneennes. 

Quant aux coquilles qui font Pobjet principal de 
ces etudes, j'ai cherche a les caracteriser a Paide de 
diagnoses formulees aussi exactement que me Pont 
permis les exemplaires que j'ai eus sous les yeux, 
n'employant que ceux dont la conservation etait 
suffisante pour permettre des determinations rigou- 



— 110 - 

reuses. J'ai visite de nouveau et a plusieurs reprises 
les localites les plus importantes, en meme temps 
que je me procurais soit de France, soit de Tetran- 
ger, de nombreux termes de comparaison. J'ai pu 
former ainsi une des collections les plus interes- 
santes en ce genre. 

Parmi les naturalistes adonnes aux memes re- 
cherches et donfles communications m'ont ete 
utiles et precieuses, je dois citer entre tous 
M. Sandberger, professeur a TUniversite de Wurz- 
bourg (Baviere), avec lequel j'ai entretenu dans ces 
derniers temps une correspondance suivie, ou nous 
avons pu echanger , ne cherchant que ia verite, 
nos vues personnelles au profit de la science. 



Memoire sur les coquilles fossiles du ealcaire lacustre 
infra -nuinmulitique du departement de l'Aude. 

(eocene inferieur). 



I. INTRODUCTION. 

Le terrain & nummulites constitue, le long du versant 
sud de la Montagne-Noire, une zone etroite qui, des envi- 
rons de Saint-Papoul, s'etend jusqu'au-dela de Bize. II 
comprend par consequent la bande coloriee en jaune sur 
la carte geologique de France, delimitation rapportee par 
ses savants auteurs au terrain creHace' superieur. 

Les g^ologues qui ont e'tudie' ce terrain sur place, sont 
unanimes pour admettre les propositions suivantes : 

1° Au pied de la Montagne-Noire, le systeme a rmm- 



- \\\ — 

mulites s'appuie, sans interposition de terrain cretace, sur 
les terrains de transition, entre St-Chinian et Salsigne; et 
sur les granites, entre Salsigne et St-Papoul, contre les- 
quels ses couches se relevent faiblement. 

2° Ce systeme, considere dans son ensemble, est consti- 
tue par trois etages superposes. L'un, place a la base, qui 
se montre de Cenne jusqu'a Caunes, comprend des assises 
de gres ou de molasse variant de couleur. Au-dessous de 
cette zone arenacee s'offre un calcaire blanc ou grisatre, 
fort compacte, souvent concretionne, d'environ cinquante 
a soixante metres d'epaisseur, exclusivement caracterises 
par des coquilles fossiles, d'origine lacustre et terres- 
tre, ainsi que le prouvent les gisements de Montolieu 
et de Gonques. — Enfin, Fetage superieur, bien plus 
puissant, est forme de calcaires sableux, entremeles de 
marnes. II ne renferme que des fossiles marins , parmi 
lesquels se montrent en tres-grande abondance , dans 
quelques assises , des Nummulites et des Alveolines. 

Les fossiles de Fetage superieur ou marin avaient ete 
etudies par M. Leymerie (4 ), qui avait pu, ainsi que Favaient 
deja fait MM. Rolland du Roquan et Max Braun, y distin- 
guer des especes propres a cette localite, et d'autres 
identiques a des especes qui, dans les bassins de Bordeaux 
et de Paris, avaient ete citees dans le terrain tertiaire 
inferieur ou eocene. 

Si la determination des fossiles de la zone a nummulites 
avait ete suffisante, autant etait restee vague celle des 
coquilles du calcaire lacustre, puisque les geologues qui 
en avaient parle s'etaient contentes d'indiquer les genres 



(1) Memoire sur le terrain a nummulites des CorbUres et de la Monlagne- 
Noire, Soc. geol, de France, 2 e serie. I. I, mem. 8. 



— 142 — 

auxquels on pouvait les rapporter , ce qui n'6tait pas 
suffisant pour les faire entrer deTinitivement, comme 61£- 
ment paleontologique, dans la solution du probleme qui 
divise encore les esprits sur Page de cette formation. 

Occupe' de la redaction d'un travail ge'ne'ral sur les 
coquilles fossiles des terrains d'eau douce du bassin sous- 
pyre' ne* en, je ne pouvais negliger celles de Montolieu et de 
Conques, qui se rattachaient a mon sujet. Je fus meme 
encourage* a me livrer a leur elude par l'int^ret qu'y pre- 
naient plusieurs savants , et par l'obligeance que mirent 
MM. Leymerie et Rolland du Roquan a me communiquer 
toutes les coquilles de ces deux gisements qu'ils posseHaient 
et dont un bon nombre d'exemplaires leur avait 6t6 laisse 
par M. Max Braun , lorsque cet ingenieur quitta le d^par- 
tement de PAude. Ces richesses ? aj outers a celles que des 
correspondants m'avaient procurees autrefois, et a celles 
que j'ai recueillies moi-meme sur les lieux , a difFerentes 
reprises, me font esperer d' avoir reuni les elements 
d'une appreciation satisfaisante de cette int6ressante faune 
perdue. 

Des 1844, M. Rolland du Roquan avait dit, dans son 
excellente Notice geologique sur le departement de I'Aude : 
« A Montolieu, ainsi qu'au Sindilla, pres de Conques, 
» il existe un banc de calcaire d'eau douce inferieur aux 
» roches a nummulites. M. Braun y a decouvert au moins 
» \ 4 especes de coquilles , encore inedites , des genres 
» Physa, Pupa, Cyclostoma , etc. (1). » 

Poste>ieurement, M. Leymerie parlait en ces termes des 
memes fossiles : « MM. Braun et Rolland du Roquan ont 

(1) Notice gdologique sur le departement de VAude, dans 1'Annuaire de ce 
depurtemenl pour 1844, <-l lirage a pari. 



- 413 - 

» reconnu environ 1 4 especes \ probablement inedites , 
» appartenant aux genres Bulimus , Agathina , Auricula , 
» Cyclostoma, Pupa, Planorbis, Limnce, Physa (\). » 

Enfin , moi-meme, des les premiers temps que je m'ap- 
pliquai a la determination de ces coquilles, j'en adressai 
une premiere liste a M. d'Archiac qui la relata dans son 
Histoire des progres de la geologie , en la faisant entrer dans 
le Tableau de la faune nummulitique (2). A cette epoque, 
trompe par les descriptions et les figures que M. Matheron 
a donnees des physes des terrains a lignites des Bouches- 
du-Rhone (3), j'avais cru, ainsi que M. Matheron lui-meme 
qui avait vu mes fossiles, a Pidentite des physes de l'Aude 
avec celles qu'il a nommees Physa gallo-provincialis , 
Physa gardanensis et Phijsa Michaudi. II n'en etait pour- 
tant pas ainsi, et je fus completement detrompe lorsque 
j'eus sous les yeux les exemplaires types qui avaient 
servi a etablir les trois especes de Provence (4). 

Toutes les coquilles retirees des gisements de Montolieu 
et de Conques constituent des especes nouvelles pour la 
science. Je n'en persiste pas moins a considerer le terrain 



(1) Mimoire citt. 

Je n'ai point trouve les genres Agathina et Auricula represents dans les 
coquilles provenant de ces gisements. 

(2) Histoire des progris de la geologie, 1850, t. Ill, pages 219 a 220, 
278. 

(3) Catalogue methodique et descriptif des corps organises fossiles du depar- 
tement des Bouches-du-Rh6ne, Marseille, 1842, in-8°, avec atlas. 

(4) Les physes des terrains a lignite que M. Matheron a bien voulu me 
communiquer, et qui, seules, lui ont servi a rediger les diagnoses qu'il en a 
donnees et les dessins qu'il en a faits lui-meme, sont deformees et tres- 
incompletes; ce n'a ete qu'arbitrairement, comme cela arrive trop souvent, en 
pareil cas„ que l'habile naturaliste a crupouvoir les restituer et les representer 
a l'etat parfait. II ne faut done accepter que comme provisoires les figures qu'il 
leur a consacrees dans son excellent ouvrage. 



— 144 — 

qui les renferme comme place* a la base de la formation 
tertiaire inferieure. Ainsi, dans le midi comme dans le 
nord de la France, des lacs exclusivement d'eau douce, 
d'une etendue qu'il n'est pas possible de pr^ciser, semblent 
avoir ouvert la serie des depots supe>ieurs au terrain cr£- 
tace\ 

Le lambeau de terrain a nummulites qui nous occupe 
s'enfonce sous les couches tertiaires remplissant l'espace 
compris entre les deux massifs de la Montagne-Noire et 
des Corbieres, couches qui ont ete disloquees avec eux. 
On a generalement place* cette formation, constitute par 
des gres, des argiles, des gypses et des calcaires d'eau 
douce, dans l'etage tertiaire moyen ou miocene, tandis 
qu'elle revient evidemmental'6ocene. La faune qui lui est 
particuliere est tout-a-fait distincte, comme je le demon- 
trerai dans le memoire suivant, de celle du pays toulousain 
et de la Gascogne, que tous les g^ologues rapportent, avec 
raison, a l'etage moyen. 

II me reste a dire un mot des gisements des coquilles 
que je vais d^crire, et de leur £tat dans le calcaire qui les 
recele. Jusqu'ici, on ne les a observees que dans deux loca- 
lity : a Montolieu et a Gonques. 

A Montolieu, le calcaire d'eau douce reposant sur un 
gres de dix metres d'^paisseur environ , incline* du nord 
au sud, et dans lequel je n'ai pu decouvrir des fossiles, 
constitue d'abord une basse montagne j mais en remontant 
vers l'ermitage de Saint-Roch, on voit le meme calcaire 
surmonte* de puissantes couches a nummulites et a alv^o- 
lines. 

A Gonques, pres du domaine du Sindilla, on apercoit le 
meme calcaire, place ainsi qu'a Montolieu au-dessous des 
couches a nummulites. Dans les deux localites, la roche est 



— 115 — 

dure, compacte, demi-cristalline. Les coquilles ont conserve 
leur test, qui est spathifie ; mais solidement fixe a la gan- 
gue, il reste rarement attache au moule interieur : aussi 
est-il difficile d'obtenir des exemplaires complets (1). 



II. DESCRIPTION DES ESPECES. 
Genre PUPA. 

4. PUPA MONTOUyENSIS, 

Pupa montolivensis, Noulet, Memoires sur les coq. foss 
du sud-ouest de la France, 1854, p. 9. 

Testa sinistrorsa, oblongo-subcylindracea, sub lente tenuissime 
striata, striis longitudinaliter obliquis, vix rimatd ; anfractibus 
7 sutura sat perspicua separatist spira bremter terminata; 
apertura semi-ovata ; peristomate patulo, incrassato, haud con- 
tinue*; labro columellari subrecto. 

Coquille senestre , oblongue - cylindrique , tres-finement 
striee vue a la loupe, stries obliques dans le sens de la spire ; 
fente ombilicale tres-peu apparente ; tours 7 separes par une 
suture assez marquee ; sommet obtus ; ouverture semi-ovale ; 
peristome evase , non continu , epais; bord columellaire 
presque droit. 



(1) En 1864, M. l'abbe Pouech a fait connaitre Une assise de calcaire presu- 
mee lacuslre, observee dans VAriege, a la partie inferieure de Veocdne pyr4ne~en 
(Bull, de la Soe. geol. de France, 2 e serie, t. XXII, p. 16). II est incontestable 
que les coquilles propres a cet horizon, assimile par M. Pouech a celui de 
l'Aude, dont nous nous occupons, appartiennent a des genres exclusivement 
terrestres et d'eau douce. Je dois dire que les exemplaires qui m'ont ete com- 
muniques par ce savant sont certainement tous distincts, comme especes, des 
types de Monlolieu et de Gonques. Leur mauvais etat de conservation ne m'a 
pas permis de les decrire, ainsi que M. Pouech m'y avait engage. 



— 116 — 

Hauteur 11-12 mill. 

Diametre 5 mill. 

Localites : — Les calcaires, aMontolieu et a Conques, R. 

La durete" de la roche qui remplit cette petite coquille ne m'a pas 
permis de degager suffisamment l'ouverture pour mettre a d^couvert les 
plis ou les dents qui peuvent y exister. 



». PUPA RAMESI. 

Pupa Ramesi, Noulet, Nov. sp., 1868. 

Testa sinistrorsa, cylindrico-ovata, superne attenuata, conica 
obtusaque, oblique et regulariter sulcata ; sulcis sat separatis ; 
anfractibus 7 parum convexis; apertura ignota. 

Coquille senestre, cylindrico- ovale, conique au sommet et 
obtuse, obliquement et regulierement sillonnee ; sillons assez 
espaces entr'eux; tours 7 peuconvexes; ouverture incounue. 

Hauteur 25 mill. 

Diametre 16 mill. 

Localite : — Le calcaire, a Montolieu, R. R. R. 

Nous ne connaissons encore qu'un seul individu de cette grande et 
belle espece que nous de"couvrimes avec M. J.-B. Rames, en 1860. Get 
exemplaire n'est repre"sente que par un moule inte"rieur sur lequel des 
fragments de test ont ele" conserve's. 

Ce type offre quelque ressemblance avec les grandes especes de Rilly, 
les Pupa columellaris, Michaud et Pupa rillyensis, de Boissy , que 
M. Deshayes considere comme des Bulimes; mais le n6tre est propor- 
tionnellement beaucoup plus court, a sommet bien moins allonge", et 
sensiblement plus ventru; l'ouverture devait Stre aussi moins arqu^e 
que dans les especes citees. 



- 417 — 
Genre BULIMUS. 

1. BULIMUS PBIMdiWUS. 

Bulimus prislevus, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 9. 

Testa elongato-subcylindracea, imperforata, tenuiter regula- 
riterque striata, striis rectis longitudinalibusque ; anfractibus 9 
leviter convexis, sensim accrescentibus, sutura perspicua separa- 
tist spira apice obtusa; apertura oblongo-lanceolata, summo 
angustata; margine columellari sinuato, subreflexo; peristomate 
simplici, vix patulo. 

Coquille allongee subcylindrique , imperforee , munie de 
stries longitudinales et droites visibles seulement a la loupe; 
tours 9 peu convexes, croissant insensiblement, separes par 
une suture assez marquee ; spire a sommet obtus ; ouverture 
oblongue-lanceolee, retrecie au sommet en angle aigu; bord 
columellaire sinue , legerement reflechi ; peristome simple , 
peu evase. 

Hauteur 13-14 mill. 

Diametre 4 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Montolieu eta Conques, R. 

Les stries regulierement disposees de cette espece, que Ton trouve sur 
toute sa surface, en font, sous la loupe, un des plus elegants Bulimes. 
Le dernier tour offre, sur quelques exemplaires, une sorte de bourrelet 
du a l'avant-point d'arret du developpement de la coquille. 

fc. BULIMUS MONTOLIVENSIS. 

Bulimus montolivensis, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 10. 

Testa ovata, longitudinaliter sub lente tenuissime striata ri- 
mata; anfractibus 6-7 convexiusculis, sutura perspicua separatis, 
ultimo multo majore, ventricoso; spira obtusata; apertura subo- 
vata pariim lunata ; margine columellari subreflexo. 



- 118 - 

Coquille ovale, vue a la loupe tres-finement striee dans lo 
sens de sa hauteur ; tours 6-7 convexes separes par une suture 
assez marquee, le dernier beaucoup plus grand que les autrcs, 
ventru ; sommet obtus ; fente ombilicale assez prononcee ; 
ouverture sub-ovale, peu echancreo par l'avant-dcrnier tour; 
bord columellaire sub-reflechi. 

Hauteur 6-7 mill. 

Diametre 4-4 4/2 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Montolieu et a Conques, R. 

Genre GYCLOSTOMA. 
f . C¥CL©STOMA BBAUM. 

Cyclostoma Brauni, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 11. 

Testa ovato-elongata, acuta, vix perforata, spiraliter incequa- 
literque tenuissime striata, transversim regulariter striata ; 
anfractibus 7-8 convexis, ultimo elongato, spira multo breviore ; 
apertura ovata, superne angulata ; peristomate crasso, reflexo. 
Operculo ignoto. 

Coquille ovale-allongee, aigue, a peine perforce, portant des 
stries d'accroissement fines, inegales entre elles, coupees par 
des stries transverses regulierement developpees, plus appa- 
rcntcs sur le premier tour; tours 7-8 convexes, le dernier 
allonge, beaucoup plus court que la spire ; ouverture ovale, 
rotrecie en haut ; peristome epais, reflechi, reposant sur 
l'avant-dernier tour. Operculc inconnu. 

Hauteur 16-17 mill. 

Diametre 8 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Conques et a Montolieu, C. 

Les stries d'accroissement disposees suivant le developpement spiral 

de la coquille, prononcees sur les premiers tours, sont h peine indique"es 

sur les derniers, et ne sont pas m6me apparentes dans certains exem- 

plaires. 



— 449 - 

£. CYCLOSTOMA UNISCALARE. 

Cyclostoma uniscalare, Noulet , Mem. cit. , 1854, p. 14. 

Testa acuto-cono'idea, trochiformi, sub lente longitudinaliter 
transverseque sulcata, umbilicata ; anfractibus 7-8 convexius- 
culis, uniscalaribus , ultimo paulum major x ; apertura ovato- 
rotundata, superne mx angulata; peristomate simplici. Operculo 
ignoto. 

Coquille aigue-conoide, trochiforme, vue a la loupe, lege- 
rement sillonnee en long et en travers ; ombilic assez ouvert ; 
tours 7-8 peu convexes, munis, a leur base, d'une rampe ou 
bande saillante, aplatie, comme rubannee, le dernier un peu 
plus grand proportionnellement que les autres; ouverture 
ovale arrondie, a peine anguleuse au sommet ; peristome 
simple. Opercule inconnu. 

Hauteur 10-12 mill. 

Diametre ,.,... 8-10 mill. 

Localite : — Le caleaire, a Montolieu, C. 

Genre PHYSA. 
f . PHYSA PBISCA- 

Physa prisca, Noutet, Mem. cit., 1854, p. 12. 

Testa sinistrorsa, ovato-elongata, sat crassa, sublevi, spira 
plus minusve acuta ; anfractibus 7-8 pariim convexis, sutura 
impressa distinctis ; apertura obovato-elongata, superne gradatim 
angulata ; labro columellari obliquo, crasso, depresso, in medio 
dilatato, infer e mx crassiore. 

Var. A. elongata ; spira turriculata, acuminata. 

Var. B. abbreviata ; spira oblongo-obtusata. 

Var. C. gracilis; testa stricta, spira longe acuminata. 

Coquille senestre, ovale-oblongue, assez epaisse, presque 



— 120 — 

Hssc ; a spiro plus ou moins aigue suivant les individus ; tours 
7-8 pcu convexcs, quolqucfois prosque plans, s6pares par une 
suture marquee ; ouverture obovale-allongec, allant en se 
retrecissant graduellement jusqu'au summet ; bord columcl- 
lairc oblique, epaissi, deprime, dilate vers le milieu, a peine 
plus epais a la base. 

La forme A a le sommet de la spire comme turricule et sen- 
siblement effile ct la suture qui separe les tours plus profonde. 

La forme B a le sommet de la spire plus court, les tours 
consequemment moins larges et la suture qui les separe un 
peu moins prononcee. 

La forme C, plus petite dans toutes scs dimensions, a la 
spire plus allongee que la forme A. 

Hauteur 45-50 mill. 

Diametre 4 9-22 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Montolieu et a Conques, 

c. c. c. 

Le fades general de cette belle physe rappelle celui du Physa gigantea, 
Michaud, de Rilly, pres de Reims : mais la notre manque de cette sorte 
de torsion particuliere a celle-ci, et plus prononc6e dans la varied A, 
decrite par M. de Boissy. G'est surtout l'ouverture qui fournit les moyens 
de separer ces deux especes, les plus grandes parmi les physes fossiles 
connues : celle du Physa prisca est plus ouverte, en meme temps que 
le sommet est plus r6treci et plus aigu ; la columelle, quoique epaisse, 
ne constitue jamais un bourrelet proeminent et tres-convexe, conser- 
vant cette disposition jusqu'a sa terminaison infe"rieure ; elle est comme 
aplatie, avec une dilatation anguleuse vers son milieu, allant en se 
retrecissant aux deux extremites. Les stries qui recouvrent les deux 
coquilles ne sont pas non plus semblables. 

Le Physa prisca, qui abonde a Montolieu et a Conques, s'y montre 
assez rarement adulte, avec toute sa taille ; mais, en revanche, on y 
trouve en quantite" des individus non adultes, de diffe'rents Hges, que 
Ton serai t tentC, tout d'abord, de rapporter k des especes distinctes; mais 
des intermediaires les unissent et ne permettent pas de les s6parer. Le 
meme fait se presente aussi a Rilly. 



— 421 — 
Genre LIMN-ffiA. 

I. LIAIN^EA ROLLANDI. 

Limn^a Rollandi, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 14. 

Testa turrito-elongata, subventricosa, apice acuminata, levi- 
ter striata, imperforata ; anfractibus 8-9 convexiusculis, sutura 
sat perspicua separatis ; apertura ovato-elliptica ; labro columel- 
lari vixreflexo. 

Coquille turriculee-allongee, un peu ventrue, a sommet 
acumine, legerement striee, imperforee ; tours 8-9 un peu 
convexes, separes par une suture assez marquee ; ouverture 
ovale-allongee, peu dilatee a la base ; bord columellaire a 
peine reflechi. 

Hauteur 13-23 mill. 

Diametre 6-10 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Montolieu et a Conques, C. 

Cette coquille offre de nombreuses variations de taille et de forme que 
je crois dues a 1'age et que Ton serait tente de rapporter a des especes 
distinctes, si des intermediates ne venaient les reunir a un type com- 
mun. II arrive done pour celle-ci ce que nous avons deja note pour les 
nombreux individus non adultes du Physa prisca. 

«. MAWlfl&b UEYMEHIEI. 

Limn^a Leymeriei, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 14. 

Testa ovato-elongata , subventricosa , apice acuta , leviter 
striata, imperforata ; anfractibus 7 convexiusculis, sutura sat 
perspicua separatis ; apertura ovato-elliptica ; labro columellari 
vix reflexo. 

Coquille ovale-allongee, un peu ventrue, a sommet aigu, 
legerement striee, imperforee; tours 7 un peu convexes, sepa- 
res par une suture assez profonde ; ouverture ovale elliptique ; 
bord columellaire a peine reflechi. 



Hauteur 16-18 mill. 

Diametro 7-8 mill. 

Localites : — Lcs calcaires, a Montolicu et a Conques, 
R. R. 

Le Limnwa Leymeriei differe du Limnoea Rollandi par sa forme gene- 
rale moins elanc6"e, son dernier tour plus grand proportionnellement 
aux autres, et la spire plus courte et bien moins aigue ; son ouverture 
est aussi plus dilatee a la base. 

3. LIMN/EA ATACICA 

Limnea atacica, Noulet, Mem. cit. , 1854, p. 15. 

Testa elongata, haud ventricosa, striata, imperforate ; anfrac- 
tibus 8 sensim accrescentibus, sutura perspicua separates ; aper- 
tura ovato-elliptica. 

Coquillo allongee, non renflee, striee, imperforee; tours 8 
se developpant uniformement et separes par une suture pro- 
noncee; ouverture ovale elliptique. 

Localite : — Le calcaire, a Conques R. R. R. 

J'etablis cette espece sur un petit nombre d'exemplaires tous incom- 
plets par l'ouverture et le sommet de la spire, mais appartenant certai- 
nement a un type distinct des deux prece* dents. 

Genre PLANORBIS 
1. PLANOSSBIS PRIILBWUS. 

Planorbis prduevus, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 16. 

Testa supra complmata, subtus umbilicata, subtilissime sub 
lente striata; anfractibus 4-5 paulatim accrescentibus, ultimo 
tereli, ad aperturam haud dilatato. 

Coquille aplatie en dessus, ombiliquee en dessous, tees 

linemen' striee observee a la loupe; tours 4-5 augmentant 
graducllement, le dernier arrondi, non evase vers l'ouverture. 



— 123 — 

Hauteur 11/4 mill. 

Diametre 3 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Montolieu et a Conques, R. 

«. PLANORBIS CONCHENSIS. 

Planorbis conchensis, Woulet ■ Mem. cit., 1854, p. 16. 

Testa supra concava, subumbilicata, subtiis paulb minus con- 
cava, levigata; anfractibus 3-4, ultimo obliquato, celeriter 
accrescenti, ad aperturam dilatato. 

Coquille entierement lisse, concave et comme ombiliquee en 
dessus, la face inferieure retrecie par l'obliquite du dernier 
tour ; tours 3-4, le dernier augmentant rapidement et sensi- 
blement evase pres de l'ouverture. 

Hauteur 11/4 mill. 

Diametre 3 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Montolieu et a Conques , 
R. R. R. 



II. — Memoire sur les coquilles fossiles du terrain eocene 
inferieur, dans le bassin Sous-Pyreneen. 

I. INTRODUCTION. 

Dans le precedent memoire, j'ai fait connaitre les coquil- 
les fossiles du terrain d'eau douce inferieur aux couches 
a nummulites que Ton trouve dans le departement de 
l'Aude, sur les pentes sud de la Montagne-Noire, et que 
j'ai considere comme le plus ancien depot de nos terrains 
tertiaires. Dans la presente etude, j'ai en vue les coquilles 
fossiles terrestres et lacustres appartenant au terme le 
plus recent de la formation eocene. Cet etage joue un role 
important dans la constitution geologique de l'Aude , 



— 424 — 

puisqu'il forme toute la portion des arrondissements de 
Carcassonne, de Gastelnaudary et de Limoux, comprise 
entre la Montagne-Noire et les Corbieres. De la, il vient 
prendre part au relief meme des Pyrenees , a travers le 
departement de PAriege (I). II rentre peu dans le departe- 
ment de la Haute-Garonne, mais il occupe une grande 
etendue dans celui du Tarn, d'ou il se prolonge jusqu'aux 
dernieres limites du bassin sous-pyren6en, dans les depar- 
tements de Tarn-et-Garonne, du Lot, de la Dordogne et 
de la Gironde. 

Dans PAude, ce terrain est essentiellement forme" de 
bancs de gres et de poudingues alternant avec des assises 
marneuses ; mais en face de Gastelnaudary, au Mas-Saintes- 
Puelles et a Villeneuve-la-Gomtal, se montrent au-dessus 
de gypses d'une assez grande puissance, des calcaires 
lacustres que des gres surmontent a leur tour. On voit 
passer les gypses sous les poudingues d'Issel et de Labecede. 

Un massif calcaire, place au-dessus de lits d'argiles 
rouges, s'etend vers Soreze, apres avoir forme une por- 
tion de la marge du bassin de Saint-Ferreol. 

En avancant dans le Tarn, on voit les calcaires devenir 
de plus en plus importants et y constituer ces plateaux 
designed sous le nom de Causses, et qui sont dissemines au 
milieu des depots formes de sables, de gres-molasse, de 
poudingues, d'argiles et de marnes, de telle sorte que les 
calcaires, lorsqu'ils sont a decouvert, se dessinent comme 
aii tan t d'iles et d'ilots dans Pespace molassique. 

Les savants auteurs de la carte geologique de France 



(1; Le premier, jai demontre ce fait important, en 1857, dans ma Note 
Du ten-nil: ioc&ne swp&riew considere comme Vun des Mages conslitutifs des 
Pyrenees {Comples-rendus des stances de I'Instilul, t. XLV). 



- 125 — 

ayant rapporte P ensemble de ces depots a Petage tertiaire 
moyen ou miocene, cette opinion avait gene>alement pre- 
valu. Ainsi, d'apres la presque totalite des geologues, la 
region que nous venons d'indiquer aurait appartenu a la 
meme epoque geologique que les plus anciennes couches 
du pays toulousain, et que celles qui constituent le sous- 
sol de la Gascogne. Gontrairement a cette opinion, M. de 
Boucheporn, auteur de la carte geologique du d6partement 
du Tarn, avait avance que tout l'espace sous-pyreneen 
colone en violet sur la carte geologique de France, devait 
etre rapporte a P epoque eocene : Pune et 1' autre de ces 
opinions etaient trop exclusives. 

Les couches qui, dans PAude, PAriege, la Haute-Garonne, 
le Tarn, le Tarn-et -Garonne, le Lot, la Dordogne et la 
Gironde, constituent Petage de Pe'ocene que nous etudions 
en ce moment, offrent des caracteres suffisants pour les 
faire distinguer des couches du miocene. C'est ainsi que 
dans PAude, ces couches ont perdu sur difFe'rents points, 
posterieurement a leur delaissement, la position horizontale 
qui est leur position normale, disloquees qu'elles ont ete 
en meme temps que la formation nummulitique sur laquelle 
elles reposent. A la suite de ce derangement, les gres ou 
macignos du bassin de Carcassonne n'ont pas seulement 
forme par leur deplacement le relief des montagnes de la 
Malapere, mais ils ont accompagne, et sur une grande 
e'tendue, le terrain a nummulites jusqu'au sommet des 
Corbieres. Aux limites de PAude, et touchant a la Haute- 
Garonne, on observe les memes effets : les collines d'Issel, 
de Villeneuve-la-Comtat , du Mas-Saintes-Puelles , les 
alentours de Saint-Ferreol, offrent des bancs de gres, de 
poudingues, de gypses et de calcaire inclines dans divers 
sens. 11 en est de meme pour le Causse de Castres ou de 



— . 126 - 

Labruguiere,dontPinclinaison des stmtesest fortapparente, 
depuis Caucalieres jusqu'a Gastres ou elles finissent par 
disparaitre sous la molasse. 

Les memes derangements s'observent tout autour du 
massif des Corbieres jusqu'a la chaine des Pyrenees pro- 
prement dite. La, on voit Peocene superieur s'etendre dans 
l'ancien Rasez, ou il est faiblement bouleverse, pour venir 
enfin prendre part au relief meme des Pyrenees, et com- 
mencer ce systeme de basses montagnes a stratification 
tres tourmentee, qui limite, au pied de la grande chaine, 
le bassin sous-pyrene'en. 

Dans Parrondissement de Limoux et dans le departement 
de P Ariege, a PEst, ce sont, comme dans PAude, les gres 
qui dominent, quoiqu'on y rencontre des poudingues et 
quelque peu de calcaires lacustres. 

Cet e'tat de choses dure jusqu'aupres de Vanlles (Ariege) ; 
mais en s'avangant vers Pouest , les poudingues prennent 
une plus grande extension ; en meme temps, les calcaires 
d'eau douce se montrent plus frequents et surtout plus 
puissants. A Grampagnac, sur les deux rives du lit de 
PAri6ge, on constate des affleurements de ces derniers. De 
la, on en de'couvre sous la meme direction jusqu'a Sabarat, 
ou ils acquierent une grande importance, tant a cause des 
etages qu'ils y forment que des coquilles fossiles quils 
fournissent. 

De Grampagnac a Sabarat, les couches de la formation 
miocene sous-pyr6neenne viennent s'appuyer continuelle- 
ment, en stratification discordante, sur Peocene supe'rieur, 
a couches redresse'es, comme nous Pavons dit. 

La petite ville de Sabarat, dans le canton du Mas-d'Azil 
(Ariege), est batie sur les bords de P Arize, au fond d'une 
valle'e, dont les flancs sont constitu^s au Sud par un sys- 



- 427 - 

teme de roches dependant de la formation nummulitique, 
et au Nord par un chainon appartenant aux basses mon- 
tagnes que nous suivons depuis le pied des Corbieres, 
limitant partout le relief pyreneen vers la plaine. A Sabarat, 
on observe la plupart des natures de roches que nous avons 
deja indiquees dans la formation eocene superieure ; on y 
trouve chacun de ces elements plusieurs fois repete. C'est 
ainsi qu'en partant du lit de 1' Arize, et en remontant jus- 
qu'a la rencontre des couches du miocene, dans la direction 
de Carla-le-Comte, on parcourt une tranche de l'eocene 
superieur, qui approximativement nous semble n'avoir pas 
moins de 1 ,200 metres d'epaisseur, a travers laquelle se 
montrent alternativement des bancs de poudingue de gres, 
de marnes et de calcaire lacustre ; ceux-ci y sont par trois 
fois repetes. 

Au caractere, tire de la dislocation des strates, si tranche 
dans une notable partie de PAude, des Pyrenees et du 
Tarn, au pied de la Montagne-Noire, il faut aj outer celui 
que fournissent les fossiles particuliers a ce terrain : la 
faune qui lui appartient est essentiellement distincte de 
celle de l'eocene inferieur et de celle du miocene, soit pour 
les animaux vertebres, soit pour les coquilles. 

Mais il est arrive pour notre eocene superieur ce qui 
arrive dans toutes les formations; c'est que les fossiles qui 
lui sont particuliers ne se pr^sentent point exactement les 
memes partout, seulement ils constituent dans leur ensemble 
une serie independante de celles qui precedent ou qui sui- 
vent, et caracterisent ainsi une epoque g6ologique precise. 
Gertaines especes se montrent done avec une sorte de 
Constance dans divers gisements et etablissent par ce fait 
entre eux une communaute de rapports d'age et d'origine. 
C'est ainsi que plusieurs Lophiodons ontete decouverts dans 



— 128 — 

nos depots eocenes, quoique & des distances assez eloi- 
gners : Issel (Aude) a fourni les Lophiodon isselense, 
tapirotherium et occitanicum de Guvier. M. Gervais a cite" 
le Lophiodon tapirotherium dans les lignites du Lambrol, 
entre Chalabre et Limoux(Aude), etle Lophiodon occitanicum 
a Conques; celui-ci provenant, d'apres M. Rolland du 
Roquan, d'une carriere de gres exploited comme pierre de 
taille. J'ai vu re'cemment dans la collection de M. A. Fontan, 
receveur des domaines a Mazamet, des dents que je crois 
appartenir aux trois Lophiodon d'Issel. Elles provienneut 
de Peyrin et des argiles ferrugineuses et caillouteuses 
qui sont placees a la base du Gausse de Labruguiere 
qu' elles supportent. Enfm, j'ai propose une nouvelle espece 
de Lophiodon. d'une tres forte taille, le Lophiodon lautricense, 
d^couvert en une foule d'endroits dans le gres-molasse 
Eocene du bassin du Bagas, pres de Lautrec (Tarn), et dans 
ceux des environs de Castres. Le calcaire du Rocher de 
Lunel, touchant a cette ville, nous Fa aussi fourni. 

Dans ces divers gisements, les restes de Lophiodon de 
Lautrec etaient accompagne's d'ossements des Palceotherium 
magnum, medium et curtuvn, Guvier, des Paloplotherium 
minus et annectens , Owen , du Lophiotherium cervulum , 
Gervais, de V Aphelotherium Rouxi, Noulet, du Xiphodon 
gelyense, Gervais, des Crocodilus Rollinnati, Gray et Rouxi, 
Noulet et, enfin, de tortues Emydes, de Tryonyx vrais 
et de V Allceochelys Parayrei, Noulet. 

Des empreintes v^getales nous y ont fait reconnaitre le 
Sabal major, Unger (Sabalites major, Saporta), les Chara 
destructa, Saporta etle Chara helicteres? Ad. Brongniart (1). 

(1) V. Noulet, Etude sur les fossiles du terrain docdne swpfoieur du bassin de 
rAf/out, 1863, dans les Mtm. de I'Acad. des Scienc. de Toulouse, 6 e serie, t I, 
p. 181, et Nouveau genre de torlues fossiles, 1867, ib., t. V. 



Dans le bassin du Dadou et dans la vallee de cette 
riviere, uncalcaire lacustre situeaune petite distance et en 
amont de la ville de Graulhet, de meme que la molasse de 
Briatexte , nous ont revele des restes de Paloplotherium 
minus et annectens, a des altitudes variant de 11 G m a 260 m . 

Mais a Saint-Martin , dans la commune de St-Gauzens , 
pres de Briatexte, j'ai trouve, dans un calcaire d'eau douce, 
eocene, a 270 m , V Anthracotherium magnum, Guvier, que 
Ton avait cru particulier au terrain miocene inferieur (1). 

M. le docteur Thomas a cite a Montans, pres de Gaillac, 
dans la vallee du Tarn et sur la berge gauche de cette 
riviere, a 106 m d' altitude, un maxillaire inferieur de Rhino- 
ceros (Acerotherium), dont l'espece n'a pas ete determines 
La couche d'ou provenait cet interessant morceau , avait 
deja livre, a mie distance horizontale de moins de 50 m , 
des ossements rapportes par MM. Thomas et d'Archiac aux 
Paloplotherium minus et annectens, et cles dents d'un ou de 
plusieurs Lophiodons (2). 

Les calcaires de Yilleneuve et du Mas-Saintes-Puelles, 
ont fourni de nombreux restes de plusieurs Palcvotherium; 
M, Marcel de Serres d'abord, et, ensuite, M. Gervais, y en 
ont cite plusieurs; j'y ai reconnu les Palceotherium magnum 
et medium, et le Paloplotherium minus. 

En 18G6, j'y ai signale la presence du Pterodon dasyu~ 
roides, Blainville, du Choeropotamus parisiensis , Guvier, et 
du Dichobune leporinum, Guvier (3). Un Lophiodon de taille 



(1) Noulet, Gisement de V Antracotherium magnum, dans le terrain a Paloeo- 
ther turns du Tarn, 1867, 7/1 em. de FA cad. des Scient. de Toulouse, 6? serie, 
t V. 

(2) Thomas, Sur un maxillaire inferieur de Rhinoceros {Acerotherium), de 
I'eocene supe'rieur du Tarn, 1887. Compte-rendu de l'Academie des Sciences. 

(3) M4m. de VAcad. des Scienc. de Toulouse, 6« serie, t. IV. 

Tome I. 10 



— 130 — 

moyenne, characterise seulement par une demi molaire 
sup^rieure, a ete reconnu par moi dans le meme gisement. 
En nous transportant maintenant a 1' autre extremity du 
bassin sous-pyreneen, nous avons a rappeler que le Palceo- 
therium girondicum, Blainville, qui est pour plusieurs 
pal£ontologistes une simple forme du Palceotherium 
magnum, Cuvier, ainsi que les Paloeotherium medium et 
minus, Cuvier , ont e*te signales dans les lignites de la 
Grave (Dordogne). 

Apres avoir £puise la serie des animaux vertebres, reti- 
re's de Peocene superieur, nous avons a dresser la liste des 
animaux invertebres qu'il nous a fait connaitre. Geux-ci 
appartiennent exclusivement a des Mollusques, representees 
par leur coquille, qui est leur partie solide et resistante. 
Les especes etaient toutes terrestres, lacustres et fluviatiles. 

Quant a leur distribution dans les roches constitutives 
de la contree, elle se presente ainsi : les sables libres n'en 
ont pas encore offert, les argiles non plus, a moins qu'elles 
ne soient dependantes des couches a lignite et alors subor 
donnees aux calcaires lacustres ; les gres en ont fort peu ; 
en revanche, elles sont habituellement communes dans les 
calcaires, quoique inegalement distributes dans leur 
masse. 

La faune coquilliere des calcaires, qui est la principale, 
varie de Pun a P autre des nombreux gisements sur les- 
quels portent nos recherches. Dans les localites ou, comme 
dans le bassin de PAgout, les calcaires forment des Stages 
au-dessus les uns des autres, on remarque que, si bon nom- 
bre d'especes sont communes a ces diverses zones, ce qui 
e'tablit leur commimaute d'age quant a la pe>iode g^ologi- 



- 131 - 

que pendant laquelle elles ont vecu, d'autres sont particu- 
lieres a chacun de ces horizons calcaires (1). 

II s'ensuit que la faune malacologique des couches supe- 
rieures, comparee a celle des couches inferieures, se 
trouve sensiblement modifiee par Textinction de certains 
types et l'apparition de nouveaux, sans retour des types 
eteints. 

Nulle part, la formation fluvio-lacustre qui nous occupe, 
n'a ofFert encore une suite de coquilles fossiles aussi riche 
que nos gisements ; on n'en compte pas moins de 65 espe- 
ces, nettement caraeterisees. 

Dans le sud-ouest, une seule, le Planorbis cornu, Bron- 
gniart, apres avoir traverse la serie entiere de Feocene 
superieur, se continue dans tous les etages du miocene. 

Comparee aux coquilles retirees du meme terrain, soit 
en France, soit a l'etranger, cette faune malacologique 
montre des affmites plus ou moins marquees avec celles 
de plusieurs localites. 

Elle a de commun avec le bassin de Paris proprement 
dit, les Limncea Pyramidalis, Brard, et Melanopsis probos- 
tidea, Deshayes ; avec le calcaire de Saint-Parres , pres de 
Nogent-sur- Seine, les Helix serpentinites, Boubee, Helix 
Potiezi, Boissy, Glandina costellata, Sandberger, Planor- 
bis pseudammonius , Woltz , Planorbis Rouxi , Noulet , 
Limncea albigensis, Noulet, Paludina soricinensis, et Palu- 
dina castrcnsis , Noulet ; avec le calcaire de Provins, le 
Planorbis pseudammonius , etc. 

Le meme planorbe et le Pomatias Sandbergeri, Noulet, 



(1) Txous avior.s formnle ces conclusions, en 1863. dans notre Etude sur les 
fossiles du terrain Eocene superieur du bassin de VAgout . dan9 les M4m. de 
I' Acad, des Scienc. de Tou'ouse, e serie, t . 1. 



- 432 - 

se retrouvent dans la localite depuis longtemps exploree 
de Bouxviller (Bas-Rhin). 

Le Planorbis pseudammonius est commun dans les cou- 
ches profondes de Feocene superieur du Bas-Languedoc. 

Hors de France, le Glandina costellata, deja cite a Saint- 
Parres, et VUnio Solandri, Sowerby, se retrouvent a File 
de Wight. 



II me reste a essayer de disposer dans Pordre serial et 
de superposition, en commencant par les plus recents, les 
huit horizons qui se pretent a cet arrangement, soit par 
voie stratigraphique, soit d'apres des rapprochements 
paleontologiques. 

Premier horizon. — Galcaire superieur de Lautrec, a 
Malvignol et a Saint-Cyr (Tarn). 

Deuxieme horizon. — Grand plateau calcaire, depuis 
Blaye-de-Carmaux jusqu'au-dela de Gordes, inegalement 
traverse par la vallee du Ce'rou (Tarn). — Galcaire de 
Cieurac (Lot). 

Troisieme horizon. — Calcaire de PAlbigeois, a gauche 
da cours du Tarn. — Galcaire de Briatexte et de Saint- 
Gauzens, a Pech-de-Fos et a Saint-Martin (Tarn). — Calcaire 
d'Auriac (Haute- Garonne). 

Quatrieme horizon. — Argiles rouges (avec le Cyclostoma 
formosum) de la vallee du Gerou. — Molasse du Cas- 
trais, avec de minces lits de calcaire lacustre, (zone du 
Lophiodon lautricense et des Palceotherium). — Gres supe- 
rieurs aux calcaires de Villeneuve-la-Gomtal et du Mas- 
Saintes-Puelles (Aude). 

Cinquieme horizon. — Galcaire de Villeneuve-la-Comtal 
et du Mas-Saintes-Puelles (Aude). 



- 133 - 

Sixieme horizon. — - Gypses de la valine du Canal du 
Midi, au Mas-Saintes-Puelles, a Ricaud, etc. (Aude). 

Septieme horizon. — Galcaire du grand Gausse de Gas- 
tres ou de Labruguiere et argiles a lignite de Labru- 
guiere. — Calcaire de Saint-Julien-du-Puy et de Saint- 
Genest-de-Contest, etc. — Galcaire de Pont-Crouzet, entre 
le bassin de Saint-Ferreol et Soreze (Tarn). — Galcaires 
de Sabarat, dans les Pyrenees (Ariege). 

Huitieme horizon. — Poudiiigues d'Issel, a Lophiodon et 
Propalceotherium (Aude). — Argiles ferrugineuses melees 
de graviers , supportant le Causse de Labruguiere, a 
Peyrin, pres de Mazamet, etc. (Tarn). 

C'est au-dessus de cette tres puissante formation , qui, 
dans le bassin sous-pyreneen , termine le terrain tertiaire 
inferieur ou eocene, qu'apparait le terrain tertiaire moyen 
ou miocene qui prend de si vastes proportions dans le sud- 
ouest de la France, et qui devra nous occuper dans le 
Memoire subsequent. La delimitation precise de 1 eocene et 
du miocene, la ou les couches du premier n'ont pas ete 
derangees de leur position normale (celles du deuxieme 
ont conserve partout leur horizontalite), est parfois difficile 
a etablir. Cela depend de ce que les elements mineralogi- 
ques de Fun etde Pautre de ces depots, nesontpas sensible- 
ment differents et qu'ayant ete formes sous les eaux douces, 
dans des conditions identiques et d'apres les memes lois, 
leur stratification se montre exactement concordante ; dans 
ces cas , Pappreciation bien faite des fossiles peut seule 
lever les difficultes et conduire avec certitude a la solu- 
tion du problem e. 



- 434 - 
II. DESCRIPTION DES ESPECES. 



Genre HELIX 

1. HELIX VIALAI. 

Helix Vialai, Boissy, Rev. zool., par la Soc Cuvierienne, 
-1839, p. 75, et Magas. de zool., 1844, pi. 89, fig. 1 a 3. — 
Noulet, Mem. cit., 4854, p. 27. 

Testa lenticidari, supra plamdata, subtus convexiuscida, valde 
carinata, tenuissime striata, aperte umbilicata; carina adsutu- 
ram perspicua; anfractibus 5 paidatim accrescentibus, sutura 
marginata parum perspicua scparatis, anfractu ultimo subtus 
sines 2 impresso ; apertura semi-lunari ; peristomate haud conti- 
nuo, obtuso, reflexo. 

Coquille lenticulaire, un peu plus convexe en dessous qu'en 
dessus, comme ailee, tres-finement striee ; carene se dessi- 
nant en un filet aigu le long de la suture ; ombilic ouvert ; 
spire tres obtuse composee de 5 tours augmentant graduelle- 
ment, separes par une suture superficielle, le long de laquelle 
regne le filet aigu provenant de la carene des tours enroules ; 
le dernier tour marque en dessous de deux sillons, constitues 
par deux plis qui s'enfoncent a une certaine profondeur dans 
l'interieur de la coquille ; ouverture semi-lunaire ; peristome 
interrompu, obtus, reflechi. 

Hauteur 4 mill. 

Diametre 9-11 mill. 

Var. major, Moolet, Mem cit., 1854. 

Hauteur 7 mill. 

Diametre 20 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Sabarat (Ariege), R.; a Ville- 
neuve et au Mas-Saintes-Puelles, pres de Castelnaudary 
(Aude), C; a Augmontol, a Labruguiere, a Castres, a Lau- 
trec, a Blaye-de-Carmaux (Tarn), R. 



- 135 - 

Cette coquille, si nettement caracterisee par les deux plis situes pres 
dubord columellaire gauche, est moins rare dans les locality citees par 
M. de Boissy, que ne Favait pense ce savant, qui n'avait connu qm la 
petite forme. 

«• HELIX LAPICIDITES, 

Helix lapicidites, Boubee, Bull, de la Soc. geol. de France, 
1830, t. I, p. 213, et Bull, palaeont., 1833, 5 e sect., n°20, 
p. 17. — Sioulet, Mem. cit.,1854,p. 28. — Helix Coquandiana, 
jtiatkeron , Foss. des Bouches-du-Bhone , 1842, p. 197, 
pi. 33, fig. 5 et 6. — Caracolla lapicidites, ML de Serres, 
Ann. des sc. nat., 1844, 3 e serie, zool., t. II, p. 182, pi. 12, 
fig. 10 (Pessime). 

Junior , Noulet, Mem. cit., p. 29. — Helix conoidea , 
Boissy, Bev. zool., 1839. 

Testa orbicidari-depressa, utrinque convexiuscula, acute cari- 
nata, tenuissime striata, imperforata; anfractibus 5-6 paulatim 
accrescentibus, sutura marginata pariim perspicua separatis, 
ultimo antice subito deflexo ; apertura ovata, ad carinam rotun- 
data; peristornate haud continuo, acuto, vix reflexo ; margine 
columellari calloso, locum umbilicalem tegente. 

Coquille orbiculaire deprimee, convexe sur les deux faces, 
carenee, a carene aigue, tres fmement striee en travers et un 
peu obliquement, et comme guillochee par de plus petites 
stries longitudinales, imperforee; tours de spire 5-6 augmen- 
tant graduellement et separes par une suture superficielle, le 
long de laquelle regne un filet aigu peu prononce, represen- 
tant la carene des tours enroules ; ouverture ovale, arrondie 
vers la carene; peristome interrompu, a marge evasee; le 
bord columellaire calleux , la callosite recouvrant Tespace 
occupe par l'ombilic. 

Hauteur 9 mill. 

Diametre 20 mill. 



- 136 — 

Localites : — Les calcaires, a Villeneuve et au Mas-Saintes- 
Puelles (Aude), C. 

M. de Boissy a decrit dans la Revue Cuvierienne line Helice de Ville- 
neuve sous le nom de Helix conoidea; en etudiant avec un tres grand 
soin l'exemplaire type qu'a bien voulu me communiquer ce savant, il 
m'a paru devoir 6tre considere" comme appartenant a un jeune Helix 
lapicidites, dont l'ouverture aurait ete en partie detruite. J'ai dans ma 
collection quelques Cchantillons proven ant des memes calcaires qui 
offrent cette particularite accidentelle, qui donne aux coquilles rendues 
ainsi incompletes un fades particulier. 

3. HELIX BOYERI. 

Helix Boyeri, Moulet, Nov. sp., 1868. 

Testa discoideo-subpyramidata , supra conoidea, oblique et 
irregulariter striata, subtus convexa, anguste umbilicata; umbi- 
lico margins columellari tecto ; anfractibus 5-6 paulatim accres- 
centibus, subplanis, cannula tenuissime crenulata cinctis ; apcr- 
tura obliqua, ovata, ad carinam mx angulata ; peristomate acuto, 
reflexo. 

Coquille disco'ide-subpyramidale, conoide en clessus, obli- 
quement et irregulierement striee, convcxe en dessous ; ombilic 
etroit, recouvert par lo bord columellaire ; tours 5-6 augmen- 
tant graduellement, presquo planes, avec une careno tres 
finement crenclee ; ouverturc oblique, ovale, avec un angle 
peu prononce repondant a la carene du dernier tour ; peristome 
aigu, reflechi. 

Hauteur 8 mill. 

Diametre 23 mill. 

Localites : Le calcaire gris, a Loubers, R.; les calcaires 
jaunes, a Cordcs, a Amarens (Tarn), R. R. 

Je dedie cette remarquable espece a M. le chanoine Boyer, superieur 
du petit Se"minaire de Castres, auquel j'ai du l'indication du gisement 
de Loubers, qui m'a fourni ce type. 



- 137 — 
4. HELIX PERSONNATI. 

Helix Personnati, Koulet, Coq. foss. nouv., 4857, p. 9. 

Testa subdepressa, supra sat convexiuscida, regulariter striato- 
costulata; umbilicata; anfractibus 6 convexiuscidis, paulatim 
accrescentibus, ultimo subcarinato, parumad aperturam dilatato; 
apertura sat obliquata, ovata; peristomate vix dilatato, incras- 
sato , reflexiusculo . 

Coquille subdeprimee, assez bombee en dessus, reguliere- 
ment striee-cotelee; ombiliquee; spire de 6 tours peu con- 
vexes, augmentant graduellement, le dernier avec une carene 
a peine indiquee, un peu renflee vers l'ouverture ; celle-ci 
assez oblique, ovale, presque point dilatee, a bord epaissi et 
legerement reflechi. 

Hauteur 4 mill. 

Diametre 8 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Cieurac (Lot) , R.; les argiles 
a lignites, a Labruguiere ; les calcaires , a Lautrec , a 
Cordes (Tarn), R. R. 

La coquille que nous venons de caracteriser a de grands rapports avec 
celle de Y Helix rotundata, Muller, vivante; elle est neanmoins plus 
grande et son ombilic est moins ouvert. 

LHelix Personnati a aussi des traits de ressemblance marque's avec 
YHelix lenticula, Ferussac, vivante, dont elle est separee par sa surface 
superieure, plus bombee, par la carene du dernier tour a peine indiquee 
et, enfm, par son ouverture non anguleuse. 

5. HELIX FHIZACI. 

Helix Frizaci, Woulef, Mem. cit., 1854, p. 29. 

Testa orbiculari, sub-conica, supra convexa, subtus subpla- 
nata, subtilissime striata, imperforata ; anfractibus 5 paulatim 
accrescentibus, ultimo usque ad medium carinato, carina ad 
aperturam evanescente, sutura marginata vix impressa separatis ; 



- 138 - 

apertura obovata, postice angulata ; peristomate hand continuo, 
obtusato, vix jmtulo. 

Coquillc orbiculaire, irn peu conique, convexe en dessus, 
prcsque plane en dessous, tres finement striee en travers, im- 

perforee ; tours de spire 5 augmentant graduellement, separes 
par une suture a peine indiquee, le dernier carene jusque vers 
son milieu et arrondi sans carene a partir de la jusqu'a l'ou- 
verture; celle-ci obovale, retrecie a angle aiguposterieurement; 
peristome interrompu par le dernier tour, un peu obtus, a 
peine dejete en dehors. 

Hauteur 12-14 mill. 

Diametre 18-20 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Viljeneuve et au Mas-Saintes- 
Puelles (Aude), R. 

6. HELIX NICOLAVI. 

Helix Nicolavi, Noulet, Mem. cit. , 1854, p. 33. 

Testa depressa, vel depresso-conica, supra pariim elevata, 
obtusataque, subtus subconvexa, subtilissime striata, imper- 
forata ; anfractibus 6 planiusculis, ultimo vix majore, anguste 
carinato; apertura ovato-elongata, angusta; peristomatereflexius- 
culo ; margine columellari strictiusculo, vix calloso. 

Coquille deprimee, ou deprimee-conique, spire peu elevee 
en dessous, ou deprimee-obtuse, peu convexe en dessous, tres- 
finement striee, imperforee ; tours 6 prcsque planes, le dernier 
a peine plus grand, a carene aigue, tendant a s'effacer en avan- 
§ant vers Fouverture ; celle-ci ovale-allongee, etroite ; peris- 
tome a peine reflechi; bord columellairepresque point calleux. 

Hauteur 9-13 mill. 

Diametre 17-20 mill. 

. Localites : — Les calcaires, a Cordes, a Amarens, a Noailles. 
a Blaye-de-Carmaux (Tarn), C. 



— 139 — 

tf. HELIX CADUBCENCSS. 

Helix cadurcencis, Noulet, Mem. cit., 4854, p. 32. 

Testa subconico-depressa , supra plus minusve elevata, subti- 
lissime striata, subtus planiuscula, ad umbilicum subturgida , 
imperforata ; anfractibus 6 convexiusculis, ultimo parum major e, 
obtuse subcarinato ; apertura ovato-elongata ; peristomate 
reflexiusculo ; marginibus callo junctis ; margine columellari 
calloso, stride dilatato. 

Coquille un peu conique, deprimee, plus ou moins elevee 
en dessus, tres-finement striee, presque plane en dessous, un 
peu bombee vers la place de l'ombilic, imperforee ; tours 6 
legerement convexes, le dernier un peu plus grand, obtuse- 
ment carene ; ouverture ovale-allongee, comme retrecie ; 
peristome a peine reflechi ; les bords reunis par une callosite ; 
bord columellaire calleux, a dilatation etroite. 

Hauteur 42 mill. 

Diametre 45-16 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Cieurac (Lot), C. C. C. ; a 
Cordes, a Amarens, a Monesties, a Blaye-de-Carmaux^ a 
Loubers,aLintin,aBriatexte, a Saint-Gauzens (Tarn), C. ; 
a Auriac (Haute-Garonne) , R. R. R. 

8. HELIX ALBIGENSIS. 
Helix albigensis, Noulet, Mem. cit., 4854, p. 34. 

Testa depressa, supra parum elevata , obtusata, subtilissime 
striata, subtus subconcava , imperforata ; anfractibus 5 con- 
vexiusculis, sensim accrescentibus, ultimo rotundato ; apertura 
ovata , parum lunulata ; peristomate simplici, patulescente ; 
margine columellari strictiusculo , basi subdilatato. 

Coquille deprimee, peu elevee en dessus, a spire obtuse, 
tres-fmement striee, peu convexe en dessous, imperforee; 
tours 5 legerement convexes, graduellement developpes, le 



- 140 - 

dernier arrondi ; ouvcrture ovale, peu retrecie par le dernier 
tour; peristome simple, legerement ouvert; bord columellaire 
tres-etroit, peu dilate a la base. 

Hauteur 11 mill. 

Diametre 16 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Albi, a Monesties, a Blaye- 
de-Carmaux, a Cordes, a Amarens, a Lintin, a Cahuzac 
sur-Vere (Tarn), C. ; a Cieurac (Lot), C. 

9. HELIX ADOKNATA. 

Helix adornata, Noulet, Nov. sp., 1868. 

Testa orbiculata, subdepressa, subtus sat convexa, striata, 
imperforate/, ; anfractibus 5-6 paulatim eiccrescentibus, ultimo 
vix majore, rotundato; aperturaobliqiia, subtriangulari, angiitis 
obtusis; peristomate subcontinuo, simplici; margine columellari 
bidentato ; pariete uniplicata. 

Coquille orbiculaire, legerement deprimee, assez convexe 
en dessous, striee, imperforee ; tours 5-6 graduellement deve- 
loppes, le dernier a peine plus grand, arrondi; ouverture 
oblique, subtriangulaire, a angles obtus ; peristome presque 
continu, simple; bord columellaire portant deux dents; le 
palais muni d'un pli saillant. 

Hauteur 4 mill. 

Diametre 8 mill. 

Localites : — Les calcaires , a Cordes et a Amarens 
(Tarn),R. R. 

Coquille dans la forme de celle de YHelix albigensis ; elle en est 
distincte par les deux dents du bord columellaire et par le pli du 
palais. Les stries ne sont apparentes que sur quelques' exemplaires et 
seulement pres de la suture qui separe les tours de la spire. 



— 141 — 

lO. HELIX CRAMAUXENSIS. 

Helix cramauxensis, Mowlet, Nov. sp., 1858. 

Testa turbinata vel subgloboso-depressa, oblique striatula , 
imperforata ; anfractibus 6 obliquis , paulatim accrescentibus, 
ultimo rotundato ; apertura trigono-elongata ; peristomate con- 
linuo, crasso , intus bidentato ; margine externo anguloso , 
subdentato. 

Coquille turbinee ou globuleuse ou peu deprimee, oblique- 
ment et fmement striee, imperforee; tours 6 obliques, gra- 
duellement developpes, le dernier arrondi ; ouverture trigone- 
allongee ; peristome continu, epais, avec deux dents interieu- 
rement ; bord exterieur anguleux , avec une apparence de 
dent. 

Hauteur 12 mill. 

Diametre 15 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Blaye-de-Carmaux (Tarn), 
R.R. 

Les deux dents epaisses du bord columellaire et Tangle rentrant 
du bord externe rendent la portion correspondante de l'ouverture tres 
resserree ; elle s'elargit en avant et devient alors semilunaire. 

Par son ouverture, cette coquille a de grands rapports avec les Helix 
badia et heteroclites vivants des Antilles. 

tfl. HELIX SERPENT1NITES. 

Helix serpentinites, Boubee, Bull, de la Soc. geol. de 
France, 1830, t. I, p. 213. — M. de Serres, Ann. des sc. nat., 
1844, 1. c, p. 184, pi. 12, fig. 15 (Male). — Helix intricata, 
Noulet , Mem. cit., 1854. — Helix Edwarsi , Deshayes , 
Descript. des anim. s. vert, du bass, de Paris, 1864, t. II, 
p. 814, pi. 49, f. 28-30. 

Testa depressa, subtus supraque conveximcula, subtilissime 
striata, subumbilicata ; anfractibus 5 parum convexis, paulatim 



— 442 — 

accrescentibus, sutura perspicua separatis, ultimo subcarinato ; 
apertura rotundato-lunata, transversim latiore ; peristomate 
shnplici, acuto, recto; margine columellari vix ad umbilicum 
reflexiusculo. 

Coquille deprimee, legerement convexe sur les deux faces, 
tres finement striee, subombiliquee ; tours 5 peu convexes, 
progressivement developpes, le dernier avec l'indication d'une 
carene, separee par une suture assez marquee ; ouverture 
semi-lunaire, oblique, plus large transversalement; peristome 
simple, aigu, droit; bord columellaire a peine r6flechi sur la 
fente ombilicale. 

Var. disjuncta, Moulet, 1. c. p. 30. — Helix obtusata, M. de 
Serres, Ann. des sc. nat. 1. c. ? 4844, p. 183, non Ziegler. 

Tours convexes et separes par une large suture. 

Hauteur 47 mill. 

Diametre 26-27 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Villeneuve-la-Comtal et au 
Mas-Saintes-Puelles (Aude), C. C. C. ; a Castres, auCausse 
de Labruguiere , au Rocher-de-Lunel, R. ; a Blaye-de- 
Carmaux (Tarn), R. R. 

1%. HELIX ARCHIACI. 

Helix Archiaci, Boissy, Rev. zool. par la Soc. Cuvier., 
1839, p. 75, et Magas. de zool., 1844, pi. 88, fig. 4, 5 et 6. 
- Noulct, Mem. cit., 1854, p. 36. 

Testa subgloboso-depressa, supra obtusa, subtilissime striata, 
y.ubtus co)wexa y imperforata ; anfractibus 4-5 convexiusculis, 
ultimo majore, subtus inflato; apertura rotundato-lunata ; 
peristomate reflexo ; margine columellari pariim dilatato. 

Coquille subglobuleuse-deprimee , spire peu eUevee en 
dessus, tres finement striee, convexe en dessous, imperforee ; 
tours 4-5 pou convexes, le dernier plu.-j grand et bombe en 



- 443 - 

dcssous; ouverture semi-lunaire, peristome reflechi; bord 
columellaire im peu dilate a la base. 

Hauteur 8 mill. 

Diametre 12 mill. 

Localites : — Les calcaires, a la marge du bassin de Saint- 
Ferreol, et, allant vers Soreze, a Pont-Crouzet ; a Blaye- 
de-Carmaux , a Cordes, a Salles , a Saint-Genest-de- 
Contest (Tarn), R. R. 

13. HELIX POLITULA. 

Helix politula, Boissy, Rev. zool., par la Soc. Cuvier., 
1849, p. 75, et Magas. de zool., 1844, pi. 90, fig. 1, 2, 3. — 
Noulet, Mem. cit., 1854, p. 37. 

Testa orbiculato-subdepressa , supra brevi, obtusa , subtus 
convexa, levi, umbilicata; anfractibus 4-5 paulatim accrescen- 
tibus, ultimo vix majore; apertura lunata, elongata; peristo- 
mate subcontinuo, reflexo ; margine columellari ad umbilicum 
reflexo . 

Coquille orbiculaire-subdeprimee, a spire courte et obtuse, 
convexe en dessous, lisse, ombiliquee ; tours 4-5 croissant 
graduellement, le dernier un peu plus grand en proportion 
des autres; ouverture lunulee, allongee ; peristome presque 
continu, reflechi ; bord columellaire renverse sur l'ombilic. 

Hauteur 5-8 mill. 

Diametre 12-15 mill. 

Localites : — Les calcaires , a Albi, R. ; a Castres , au 
Rocher-de-Lunel, C. ; a Lautrec (Tarn), R. R. 

14. HELIX POTIEZI. 

Helix Potiezi , Boissy, Rev. zool. par la Soc. Cuvier., 
1839, p. 75, et Magas. de zool., 1844, pi. 89, fig. 4, 5 et 6. 
— Noulet, Mem. cit., 1854, p. 36. — Helix Chertieri , 



- 144 - 

Deshaycs, Descript. des anim. s. vert, du bass, de Paris, 
1864, t. IT, p. 800, pi. 49, f. 24-27, 

Testa sub glob osa-depressa, supra obtusa, subtilissime striata, 
subtus convexa , subumbilicata ; anfractibus 5 convexiusculis, 
ultimo majors, rotundato, ante uperturam gibboso ; apertura 
rotundato-lunata ; peristomate reflexo ; margine columellari 
umbilicum partim tegente. 

Coquille subglobuleuse-deprimee, obtuse en dessus, tres 
fmement striee, convexe en dessous, subombiliquee ; tours 5 
legerement convexes, le dernier plus grand, arrondi, formant 
une espece de bourrelet avant l'ouverture; celle-ci semi- 
lunaire; peristome reflechi; bord columellaire recouvranten 
partie la fente ombilicale. 

Hauteur 4 mill. 

Diametre. . . , 8 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Sabarat (Ariege) ; a Ville- 
neuve et au Mas-Saintes-Puelles (Aude), R. R. R. ; a 
Saint-Ferreol, a Castres, a Labruguiere, a Lautrec, a 
Albi, a Lombers (Tarn), R. ; a Cieurac (Lot), C. 

IS. HELIX BI&IATEXTENSIS. 

Helix briatextensis, Kotilet, Nov. sp., 1868. 

Testa sabgloboso-depressa, leci, supra parum elevata, subtus 
convexiuscula , imperforata ; anfractibus 5-5 | regulariter 
accrescentibus, ultimo tereti ; apertura ovato-elongata ; peris- 
tomate subreflexo ; margine columellari subrecto, intus cix 
incrassato. 

Coquille subglobuleuse-deprimee, lisse, peu elevee en 
dessus, legerement convexe en dessous, imperforee ; tours 5 a 
.") v regulierement enroules, le dernier arrondi ; ouverture 
ovale-allongee; peristome a peine rellechi ; bord columellaire 
presquo droit, un peu epaissi en dedans. 



— 145 — 

Hauteur 12-1 4 mill. 

Diametre 30-32 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Briatexte, aux carrieres de 
Pech-de-Fos ; a Saint-G-auzens , a celles de Saint-Martin 
(Tarn), R. 

Dans tous nos exemplaires, le test a ete completement spathifie' , ce 
qui a provoqud, sans doute, l'effacement complet des stries d'accrois- 
sement sur les tours de la spire ; la coquille est completement lisse. 

16. HELIX NEMORALITES. 

Helix nemoralites, Boubee, Bull, de la Soc. geol. de 
France, 1830, t. IV, p. 213, et Bull, paloeont., p. 17, n° 19.— 
M. de Serres, Ann. des sc. nat., 1844, 1. c, p. 183., pi. 12, 
fig. 12 [Pessime). — Noulet, Mem. cit., 1854, p. 39. 

Testa subglobosa , supra parum elevata, striata , subtus 
convexa , imperforata ; anfractibus 5 convexiusculis, ultimo ma- 
jor e, obtuse subcarinato ; apertura subovato-lunata ; peristomate 
acuto, expanso, reflexo ; margine columellari late dilatato. 

Coquille subglobuleuse, a spire peu elevee, striee, con- 
vexe en-dessous, imperforee ; tours 5 legerement convexes, le 
dernier plus grand, offrant une sorte de carene arrondie ; 
ouverture subovale-lunulee ; peristome aigu, evase, reflechi ; 
bord columellaire, largement dilate. 

Hauteur 27 mill. 

Diametre 33 mill. 

Var. major, Nouiet, Mem. cit., p. 39. — Helix Boubetiana, 

M. deSerres, I.e., p. 82, pi. 12, fig. 11 [Pessime). 

Coquille plus grande dans toutes ses dimensions, le dernier 
tour un peu bombe en dessous. 

Hauteur 34 mill. 

Diametre 40 mill. 

11 



- 146 - 

Localites : — Calcaires de Villenouvo et du Mas-Saintes- 
Puollcs (Aude), C. 

M. Marcel de Serres a etabli son Helix Boubetiana sur des moules 
iuterieurs, ce qui ne lui a pas permisde constater les rapports qui la 
rattachent a YHelix nemoralites : les exemplaires que nous avons e"te* 
a meme d'observer ne nous laissent aucun doule a cet egard. 

UHelix nemoralites ne ressemble guere, meme par sa forme generate , 
a YHelix nemoralis vivant; sataille est toujours beaucoup plus con- 
siderable et son ouverture est dans un tout autre plan ; la dilatation du 
bord columellaire, a son origine, rappelle celle que Ton remarque, en 
cet endroit, sur la coquille de YHelix rugosa, Muller. 

IV. HELIX JANTIIINOIDES. 

Helix janthinoides, M. de Serres, De la simult. des terr., 
1830, p. 39. — Helix olla, M. de Serres, Ann. des sc. nat., 
1854, 1. c, p. 186, pi. 12, fig. 17 [Male). — Noulet, Mem. 
cit., 1854, p. 38. — Helix janthinoides, Boissy, Rev. zool., 
par la Soc. Cuvier., 1839. 

Testa sub globoso-depressa, supra subplanata, tenuissime striata, 
subtus convexa; umbilico parvo, parum profundo; anfrac- 
tibus 4 celeriter accrescentibus, ultimo multo major e, rotundato ; 
apertura ovato-lunata ; peristomate acuto, late reflexo, intus 
incrassato ; margine columellari ad umbilicum reflexo. 

Coquille subglobuleuse-deprimeo, a spire presque plane, 
tres legerement striee, convexe en dessous ; ombilic petit et 
peu profond; tours 4 rapidement developpes, le dernier beau- 
coup plus grand, arrondi ; ouverture ovale-lunulee ; peristome 
aigu, largement reflechi, avec un bourrelet interieur ; bord 
columellaire reflechi sur Tombilic. 

Hauteur 7 mill. 

Diametre 14 mill. 

Var. major, Noulet, 1868. 

Hauteur 16 mill. 

Diametre 25 mill. 



- 147 - 

Localites : — Les calcaires, a Sabarat (Ariege), R.; a Ville- 
neuve et au Mas-Saintes-Puelles (Aude), C; a Castres, au 
Causse de Labruguiere (Tarn), R; a Cieurac (Lot), R. 

18. HELIX BOUCHEPORNI. 

Helix Roucheporni, Koulet, Nov. sp., 1868. 

Testa subgloboso-depressa , supra subtusque convexa, levi , 
imperforata ; anfractibus 5 paulatim accrescentibus, ultimo 
antice majore, transverse dilatato , tereti ; apertura suborbicu- 
lari; peristomate discontinue), incrassato, vixreflexo; margine 
columellari haud reflexo. 

Coquille subglobuleuse-deprimee, convexe en dessus et en 
dessous, lisse, imperforee; tours 5 progressivement enroules, 
le dernier dilate transversalement en avant; ouverture pres- 
que orbiculaire ; peristome disjoint, epaissi, a peine reflechi ; 
bord columellaire non reflechi. 

Hauteur 7-8 mill. 

Diametre 1 0-4 4 mill. 

Localites : - Les calcaires, a Castres, a Sa'ix, a Realmont, 
a Montdragon, a Lombers (Tarn), R. 

Je donne & cette H61ice, assez repandue dans les calcaires du bassin 
de l'Agout, le nom du savant et regrettable M. de Boucheporn, auteur 
de la Carte geologique du departenient du Tarn. 

19. HELIX CORDUENSIS. 

Helix corduensis, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 34. 

Testa globosa, ml globoso-depressa, supra convexa, obtusata, 
plus minusve rugosa et irregulariter striata, subtus convexius- 
cula, subrimata vel imperforata; anfractibus 5-6 convexis, 
ultimo multo major e, rotundato ; apertura ovato-lunata ; peris- 
tomate incrassato, vix patulescente ; margine columellari incur- 
vato, crasso, basi dilatato. 

Coquille globuleuse ou globuleuse-deprimee, convexe en 



— 4 48 --■ 

dcssus ct obtuse au sommet, plus ou moins rugueuse et irre- 
gulierement striee, legerement convexe en dessous avec une 
fente ombilicalo peu indiqueo ou imperforec; tours 5-6 con 
vexes, lc dernier beaucoup plus grand; ouverture ovale- 
luiuilee; peristome epais, a peine evase; bord columellaire 
incurve, epais, dilate a la base. 

Hauteur 1 3-1 8 mill. 

Diametre 17-21 mill. 

Var. major, Noulet, 1868. 

Hauteur 25 mill. 

Diametre 30 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Cordes, a Amarens, a Bourna- 
zel, a Loubers, a Briatoxte et Saint-Gauzens (Tarn), C, 
a Cieurac (Lot), R. 

SO. HELIX RAULINI. 

Helix Raulini, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 33. 

Testa globoso-conica, supra conveoco-elevata, obtusata, subtus 
subcomplanata , tenuiter irrcgidariterque striata, imperforata ; 
anfractibus 5-6 convexiusculis, ultimo majore, rotundato, ad 
aperturam dilatato ; apertura rotundato-lunata ; peristomate 
simplicA , vix patulescente , incrassato ; margine columellari 
strictiusculo , brevi dilatato. 

Coquille globuleuse-conique , convexe , proeminente en 
dessus , obtuse , legerement aplatie en dessous, finement et 
irregulierement striee, imperforee ; tours 5-6 peu convexes, 
le dernier arrondi et dilate a sa fin, sensiblement plus grand 
en proportion que les autres; ouverture arrondie, echancree 
par le dernier tour; peristome simple, a peine legerement 
evase et epaissi ; bord columellaire tres-etroit, peu dilate a la 
place do l'ombilic. 

Hauteur 12-16 mill. 

Diametre.. ..... 14-18 mill. 



— 149 — 

Localities : — Les calcaires, a Cieurac (Lot), a Cordes , a 
Amarens, a Loubers, a Cahuzac-sur-Vere, a Monesties, a 
Blaye-de-Carmaux, R ; a Briatexte et a Saint-Gauzens 
(Tarn), C. 

La forme de cette coquille est plus uniformement globuleuse-coniquc 
que celle de YHelix corduensis ; elle ne prend jamais un aussi grand deve- 
loppement. La suture qui separe les tours est bien moins prononcee, et 
les stries de sa surface ne lui donnent pas Faspect parfois tres-rugueux 
de l'autre. 

£1. HELIX LOMBERSENS1S. 

Helix lombersensis, r^ouict, Nov. sp., 1868. 

Testa subglobosa, supra conico-convexa , obtusata, oblique 
transversimque striatula, subtus sub-convexa, imperforata; 
anfractibus 5-6 convexis , lente accrescentibus , sutura sat 
impressa separatis, ultimo paulo majors, rotundato, ad aper- 
turam contracto ; apertura lunata; peristomal recto, incras- 
sato ; margine columellari subreflexo. 

Coquille subglobuleuse, conique on dessus, obtuse au som- 
met, striee obliquement et transversalement, peu convexe en 
dessous, imperforee; tours 5-6 convexes, progressivemont 
enroules, separes par une suture assez profonde, le dernier 
un peu plus grand proportionnellement, contracte vers l'ou 
verture; celle-ci lunulee ; peristome droit, epais ; bord colu- 
mellaire a peine reflechi. 

Hauteur . . M mill. 

Diametre 13 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Lombers, a Blaye-de-Car- 
maux, a Cordes et a Amajjens (Tarn), R. 

Cette espece est voisine de YHelix Raulini, mais elle s'en distingue par 
l'enroulement des tours plus progressif , et par le dernier, bien moins 
developpe, surtout pres de l'ouverture, ou il est sensiblement contracte ; 
les stries que porte la coquille sont aussi moins prononce"es. 



— 150 - 

»». HELIX \ILL^E-WOV^E. 

I 
Helix pyramidalis, M. De Serres, Ann. des sc. nat., 1844, 

I. c, p. 185, pi. 12, fig. 16 (Pessime), non Sowerby. — Helix 

serpentinites, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 35, non Boubee. — 

Helix vill^e-nowe, Noulet, 1 868. 

Testa globosa, plus minusve conoidea, tenuissime striata, sub- 
perforata imperforatave ; anfractibus 5 convexis, sutura pers- 
picua separatis, ultimo majore; apertura rotundato-lunata , 
transversim latiore ; peristomate simplici, vix patulescente, intus 
incrassato; margine columellari ad umbilicum breviter calloso. 

Coquille globuleuse, plus ou moins conoide, legerement 
aplatie en dessous, tres fincment striee, imperforee ou offrant 
a peine les rudiments d'uno fente ombilicale ; tours 5 con- 
vexes, separes par une suture peu marquee, le dernier plus 
grand ; ouverture arrondie en croissant, plus large transver- 
salement; peristome simple, tres peu evase, epaissi par un 
bourrelet peu saillant a l'interieur ; bord columellaire calleux 
a la place dc 1'ombilic. 

Hauteur 19 mill. 

Diametre 20 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Villeneuve et au Mas-Sain 
tes-Puelles (Aude), C. 

«3. HELIX MONSDRACONENSIS. 

Helix monsdraconensis, Noulet, Nov. sp., 1868. 

Testa pygmcea , globoso-suppyramidata , apice oblusa, late 
umbilicata, costulata ; anfractibus 6, rotundatis, paulatim accres- 
ccntibus ; apertura rotundata ; peristomate reflexo. 

Coquille tres petite, globuleuse, un peu pyramidalc, obtuse 
au sommet, largerncnt ombiliqu6o, relcvec de pctites cotes ; 



— 151 - 

tours 6 arrondis, augmentant graduellement ; ouverture arron 
die; peristome reflechi. 

Hauteur 1 | mill. 

Diametre 2 \ mill. 

Localites : — Les calcaires , a Montdragon et a Labruguierc 
(Tarn), R. R. 

24. HELIX LAUTRICENSIS. 

Helix lautricensis, Noulet, Nov. sp., 1868. 

Testa pygmma, globoso-pyramidata, apice rotundata, stride 
umbilicata, costellulata ; anfractibus 6 rotundatis , paulatim 
accrescentibus ; apertura rotundata; peristomate simplici? 

Coquille tres petite, globuleuse-pyramidale, arrondie au 
sommet ; etroitement ombiliquee, relevee de tres petites cotes; 
tours 6 arrondis, augmentant graduellement; ouverture arron- 
die; peristome simple? 

Hauteur 1 mill. 

Diametre 2 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Lautrec, aux gisements de 
Malvignol et de Saint-Cyr , a Saint-Genest-de-Contest 
(Tarn),R. R. 

25. HELIX INSUETA. 

Helix insueta, Noulet, Nov. sp., 1868. 

Testa globoso-conoidea , tenuissime striata , imperforata ; 
anfractibus 6 convexis, paulatim accrescentibus , sutura pers- 
picua separatis ; apertura stricte ovato-elongata, antice trans- 
verseque proeminente ; peristomate subcontinuo, reflexmsculo ; 
margine columellari strictiuscido, haud calloso. 

Coquille globuleuse-conoideale , tres-legerement striee , 
imperforec ; tours 6 convexes, augmentant graduellement, 
separes par une suture marquee ; ouverture transversale, 



- 152 - 

otroite, ovalc-allongee, proeminente en avant ; peristome 
prcsque continu, un peu reflechi ; bord eolumcllaire tres- 
etroit, sans callosite a la base. 

Hauteur 10 mill. 

Diametre 13 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Villencuvo et au Mas- 
Saintes-Puelles (Audo), R. R. 

La disposition conoide de cette coquille, et surtout son ouverture 
transversale, en font un type qui tranche avec les formes ordinaires. 

Genre CLAUSILIA. 

f . CLAUSILIA ROUXI. 

Clausilia? Pouech,Bull. de laSoc. Geol. de France, 1859, 
p. 388. — Bulimus rouxi (Junior), Noulet, in Roux, Geol. du 
bassin de l'Agout, 1859, p. 29; Noulet, Etude sur le bassin 
de l'Agout, 1863, p. 19. — Clausilia rouxi, Noulet, 1868. 

Testa sinistrorsa, fusiformi- cylindrica, apice rotundata; 
anfractibus numerosis (42-14) , subplanatis , sutura distincta 
separatis, sat regulariter costulatis, prima secundoque glabris; 
apertura pyriformi ; peristomate continuo, reflexiusculo . 

Coquille senestre, fusiforme-cylindrique, arrondie au som- 
met; tours nombreux (12-14), presque planes, sopares par 
une suture apparente, regulierement relcves do petites cotes, 
le premier et le second lisses ; ouverture pyriforme ; peris- 
tome continu, legerement reflechi. 

Hauteur ? 

Diametre du dernier tour. 6-7 mill. 
Localites : — Les calcaires, a Sabarat (Ariege) , l\. 
R. R. ; a Castres , au Causse de Labruguiere , a 
Augmontel (Tarn), R. 
Cette coquille a des rapports de forme et de taille avec celle du Clau- 
silia striatula, Edwards, de File de Wight. Dans la ndtre, les cotes son I 
plus fortes et plus largement espacees. 



— 153 — 

Genre PUPA. 
f . PUPA SPRETA. 

Pupa spreta, Noulet, Nov. sp., 1868. 

Testa sinistrorsa, oblonga, subcylindrica ; spira obtusata; 
anfraclibus 8 subconvexis , tenuissime et oblique striatulis ; 
apertura ignota. 

Coquille sonestre, oblongue, presque cylindrique, obtuse 
au sommet; tours 8 legerement convexos, releves de strios 
fines et obliques; ouverture inconnue. 

Hauteur 7 mill. 

Diametre 3 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Briatexte, a la carriere do 
Pech-de-Fos ; a Saint-Gauzens, a la carriere de Saint- 
Martin (Tarn),R. R. 

Cette coquille est dans la forme de celle du Pupa doliolum vivant , 
mais elle est plus petite et moms allongee. 

Genre VERTIGO. 
1 . VERTIGO CORDUENSIS. 

Vertigo corduensis, Noulet, Nov. sp., 1868. 

Testa dextrorsa, ovata, subvcntricosa, lemuscida, late rimata ; 
spira obtusa ;' anfractibus 5-6 convexmsculis ; apertura rotun- 
dato-subtrigona . 

Coquille dextre, ovale, unpeu ventrue, presque lisse, avec 
une large fente ombilicale; spire obtuse au sommet; tours 5-6 
legerement convexes; ouverture arrondie-subtrigone. 

Hauteur 2 | — 3 mill. 

Diametre ...... I \ mill. 

Localites: — Les calcaires, aCordes, a la cote d'Aragou 

(Tarn),R. 



— - 154 — 

Nos exemplaires offrent l'ouverture obstruee par la gangue; un seul 
laisse apercevoir un pli saillant sur la paroi aperturale. 

La forme de cette tres petite coquille rappelle celle du Vertigo anglica 
vivant, 

Genre BULIMUS. 

1. BULIMUS L.EVO-LONGUS. 

Bulimus ljevo-longus, Boubee, Bull, de la Soc. geol. do 
France, 4830, t. I, p. 213. — M. de Serres, Ann. des sc. nat., 
1844, p. 180, pi 12, f. 9. — IXoulet, Mem. cit., 1854, p. 41. 
— Bulimus fusiformis, M. de Serres, De la simult. des terr., 
1830, p. 40. 

Testa sinistr or sa, turrito-elongata, lemter striata; strigis lon- 
gitudinalibus , subregularibus ; anfractibus 4i-i% sabplanis , 
ultimo spira breviori; spira elongata, apice obtasa ; aper- 
tura obovali , subauriculata, postice anguste angulata ; peristo- 
mate continuo, soluto, inflexo; margine columellari uniangulato, 
alter o inflexo. 

Coquille sinistrorse, turritee-allongee, legerement striee, a 
stries fines, rapprochees et longitudinalement disposees, peu 
inegales entre elles ; tours de spire 11-12 presque planes, le 
dernier beaucoup plus court que la spire; celle-ci allongee, a 
sommet obtus ; ouverture obovale, comme auriculee, terminee 
en arriere a angle etroit ; peristome continu, detache ; bord 
columellaire presentant un angle prononce pres du sommet ; 
bord exterieur reflechi en dedans. 

Hauteur., 125 mill. 

Diametre 46-47 mill. 

Localites: — Les calcaires, a Villeneuve ct au Mas-Saintes- 
Puellcs (Aude), dans divers etats d'agc. C, 



- 155 — 

Genre GLANDINA. 
1. GLANDINA COSTELLATA. 

Bulimus costellatus, Sowerby, Min. conch., 1823, t. IV, 
p. 91, t. 366. — LlMNJKA MAXIMA, Sowerby, 1. C, t. VI, p. 53, 

t. 528. — Bulimus Jaqueminii, M. de Serres, De la simult. des 
terr.,1830, p. 40. — LiMN^ANAUDOTi,Micbelin, Mem. delaSoc 
d'Agricult. de FAube, 1832, n° 44, p. 201 , pi. 1 , f. 1 . (pessime). 
— Bronn., Ind. pal., 1848, t. I, p. 152. — Bulimus elegans, 
M. de Serres, Ann. des sc. nat., 1844, pi. 12, f. 10. — Acha- 
tina Vial ai, M. de Serres, Ann. des sc. nat. 1. c, p. 179, 
pi. 12, f. 9. — Noulet, Mem. cit., 1854, p. 41. — Achatina 
costellata, F. Edwards, Eocena Mollusca, II, Pulmonifera, 
1852, p. 75, t. 12, f. 1. — Glandina costellata, Sandberger, 
Die conchylien des Mainzer tert., 1863, p. 45. — Achatina 
Naudoti, Deshayes, Descript. des anim. s. vert, dn bassin 
de Paris, 1864, t. II, p. 837, pi. 53, f. 1-3. 

Testa ovato-oblonga, supra conica, obtusa, confertim longitu- 
dinaliter irregulariterque striata ; anfractibus 6 convexis , 
sutura marginato-crenulata distinctis , idtimo ovato-oblongo , 
spira majore ; apertura ovato-oblonga , postice sat acute angu- 
lata ; columella crassa , arcuata , basi abrupte truncata ; 
peristomate marginato , paidulum reflcxo ; marginibus callo 
tenui junctis. 

Coquille ovale-oblongue, conique en dessus, obtuse, cou- 
verte de stries inegales, etroites et serrees, disposees dans le 
sens longitudinal ; tours 6 mediocrement convexes, separes par 
une suture bordee d'un bourrelet etroit, fmement et inegale- 
ment crenele, le dernier tour ovale-oblong, beaucoup plus 
grand que la spire; ouverture ovale-oblongue, retrecie a 
angle assez aigu posterieurement ; columelle epaisse, arquee, 
brusquement tronquee au sommet ; peristome borde en 
dehors, a peine reflechi ; les deux bords reunis par uno 
callosite mince. 



— .tS6 , — 

flauteur 55-57 mill. 

Diametre 25-26 mill. 

Localites : — Les calcaircs, a Villeneuve et au Mas-Saintes- 
Puellos (Audc), R. 

Cette belle espece varie singulierement par la taille, et meme par la 
forme. Noire plus grand exemplaire a 57 millimetres de long, tandis 
que les plus grands de Saint-Parres, pres de Nogent sur-Seine, qui y ont 
ete signales par M. Michelin, sous le nom de Limncea Naudoti, et par 
M. Deshayes, sous celui de Achatina Naudoti, pr&entent de.plus fortes 
dimensions. Un exemplaire de cette localite, que je dois a l'obligeance 
de M. A. Deschiens, mesure juste \ millimetres de plus en longueur, 
soit 07 millimetres. 

Je n'ai trouve aucun caractere essentiel qui autorisat a separer les 
formes de Saint-Parres de celles de File de Wight et de l'Aude. 

Genre PLANORBIS. 

f. PLANORBIS CRASSUS- 

Planorbis crassus, M. de Serres, Ann. des sc. nat., 1844, 
I.e., pi. 12, f. 5 [male). — MowSet, Mem. cit., 1854, p. 42. 

Testa supra profunde umbilicata, subtus concava, tenirissimc 
striata ; anfractibus 5-6 crassis , teretibus, subtus obliquatis. 
sutura sat profunda separatis, celerrime accrescentibus ; aper- 
iura rotundata, parum lunata, subdilatata ; peristomate sim- 
plici, subrecto, acutoque. 

Coquille tres-legerement striee, concave sur les deux faces, 
la superieure profondement ombiliquee laissant apercevoir 
3 tours de spire , l'infericure, plus largemcnt evasee, per- 
met d<^ compter tous les tours ; tours au nombre de 5-6 
opais, cxactement arrondis en dessus, obliques et tallies en 
bise.au en dessous et do dedans en dehors, separes par unc 
suture profondc et s'accroissant rapidement ; ouverture 
arrondie, un peu echancree par l'av ant-dernier tour, lugere 
ment evasee; peristome simple, droit et tranchant. 



— 4 57 - 

Hauteur 10 mill. 

Diametre 25 mill. 

Localites: — Les calcaircs, a Villeneuve et au Mas-Saintes 
Puelles (Aude), R. ; a Monesties et a Blaye-dc-Cai'maux, 
C. ; a Cieurac (Lot), C. 

». PLAKOBB1S COBNU. 

Planorbis cornu, Brongniart, Ann. du Mus. d'hist. nat., 
1810, t. XV, p. 371, pi. 22, f. 6. — Dcshayes, Coq. foss., 
Paris, t. II, p. 83, pi. 9, f. 5-6. — Planorbis planulatus, 
M. de Serines, Ann. des Sc. nat., 1844, pi. 12, f. 5 (male), 
non Deshayes. — Noulet, Mem. cit., 1854, p. 43. — 
Planorbis planatus, TCoaBet, Coq. foss. nouv., 1857, p. 14. — 
Planorbis Vialai, fiJeshayes, Anim. s. vert., du bass, de Paris, 
1864, t. II, p. 753. 

Testa supra plana, subumbilicata , subtus pariim concava, 
striata ; anfractibus 5 teretibus, subtus vix obliquis, sulura sat 
profunde separatis, celeriter accrescentibus ; apertura oblongo- 
rotundata, parum lunata, haud dilatata ; peristomate simplici, 
recto, acutoque. 

Coquille plane en dessus, a peine ombiliquee, face infe- 
rieure peu convexe, laissant apercevoir tous les tours do spire, 
striee; tours au nombre de 5 tres peu convexes en dessus, 
s'accroissant rapidement, d'oii derive la forme sensiblement 
ovalaire de la coquille adulte ; suture assez profonde ; ouverture 
arrondie-oblongue, a peine echancree par le dernier tour, 
dont l'entree n'est point evasee; peristome simple, droit et 
tranchant. 

Hauteur 8 mill. 

Diametre 27 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Villeneuve et au Mas- 
Saintes-Puelles (Aude), C. ; a Albi, a Amarens, a Cordes 
(Tarn), C; a Cieurac (Lot), C. 



- 158 - 

Une 6tude approfondie des Planorbes de nos terrains nous laisse 
convaincu que le Planorbis cornu qui, dans le Sud-Ouest, accompagne 
tous les depots lacustres paleotheriens, se maintient dans la serie entiere 
iles depots d'eau douce du miocene sous-pyre" ne" en. 

Nous ne donnons, cettc fois, que les synonymes de ce type, etablis 
d'apres des exemplaires retires de l'tocene superieur. Nous en comple- 
terons la liste quand viendra le tour, dans le Memoire suivant, de cette 
espece dont l'existence a^te de si longue dur6e. 

:$. PLANORBIS CASTRENSIS. 

Planorbis castrensis, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 44. 

Testa supra plana, haud umbilicata, subtus subplana. striata; 
anfractibus 6 teretibus, supra planulatis, sutura levi separatis, 
paululum celeriter accrescentibus ; apertura oblongo-rotundata, 
integra , vix dilatata ; peristomate simplici, recto acutoque. 

Coquille plane en dessus, sans depression ombilicale, face 
inferieure presque plane, laissant voir tous les tours, striee ; 
tours 6 regulierement arrondis, sans obliquite sensible en 
dessous, separes par une suture peu profonde et s'accroissant 
insensiblement, aussi la forme de la coquille est-elie moins 
ovalaire que dans les deux especes precedentes; ouverture 
oblongue-arrondie, entiere, n'etant pas retrecie par le dernier 
tour, a peine evaseo; peristome simple, droit et tranchant. 

Hauteur 6 mill. 

Diametre 20-22 mill. 

Localites : — Los caleaires, aux environs de Castres (Tarn) , 
C. ; a Labruguiere, a Augmontel, C. ; les argiles et les 
lignites qui les accompagnent, a Labruguiere et a Fays- 
sac, C; les caleaires, a Saint-Julien-du-Puy , a Saint- 
Genest-de-Contest , a Pont- Crouzet et a Saint-Fcrreol 
(Tarn), R. ; k Sabarat (Ariege). R. 



- 159 - 

4. PLANORBIS PSEUDAMMONIUS. 

Planorbe de Bouxviller, Brard, Journ. de Phys.. 1812, 
p. 62. — Helicites pseudammonius, Schlsteim, Die petref. 
kunde anf., etc., 1820, p. 101. — Planorbis pseudammonius, 
Voltz, Topograph, ubersidhs des beiden Reindepartements, 
1828, p. 62. — Planorbis pseudo-rotundatus, Matheron, 
Cat. meth., 1842, p. 213, pi. 35, f. 28-29. — Planorbis 
Riquetianus, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 45. — Planorbis 
Leymerii (sic), Deshayes, Descript. des anim. s. vert, du bass, 
de Paris, 1864, t. II, p. 729, pi. 46, f. 1-4. 

Testa supra planiuscula, convexiuscula, vel depressa, subtus 
subplana, in medio depressa, sublevi vel irregulariter striata ; 
anfractibus 6-8 teretibus, sutura levi separatis, sensim accres- 
centibus ; apertura oblongo-rotundata, Integra, mob dilatata ; 
peristomate simplici, recto acutoque. 

Coquillofmement etirregulierement striee, apeu pres plane 
on dessus, ou legerement convexe , et meme deprimee ; face 
inferieure presque plane, deprimee au centre, laissant voir 
tous les tours ; ceux-ci , au nombre de 6-8 arrondis , sans 
obliquite en dessous, separes par une suture peu profonde et 
s'accroissant proportionnellement, de sorte que la coquille 
n'est presque point ovalaire ; ouverture oblongue-arrondie, 
entiere, a peine evasee ; peristome simple, droit et tranchanl. 

Var. conterminus, Moulet, 1868. — Forsitan junior ; testa 
supra subtusque in medio depressa. 

Hauteur 6-10 mill. 

Diametre 15-35 mill. 

Localites : Les calcaires, a la marge du bassin de Saint- 
Ferreol et a Pont-Crouzet, C. ; a Castres, a Labruguiere, 
a Augmontel, a Caucalieres, a Aussillon, pres de Maza- 
met, a Saint-Julien-du-Puy (Tarn), C. 



— 160 — 

Cette espece, qui caracterise les calcaires les plus inferieurs du bassin 
de l'Agout, est fr^quente aussi dans les depots calcaires lacustres des 
environs de Montpellier : aux Matelles, au Pied du Pic Saint-Loup, etc. 
M. Marcel deSerres l'a nomme'e plusieurs fois sans la decrire; c'est ainsi 
qu'elle porte les noms de Planorbis regularis et ammonito'ides dans son 
ouvrage : De la simultaneite des terrains de sediment superieur, 1830, 
p. 40 du tirage a part. La meme coquille est etiquette Planorbis 
ammonitiformis, M. de Serres, et Planorbis monspelliensis, sans nom 
d'auteur, au Mus6um d'histoire naturelle de Paris. 

5. PLANORBIS ROUXI. 

Planorbis Rouxi, TCoulet, in Roux, G-eol. du bassin de 
l'Agout, 1859, p. 29. — Noulet, Etude sur les fossiles du 
bassin de l'Agout, 1863, p. 20. — Planorbis Chertieri, 
Deshayes, Descript. des anim. s. vert, du bass, de Paris, 
1864, t. II, p. 753, pi. 46, f. 5-8. 

Testa levi, supra subconcava, subtus depressa, umbilicata ; 
an fr act Was 3-4 celeriter accrescentibus, ultimo maximo, com- 
pressor hand carinato ; apertura stride ovata ; peristomate 
simplici, acuto. 

Coquille lisso, un peu concave en dessus, deprimee en 
dessous, ombiliquee ; tours 3-4 s'accroissant rapidement, le 
dernier plus grand, comprime, mais non carene ; ouverturo 
etroitement ovale ; peristome simple, aigu. 

Hauteur. ....... 2-3 mill. 

Diametre 7-11 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Castres, a Labruguiere, a 
Augmontel, a Blaye-de-Carmaux, a Saint-Julien-du-Pu} r , 
a Montdragon (Tarn), R. 

6. PLANORBIS SPRETUS. 

Planorbis spretus, Nouiet, Nov. sp., 1868. 

Testa discoidea, supra subtusque concava ; anfractibus 6 
l>aulatim accrescentibus, ultimo tereti ; apertura ovata ; peris- 
tomate simplici. 



— 161 — 

Coquille discoide, concave en dessus et en dessous ; tours 
6 s'enroulant progressivement, le dernier arrondi ; ouverture 
ovale; peristome simple. 

Hauteur 2-3 mill. 

Diametre 40-12 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Villeneuve, au Mas-Saintes- 
Puelles (Aude), C. ; a Castres, aLabruguiere, aAugmontel, 
a Blaye-de-Carmaux, a Cordes, a Amarens, a Loubers 
(Tarn), R. 

Genre LIMNUEA. 
I. LIMN/EA ORE-LONGO. 

Limnmjs ore-longo, Boubee , Bull, de la Soc. geol. de Fr. 
1 830, t. I, p. 21 3. — Linnaeus elongatus, M. de Serres, Ann. 
des sc. nat., 1844, p. 179, pi. 12, f. 7, nonLiMMUs elongatus, 

Draparnaucl. — LlMN^A ORE-LONGO, Noulet, Mem. tit., 1854, 

p. 46. 

Testa elongata, siibturrita, supra acuminata, longitudinaliter 
striatula ; anfractibus 6-7 subconvexis, ultimo majore subovato; 
apertura stride ovata, basi subdilatata, superne angustata ; 
columella intorta ; peristomate simplici ; labro columellari 
crasso, mx reflexo. 

Coquille allongee-subturriculee, a spire acuminee, fine- 
ment striee dans le sens de sa longueur ; tours 6-7 pen 
convexes, le dernier plus grand, obovale ; ouverture etroitement 
ovale, un peu elargie a la base, avec un angle aiguau sommet: 
columelle torse ; peristome simple ; bord columellaire epais, 
a peine reflechi. 

Hauteur 27 mill. 

Diametre 10 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Villeneuve et au Mas-Saintes- 
Puelles (Aude), C. ; a Albi, a Blaye-de-Carmaux, a 

\1 



— 162 - 

Cordos, a Amarens, a Loubers, C. ; a Lintin, a Cahuzac-sur- 
Vere, a Montdragon, a Lautrec, R; a Briatexte eta Saint- 
Gauzons (Tarn), R. ; a Cieurac (Lot), C. 

«. LIMNyEA PYRAMIDALIS. 

Limn^a pyramidalis, Brard, Ann. du Mus., 1810, t. XV, 
pi. 24, f. 1-2. — Limn^us inflatus, M. de Serres, Ann. des sc 
nat., 1844, p. 178, pi. 12, f. 5, non Limnjeus inflatus, Bron- 
gniart, — Limn^a ore-longo, var., Noulet, Mem. cit., 1854, 
p. 46. 

Testa ovato-elongata, ventricosa ; spira pyramidali, acuta ; 
anfractibus 7 sat convexis , ultimo multo majore, dilatato ; 
apertura magna, ovata, basi dilalata, superne angustata ; colu- 
mella intorsa ; peristomate simplici) labro columellari crasso. 

Coquille ovale-allongee, ventrue; spire pyramidale, a som- 
met aigu ; tours 7 assez convexes, le dernier beaucoup plus 
grand, dilate; ouverture grande, ovale, dilatee a sa base, 
retrccie superieurement ; columelle torse ; peristome simple ; 
bord columellaire epais. 

Hauteur 40-45 mill. 

Diametro 15-17 mill. 

Localites : — Les caicaires, a Villoneuvo et au Mas-Saintes- 
Puelles (Aude), R. ; a Blaye-de-Carmaux, R. 

3. LIMINE A FA1SREI. 

Limnjea Fabrei, Noulet, Nov. sp., 1868. 

Testa ovato-ventricosa, striata; spira brevi, attenuata acuta- 
que; anfractibus 5 subplanis, ultimo peramplo, altitudine ter 
prcecedentibus omnibus majore ; apertura ampla, ovali ; colu- 
mella crassa valde intorta ; peristomate simplici. 

Coquille ovale-ventrue, striee; spire courtc, attenuee et 
aigue a son sommet; tours 5 presque planes, le dernier beau- 



— 163 — 

coup plus grand et trois fois plus long que tous les autres 
ensemble ; ouvorture ample, ovale ; columelle epaisse, tres- 
torse ; peristome simple. 

Hauteur 30 mill. 

Diametre 16-18 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Cordes, a Amarens, a Blaye- 
de-Carmaux (Tarn), R. 

Cette espece, que je me fais un plaisir de d^dier a mon precieux cor- 
respondant, M. J. Fabre, pharmacien a Cordes, est voisine du L. cau- 
datus, Edwards, de l'ile de Wight ; mais dans le L. Fabrei, le dernier 
tour est bien moins renfle dans le haut ; la spire, moins aigue, est 
plus progressivement developpee. 

4. LIMNM ALBIGENSIS. 

Limn^aalbigensis, Nouiet, Mem. cit., 1854, p. 47. — Limnvea 
Michelini, Deshayes, Descript. des anim. s. vert., du bass, 
de Paris, 1864, t. II, p. 718, pi. 45, f. 9-10. 

Testa ovato-elongata, longitudinaliter striatula ; spira acuta ; 
anfractibus 7-8 convexiusculis, ultimo majore, subventricoso ; 
apertura ampla, ovata, basi dilatata, superne anguste angulata ; 
columella intorta; peristomate simplici; labro columellarireflexo. 

Coquille ovale-allongee, a spire aigue, longitudinalement 
et fmement striee ; tours 7-8 peu convexes, le dernier plus 
grand, legerement ventru; ouverture ample r ovale, dilatee a 
la base, avec un angle aigu au sommet ; columelle torse ; 
peristome simple ; bord columellaire reflechi. 

Hauteur 25-30 mill. 

Diametre 12-14 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Sabarat (Ariege), R. R. R. ; a 
Villeneuve et au Mas-Saintes-Puelles (Aude) , R. R.; a 
Castres , a Labruguiere , a Augmontel , a Lautrec , R. ; a 
Blaye-de-Carmaux , a Cordes , a Amarens , a Loubers , 



— 164 — 

a Briatexte ot a Saint-Gauzens (Tarn) , C. ; a Ciourac 
(Lot), C. 

5. LIYIi\7EA CADUKCENSIS. 

LiMNiEA cadurcensis, Noulet , Mem. cit., 1854, p. 48. 

Testa ovato-elongata, longitudinaliter striata; spira acuta ; 
anfractibus 5-6 convexiuscidis , ultimo major e, ventricoso ; 
apertura ampla, ovata, basi dilatata, superne obtuse angulata ; 
columella intorta ; peri stomate simplici; labro columellari vix 
reflexo. 

Coquille ovale-allongee, a spire aigue, striee longitudinale- 
mont; tours 5-6 peu convexes, le dernier plus grand, ventru ; 
ouverture ample, ovale, dilatee a la base, avec un angle ouvert 
au sommet ; columelle torse ; peristome simple ; bord colu- 
mellaire a peine reflechi. 

Hauteur. ....... 23 mill. 

Diametre \\ mill. 

Localites : — Les calcaires, a Cieurac (Lot), C. ; a Cordos, 
a Amarens, a Loubers, a Briatoxte et a Saint-Gauzens, 
a Lautrec (Tarn), C. ; a Villeneuve et au Mas-Saintes- 
Puelles (Aude), R. 

6. LIMi^EA CASTUENSIN. 

Limnea castrensis, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 48. 

Testa ovato-elongata, longitudinaliter striatula ; spira acuta ; 
anfractibus convexiuscidis, ultimo fere proportionali ; apertura 
ovata, basi rotundata, superne acute angulata ; columella in- 
torta ; peristomate simplici ; labro columellari crasso, subreflcxo. 

Coquille ovale-allongee, a spire aigui-, longitudinalement et 
(moment striee ; tours 6 peu convexes, le dernier presque 
proportionnel aux autros ; ouverture ovale, aitondie a la base, 



- 165 — 

anguleuse au sommct ; columelle torse; peristome simple; 
bord columellaire epaissi, mi pen reflechi. 

Hauteur 16-20 mill. 

Diametre 7-9 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Castres, a Labruguiere, a 
Augmontel, a Saix, C. ; a Saint-Genest-de-Contest, a 
Saint-Julien-du-Puy, a Lombers, a Montauriol, pres de 
Realmont (Tarn), R. ; a Yilleneuve et au Mas-Saintcs- 
Puelles(Aude),R. 

V. LMHLKA BOBELIAM. 

Limn^a Boreliana, Wouiet, Coq. foss. nouv., '1857, p. 10. 

Testa ovata, sublente striatnla ; spira brevi, subacuta, mediam 
partem avfraclus ultimi ad&quante ; anfractibus 5 convexius- 
culis, ultimo major e, subventricoso ; apertura sat ampla, ovata, 
basi par am dilatata, supeme obtuse angulata ; columella intorta; 
p eristomate simp lici . 

Coquille ovale, striee vue a la loupe ; spire courte peu 
aigue, cgalant la moitie de la longueur des derniers tours de 
spire ; tours 5 legerement convexes, le dernier plus grand, 
peu ventru ; ouverturc assez ample, ovale, peu dilatee a la 
base, superieuremcnt obtusement anguleuse ; columelle torse ; 
peristome simple. 

Hauteur 4 mill. 

Diametre 6 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Castres, a Labruguiere, a 
Augmontel (Tarn), R. 

Genre ANCYLUS. 
f . ANCYLUS BOYERI. 

Ancylus (Velletia) Boyeri, Noulet, sp. nov., 4868. 

Testa minuta, subconico-elongata, depressa ; vertice subrecto, 



— 466 — 

apice obtusato, extremitati posteriori approximato ; apertura 
regular iter elliptico-elongata ; perislomate subdilatato, simplici 
acutoque. 

Coquillc petite, un peu conique, deprimee-allongec ; som~ 
met presque droit, obtus a son cxtremite, rapproche du bord 
posterieur ; ouverture regulicrement elliptique-allongee ; 
peristome un peu elargi, simple et aigu. 

Hauteur 1 mill. 

Diametre 4 mill. 

Localite : Le calcaire gris, a Loubers, sur le chemin do 
Cordes a Campagnac (Tarn), R. 

Ce n'est qu'en 1867 que nous avons eu a inscrire un A ncyle sur 
notre liste des coquilles fossiles de l'eocene superieur du Tarn, deja si 
riche en genres et en especes. Je le dedie a M. Gasimir Boyer, avocat, 
qui a explore si fructueusement, pour me faire profiter de ses recher- 
ches, les environs de Cordes. 

Dans cette petite coquillc le sommet est sensiblement excentrique, tres 
rapproche de l'extremite ou bord posterieur, et sensiblement devie a 
gauche, ce qui nous le fait attribuer au sous-genre Velletia, Gray, 
auquel appartiennent, au reste, la plupart des Ancyles fossiles connus. 
Les stries d'accroissement se montrent tres-apparentes ; on n'apergoit 
point de stries transversales. 

Genre MELANIA. 

I. MELANIA ALBIGENSIS. 

Melania obliquaris, Boubce, Bull, d'hist. nat., 5 e sect., 
p. 19. — Melania albigensis, Moulet, Mem. cit., 1854, p. 49. 

Testa elongato-turrita, acuminata ; anfractibus 41-i% con- 
vexiusculis, costis numerosis levibus obtusis, latis, regularibus, 
oblique longitudinaliterque ornatis, ultimo transversim striato ; 
inlerstitiis levigatis ; apertura ovata. 

Coquillc allongcc-turriculcc, a sommet aigu, ay ant 11-12 
tours relevcs dc cdtes nombrcuscs ct 6paissc.s, regulicrement 



— 167 — 

disposees dans le sens longitudinal quoiqne un pen oblique- 
ment, le dernier portant des stries marquees dans le sens du 
developpement de la spire ; les espaces entrc les cotes lisses ; 
ouverture ovale. 

Hauteur 45 mill. 

Diametre 15 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Albi, a Carlus, a Lautrec 

(Tarn), C. 

Le nom specifique propose, sans etre accompagne de description, par 
M. Boubee, pour cette eoquille, dans le Bulletin d'histoire naturelle de 
France, ouvrage presque aussitot abandonne que commence, n'etant pas 
regulier, je conserve a cette espece celui que j'ai propose dans mon 
Memoire, en 1854. 

2. MELANIA LOMBERSENSIS. 

Melansa lombersensis, Moulet, Nov. sp., 1868. 

Testa elongata , pyramidali , turriculata , longitudinaliter 
costata ; anfractibus convexiusculis , oblique spiralis ; sulcis 
numerosis , strictis , subimbricatis , subcequalibus ; apertura 
ovata. 

Coquille allongee, pyramidale, turriculee, longitudinalement 
cotelee ; tours legerement convexes , obliquement tailles ; 
sillons nombreux, etroits, un pen imbriques et presque egaux; 
ouverture ovale. 

Hauteur ? 

Diametre ? 

Localites : — Les calcaires grisatres , petris de petits 
corps organises (Cypris ?) entre Realmont et Lombers 
(Tarn),R. 

Cette Melanie, dont je ne possede que des empreintes exterieures et des 
moules interieurs incomplets, pouvait avoir la taille du Melania Echeri, 
var. aquitanica , du Miocene sous-pyreneen. Elle en differe essentielle- 
ment par la disposition des sillons sur les tours de la spire. 



— 168 — 
Genre MELANOPSIS. 

I. MELANOPSIS CASTUENSIS. 

Melanopsis castrensis, Noulet, Mem. cit. , 1854, p. 50. 

Testa ovato-fusiformi, apice subacute, longitudinaliter stria- 
tula ; anfractibus 6-7 subplanis, ultimo spira longiore ; apertura 
stride obovata , superne angulata ; labro simplici , obtuso ; 
columella callosa, arcuata, superne dilatata. 

Coquille ovale-fusiforme, a sommet un peu aigu, tres-fine- 
ment striee dans le sens dc sa longueur ; tours 6-7 presque 
planes, le dernier plus long que la spire ; ouverture etroite- 
ment obovale, anguleuse clans le haut; bord simple, obtus; 
columelle calleuse, arquee, dilatee superieurement. 

Hauteur 45-16 mill. 

Diametre 7-8 mill. 

Localites : — Les argiles a lignite, a Labruguiere, C. ; les 
calcaires, a Labruguiere, a Augmontcl (Tarn), R. 

«. MELANOPSIS MANSIANA. 

Melanopsis mansiana, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 50. 

Testa ovato-fusiformi, apice acuta, longitudinaliter striatula; 
anfractibus 7-8 subplanis, superne submarginatis, ultimo spira 
longiore ; apertura stride ovata, superne inferneque angulata ; 
labro simplici, obtuso ; columella vix callosa, stricta, paululum 
arcuata. 

Coquille ovale-fusiforme , a sommet aigu , tres-finemenl 
striee dans le sens de sa longueur; tours 7-8 presque planes, 
avec une legere marge le long dc la suture, le dernier tour 
plus long que la spire ; ouverture etroite, anguleuse a ses 
deux cxtremitcs; bord simple, obtus; columelle a peine 
calleuse, etroite, peu arquee. 



- 169 - 

Hauteur 45 mill. 

Diametre 6 mill. 

Localites ; — ILes argiles a lignite situees entre les bancs 
de calcaire, au Mas-Saintes-Puelles (Aude), C. ; les gres 
a Palceotherium de la Massale, pres de Castres, R. ; les 
argiles a lignite, a Labruguiere, C. ; les calcaires, a 
Saint-Genest-de-Contest, a L autre c (Tarn), C. 

3. MELANOPSIS PROBOSCIDEA. 

Melanopsissubulata, Nonlet, Etude sur le bass, de l'Agout, 

1863, p. 20, non Sowerby. — Melanopsis proboscideus [sic), 
Deshayes, Anim. s. vert, du bass, de Paris, 1 864, t. II. p. 471 , 
pi. 31, f. 18-24. 

Testa ovato-fusifbrmi, in medio ventricosa, apice per acuta , 
turrita, longitudinaliter striatula; anfractibus 7-8 subconvexis, 
superne marginatis, ultimo spira multo longiore, ovato^centri- 
coso ; apertura stricte-ovata , superne inferneque angulata ; 
labro simplici ; columella vix callosa , depressa , paululum 
arcuata. 

Coquilie ovale-fusiforme, ventrue au milieu, a sommet 
tres-effile, longitudinalement striee; tours 7-8 a peine con- 
vexes, margines le long de la suture, le dernier beaucoup 
plus long que la spire, ovale ventru ; ouvcrture etroitement 
ovale, anguleuse a ses deux extremites; levre simple ; coiu- 
melle tres-peu calleuse, deprimee, legerement arquee. 

Hauteur 12 mill. 

Diametre 5 mill. 

Localites : — Les calcaires , au long de l'Agout, sous le 
petit seminaire de Castres (Tarn), C. 



- 170 - 
Genre CYCLOSTOMA. 

1. C-YCLOSTOMA ET.KUANTILITES. 

CYCLOSTOMA ELEGANT1LITES, Boilbee, Bull, do la SOC. geol. 

do Franco, 4830, t. I, p. 243, et Bull, palseont., 1833, p. 47, 
n° 48. — Noulet, Mem. cit., 4854, p. 54. — Cyclostoma 
Coquandi, Matheron, Foss. des Bouches-du-Rhonc, 1842, 
p. 224, pi. 35, f. 4 6-17. — Cyclostoma excavatum, m. dc 
Serres, Ann. des Sc. nat., 4844, pi. 42, f. 4-2 (Male). 

Testa orbiculato-dcpressa, late profundeque umbilicata, spi- 
raliter sulcata , transversim tenuissime striata ; anfractibus 
5 rotundato-dcpressis, sutura sat profunda separatis ; apertura 
suborbiculari ; peristomate simplici ; labro vix reflexo. Opercido 
ignoto . 

Coquille orbiculaire-deprimee, largement et profondement 
ombiliquee, sillonnee dans le sens de la spire; les sillons son! 
peu profonds et coupes en travers par des stries a peine sen- 
sibles ; tours 5 arrondis, mais un peu deprimes et separes par 
une suture assez profonde ; ouverture presque orbiculaire ; 
bord a peine reflechi. Opercule inconnu. 

Hauteur 4 mill. 

Diametre 4 6 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Villcneuve et au Mas-Saintes- 
Puelles (Aude), C. 

La forme generate de ce type le rapproche du Cyclotus cinctus 
Edwards, de l'ile de Wight. II nous semble appartenir au m6me groupe, 
ce que nous ne pouvons, neanmoins, que supposer en l'absence de 
l'opercule. Lespece de France differe de celle d'Angleterre par sa spire 
surbaissee, non pyramidale, par ses stries beaucoup plus nombreuses et 
consequemment plus rapprochees et bien moins prononcees ; la coquille 
est aussi plus largement ombiliquee. 



- \1\ - 

8. CYCLOSTOMA CADURCENSE. 

Cyclostoma cadurcense, Noulet, Mem. cit., 1 854, p. 52. 

Testa orbiculato-subconica, stride sed sat profunde umbilicata, 
spirdXiter sulcata, transversim tenuissime striata ; anfractibus 6 
rotundatis, sutura sat profunda separatis, ultimo multo major -e, 
sulcis striisque supra tantummodo ornato, infernelevi; apertura 
suborbiculari ; peristomate simplici, subreflexo. Operculo ignoto. 

Coquille orbiculaire un peu conique, etroitement, mais assez 
profondement ombiliquee, creusee de sillons profonds dans le 
sens de la spire, fmement striee en travers ; tours au nombre 
de 6 arrondis et separes par une suture assez profonde, le 
dernier beaucoup plus grand orne de sillons et de stries 
profonds seulement en dessus, lisse en dessous ; ouverture 
suborbiculaire ; peristome simple, tres-peu reflechi. Opercule 
inconnu. 

Hauteur. ...... '1 5-20 mill. 

Diametre 16-18 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Cieurac (Lot), R. ; a Cordes, 
a Amarens, a Bournazel (Tarn), R. 

3. CYCLOSTOMA EGREGIUM. 

Valvata egregia, Woulet, Coq. foss. nouv., 1857, p. 12. — 
Cyclostoma egregium, Nouleft, 1868. 

Testa conoideo-subturbinata, sublevi , rimata ; anfractibus 6 
convexis, ultimo alteris proportionaliter vix majore, ad aper- 
turam subcontracto ; apertura omnino rotunda ; peristomate 
continuo, simplici, obtuso. Operculo ignoto. 

Coquille conoide, legerement turbinee, presque lisse, avec 
une fente ombilicale ; tours 6 convexes, le dernier a peine 
plus grand proportionnellement aux autres, allant en diminuant 



jusqu'a l'ouverture ; celle-ci circulairc ; peristome continu, 
simple, obtus. Opercule mcoiinu. 

Hauteur 7 mill. 

Diametre 6| mill. 

Localites : — Les calcaires, a Villeneuve et au Mas-Saintes- 
Puelles (Aude), R. 

Cette elegante coquille, par la portion terminate du dernier tour sen- 
siblement contracte, semble devoir 6tre attribute au sous-genre 
Crapedosporma, que Pfeiffer a etabli pour des especes vivantes de 
Madere. La decouverte de l'opercule, qui nous manque, pourra seule 
eonfirmer ou infirmer ce rapprochement que nous ne pouvons qu'in- 
diquer. 

Deja, M. le professeur Sandberger a demt une espece fossile de ce 
groupe. le Crapedosporma utriculosum, du terrain miocene d'Allemagne. 

4. CYCLOSTOMA FORMOSOI. 

Bulimus mumia, Boubee, Bull, de la Soc. geol. de France, 
1830, p. 213. — Cyclostoma formosum, Boubee, Bull, palseont., 
1833, p. 16, n° 17. — Noulet, Mem. cit., 1854, p. 53. — 
Cyclostoma aquensis, Maiheron, Foss. des Bouches-du-Rhone, 
1842, p. 210, pi. 35, f. 14-15. — Cyclostoma elongatum, 
M. de Seizes, Ann. des sc. nat., 1844, p. 176, pi. 12, f. 2. — 
Bulimus Matheikwius, d'Orbigny, Prod, paleont., 1852, t. Ill, 
p. 23. 

Testa elongato-conica, imperforata, ml vix rimata, longitu- 
dinaliter subtilissime striata; anfractibus 8 parum cowoexis, 
ultimo spira breviore, sutura impressa separatis; apertura 
ellijjtica, postice angulata; peristomate crasso; labro reflexo. 
Operculo ignoto. 

Var. minutum, Would, Coq. foss. nouv. , 1857, p. 4 4. 

Coquille allongee-conique, imperforee ou avec une fonte 
ombilicale a peine sensible, marquee de stries longitudinales 



- 173 - 

tres-fmes; tours 8 peu convexes, le dernier plus court que la 
spire, separes par une suture assez prononcee; ouverture 
elliptique, retrecie en arriere a angle aigu ; peristome tres- 
epais ; bord reflechi. Opercule inconnu. 

Hauteur. . . . . . . 45-48 mill. 

Diametre 18-21 mill. 

Forme tres reduite. 

Hauteur 22-32 mill. 

Diametre 10-15 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Sabarat (Ariege), R. ; a Ville- 
neuve et au Mas-Saintes-Puelles (Aude) , C. C; a Castres, 
au Causse de Labruguiere , C. ; a Lautrec , au Pech- 
Auriol , a Lejos , a Saint-Julien-du-Puy , a Lombers, a 
Montdragon, a Saint-Genest-de-Contest, a Albi, R.; les 
argiles rouges, inferieures aux calcaires, a Vindrac, 
pres de Cordes (Tarn), C. 

Gette espece varie beaucoup par ses dimensions. A premiere vue : la 
petite variete rappelle le Cyclostoma mumia du bassin de Paris, par sa 
forme et par sa taille. Elle en est separee par les stries fines et longitu- 
dinals qui coupent en travers les tours de la coquille, tandis que 
clans le Cyclostoma mumia les stries, bien plus prononcees, sont dis- 
posers en sens inverse , c'est-a-dire dans la direction meme des tours, 
dont elles suivent la spirale. Si on ne posse" dait que des moules inte- 
rieurs, dans lesquels ces caracteres manquent , on pourrait aisemen l 
confondre ces deux types. 

Genre POMATIAS. 

f . POMATIAS CIEURACENSIS. 

Cyclostoma crassilabrum, Wowlet, Mem. cit., 1854, p. 54, 
non IHatlieron. — CYCLOSTOMA NOULETI, Matheron, Recb. 
comp. sur les depdts fluvio-lac, 1862, p. 83, non Pomatias 
Nouleti, Dupuy, Hist. nat. moll. 1851, p. 513, nee Cyclos- 



_ 174 — 

toma Nouletu Moquin-Tandon, Hist. nat. des moll., 1855, 
t. II, p. 500. — Pomatias CIEURACENS1S, Noulet, 1868. 

Testa otato-conoidea , apice obtusa, longitudinaliter sublente 
siriato-costata ; perforata; anfractibus7 parum convexis,. ultimo 
spira breviore; apertura rotundata, superne angulata; peris- 
tomate subcontinuo, patulo, reflexo. Operculo ignoto. 

Coquille ovale-conoide, obtuse au sommet, longitudinalc- 
ment strioc-cotclee vuo a la loupe; perforce; tours 8 peu 
convexes , le dernier plus court que la spire ; ouverture 
arrondie , retrecie supericurement a angle aigu ; peristome 
presque continu, ouvert, reflechi en dehors. Oporcule inconnu. 

Hauteur 7-8 mill. 

Diametrc 4-5 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Cieurac (Lot), C; a Bournazel, 
pres de Cordes (Tarn), R., R. 

«. POMATIAS SAND1BERGEM. 

Pomatias Sandbergeri, Woulet, Nov. sp., 1868. 

Testa ovato-conoidea , apice obtusata, longitudinaliter sub 
lente striato-costata ; rimata ; anfractibus 7-8 parum convexis, 
ultimo subdilatato, spira bremore ; apertura rotundata, superne 
vix angulata; peristomate subacute, patulo, reflexiusculo . 
Operculo ignoto. 

Coquille ovale-conoide, obtuse au sommet, longitudinale- 
ment strieo-coteleo vue a la loupe ; une fente ombilicalc ; 
tours 7-8 peu convexes, le dernier peu dilate, plus court que 
la spire; ouverture arrondie, superieurement retrecie, a angle 
a peine aigu; peristome presque aigu, ouvert, peu reflechi. 
Opercule inconnu. 

Hauteur 8 j mill. 

Diametrc 5 mill. 



_ 175 — 

Localites : — Les calcaires, a Villeneuve et ail Mas-Saintes- 
Puelles (Aude), R. 

Compare au Pomatias cieuracensis, le Pomatias Sandbergeri en differe 
par sa forme plus courte, par le dernier tour plus renfle" et des stries 
plus prononcees. 

M. le professeur Sandberger, a qui je dedie cette espece, m'a commu- 
nique des exemplaires de ce type, provenant de Bouxviller (Bas-Rhin). 

Genre PALUDINA. 
I. PALUDINA SORICINENSIS. 

Paludina soricinensis, Kouleft, Mem. cit., 1 854, p. 55. — 
Paludina Orbignyana, Keshayes, Descript. des anim. s. vert, 
du bass, de Paris, 1864, t. II, p. 48 J, pi. 32, f. 23 et pi. 33, 
f. 1-2. 

Testa omto-conica, ventricosa, apice acuta, tenuissime irre- 
gulariterque striata; rima umbilicali angusta; anfractibus 6 
teretibus, ultimo maximo, sutura profunda separatis ; aperiura 
rotundato-subovata, postice subangulata ; peristomate continuo, 
obtuso, extus submarginato. Operculo ignoto. 

Coquille ovale-conique , ventrue, a sommet aigu , tres- 
legerement et irregulierement striee ; fente ombilicalc etroite ; 
tours 6 arrondis, separes par une suture profondc, le dernier 
beaucoup plus grand ; ouverture arrondie-subovalaire, offrant 
an angle peu prononce en arriere ; peristome continu, obtus. 
Opercule inconnu. 

Hauteur 31 mill. 

Diametre 10 mill. 



— 176 - 

Localites : — Lcs calcaircs, a Ponl-Crouzet , pres de Soreze 
<>t a la marge du bassin do Saint-Ferrcol, R. ; a Castres, 
a Labruguiere, a Augmontcl, a Lautrec, a Albi (Tarn), 
C. ; au Mas-Saintes-Puelles (Aude), R. R. R. 

». PALUDINA C ASTRENSIS. 

Cyclostoma castrense, Noulct, Mem. cit., 1854, p. 52. — 
Paludina novigentiensis, Deshayes, Descript. des anim. s. vert, 
du bassin de Paris, 1864, t. II, p. 488, pi. 33, f. 20-22.— 
Paludina castrensis, Noulet, 1 868 

Testa ovato-conica, imperforata, levi, vel spiraliter diverse 
sulcata ; anfractibus 5 conwxis, sutura sat profunda separatis, 
ultimo majore ; apertura obovata ; peristomate simplici ; labro 
recto. Operculo ignoto. 

Coquille ovale-conique, imperforee, lisse ou diversement 
sillonnee dans le sens de la spire ; tours 5 convexes, separes 
par une suture assez profonde, le dernier plus grand ; ouver- 
ture obovale ; peristome simple ; bord droit. Opercule 
inconnu. 

Hauteur 13-21 mill. 

Diametre 11-17 mill. 

Localites : — Lcs calcaircs, au Rocher-de-Lunel, a Castres, 
R. ; a Bournazel, pres de Cordcs, a Lintin (Tarn), R. 

Cette coquille est fort variable par sa forme et par les stries qui sillon- 
nent ses tours de spire; certains exemplaires en sont totalement dC- 
pourvus : quand elles existent, elles offrent une grande diversite dans 
leur nombre, leur volume et leur distribution ; tant6t on en trouve 
sur tous les tours a la fois, tantot sur quclqucs-uns seulement. 

Les exemplaires de Saint- Parres, pres de Nogent-sur-Seine, queje 



— rn — 

dois a l'obligeance de M. A. Deschiens, qui avail egalement offert a 
M. Deshayes ceux qui ont servi a la description et aux figures qu'en 
donne le savant Malacologiste de Paris, presentent les memes parti- 
cularites. 

3. PALIIDINA MABTUBEI. 

Paludina Marturei, Noulet, Nov. sp., 1868. 

Testa ovato-conica, ventricosa, apice acuta, sublem ; anfrac- 
tibus 6 convexiusculis, ultimo majore, sutura parum profunda 
separatis ; apertura obovato-elongata ; peristomate simplici ; 
labro recto. Operculo ignoto. 

Coquille ovale-conique, ventruc, aigue" ausommet, presque 
lisse ; tours 6 peu convexes, le dernier plus grand, separes 
par une suture peu profonde ; ouverture obovale-allongee ; 
peristome simple, bord droit. Opercule inconnu. 

Hauteur 25 mill. 

Diametre 47 mill. 

Localite : — Le calcaire, au Rocher-de-Lunel, a Castres 
(Tarn),R., R. 

Un des premiers exemplaires que j'ai eus de cette espece m'a ete offert 
par mon confrere et ami, le docteur Marture, membre de la Societe 
geologique de France. 

Genre BYTHINIA. 

f . BYTHINIA BBUGCEBIENSIS. 

Bythinia rrugueriensis, Noulet, Coq. foss. nouv. ? 1857, 
p. 11. 

Testa minutissima , conoideo-turriculata , apice obtusata , 
levi, rimata ; anfractibus 5 \ convexis, rotundatis, paulatim 
accrescentibus, sutura profunda separatis ; apertura rotundata. 
Operculo ignoto. 

13 



— 178 — 

Coquillc tres-pctite, cono'ide-turriculce, obtuse au sommet, 
lisso, fente ombilicale peu prononcee; tours 5| convoxes, 
arrondis, progressivement devcloppes, separes par uno sutare 
profonde; ouverture arrondie. Opercule inconnu. 

Hauteur £ mill. 

Localites : — Les argiles a lignite, a Labruguiere, C; 
le calcaire du Causso, a Castres, a Labruguiere, a Augmontel 
(Tarn), R. 

». BYTHINIA JE AM. 

Bythinia Jeani, Noulet, Nov. sp., 1868. 

Testa minuta, ovato-elongata, apice obtusata, levi, subrimata ; 
anfractibus 4 convexiusculis, sutura parum perspicua separatis, 
ultimo maximo, mediam testm efformante ; apertura ovata. 
Operculo ignoto. 

Coquille petite, ovale-allongee, a sommet obtus, lisse, avec 
une fente ombilicale a peine indiquee ; tours 4 legerement 
convexes, separes par une suture peu apparente, le dernier 
bien plus grand, mosurant la moitie de la coquille ; ouverture 
ovale. Opercule inconnu. 

Hauteur., 2-2 £ mill. 

Diametre 1 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Saint-Gonest-de-Contest, C. ; 
a Lautrec, aux gisements do Malvignol et de Saint-Cyr, C; au 
Causse de Labruguiere (Tarn), C. 

Cette coquille, que je dedie k M. Jean, juge de paix a Lautrec, qui 
m'a gracieusement fait part de ses decouvertes paleontologiques dans 
cette locality, se distingue aisement de la prexedente par sa taille plus 
grande, bien moins fiancee et par ses tours de spire peu distincts. 



— 179 - 

Genre VALVATA. 
f. VALVATA PYGHLEA. 

Valvata pygmjia, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 55. 

Testa minuta, subglobosa, subtus planulata, late umbilicata , 
anfractibus 3 rotundatis, sutura impressa separatis, ultimo 
multo major -e ; apertura rotunda ; peristomate integro, acuto. 
Operculo ignoto. 

Tres-petite coquille qu'on ne distingue que sous un assez 
fort grossissement, subglobuleuse, un peu plane en dessous, 
largement ombiliquee ; tours 3 arrondis, separes par une 
suture profonde, le dernier beaucoup plus grand; ouverture 
arrondie ; peristome entier, aigu. Opercule inconnu. 

Localites : — Les argiles fissiles, placees entre les bancs 
de calcaire, a Villeneuve et au Mas-Saintes-Puelles 
(Aude), C. ; les calcaires, a Labruguiere et a Augmontel 
(Tarn), R. R. R. 

Genre NERITA. 

I. NERITA LAUTRICENSIS. 

Nerita (Neritina) lautricensis , Noulet, Coq. foss. nouv., 
1857, p. 13. 

Testa semi-globosa, imperforata, sub lente tenuissime striatula, 
griseo-virescenti, bi-fasciata, maculis albis minutissimis ornata, 
fasciis pallidis maculis majoribus pictis ; anfractibus S, ultimo 
permaximo, testam fere totam efformante; spirw rotundatm et 
obtusoe anfractibus binis marginatis ; apertura semi-lunata ; 
columella sat plana ; margine edentulo. Operculo ignoto. 

Coquille semi-globuleuse, imperforee, tres-fmement striee 
vue a la loupe , d'un gris olivatre , parsemee de petites 



- 480 - 

taches blanches oblongues, souvent avec deux bandes moins 
foncees , sur lesquelles la plupart des taches sont plus 
grandes ; tours 3, dont le dernier, tres-grand, forme presque 
la totalite de la coquillc ; les deux premiers tours constituent 
la spire, qui cstarrondie, obtuse, peu proeminente, epidermee 
et tacheteo comme le reste do l'exterieur de la coquillc ; 
chacun de ses deux tours est sensiblement margine, et, a 
cause de cela, en partie rccouvert par le precedent; ouverture 
ovalaire-arrondie ; columello aplatie, a bord tranchant, a 
peine echancre en croissant, depourvu de dents et de 
crenelures. Opcrcule inconnu. 

Diametre 8-1 mill. 

Localite : — Le calcaire, a Lautrcc, aux gisements de 
Malvignol (Tarn), C. 

M. le professeur Sandberger a Men voulu m'informer que le Nerita 
planulata, Edwards, espece encore inedite de File de Wight, ne differe 
pas de notre Nerita Lautricensis. 

Genre SPHiERIUM. 

1. SPH^RIUM CASTRENSE. 

SpHjERIUM (Cyclas) castrense, Moulet, Coq. foss. nouv., 
1857, p. 16. 

Concha omto-elongata, tumidula, subcequilaterali, transverse 
irregulariterque striatula; umbonibus strictis, proeminentibus ; 
valvis tenuibus. 

Coquille ovale-allongeo, peu bombeo, subequilateralc, 
tres-finement et irreguliercment striee en travers ; sommets 
etroits, a peine proeminents ; valves minces. 

Hauteur 2 4/2' mill. 

Longueur 6 mill. 



- 181 — 

Localites : Les argiles a lignite , a Labruguiere , R. ; 
les calcaires, a Castres, a Labruguiere, a Augmontel 
(Tarn), R. 

Le Sphcerium castrense est voisin du Sphcerium (Cyclas) Bristori de 
Tile de Wight ; dansle notre, la coquille est moins bombee, plusallongee 
et moins equilaterale. 

». SPHLERIUM PR^ETERMISSUIML 

Pisidiim pr^etermissum, Woulet, Mem, cit., 1854, p. 56. — 
Speuerium pr&termissum, Noulet, 4868. 

Concha subrotunda parum tumida, vix incequilaterali , tenue 
striata ; umbonibus sat proeminulis ; valvis crassis. 

Coquille subarrondie, peu epaisse, a peine inequilaterale, 
finement striee ; sommets assez proeminents ; valves epaisses. 

Hauteur 4-6 mill. 

Longueur 6-8 mill. 

Localites : — Les argiles fissiles a lignite, placees entre les 
bancs de calcaire, au Mas-Saintes-Puelles (Aude), C. 

En l'absence de l'animal et de formes plus nettement caracteristiques 
du genre Pisidium, je me contente de rapporter cette coquille au genre 
Sphcerium Scopoli ou Cyclas de la plupart des auteurs. 

Genre UNIO. 

f . UNIO SOLANDRI. 

Unio Solandri, Sowerby, Min. conch., 1829, t. VI, p. 29, 
pi. 517. —Unio Rouxi, Mouiet, Mem. Acad, de Toulouse, 
181)5, ser. 4, t. V, p. 159, et Coq. foss. nouv., 1857, p. 14. 

Concha ovato-elongata, antice rotundata, brevi,postice dilatata; 
marginc superiori recto, inferiori subrecto, sinuosoque ; um- 
bonibus tumidulis, integris ; dentibus cardinalibus compressis , 



- 182 — 

denticulatis ; impressionibus muscularibus anterioribus impres- 
sis, posterioribus parum distinctis, palleali validius impressa. 

Coquille ovale-allongec, extremity anterieure courte et 
arrondie, la posterieurc plus ou moins elargio ; bord superieur 
droit, Pinferieur prcsque droit ou sinueux ; sommets peu 
proeminents, ontiers ; dents cardinales comprimees et lege- 
rement denticulees ; impressions musculaires anterieures 
profondes, les postcrieures peu distinctes , la palleale super- 
ficielle. 

Longueur 40-42 mill. 

Largeur 18-20 mill. 

Epaisseur 5-6 mill. 

Localites : — Les argiles a lignite, a Labruguiere, R. ; les 
calcaires concretionnes, a Castres , aux gisements do 
Gourjade, de Puytalos , du Causse de Labruguiere , pres 
de Saint-Julien (Tarn), C. 



Ell. — Memoire sur les coquilles fossiles du terrain d'eau 
douce moyen ou miocene dans 1c bassin sous-pyreneen. 

I. INTRODUCTION. 

J'ai indique dans le memoire precedent Pespace que le 
terrain eocene superieur a la formation nummulitique 
occupe dans le bassin sous-pyreneen, en signalant les 
fossiles, et plus particulierement les coquilles, qui lui sonl; 
propres. J'ai a faire de meme pour le terrain miocene, qui, 
dans Pordre serial, prend rang immediatement au-dessus 
de celui-ci. 

La formation miocene, considered dans son ensemble, 
occupe une grande place dans le sud-ouest ; on la voit 



— 183 — 

s'etendre du sud aii nord, du pied des Pyrenees jusqu'au- 
dela de la Dordogne, et de Pest a Fouest de Pembouchure 
de la riviere d'Aveyron dans celle du Tarn, jusqu'a FOcean. 
Delaisses poste'rieurement au dernier bouleversement subi 
par le relief des Pyr6ne*es , les depots miocenes ont 
conserve' partout leur stratification horizontale, disposition 
qui tranche au contact des couches si diversement inclinees 
du systeme pyreneen. Gette discordance est un des traits 
qui servent a faire distinguer le miocene de Peocene, la ou 
ce dernier a suivi le mouvement de dislocation imprint 
aux groupes sous-jacents en perdant, comme je Fai dit, a 
la rencontre de ceux-ci, son horizontalite primitive. 

Trois bassins hydrographiques divisent, quoique in£- 
galement, la vaste surface occupee par le terrain miocene ; 
ce sont : 4° celui de la Garonne, qui en est le plus etendu ; 
2° celui de PAdour; et 3° enfin, celui de la Leyre, dans 
les Landes, le plus reduit. Entre le bassin de la Garonne 
et les deux autres, on remarque une ligne de partage 
dirigee du sud au nord, que Fon peut parcourir en entier 
sans avoir a traverser de cours d'eau. Ce faite peu 61eve 
sert assez exactement a separer les depots miocenes-sous- 
marins , generalement designes sous le nom de Molasse 
coquilliwe marine, aes depots du meme age qui ont ete 
delaiss6s sous les eaux douces, et que nous allons etudier (1 ). 

Les premiers, places a Fouest de cette ligne, sont 
recouverts par la formation sableuse des Landes, et 
atteignent, comme celle-ci, les bords de FOcean ; les 



(1) Vers Gondrin (Gers) et au-dessous, les depots sous-marins empietent 
quelque peu en dehors de la limite que nous venons de poser, tandis que des 
depots formes sous les eaux douces, d'une faible importance, se montrent a 
Touest dans le bassin de l'Adour, au milieu de roches a fossiles marins. Le 
meme fait sc presenle dans la Gironde. 



- 184 - 

seconds se montrent par tout a decouvert, excepte dans les 
vallees ou des depots quaternaries (1) et les alluvions 
modernes les surmontent sur d'assez grandes etendues. 

Geognostiquement, les strates horjzontaux de la for- 
mation miocene d'eau douce consistent en lits d'argiles, 
de marnes, de gres-molasse et de sables, ceux-ci a grains 
plus ou moins grossiers ; on applique quelquefois le nom 
de Molasse a Pensemble de ces roches pour les distinguer 
des calcaires proprement dits. Ceux-ci, comme ceux de la 
formation precedente, lorsqu'ils sont a decouvert, se mon- 
trent par places isolees, comme autant d'iles au milieu du 
systeme molassique d'eau douce; mais les calcaires sont 
tres-inegalement repartis : le pays Toulousain en est 
totalement depourvu ; on ne les voit apparaitre qu'a l'ouest 
de la Garonne, d'abord dans le bassin de la Gimone, et 
puis, en traversant la Gascogne, vers la ligne de partage 
que nous venons d'indiquer, dans ceux du Gers et de la 
Bai'se . lis sont tres-abondants dans le cours inferieur de la 
Garonne et remontent jusque aupres de Moissac, sur les 
bords du Tarn. 

Les difFerentes roches qui entrent dans la constitution 
du miocene d'eau douce, recelent des restes fossiles appar- 
tenant a une nombreuse population d'animaux verte- 
bres (2). Elles fournissent aussi des coquilles qui n'offrent 

(1) Les depdts quaternaires ou diluviens des vallees sous-pyreneennes, dont 
j'ai signale la faune dans un memoirc communique, en 1854, a l'Academie 
des sciences de Toulouse, ne contiennent que des coquilles provenanl d'especes 
identiques a celles actuellement vivantes, des genres Succinea, Helix, Pupa, 
Clausilia et Pisidium et de quelques autres encore. Je n'ai pas cru, a cause du 
peu d'intcret qu'offre cetle petite population bien connue, devoir en laire Tohjct 
d'un memoirc particulier, qui serai t venu prendre place apres celui-ci. 

(2) V. Ed. Lartet, Notice sur la colline de Sansan, 1851, publiee dans l'An- 
nuaire du departement du Gers pour cettc annee, avec tirage a part. 

V. aussi notre notice De la repartition des corps organises fossiles des bassins 



— j 85 — 

pas un moindre interet et sur lesquelles aucun travail 
d'ensemble n'avait encore ete tente, lorsque j'essayai d'en 
tracer Thistoire dans la premiere edition du present 
ouvrage. 

Les coquilles fournies par les couches miocenes peuvent 
etre groupees, d'apres la nature des roches d'ou elles 
proviennent, en trois series bien caracterisees : la premiere, 
celle des argiles et des marnes, n'offre que des restes ayant 
appartenu a des mollusques terrestres, des genres Limax, 
Testacella, Helix , Clausilia, Pupa, Carychium et Cyclostoma. 
La deuxieme serie, propre aux sables et au gres-molasse, 
revele des especes fluviatiles, des genres Unio et Melania; 
parfois des Helices accompagnent ceux-ci. En fin, la troi- 
sieme serie, celle fournie par les calcaires, est representee 
par des especes lacustres, des genres Planorbis, Limncea, 
Paludina et Bythinia* melees a des especes terrestres telles 
que Helix, Pupa et Cyclostoma (1). 

Chaque nature de roches a done sa petite population 
coquilliere caracteristique ; mais il faut ajouter, et ceci est 
important , que les Helix des argiles sont les memes 
que ceux qui accompagnent les Unio des sables , et 
que ces Helix, ainsi que les Cijclostoma, sont encore les 
memes que Ton rencontre dans les calcaires avec les 
Planorbis et les Lrimncea. Dans leur ensemble, comme cela 
a lieu pour les fossiles de l'embranchement des animaux 
vertebres, ces trois groupes ne constituent en realite qu'une 
seule faune malacologique particuliere au terrain miocene 
d'eau douce sous-pyreneen, et caracterisant une meme 

de la Garonne et de I'Ariege, 1861, dans les Mem. de I' Ac. des Sc. de Toulouse? 
ser. 5, t. 5, p. 125 et suiv. 

(1) V. Ed. Lartet, Notice geologique, dans l'Annuaire du Gers, pour 1839 



— 180 — 

epoque geologique pendant la duree de la periode tertiaire. 

Nulle part des coquilles marines ne se sont montrees 
melees a celles-ci (1); on est done autorise" a conclure que 
les couches qui recelent exclusivement les coquilles ter- 
restres, fluviatiles et lacustres, ont 6te d^posees sous les 
eaux douces. On est conduit a admettre, de plus , que 
les sables, les argiles et la molasse ont ete delaiss^s par 
des eaux courantes dans lesquelles auraient v6cu les Unio 
et le Melania Echeri, var. aquitanica ; que ces eaux , 
dans leurs hautes crues, s'etendaient en nappe sur les 
terres emergees avoisinant les courants, et fixaient dans le 
limon et les sables qu'elles deposaient les fossiles que nous 
y constatons. Enfin, des eaux stagnantes, lacs, marais, 
flaques, auraient en meme temps exists dans les depres - 
sions des terres Emergees, et celles-ci auraient eu une 
population de mollusques speciale. Des coquilles, dont les 
animaux vivaient sur la terre, s'y seraient melees aux 
premieres, ayant 6te apportees dans les reservoirs aqua- 
tiques par les eaux courantes qui y aboutissaient, soil 
continuellement, soit d'une maniere intermittente. 

Ge n'est guere qu'en partant de la rive gauche de la 
Garonne , en amont de Toulouse , que Ton a decouvert 
jusqu'ici des Helix et des Cyclostoma dans les argiles 
marneuses. Le Melania aquitanica apparait aux memes 
lieux ; rare dans les argiles, commun dans les sables et les 
gres-molasses, il y est accompagne par des Unio a valves 
unies ou pliss^es, ces derniers rentrant dans des types que 



1 1) Dans la Molasse coquilliere marine et les faluns marins, on trouve parfois 
tics rcstes de mammifercs terrestres et des coquilles lerrestres, fluviatiles et 
Incustrcs ; ceux-ci furcnt abandonnes le long du littoral oceanique par les cou- 
rants sous-pyreneens qui y trouvaient leurs affluents; ce sont la des depots que 
les geologues ont appeles des deptits d' embouchure. 



— 187 — 

n'offre point actuellement Pancien monde et qui sont 
particuliers aux grands fleuves de PAmerique du Nord. 
De ce point , ces memes coquilles sont caracteristi- 
ques de la plupart des depots molassiques de toute la 
Gascogne. 

Quant aux calcaires, si interessants a cause des nom- 
breuses coquilles fossiles qu'ils fournissent, ils varient par 
leur couleur, tantot blanche ou legerement rosee, tantot 
grise ; leur durete est aussi fort diverse. Disposes par 
assises, superposes horizontalement, ils forment des bancs 
souvent d'une puissance de plusieurs metres d'epaisseur, 
separes entre eux par des argiles, des sables et des gres 
plus ou moins tendres. Comme la resistance des calcaires 
est, en general, plus considerable que celle des roches qui 
les separent, il en resulte, sur les escarpements qui sur- 
montent les valines, des entablements et des retraits qui 
permettent de suivre souvent ces sortes d'horizons sur une 
longue etendue. Ce sont ces termes, calcaires et molasses, 
repetes plusieurs fois dans certaines localites, et marquant 
seulement Page relatif des diverses couches qui les 
composent, que certains geologues ont indiques comme 
■ constituant autant d'6tages geognostiques distincts, mais 
i que la conformite des fossiles nous fait considerer comme 
! appartenant a des ages successifs d'une seule et meme 
periode geologique. 

La ou ces alternances se montrent, on voit les calcaires 
former, sur les hauteurs qu'ils couronnent, des plateaux a 
niveau horizontal, et, le long des escarpements, chaque 
zone de calcaire constitue une sorte de corniche facile a 
constater. Telle est la bande qui de Boudou, pres de 
Moissac (Tarn-et-Garonne), se continue le long des basses 



— 188 — 

collines qui limitent, a droite, la vallee de la Garonne, en 
passant par Agen, jusqu'au-dela d'Aiguillon. 

Au-dessus de ce niveau, et sur le second plan des 
hauteurs, en arriere de celles dont il vient d'etre question, 
les memes faits se reproduisent, et ainsi plusieurs fois de 
suite. Sculement, les zones molassiques, interposes entre 
les bancs de calcaire, deviennent d'autant moins puis- 
santes que Ton s'eleve davantage. 



En me contentant d'enumerer, plus haut, le genre de 
coquilles particulier aux diverses roches miocenes, je me 
suis reserve de revenir sur les faits de stratigraphie les plus 
importants que ces fossiles peuvent offrir dans leur distri- 
bution. 

Un mot, d'abord, de leurs rapports avec la faune 
actuelle : a F exception de quatre especes des plus petites, 
provenant de Sansan, les Helix pulchclla et rotundata, le 
Pupa triplicata et le Carychium minimum, dont l'identitc 
avec les especes vivantes, portant les memes denomina- 
tions, nous parait incontestable, toutes ont cesse d'exister, 
et ont suivi, par consequent, le sort de la faune des mam- 
miferes, des oiseaux, des reptiles et des poissons, qui ont 
laisse de nombreux restes dans les m6mes couches. 

Nous avions pense, en 1854, qu'a part V Helix Ramondi, 
dont Thabitat a une aire si etendue, toutes les coquilles de 
notre miocene lui etaient propres. Des determinations plus 
rigoureuses, obtenues a Paide de meilleurs exemplaires, et 
de nombreux termes de comparaison, provenant des gise- 
ments les mieux etudies, ont modifie nos premieres con- 
clusions. Nous avons re'ellement plusieurs especes identi- 



- 189 — 

ques avec des types des terrains tertiaires moyens , Soit de 
Prance, soit d'Allemagne. 

Gette identite m'a permis d'etablir les rapports paleon- 
tologiques et geologiques , a la fois, qui existent entre 
des bassins sou vent fort eloignes ; c'est la un des resultats 
les plus interessants de mes perse verantes recherches. 

En France, le terrain d'eau douce miocene sous-pyre- 
neen a, en commun avec celui de Paris, les especes 
suivantes : Helix lucbardezensis, Noulet ; Helix Moroguesi, 
Brongniart; Helix Lartetii, Boissy; Helix Ramondi, Bron- 
gniart; Planorbis cornu, Brongniart; Planorbis declivis, 
Braun; Limncea pachyg aster , Thomas, var. dilatata , Nou- 
let; Limncea girondica, var. urceolata, Noulet; Cyclostoma 
elegans-antiquum, Brongniart ; Cijclostoma Lartetii, Noulet ; 
Bythinia aturensis, Noulet. 

Avec le miocene de la Touraine : les Helix subtrocho'ides, 
d'Orbigny ; Planorbis cornu; Cyclostoma Lartetii; Melania 
Echeri, var. aquitanica, Noulet. 

Avec celui du bassin de Narbonne : les Helix Ramondi; 
Helix Tournalii, Noulet ; Planorbis cornu ; Limncea pachy- 
gaster. 

Avec le miocene d'Allemagne : les Helix oxystoma* 
Thomse ; Helix obtusecarinata , Sandberger ; Helix Leyme- 
rieana, Noulet; Helix girondica, Noulet; Clausilia maxima, 
Grateloup; Planorbis cornu; Planorbis declivis; Planorbis 
Lartetii; Limncea subpalustris, Thomas; Limncea girondica, 
var. urceolata; Melania Echeri, var. aquitanica; Melanop- 
sis Kleini, Kurr; Cyclostoma elegans-antiquwn ; Bythinia 
aturensis. 

Dans la distribution stratigraphique des coquilles a tra- 
vers Pepaisseur du miocene sous-pyrene'en, on peut etablir 



— 190 — 

les deux groupes suivants : le premier, qui comprend 
toutcs celles qui se rencontrent dans les couches les plus 
profondes et, conse'quemment, les plus anciennes, se com- 
pose des Helix Ramondi ; Helix oxystoma ; Helix Bartayre- 
sii; Helix frontonensis ; Helix villaudricensis ; Helix Tour- 
nali; da'Planorbis cornu; du Limncea pachygaster et de 
ses varietes ; du Cyclostoma elegans-antiquum. Le second 
comprend la liste, bien plus nombreuse, des especes qui 
remontent jusqu'aux couches les plusrecentes de cette for- 
mation, ou elles sont accompagne^es par les especes suivan- 
tes, qui lui sont communes avec le premier groupe; cc 
sont : le Planorbis cornu, le Limncea pachygaster et le 
Cyclostoma elegans-antiquum. 

En choisissant deux especes du genre Helice pour carac- 
teriser les couches les plus anciennes et les couches les 
plus recentes de notre miocene, com me les auteurs 
allemands Font fait, nous aurons pour les premieres, et 
avec eux, V Helix Ramondi, et, pour les secondes, VHelix 
Lartetii, qui rappelle, par sa forme et sa taille, VHelix 
sylvana, Klein, qu'ils ontadopte*. 

Ce que nous avons dit de Fhabitat des coquilles est 
applicable a celui des restes osseux des animaux vertebres 
retires des me'mes couches ; de ceux-ci, les plus nombreux 
etaient terrestres , — les Mammiferes en entier et certains 
Reptiles, — tandis que d'autres appartenaient aux eaux 
douces, soit courantes, soit stagnantes — Reptiles et Pois- 
sons. 

Les plaines Emerge" es de la region sous-pyreneenne, 
continuellement exhauss^es, eurent done, pendant tout 
le temps que la formation miocene d'eau douce mit a se 
pfoduire , leurs mammiferes et leurs reptiles terres- 



__- 191 — 

tres (1), tandis que les eaux douces courantes, qui les 
traversaient pour aboutir a la mer , etaient peuplees de 
poissons , de crocodiles et de tortues , — Emydes et 
Trionyx. — Les eaux tranquilles avaient aussi leurs 
habitants. 

Les mammiferes herbivores que cette population revele, 
infiniment plus nombreux que les carnassiers, temoignent 
en faveur de Pidee que Ton se fait, a priori, de l'etat 
luxuriant de la vegetation sous-pyreneenne durant cette 
periode, alors que les eaux, a peine contenues dans leurs 
lits peu profonds et a pentes insensibles, parcouraient len- 
tement des solitudes abandonnees aux seules lois de la 
nature. Nous n'avons eu, neanmoins, a y constater que la 
presence d'un nombre restreint de types vegetaux, qui, 
pour les genres, peuvent appartenir a des groupes encore 
existants, mais qui sont tous distincts des especes ac- 
tuelles (2). 



(1) Les chaines de montagnes et les simples collines qui bornaient la contree 
sous-pyreneenne, celle-ci relativement tres-basse, avaient certainement aussi 
leurs populations animales, et les eaux qui en descendaient devaient entrainer 
leurs depouilles solides qui se melaient a celles des animaux de la plaine. II 
arrivait done alors ce qui se produit de nos jours. 

(2) Dans notre etude De quelques plantes fossiles, de Vdge miocene, decou- 
rertes pres de Toulouse, publiee dans les Mem. de TAcad. des Sc. de cette 
ville, en 1865, j'ai signale les especes suivantes que m'avaient fournies les gise- 
men s de Venerque et de Grepiac (Haute-Garonne) : Phragmites ? provincialis , 
Saporta 5 Sabal hceringiana, Unger ; Phcenicites spectabilisj, Unger 5 Betula 
Dryadum, Ad. Brongniart : Salix varians, Gjepp. ; Carpinus grandis, Unger 5 
Ulmus Bronnii, Unger ; Cinnamomum spectabihj, Heer 5 Cinnamomum Scheuch- 
zerij Heer ; Cinnamomum polymorphum, Heer ; Cinnamomum lanceolatum, 
Heer; enfia des empreintes, qui ne nous ayant pas permis des determinations 
specifiques, nous ont semble revenir aux genres Myrica, Acer et Pyrus. 

Les couches d'argile a petits ossements de Sansan, et celles argilo-calcaires, a 
Helices, de la vallee du Gers, avaient fourni abondamment a M. Ed. Lartet 
des noyaux de fruits que j'ai retrouves dans le calcairede Toujet (Gers). Je les 
signalai en 1861, dans mon etude De la repartition des corps organi.es fossiles 



192 

Le temps que necessita le delaissement des troubles se'di- 
mentaires par les eaux fluviales et lacustres, troubles qui 
finirent par combler en partie la depression sous-pyre- 
neenne, a la suite de la derniere grande dislocation subie 
paries Pyrenees (I), dut avoir une tres-longue duree, vu 
la puissance des couches miocenes accessibles a nos inves- 
tigations directes ; et il n'est pas douteux qu'il ne faille y 
r£unir une grande part, au moins, des couches analogues a 
celles qui nous sont connues, et que les sondages art^siens, 
executes a Toulouse et a Agen, ont revelees. 

Durant la periode que ces sediments mirent a se de- 
poser, rien ne semble avoir interrompu leur lente forma- 
tion, ni leur disposition premiere. Nulle part, comme nous 
Tavons etabli, les couches qui les constituent n'ont ete 
derangees de leur position normale, que nous avons dit 
avoir ete la position horizontale et parallele par rapport 
les unes aux autres, si bien qu'aucune revolution n'est 
venue, meme depuis la fin de Pepoque miocene, modifier 
cet etat de choses. 

Pendant cette longue duree, la faune du miocene ne 
persista pas la meme, tant s'en faut; elle se modifia, on 



des bassins de la Garonne et de I'Ariegej sous la denomination vague de Car- 
polilhes Larleli. Je pense qu'ils appartiennent, et e'est aussi 1'opinion de plusieurs 
paleontologistes, au genre Celtis. 

(1) On congoit aisement que, tandis que le relief des Pyrenees avait lieu par 
le redressement de couches auparavant horizontales, cclles-ci sMnclinaient en 
sens contraire au pied de la chaine et y produisaient une vaste depression, ou 
les eaux affluerent des lieux les plus eleves, y entrainant les materiaux qui 
lendirenl a la combler de plus en plus. Ainsi, les Pyrenees etaienl depouillees 
au profit de la region sous-pyreneenne. Get etat ne cessaqu'a la fin de la periode 
miocene, ou a leur tour les couches sous-pyreneennes furent erodees par les 
eaux, ce qui changea rapidement l'etat orographique de cette contree. L'elat 
actuel, avec les erosions continuelles qui en son I. la suite necessaire, n'est que 
la continuation de ce point de depart. 



- 193 - 

peut le dire, continuellement, sans cesser neanmoins d'etre 
une. Ge fait interessant resulte de la repartition des 
especes qui la composent. On voit qu'a mesure que Ton 
s'eleve des couches les plus infe'rieures aux plus hautes, 
certains types s'eteignent pour ne plus se montrer, 
en meme temps que d'autres types qui les accompa- 
gnaient se presentent au-dessus ; mais ceux-ci disparais- 
sent a leur tour, tandis que certains de leurs contemporains 
persistent, et ainsi de suite jusqu'a ce qu'on arrive aux 
couches les plus superficielles. En un mot, il y a apparition 
et disparition successive d'especes, sans aucune de ces 
interruptions brusques qui auraient produit des hiatus 
dans la serie ; ce sont des extinctions et des renouvelle- 
ments partiels qui s'operent de facon a presenter une faune, 
frequemment rajeunie si Foil veut, mais jamais complete- 
ment interrompue , si bien qu'a la fin nous n'y rencon- 
trerons meme plus les representants des couches les plus 
profondes, qui sont aussi les plus anciennes (1). 

Pendant la suite de temps qu'il fallut pour deposer en 
deca des Pyrenees, dans les couches du miocene d'eau 
douce, la population eteinte qui nous occupe, se produisit 
done le fait mysterieux que les paleontologistes ont cons- 
tate dans la serie entiere des sediments fossiliferes qui 
entrent dans la composition de Pecorce solide de la terre, 
a savoir que des types organiques furent detruits, et qu'ils 
le furent a jamais, tandis que de nouveaux types faisaient 
leur apparition, se maintenaient pendant une periode plus 



(1) Qu'il hous soit permis de renvoyer de nouveau nos lecteurs au tableau 
par ordre de superposition que nous dressames, en 1861, desfossilesdu miocene 
sous-pyreneen, d'apres les gisements des bassins de la Garonne et de l'Ariege : 

De la repartition stratigraphique des corps organises fo&siles. 

44 



— 194 ~ 

ou moins longue, et finissaient par cesser d'exister a leur 
toiir. 

II y a done des esp&ces particulieres a certaines zones, 
representant divers ages, qui sont, ainsi qu'on a eou- 
tume de le dire, caracteristiques de leur anciennete rela- 
tive (I). Gela est si vrai que Ton peut conclure, d'apr&s la 
connaissance des fossiles seulement, que telles zones 
appartiennent a un meme niveau, ou sont tantot inferieures 
et tantot superieures les unes aux autres; ce qui permet 
d'etablir entre des terrains souvent fort eloignes, et alors 
que toute connexion directe manque entre eux, le synchro- 
nisme qui les rattache a une epoque identique dans la vie 
du globe terrestre. 

G'est cette conformite de faune que nous avons deja 
invoqu^e pour rapprocher les especes fournies par les cou- 
ches de notre terrain tertiaire moyen de celles du meme 
terrain, soit en France, soit hors de France. 

La continuity dans le temps de cette faune une fois 
etablie, nous arrivons a cette consequence qu'il n'y eut 
point de halte zoologique du cot£ de la France, au pied des 
Pyrenees, pendant la duree de la periode miocene. II n'y 
eut pas , en effet , d'interruption violente dans la depo- 
sition des sediments qui ont fixe les restes des animaux 
qui la composent, ce que prouve d'une maniere eridente 



1) Les collines miocenes les plus rapprochees du pied des Pyrenees donnent 
jusque bien au-dela de400 metres d'altitude au-dessus de la mer. Le niveau du 
lit de la Garonne, a Marmande, qui est creuse dans la molasse miocene etanl 
reduit a 10 met., il en resulte qu'en supposant la eontinuite de la formation 
d'eau douce entre ces deux termes, celle-ci fournira une tranche de 390 met. 
A cette epaisseur, il faudrait ajouter peut-etrc en totalite les 230 metres, par- 
courus par le sondage dans la molasse d'eau douce a Toulouse. Le sondage 
Imtea Agcn arriva a 170 met. de profondeur dans cette memo, molasse, ou dans 
des couches qui semhleraient devoir lui revenir. 



- 195 - 

la disposition normale , que nous avons dit etre la dis- 
position horizontal , conservee par les couches que ces 
sediments constituerent. On ne peut done etablir des Stages 
paleontologiques et consequemment geologiques, dans les 
depots stratifies, que de simples differences d'altitude et, 
par suite, d'age separent. 

Notre terrain miocene, tant par Paire qu'il occupe que 
par sa puissance, est un des plus grands exemples a citer 
de ces formations deposees sous les eaux douces, revelees, 
dans les premieres annees de ce siecle, au monde savant 
par la sagacite de Cuvier et de Brongniart. Ailleurs, il est 
souvent arrive que, pendant la formation de depots simi- 
laires par leur age et par leur origine fluviale et lacustre, 
des interruptions se produisaient, et qu'un ou plusieurs 
points d'arret, brusques et defmitifs, interrompaient leur 
developpement. La serie des couches restait ainsi plus ou 
moins incomplete, et la faune miocene n'y e*tait alors 
qu'imparfaitement representee. 

La date geologique de l'apparition du terrain miocene 
sous-pyreneen est facile a preciser : il n'y a, pour ce faire, 
qu'a remonter a la grande perturbation qui eut pour 
resultat le dernier soulevement general des Pyrenees, celui 
qui a donne a la chaine entiere son relief principal et sa 
direction definitive, perturbation qui interrompit brusque- 
ment la continuation des depots eocenes. Alors se pro- 
duisit, au pied de cette chaine, au nord, par Feffet de 
Pinclinaison des strates releves d'un cote* et inclines de 
Fautre, une grande depression que des eaux douces vinrent 
occuper, et que les troubles de eelles-ci tendirent de jour 
en jour a combler. Or, comme ces sediments post-pyre- 
neens ont conserve leur horizontalite- primitive, il faut en 



- 196 - 

conclure qu'ils sont posterieurs en date a ceux sur lesquels 
ils s'appuient en stratification discordante, car, s'ils eussent 
existe en meme temps que ceux-ci, ils auraient infaillible- 
ment perdu commeeux leur position normale, et auraient 
fait partie, avec eux, du relief des Pyrenees. La pe>iode 
miocene fut done ici une periode de calme succedant a 
de profondes convulsions. 

En cherchant a comprendre ce qui se passa pendant que 
le miocene se deposait, on y voit FefFet de grandes crues, 
se repetant a des intervalles que rien ne permet de preciser, 
distribuant leurs alluvions terreuses sur ce vaste espace 
qui prend ainsi, apres chacune de ces crues, une altitude 
plus elevee. Ces phenomenes, qui purent se compliquer de 
debacles survenues dans les Pyrenees nouvellement dislo- 
quees, se seraient produits a la maniere des grandes 
inondations de notre temps, facility qu'ils etaient par 
Fetat de la surface du bassin sous-pyreneen, ofFrant alors 
une vaste plaine a peine ondulee, et ne presentant que 
de faibles pentes vers FOcean, comme le demontre la 
legere inclinaison generale indiquee par les strates qui 
Foccupent. 

Ainsi, Fetat actuel de cette region ne peut donner une 
idee exacte de celui qu'elle presentait dans les temps 
ge'ologiques, que tout autant que, par la pensee, on a 
comble les innombrables vallees d'erosion qui la sillon- 
nent, en continuant d'en faire un pays de jour en jour plus 
profonde'ment accidents. 



- 197 - 
II. DESCRIPTION DES ESPEGES. 



Genre L.IMAX. 

t. LIU AX LARTETII. 

Limax Lartetii, Dupuy, Journ. de conchyl, 1850, t. I, 
p. 301, pi. 15, fig. 1, — Noulet, Mem. cit, 1854, p. 69. 

Testa sat crassa, ovato-oblonga, antice emarginata, postice 
rotundata, supra convexa, concentrice irregulariterque striata, 
centro anterius sito, subtus subplana, rugosiuscula, in medio vix 
concava; margine subretuso, dextrorsum convexiusculo, antice 
subangulato, sinistrorsum subrecto. 

Coquille assez epaisse, ovale-allongee, echancree anterieure- 
rement, posterieurcment arrondie, convexe en dessus et pre- 
sentant des stries irregulieres ovales et concentriques, le point 
central rapproche de l'extremite anterieure, la face inferieure 
presque plane, legerement rugueuse, un peu concave dans sa 
partie moyenne ; marge un pen retuse, a peine courbee en 
arc du cote droit, anguleuse vers le sommet, presque droite 
ou concave du cote gauche. 

Longueur 4-6 mill. 

Largeur 2-4 mill. 

Epaisseur 1 £-1 { mill. 

Localites : — Les lits d'argile a petits ossements, a Sansan 
(Gers), C. 

Genre TESTACELLA. 
1. TESTACELLA LARTETII. 

Testacella Lartetii, Dupuy, Journ. de conchyl., 1850, 
p. 302, pi. 15, fig. 2. — Noulet, Mem. cit., 1854, p. 70. — 
Gassies et Fischer, Monogr. du genre Testacelle, 1856, p. 40, 
pi. 11, f. 2. 



— 198 - 

Testa sat crassa, ovato-oblonga, auriformi, antice vioc latiore, 
supra convexa, irregulariter striata; spirm rudimento exserto ; 
apertura amplissima, ovata, postice subangulata ; margine colu- 
mellari crasso, rotundato, subreflexo, altero vix subacute 

Coquille assez epaisse, ovalo-allongee, auriformc, a peine 
plus elargic en avant, convexe en dessus et regulierement 
striec ; rudiment de la spire saillant ; ouverlure tres-ample, 
ovale, presque anguleuse a son extremite posterieure ; bord 
columetlaire epais, arrondi, comme reflechi en dessus, le 
bord oppose un peu tranchant. 

Longueur 6-7 mill. 

Largeur 3-4 mill. 

Hauteur 2 mill. 

Localites : — L'argile friable a petits ossements, a Sansan 
(Gers),R. R. 

L'exemplaire de ma collection, qui a servi aux dessins de MM. Gassies 
et Fischer, est un peu plus grand que celui qui a servi a la description 
de M. l'abbe Dupuy ; le rudiment de la spire est aussi un peu moins 
preeminent que le represente la figure citee du Journal de conchy- 
liologie. 

Genre HELIX. 

1. HELIX OXYSTOMA. 

Helix oxystoma, Thomse, Nass. Jahr. II. S, 4 36, T. Ill, 
f. 1. — Sandberger, Die conchy 1. des mainzer tcrt., 4863, 
p. 26, f. 9. — Helix depressa, v. Martens bei v. Zieten Verst, 
Wiirtcmberg, 1830, S. 38, T. XXIX, f. 6, non Bouillet, nee 
Grateloup. — Helix aginensis , Noulet , Mem. cit., 1854, 
p. 71. 

Testa turbinato-globosa vel conoidea, supra elevata obtusata- 
que, tenuissime striatula, subtus subplanata, imperforata ; an- 



- 199 - 

fractibus 4 |- — 5 convexiusculis, ultimo deflexo, obtuse carinato ; 
apertura valde obliqua, compressa; peristomate expanso, reflexo, 
marginibus callo junctis ; margine columellari lamelloso, plus 
minusve gibboso. 

Nucleo stricte umbilicato. 

Coquille turbinee-globuleuse ou conoide, elevee en dessus 
ot obtuse, finement striee, presque plane en dessus, imper- 
foree ; tours 4 | a 5 tres-peu convexes, le dernier inflechL 
obtusement carene ; ouverture tres-oblique , comprimee ; 
peristome ouvert et reflechi, bords reunis par un calus mince, 
le columellaire lamelleux, plus ou moins gibbeux. 

Moules interieurs avec un ombilic tres-etroit. 

Hauteur \\ -13 mill. 

Diametre 14-17 mill. 

Localites : — Les calcaires blancs inferieurs de l'Agenais, a 
Agen, aPuymirol, a Saint- Julien-de-Fargues, a Vianne, a 
Nerac, a Lavardac (Lot-et-Garonne) , C; a Malause et a 
Boudou, presde Moissac, a Auvillars, aBourret (Tarn-et~ 
Garonne), R. 

8. HELIX OBTUSECARirVATA. 

Helix obtusecarinata , Sandberger , Mainzer Becken , 
p. 25. — Helix Rothii, Reuss, Pala?ontograph. II, t. II, 
f. 1-2. 

Testa discoidea, supra subdepressa, obtusa, oblique striata, 
subtus convexa, imperforata ; anfractibus 5 subconvexis, pau- 
latim accrescentibus, ultimo obtuse carinato ; apertura ovata ; 
peristomate reflexo. 

Coquille discoide, pen elevee en dessus, a sommet obtus, 
obliquemcnt striee, convexe en dessous, imperforee ; tours 5 
legerement convexes, graduellement developpes, le dernier 
avec une carene obtuse ; ouverture ovale ; peristome 
reflechi. 



- 200 - 

Hauteur 12 mill. 

Diametrc 20 mill. 

Localites : — Le calcaire blanc, a Agen (Lot-et-Garonne) , 
R. R. R, 

Je ne possede de cette coquille qu'un seul exemplaire, que M. le pro- 
fessseur Sandberger a reconnu etre identique a son espece du miocene 
inferieur de la Boheme. 

3. HELIX FRONTONENSIS. 

Helix frontonensis, Noulet, Coq. foss. nouv., 1857, p. 19. 

Testa subgloboso-depressa, supra plus minusve elevata, stria- 
tula, subtus convexiuscula, imperforata; anfractibus 6-7 pau- 
latim accrescentibus , convexiusculis , ultimo rotundato , ad 
aperturam deflexo; apertura obliqua, stride ovata; margine 
continue* vet subcontinuo ; peristomate reflexo. 

Coquille subglobuleuse-deprimee, plus ou moins bombee 
en dessus, finement striee, peu convexe en dessous, imper- 
foree; tours 6-7 progressivement developpes, le dernier 
arrondi, anterieurement inflechi ; ouverture oblique, ovale- 
etroite ; marge continue ou subcontinue ; peristome reflechi. 

Hauteur 12-13 mill. 

Diametre 18-20 mill. 

Localites : — Les argiles marneuses, a Fronton, a Villau- 
dric, a Villemur, dans la vallee du Tarn (Hauto-Garonnc) , 
C. C. C; aRoquemaure (Tarn), R.; a Dieupentale, dans 
la vallee de la Garonne (Tarn-et-Garonne) , C. 

4. HELIX VILLAUDRICENSIS. 

Helix villaudricensis, Noulet, Nov. sp., 1868. 

Testa crassa, subgloboso-depressa, ovata, striata, imperforata ; 
anfractibus 5 convexiusculis, ultimo ante aperturam multo 



- 201 - 

majore, rotundo ; apertura ovato-oblonga, parum angulata ; 
margine columellari bidentato; dentibus crassis; peristomate 
recto. 

Coquille epaisse, subglobuleuse-deprimee, ovale, striee, 
imperforee ; tours 5 peu convexes, le dernier beaucoup plus 
grand en arrivant a F ouverture, arrondi ; ouverture ovale- 
oblongue, peu anguleuse ; bord columellaire bidente; dents 
epaisses; peristome droit. 

Hauteur 42 mill. 

Diametre 30 mill. 

Localites : — Les argiles marneuses, a Villaudric (Haute- 
Garonne), R. R., a Roquemaure (Tarn), R. R. R. 

Les moules interieurs de la coquille de YHelix villaudricensis sont 
etroitement ombiliqu^s; ils offrent le long de la depression produite par 
le bord columellaire deux empreintes marquant la place des deux dents 
obtuses que la coquille porte le long de ce bord. 

5. HELIX FONTANI. 

Helix Fontani, Noulet, Mem. cit., 4 854, p. 82. 

Testa ovato-subdepressa, supra parum elevata, subtus convexa, 
tenuiter striata, imperforata; anfractibus 5 convexis, ultimo 
mx majore, postice carinato, antice rotundato ; apertura parum 
obliqua, anguste ovata, lunata ; peristomate obtuso, expanso, 
reflexo; margine columellari depresso. 

Coquille ovale-subdeprimee, peu elevee en dessus, fine- 
ment striee, convexe en dessous, imperforee ; tours 5 con- 
vexes, le dernier a peine plus grand proportionnellement 
aux autres, d'abord carene, puis arrondi en avant ; ouverture 
peu oblique , etroitement ovale , lunulee ; peristome obtus, 
ouvert, reflechi ; bord columellaire deprime. 

Hauteur 45 mill, 

Diametre 22 mill. 



- 202 - 

Loealites : - Les argilcs grises, a Valentine, pres dc Saint- 
Gaudcns (Hauto-Garonne), C. 

Les coquides de cette espece ont e*te peu modifiees dans la gangue argi- 
leuse qui les recele; ge"neralement elles pr&entent une depression 
sensible a l'endroit de la carene qui semble avoir favorise cet accident. 

6. HELIX PERRISII. 

Helix Perrisii, Noulet, Mem. cit., 4854, p. 83. 

Testa ovato-subdepressa, supra subconoidea, tenuiter striata, 
subtas convexa , imperforata ; anfractibus 5 convexiusculis , 
ultimo majore, usque ad aperturam carinato ; carina antice 
obtusata; apertura obliqua, late ovata, lunata; peristomate 
acuto, reflexo ; margine columellari arcuato , depresso. 

Coquille subdeprimee, un peu conoide en dessus, finement 
striee, convexe en dessous, imperforee; tours 5 peu convexes, 
le dernier plus grand proportionnellement aux autres ; carene 
se prolongeant jusqu'a l'ouverture, obtuse en avant ; ouverture 
oblique, largement ovale, lunulee; peristome aigu, reflechi ; 
bord columellaire arque, deprime. 

Hauteur 12 mill. 

Diametre 19 mill. 

Localites : — Le calcaire , a Lucbardez (Landes), R., a 
Villandraut (Gironde), R. 

Cette belle Helice a conserve le test qui n'a ete que legerement altere. 
Elle est voisine de notre Helix Fontani, mais elle en differe par la forme 
un peu conoide de sa spire, par la carene du dernier tour qui regne 
jusqu'a l'ouverture, enfin par celle-ci bien plus large et moins ovalaire. 

9. HELIX GIRONDICA. 

Helix girondica, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 74. 

'Testa subglobosa, supra convexa, apice rotundata, striatula, 
subtus convexiuscula, imperforata ; anfractibus 5 planiusculis, 



- 203 - 

ultimo paitlum majore, plus minusve carinato ; apertura rotun- 
data, lunata; peristomate patulescente, subreflexo, labiato incras- 
satoque; margine columellari lamellato ; callo umbilicali 
dilatato. 

Typus, Noulet, 1868. — Helix splendida, Gcrateloup, Moll, 
terr. et fluv. de Dax, 1838, pi. 4, f. 4, non Draparnaud. 

Lamella labri columellaris continua. 
Var. subdentata, Noulet, 1868. 
Lamella labri columellaris antice interrupta, subdentata. 
Var. dentata, Noulet, 1868. — Helix subglobosa, Grate- 
loup, 1. c. pi. 1, f. 4. 
Lamella labri columellaris antice interrupta, dentata. 

Coquille subglobuleuse, convexe, arrondie en dessus, fine- 
ment striee, peu convexe en dessous, imperforee; tours 5 
presque planes, le dernier proportionnellement un peu plus 
grand, plus ou moins carene dans toute son etendue ; ouver- 
ture arrondie, lunulee par l'avant-dernier tour; peristome un 
peu evase, a peine reflechi ; bord columellaire lamelle ; calus 
ombilical dilate. 

Type : Lamelle du bord columellaire continue. 

Var. sous-dentec : Lamelle du bord columellaire inter- 
rompue en avant et a peine denteo. 

Var. dentee ; Lamelle du bord columellaire interrompue 
en avant et dentee. 

Hauteur J 0-1 2 mill. 

Diametre 13-15 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Saucats, a Belizac pres de 
Villandraut (Gironde) , C. ; le tuf lacustre des faluns 
jaunes, a Mendillot pres de Dax (Landes), R. 

M. le professeur Sandberger m'a communique des exemplaires du type 
de cette espece, provenant du calcaire a Corbicula, d'Oberrat, pres de 
Francfort. 



204 



8. HELIX LUCBARDEZENSIS. 

Helix variabilis var., Grateloup, Moll. terr. et fluv. do 
Dax, 1838, pi. 1 , f. 6, non Auctomm. — Helix lucbardezensis, 
rvouict, Mem. cit., 1854, p. 74. — Helix Tristani, Des- 
hayes, Descript. des anim. s. vert. Paris, 1864, t. II, p. 811, 
pi. 49, f. 35-38, non Brongniart, nee Deshayes, olim. 

Testa subglobosa, supra subconica, striatula, subtus convexius- 
cula, vix rimata; anfractibus 6 convexiusculis, sensim fere 
accrescentibus, ultimo vix major e, postice carinato, antice rotun- 
dato ; apertura parum obliqua, ovata, lunata ; peristomate 
obtuso, vix reflexo; margine columellari crasso, reflexiusculo, 
ad rimam dilatato. 

Coquille subglobuleuse, conique en dessus, peu convexe en 
dessous, fmement striee, offrant a peine l'indication d'une 
fente ombilicale ; tours 6 legerement convexes, s'accroissant 
presque uniformement, le dernier a peine plus grand, carene 
d'abord et arrondi en avant; ouverture peu oblique, ovale, 
lunulee ; peristome obtus, reflechi ; bord columellaire epais, 
peu reflechi en dehors et dilate au-dessus de la fente ombi- 
licale. 

Hauteur 7 mill. 

Diametre 10 mill. 

Localites : — Le calcaire lacustre, alternant avec des depots 
sous-marins, a Lucbardez (Landes), R.; le calcaire, a 
Sansan (Gers), R. R. 

L' Helix Tristani, tel que M. Deshayes le comprend aujourd'hui, a ete" 
etabli d'apres des moules interieurs provenant du miocene de l'Orleanais 
qui reviennent a notre Helix lucbardezensis, ainsi que je le de"montrerai 
plus loin, dans les observations qui accompagneront la description de 
Y Helix Moroguesi de Brongniart. 



— 205 — 

9. HELIX LAURILLARDIANA. 

Helix Laurillardiana, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 72. 

Testa subgloboso-depressa, supra convexiuscula vet subplana, 
striata, subtus concava, umbilicata ; anfractibus 6 convexiusculis, 
gradatim fere accrescentibus, ultimo rotundato, ad aperturam 
dilatato ; apertura subovata, parum lunata ; margine columel- 
lari haud reflexo. 

Coquille subglobuleuse-deprimee, legerement convexe en 
dessus, ou presque plane, striee, concave en dessous, ombi- 
liquee ; tours 6 peu convexes, graduellement developpes, le 
dernier arrondi, sensiblement renfle vers l'ouverture; celle-ci 
subovale, peu echancree par le dernier tour ; bord columel- 
laire non reflechi sur I'ombilic. 

Hauteur 3-5 mill. 

Diametre 8-9 mill. 

Localites : — Le calcaire compacte et l'argile a petits osse- 
ments, a Sansan, R. Les argiles marneuses, a Seissan, a 
Ornezan (G-ers), C ; au Bois-de-la-Pierre (Haute-Garonne) , 
R. 

Ce type est rapproche de YHelix osculum var. depressa du miocene 
inferieur d'Allemagne, mais il s'en distingue par sa taille plus petite el 
son ombilic ouvert. 

fO. HELIX TOURNALII. 

Helix Tournalii, Noulet, Journ. de conchyl., 4856, p. 487, 
pi. 7, f. 4 4-43, et De l'age geol.de la formation de Nar- 
bonne, etc., 4858, p. 44. — Helix Coquii, de Boissy, Magas. 
de zool., 4844, p. 8, t. 88, f. 4-3, non Brongniart. — Helix 
moyssiacensis , Noulet, Coq. foss. nouv. , 4857, p. SO (quoad 
nucleos.) 

Testa crassa, globoso-depressa ml elevata, supra convexa, 
irregulariter sat late striata, prmsertim ad suturas, subtus 



- 206 - 

planata ; anfractibus 5-6 rotundatis, sutura profunda separatis, 
■ultimo maximo, ad apcrturam constricto ; apertura rotunda, 
vel plus minusve ovata ; peristomate continuo, crasso, vix reflexo ; 
marginibus callo junctis. 

Coquille epaissc, globuleuse-deprimee ou plus ou moins 
elevee, convexe en dessus, irregulierement et assez large- 
ment striee, surtout touchant aux sutures, plane en dcssous ; 
tours 5-6 arrondis, separcs par une suture profonde, le der- 
nier plus grand, resserre pres de Fouverturo ; celle-ci arrondio 
ou plus ou moins ovale ; peristome continu, epais, a peino 
reflechi ; bords u'nis par un calus. 

Hauteur 10-15 mill. 

Diametrc 12-48 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Vianne, a Nerac (Lot-et- 
Garonne) , R., R. ; a Malausc , a Savenes (Tarn-et- 
Garonne), R. ; les argiles marneuses, a Roquemaure 

(Tarn),R. 

Ainsi que dans les vallees de la Garonne et du Tarn, cette espece 
aceompagne Y Helix Ramondi dans le bassin de Narbonne, ou elle abonde, 
avec le test spatifie et a l'^tat de moules interieurs, ce qui nous a perm is 
de lui attribuer les moules semblables trouv^s dans les localites ou la 
coquille fait completement d^faut. II existe une telle difference entre les 
deux etats de ce meme fossile, qu'on les croirait caracteriser deux types 
eloignes ; de la mon Helix moyssiacensis, qui se rapporte aux moules 
interieurs seulement. 

Geux-ci sont profondement ombiliqufe ; les tours sont separes par 
une tres-large suture ; le dernier est Increment inflechi anterieure- 
ment. La partie corrcspondant a 1'ouverture est un peu oblique, ovale 
arrondie; celle qui correspond au peristome est refle'ehie, avec une 
large et profonde depression a la place du bord columellaire qui se con- 
tinue jusqu'a I'ombilic. 



— 207 — 

11. HELIX DEUPESII. 

Helix Deupesii, Woulet, Mem. cit., 1854, p. 86. 

Testa subglobosa, supra subtusque parum convexa, tenuis- 
sime striata, imperforata; anfractibus 6 convexiusculis, ultimo 
vix major e, rotundato, summo ad aperturam inflexo ; apertura 
valde obliqua, ovata, vix sublunata ; peristomate continuo, 
crasso. 

Coquille subglobuleuse, peu convexe sur les deux faces, 
fmement striee, imperforee ; tours 6 peu convexes, le dernier 
a peine plus grand proportionnellement aux autres, arrondi , 
reflechi a sa terminaison vers 1'ouverture; celle-ci tres-oblique, 
ovale, a peine lunulee ; peristome continu, epais. 

Hauteur 10 mill. 

Diametre 4 6 mill. 

Localite : — Le calcaire, a Lavardens (G-ers), R. R. 

Je n'ai encore eu cette Helice, fort distincte de YHelix vasconensis par 
sa forme plus bombee, que du calcaire lacustre blanc et compacte, a 
Mastodon angustidens, qui domine le bourg de Lavardens. 

IS. HELIX PLLCHELLA. 

Helix pulchella, Draparnaud, Tabl. des moll., 4804, 
p. 90. — Dupuy, Moll, du Gers, 4843, p. 97, et Journ. do 
concbyl., 1850, t. I, p. 305. — Helix pulchella-fossilis, 
Nouiet, Mem. cit., 1854, p. 87. 

Testa subdepressa, supra planiuscula, subtus convexiuscula, 
levi, late umbilicata ; anfractibus 4-5 convexiusculis, ultimo 
majore, rotundato ; apertura circulari ; peristomate tereti, 
incrassato, reflexo ; marginibus valde approximatis . 

Coquille subdeprimee, legerement aplatie en dessus, con- 
vexe en dessbus, lisse, largement ombiliquee ; tours 4-5 assez 
convexes, le dernier un peu plus grand proportionnellement 



- 208 - 

aux autrcs ; ouvcrture circulairc ; peristome arrondi, epais, 
reilechi ; bords tres-rapproches Tun de Fautre. 

Hauteur 4-4 { mill. 

Diametre. . 2-2 f- mill. 

Localite :-— L'argile a petits ossements, a Sansan (Gers), C. 

13. HELIX ROTUNDATA. 

Helix rotundata, Miiller, Verm, hist., 1774, t. II, p. 29. — 
Helix costata, Dupuy, Journ. de conchyl., 4850, 1. 1, p. 305, 
non Mttiier. — Helix rotundata-fossilis , Woulet, Mem. cit., 
4654, p. 88. 

Testa subdepressa, supra subtusque convexiuscula, regulariter 
striato-costulata, latissime umbilicata ; anfractibus 6-7 con- 
vexiusculis, paulatim accrescentibus, ultimo majore, plus minusve 
subcarinato ; apertura haud obliqua , subrotundato-lunata ; 
peristomate simplici, recto, acuto. 

Coquille subdeprimee, legerement convexe en dessus et en 
dessous, regulierement striee-cotelee, tres-largement ombili- 
quee ; ombilic laissant apercevoir tous les tours de spire ; 
ceux-ci 6-7 un peu convexes, augmentant graduellement, le 
dernier a peine plus grand que les autrcs, arrondi, offrant 
ordinairement une carene plus ou moins obtuse; ouverturc 
dirigee dans le sens des tours de la spire, arrondie, retrecie en 
croissant par l'avant-dernier tour; peristome simple, droit, 

aigu. 

Hauteur 4-3 mill. 

Diametre 2-7 mill. 

Localites : — L'argile a petits ossements, C, et le calcairc 
compacte, a Sansan, R. ; les argiles marneuses, a Seis- 
san (Gers), R. 

14. HELIX SUIBCONTORTA. 

Helix contort a , Grateloup , Moll. foss. terr. et fluv. de 



— 209 — 

Dax, 1838, pi. 1,f. 15-17, non Donavan nee Ziegler. — 
Helix subcontorta, d'Orbigny, Prodr. paleont., 1852, t. Ill, 
etage 26, n° 13. 

Testa subdepressa, subtusque convexiuscula, transverse regula- 
riterve striatula, stride umbilicata ; anfractibus 6 sat convexis, 
paulatim accrescentibus , ultimo proportionali , subcarinato ; 
apertura obliqua, lunata ; peristomate reflexo. 

Coquille subdeprimee, legerement convexe en dessus et en 
dessous, regulierement et finement striee en travers, etroite- 
ment ombiliquee ; tours 6 assez convexes, augmentant gra- 
duellement, le dernier proportionnel aux precedents, legere- 
ment carene ; ouverture oblique, lunulee; peristome reflechi. 

Hauteur 5 mill. 

Diametre 10 mill. 

Localites : — Les faluns de Gaas et de Lesbarritz, pres de 
Dax (Landes), R. R., d'apres M. de Grateloup ; le cal- 
caire, a Saucats (Gironde), R. 

La forme de cette jolie coquille a et6 tres-bien rendue dans les figures 
qu'en a donnees M. de Grateloup, mais les stries dont elle est orne"e ne 
s'y trouvent pas representees. 

15. HELIX CAPGRANDI. 

Helix Capgrandi, Woulet, Mem. cit., 1854, p. 89. 

Testa ignota. 

Nucleo subdiscoideo , supra subtusque vix convexiuscula, late 
umbilicato; anfractibus 6 subplanis, sensim accrescentibus, ultimo 
sat acute carinato ; aperturce loco ovato ; margine reflexo. 

Coquille inconnue. 

Moule interieur presque disco'ide, a peine convexe sur les 
deux faces, largement ombilique ; tours 6 presque planes, 
croissant insensiblement et regulierement, le dernier avec 

15 



— 210 - 

une carene assez aigue ; la place do l'ouverturo ovale; bord 
reflechi. 

Hauteur 15 mill. 

Diametro 32 mill. 

Localitcs : — Les calcaires gris, aux environs do Sos (Lot- 
ct-Garonnc), R. 

16. HELIX LASSUSIANA. 

Helix Lassusiana, Noulet, Mem. cit. , 1854, p. 90. 

Testa ignota. 

Nucleo subdiscoideo, supra parum convexo, subtus planmsculo, 
imperforate) ; anfractibus 6 convexiusculis, ultimo multo majore, 
postice subcarinato, antice rotundato; aperturw loco late ovato- 
lunulato ; margine acuto. 

Coquille inconnue. 

Moule interieur subdiscoide , un peu eleve en dessus , 
presquo plane en dessous, imperfore; tours 6 legerement 
convexes, le dernier beaucoup plus developpe proportion- 
nellement aux autres, d'abord carene, puis arrondi en avant ; 
la place de l'ouverturo largcment ovale-lunulee; bord aigu. 

Hauteur 10 mill. 

Diametre 17 mill. 

Localite : — Le calcairc compactc, a Sansan (Gers) , 
R. R. R. 

I*. HELIX LUDOVICI. 

Helix algira, »upuy, Moll, du Gers, 1813, p. 96, non 
Linn*. — Helix Ludovici, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 75. 

Testa subgloboso-depressa, apice planulata, tenuissime stria- 
tula, sublus convexiuscula, imperforata ; anfractibus 6 subplanis, 
ultimo majore snbamto, antice rotundato, transversim dilatato; 
apertwra obliqua, ovato-rotundata, par inn lunata; peristomate 



— 211 — 

obtusato, vix dilatato, subreflexo; margine columellari ar citato, 
crasso, reflexiusculo* 

Coquille un peu globuleuse, deprimee, a sommet presque 
plane, tres-finement striee, legerement convexe en dessous, 
imperforee; tours 6 presque planes, le dernier plus grand, un 
peu aigu, arrondi en avant et transversalement dilate; ouver- 
ture oblique, ovale-arrondie, un peu echancree par le dernier 
tour ; peristome presque obtus, a peine dilate, peu reflechi ; 
bord columellaire arque, presque point reflechi. 

Hauteur. ....... 20 mill. 

Diametre 35 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Sansan, a Lavardens, a Mar- 
solan, a Condom, a Toujet , R. ; les argiles marneuses, a 
Ornezan (Gers), R. 

1 8. HELIX ORNEZANENSIS. 

Helix ornezanensis, Moulet, Mem. cit., 1854, p. 76. 

Testa subglobosa, apice subconoidea, obtusa, tenuissime striata, 
subtus convexiuscula , imperforata; anfractibus 6 convexis , 
ultimo majore, rotundato; apertura obliqua, ovata, parum 
lunata ; peristomate obtusato , vix dilatato, subreflexo ; margine 
columellari arcuato, crasso, reflexiusculo. 

Coquille un peu globuleuse, a sommet un peu conoide, 
obtus, legerement convexe en dessous. tres-finement striee, 
imperforee ; tours 6 convexes, le dernier plus grand, arrondi ; 
ouverture oblique, ovale, peu echancree par le dernier tour ; 
peristome un peu obtus, a peine dilate, peu reflechi en 
dossus; bord columellaire courbe en arc, epais, peu reflechi. 

Hauteur 21 mill. 

Diametre 36 mill. 



- 212 - 

Localites : — Lcs argilos marneuscs, a Ornczan, a Soissan, 
a Bczollos (Gers) , R. ; au Bois-de-la-Pierre (Haute- 
Garonne), R. R. ; le calcaire, a Duran, pres d'Auch (Gers), 
R. R. R. 

Gette tres-grande espece, qui est de la taille, a peu pres, de YHelix 
aquensis, M. de Serres, avait l'axe plein et fort epais, surtout a la 
place de l'ombilic ; a cause de cela meme, les moules interieurs qui en 
proviennent offrent une large et profonde ouverture ombilicale en cet 
endroit. 

19. HELIX BARTAYRESII. 

Helix olivetorum, Dupuy, Moll, du Gers, 1843, p. 96, non 
Nailer. —Helix Bartayresii, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 84. 

Testa sabglaboso-depressa, supra convexa, leviter transversim- 
que striata, subtus convexiuscula , imperforata ; anfractibus 
5-6 convexiusculis , ultimo mx majore, rotundato, ad aperturam 
paululum conslricto et reflexo ; apertura obliqua. ovato-elongata, 
lunata ; peristomate sat crasso , reflexo ; margine columellari 
basidepresso, stride crasso. 

Nucleo stride umbilicato; peristomatis loco stride depresso, 
parum reflexo. 

Var. major, Noulet, 1868. 

Var. minor, Noulet, 1868. 

Coquille subglobulouse-deprimeo, convexe en dessus , 
16geremcnt striee en travers, peu convexe on dessous, imper- 
forec ; tours 5-6 peu convexes, le dernier plus grand propor- 
tionnellement, arrondi, resserre et reflechi vers l'ouverturo ; 
ccllc-ci oblique, ovale-allongee, retrecie en croissant par 
l'avant-dernicr tour ; peristome assez epais, reflechi ; bord 
columellaire deprime a la base, etroit et mince ensuite. 

Moule intericur etroitement ombilique ; place du peristome 
etroitement d^prim^e, l^g^rement reflechie. 

(rrandc forme 



- 213 - 

Hauteur '1 3 mill. 

Diametre 25 mill. 

Petite forme. 

Hauteur 10 mill. 

Diametre 15 mill. 

Localites : — Les calcaires blancs et gris de FAgenais , a 
Nerac , a Vianne , oil se trouvent les deux varietes de taille, 
C. C. C. ; les calcaires gris, a Nicole, a Sos, etc., oil abonde 
surtout la petite variete. 

Les Helix girondica, Moroguesi et Bartayresii ont le bord columel- 
laire ou lamelle, ou fort mince, d'oti resulte, a la place de celui-ci, sur 
les moules interieurs, des empreintes etroites et profondes, se terminant 
tantot insensiblement, tantot brusquement, comme cela s'observe sur 
ceux qui reviennent aux varietes subdentata et dentata de YHelix 
girondica. 

Si on ne tenait compte que de ce seul caractere, on serait tente de n'y 
voir qu'un seul type specifique, mais la forme particuliere des moules 
de chacune des trois especes , 1'enroulement des tours et la cavite om- 
bilicale, suffisent a les faire distinguer lorsqu'ils sont suffisamment 
complets. 

SO. HELIX MOROGUESI. 



Helix Moroguesi, Brongniart, Ann. du Mus. d'hist. nat., 
1810, t. XV, p. 379, pi. 23, f. 7. — Deshayes, Coq. foss. de 
Paris, 1824, t. II, p. 54, pi. 6, f. 1-2. — Boissy, Magas. de 
zool. 1844, p. 4, pi. 87, f. 2-5. — Helice d'Orleans, Brard, 
Journ. de phys., 1812, t. LXXIV, p. 252. — Helix Debeauxii, 
Noulet, Mem. cit., 1854, p. 81 (Quoad nucleos). 

Junior. Helix Tristani, Brongniart, 1. c., 1810, p. 379, 
pi. 23, f. 8. —Deshayes, Coq. foss. de Paris, 1824, t. II, 
p. 55. pi. 7, f. 6-9. — Helix Moroguesi nondum adulta, adhuc 

JUNIOR, Boissy, 1. C. 

Testa depresse-globosa, supra convexa, oblique striata, subtus 
convexiuscula, imperforata ; anfractibus 5 convexmscidis, ultimo 



— 214 - 

major c, ad aperturam constricto, rarius obsolete carinato ; aper- 
tura obliqua, otata, lunata; peristomate reflexo, intus labiato; 
marginibus callo junctis ; marginc columellari calloso, ad umbi- 
lici locum dilatato. 

Nucleo parum umbilicato ; peristomatis loco depresso et 
reflexo. 

Coquille globuleuse-deprimee, convexc en dessus, obliquc- 
mcnt striee, legerement convexe en dessous, imperforee ; 
tours 5 peu convexes, le dernier plus grand, resserre vers 
Fouverture, parfois vaguemcnt carene ; ouverture oblique, 
ovale, lunulee; peristome reflechi, labie en dedans; bords 
reunis paruncalus, le columellaire calleux et dilate au-dessus 
de l'ombilic qu'il recouvre. 

Moule interieur a ombilic tres-etroit ; place du peristome 
deprimee et reflechie. 

Localites : — Les calcaires, a Puymirol, a Thibet, pres 
d'Agen, a Astafort, a Vianne, a Nerac (Lot-et-Garonne), 
R.; a Lavardens (Gers). 

Nous n avons eu jusqu'a present que de rares exemplaires de YHelix 
Moroguesi ayant conserve le test ; ils nous manquaient completement en 
1854 ; les moules interieurs sont, eux-memes, assez peu re"pandus. Les 
uns et les autres sont conformes a ceux du bassin de Paris. 

II en est de meme des exemplaires appartenant au jeune age de cette 
coquille, que je viens de considerer comme repre"sentant YHelix Tristcmi 
de Brongniart. 

Ce rapprochement fut d'abord propose par M. Deshayes, dans sa Des- 
cription des coquilles fossiles des environs de Paris (1824-1837). Ce 
savant considera la coquille, decrite et representee par Brongniart, qu'il 
avait sous les yeux et dont il reproduisit la figure, comme probablement 
un jeune individu de YHelix Moroguesi. 

M. de Boissy donna a ce rapprochement toute la valeur dune demons- 
tration, par sa belle etude des Helix Moroguesi et Tristani, dans le 
Magasin de zoologie, 1. c. 

Dans le supplement a son grand ouvrage sur la conchyliologie fossile 



— 215 — 

dubassin de Paris (1857-1 865), M. Deshayes a abandonne cette these et 
a consid6re comme representant YHelix Tristani de Brongniart, une 
Helice de petite taille, tres-commune a 1'etat de moule interieur, dans 
1'OrleanaiSj mais qui n'a aucun trait d'affinite" specifique avec l'exem- 
plaire unique de YHelix Tristani de la collection de Brongniart, que 
nous avons pu etudier nous-meme. 

Rien ne motive done une telle identification : le nouvel Helix Tris- 
tani de M. Deshayes (non Brongniart) n'est autre que notre Helix luc- 
bardezensisy type nettement caracterise, dont nous avons donnepre'- 
cedemment la diagnose a la page 130. 

SI. HELIX LARTETII. 

Helix Lartetii, Boissy, Rev. zool., 1 839, p. 75, et Magas. 
de zool., 4844, p. 13, pi. 89, f. 7-9. — Noulet, Mem. cit., 
4854, p. 79, — Helix variabilis, Helix pisana, Helix nemo- 
ralis et Helix hortensis, 5>upuy, Moll, du Gers, 1842, p. 94, 
non Auetorum. — Helix sansaniensis, Dupuy, Journal de 
conchyl., 4 850, t. I, p. 304, pi. 45, f. 3. — Helix aureliana, 
Brongniart, ex Deshayes, Descript. des anim. s. vert, du bass, 
de Paris, 4864, p. 807, pi. 54, f. 8-4 0. 

Testa globoso plus minusve subconoidea, obtusa, tenuissimc 
striata, subtus covwexa, imperforata ; anfractibus 6 convexis , 
ultimo major e rotundato ; apertura valde obliqua, ovato-lunata, 
plus minusve angustata ; peristomate acuto, expanso, latereflexo; 
marginibus callo unitis; margins columellari subrecto. 

Coquille globuleuse, plus ou moins conoide, obtuse, tres- 
legerement striee, convexe en dessous, imperforee ; tours 6 
convexes, le dernier plus grand, arrondi ; ouverture tres- 
oblique, ovale, echancree par l'av ant-dernier tour, plus on 
moins retrecie ; peristome aigu, projete en avant, largement 
reflechi en dessus; bords reunis par une callosite, le columel- 
laire presque droit. 

Hauteur 40-23 mill. 

Diametre 4 5-30 mill. 



- 216 - 

Localites : — Los calcaires, les argiles marneusos, les 
sables, le plus souvent a l'etat de moules interieurs : 
1° Dans le bassin de la Ba'i'se, a Barran, a Condom, etc. ; 
2° dans le bassin du G-ers, a Masseube, a Seissan, a 
Ornezan, a Sansan, a la Sauvetat, etc.; 3° dans le bassin 
de l'Arrats, a Simorrc, a Saramon, a Lartigue; 4° dans 
le bassin de la Gimonc, a Toujet, a Escorneboeuf, pres 
de Gimont ; 5° dans le bassin de la Save, a PIle-on-Dodon, 
a Lombez, a Samatan, a Laymonl, a Monferran; 6° dans 
le bassin de la Garonne, aPlagnole, au Pin, auFousseret, 
au Bois-de-la-Pierre, a Fonsorbes, partout C, et parfois 

c. c. c. 

VHelix Lartetii varie par sa forme, ce qui depend du plus ou moins 
d'elevation de la spire , et surtout par sa taille. II est tres-rapproche 
de YHelix turonensis, Deshayes, mais il manque des rides dont la 
coquille des faluns de la Touraine est comme guillochee. II accuse 
aussi une tres-proche parente avec YHelix sylvana, Klein, qui est moins 
eleve et plus ovalaire. 

J'ai etabli l'identite de YHelix aureliana avec YHelix Lartetii a l'aide 
des exemplaires de l'Orleanais , que je dois a l'obligeance de M. Nouel , 
conservateur du Musee d'histoire naturelle d'Orleans. 

SS. HELIX LEYMERIEANA. 

Helix Leymerieana, Noulet, Mem. cit., 4854, p. 73. 

Testa subgloboso-depressa, apice obtusa, tenuissime striatula, 
subtus subplanata, imperforata ; anfractibus 6 convexis, ultimo 
vix major e, rotundato ; apertura obliqua, stride ovata, lunata ; 
peristomal obtuso, dilatato, expanso, subreflexo ; margine colu- 
mellari intus convexiusculo, tumido ; callo locum umbilici tegente 



Coquille un peu globuleuse-deprimee, obtuse au sommet, 
tres-legerement striee, aplatie en dossous, imperforee ; tours 
6convcxes, le dernier arrondi, a peine plus grand proportion- 
nellemcnt aux autres; ouverture oblique, ovale, echancree 



— 247 — 

par le dernier tour, largement ouverte; peristome aigu, dilate, 
projete en avant, un pea reflechi en dessus ; le bord columel- 
laire un peu convexe en dedans, comme dilate, avec un calus 
a la place de l'ombilic. 

Hauteur 4 4-20 mill. 

Diametre 22-28 mill. 

Localites : — Le caleaire a coquilles lacustres, a Sansan, 
C. ; les argiles marneuses, a Ornezan, a Moncorneil- 
Grazan (Gers), R. 

L'Helix Leymerieana offre des bandes bien apparentes, au nombre de 
3 a 4 sur certains exemplaires. Cette coquille presente des rapports mar- 
ques avec celle des Eelix vermiculata et hispanica vivantes, mais la forme 
constante du bord columellaire la separe surement de l'une et de l'autre . 

D'apres un bel exemplaire que M. le professeur Sandberger a bien 
voulu me communiquer, l'Helice du Gers se retrouve dans le caleaire a 
Helix sylvana du Wurlemberg, qui appartient au miocene superieur. 

S3. HELIX GASSIESI. 

Helix Gassiesi, Mouict, Mem. cit., 4854, p. 77. 

Testa subglobosa, apice valde obtusa, subtus convexa, tenuis- 
sime striatula ; rima aperta ; anfractibus 4-5 convcxiusculis, 
celeriter accrescentibus, ultimo majore, rotundato, antice dila- 
tato ; apertura vix obliqua, ovata, lunata ; peristomate acuto, 
expanso, late reflexo ; marginibus callo unitis ; margine columel- 
lari dilatato, ad rimam umbilicalem reflexo. 

Coquille subglobuleuse a sommets tres-obtus, convexe en 
dessous, tres-fmement striee ; fente ombilicale ouverte ; tours 
4-5 peu convexes, rapidement developpes, le dernier bien plus 
grand proportionnellement aux autres , arrondi , dilate en 
avant ; ouverture a peine oblique , ovale, lunulee ; peristome 
aigu , largement reflechi ; bords unis par un calus ; bord 
columellaire dilate a sa base et reflechi sur la fente ombilicale. 



— 218 — 

Hauteur 22 mill. 

Diamelre 30 mill. 

Localitcs : — Los calcaires, a Vianne, a Ncrac (Lot-ct- 
Garonne), R. 

21. HELIX SUBTROCHOIDES. 

Helix trociioides, Grateloup, Moll . terr. et fluv. de Dax, 1 838, 
n° 5, pi. 4, f. 5 (male) , non Gmelin. — Helix subtrochoides, 
d'Orbigny, Prodr. paleont., 1852, t. Ill, p. 1, n° 12. -- Helix 
trochiformis, Grateloup, Cat. desMoll. de la France continent 
ctinsul., 4855, p. 15. —Helix .estuariorum, Noulet, Coq. foss. 
nouv., 1857, p. 24. — Helix extincta, Rambur, Descript. de 
coq. foss. de la Touraine, dans le Journ. de conchyl., 4 862, 
p. 172, pi. VIII, f. 5-6. 

Testa subglobosa, depressa, supra convexa, obtusata, tenuis- 
sime striatula, anguste profundeque perforata ; anfractibus 
5 convexis, ultimo maximo, postice carinato, antice dilatato ; 
apertura ovato-lunata ; peristomate incrassato, expanso, extus 
late reflexo ; margine columellari libero, ad umbilicum dilatato. 

Coquille subglobuleuse, deprimee, convexe et obtuse en 
dessus, tres-finement striee, etroitement et profondement 
perforee ; tours 5 convexes, le dernier beaucoup plus grand, 
carenc d'abord, tres-developpe en avant ; ouverture ovalc- 
lunulec ; peristome epaissi, largement ouvert, reflechi ; bord 
columellaire libre, dilate a la base et s'etendant plus ou moins 
au dessus de l'ombilic, suivant l'age de la coquille. 

Hauteur. ...... 16-24 mill. 

Diametre 28-32 mill. 

Localites : — Les faluns, a Gaas et a Lesbarrits, pres de 
Dax (Landes), d'apres M. de Grateloup ; le calcairc, a 
Saucats (Gironde), R. R. 

Les synonymes que je viens d'attribuer a cette belle coquille sont 
incontestables. M. de Grateloup en avait malheureusement donne" , contre 



— 219 — 

son habitude, une figure fort defectueuse, d'apres des portions de diffe- 
rents exemplaires, ce qui l'avait fait arriver a cette forme trochoide 
inexacte, d'oii il tira son appellation deja utilised. En m'en rapportant a 
ce dessin, j'avais cru avoir un nouveau type a signaler ; c est sans doute 
aussi ce qui n'avait pas permis a M. Rambur d'assimiler l'espece de la 
Touraine a celle de Dax. 

S5. HELIX RAMONDI. 

Helix Ramondi, Brongniart, Ann. du Mus., 1810, t. XV, 
p. 378, pi. 23, fig. 5. — Boissy, Magas. zool., 1844, pi. 87, 
fig. 1. — Noulet, Mem. Cit., 1854, p. 77. — Sandberger, Die 
conchyl. des mainz. tert., 1863, p. 44, t. IV, fig. 11. — Helix 
Noueli, Deshayes, Descript. des anim. s. vert. Paris, 1864, 
t. II, p. 803, pi. 51, fig. 15-16. 

Testa globosa, apice obtusa, subtus valde convexa, oblique 
irregular iter que costata ; costis latis simplicibus, rarius bifidis ; 
imperforate ; anfractibus 6 convexis, ultimo major e, rotundalo, 
ad aperturam inflato ; apertura valde obliqua, ovato-rotundata, 
mx lunata ; peristomate incrassato, subreflexo ; marginibus 
callo junctis, columellari dilatato, cattoso. 

Coquille globuleuse, a sommet obtus, tres-convexe en des- 
sous , irregulierement et obliquement cotelee ; cotes sim- 
ples, rarement bifides; imperforee; tours 6 convexes, le der- 
nier plus grand, arrondi, renfie en avant; ouverture fort obli- 
que, ovale-arrondie, a peine echancree par le dernier tour ; 
peristome epais, un peu reflechi ; bords unis par un calus, 
le columellaire dilate, calleux. 

Hauteur 20-25 mill. 

Diametre 25-30 mill. 

Localites : — Les calcaires blancs, a Agen, a Fagarolles, a 
Pe-de-1'Estelle, a Vianne, a Tournon (Lot-et-Garonne), C. ; a 
Bourrct, a Lamothe-Cumont, a Auvillars, a Malause, a Bugat, 
pres de Castel-Sagrat (Tarn-et-Garonne) , C. ; les argiles mar- 



- 220 - 

nouses, a Dicupcntale (Tarn-et-Garonne) , C, a Fronton, a 
Villaudric (Haute -Garonne), C. C, a Roquemaure, (Tarn), R. 

I/Helix Ramondi est variable de forme, mais il conserve toujours un 
fades particulier qui permet de le distinguer des especes qui l'avoisinent. 
Le test est difieremment epais ; quand il vient a manquer, il rend les tours 
de la spire des moules interieurs plus ou moins espaces, et, sous ce 
rapport, assez divers. 

26. HELIX LESPIAULTII. 

Helix Lespiaultii, Noulet, Mem. cit., 4854, p. 85. 

Testa ignota. 

Nucleo subgloboso-depresso, apice subcono'ideo, subtus planius- 
culo, late ambilicato ; anfractibus 6 convexiusculis, fere sensim 
accrescentibus, ultimo vixmajore, obtuse carinato, anticerotun- 
dato ; apertures loco ovato ; margine subreflexo. 

Coquille inconnue. 

Moule interieur un peu globuleux-deprime, a sommet lege- 
rement conoide, presque plane en-dessous, largement ombi- 
lique ; tours 6 peu convexes , croissant presque insensible- 
ment , le dernier a peine plus grand proportionnellement 
aux autres, avec une carene obtuse d'abord, puis entiere- 
ment arrondi vers l'ouverture ; la place de celle-ci ovale ; 
marge un peu reflechie. 

Localites : — Les calcaires, a Nerac , a Viannc, a Saintc- 
Mauro, pres de Sos, a La Plume (Lot-et-Garonne), R. 

»^. HELIX VASCONENSIS. 

Helix vasconensis, Nonlet, Mem. cit., 1854, p. 85. 

Testa subdepressa, supra subtusque subplanidata ; rima vix 
impressa ; anfractibus 5-6 planiusculis, idtimo majore, rotun- 
dato, summo ad aperturam inflexo ; apertura valde obliqua, 
ovata, pariim lunata ; peristomate continuo, obtuso, reflexiusculo ; 
margine columellari crasso, subrecto. 



- 221 - 

Coquille subdeprimee, tres-peu convexe en dessus et en 
dessous ; fente ombilicale a peine marquee ; tours 5-6 presque 
planes, le dernier plus grand proportionnellement aux autres, 
arrondi,inflechi a sa terminaison vers l'ouverture; celle-ci 
tres-oblique, ovale, peu lunulee; peristome obtus, un peu 
reflechi ; bord columellaire epais, presque droit. 

Hauteur 7-8 mill. 

Diametre 45-18 mill. 

Localites : — Les calcaires , a Jegun, pres de l'etablisse- 
ment de bains du Masca (Gers), C. 

Cette espece a rarement conserve des traces de test ; c'est a l'&at de 
moule qu'on la trouve en abondance dans la localite cite"e. 

Genre CLAUSILIA. 

1. CLAUSILIA MAXIMA. 

Clausilia maxima, Grateloup , Mem. sur les coq. foss. du 
bassin de l'Adour, 4838, Act. de la Soc. Linn, de Bordeaux, 
t. X, p. 147, pi. 4, fig. 17. — Noulet, Mem. cit., 1854, p. 94. 
— Bulimus ? Dupuy, Moll, du Gers, 4843, p. 97. — Clausilia? 
Lartetii , Dupuy, Journ. de conchyl., 1850, t. I, p. 306, pi. 
15, fig. 4. — Pupa maxima, d'Orbigny, Prodr. paleont., 4 855, 
t. Ill, p. 29. — Megaspira ? Pictet, Traite de paleont. , 1855, 
t. Ill, p. 29, — Clausilia grandis , Klein, ex Sandbergev, 
Die conchyl. des mainzer. tert., 4863, p. 62. 

Testa sinistrorsa, turriculata, subfusiformi, truncata, striis 
minutis confertisque longitudinaliter et oblique ornata ; haud 
rimata ; anfractibus 9 convexiusculis ; apertura ovato-pyriformi, 
ad basim dilatata, superne acuta ; peristomate continuo, soluto, 
reflexo ; labro columellari triplicato, expanso, late reflexo ; labro 
alter o marginato, subreflexo. 

Coquille senestre, turriculee, subfusiforme, tronquee, ornee 
de stries fines et serrees, un peu obliquement disposees dans 



lo sens longitudinal ; point do fento ombilicale ; tours 9 a peine 
convcxes; ouverture ovale -pyriforme, dilatee a la base, 
terminee a angle aigu ; peristome continu, detach e du dernier 
tour, reflechi ; bord columellaire releve de trois plis, epanoui, 
largement reflechi ; bord droit margine, un peu reflechi. 

Hauteur 45 mill. 

Diametre 4 4 mill. 

Localites : — Lcs argiles grises, a Valentine (Haute-Ga- 
ronne), R. ; lo calcaire a Sansan ; les argiles marneuses 
a Ornezan, R. ; al'etatdemoule geodique dans les sables, 
a Laymont (Gers) ; les faluns jauncs do Mendillot, a 
Saint-Paul (Landes), R. 

Genre PUPA. 

f . PUPA LARTETII. 

Pupa Lartetii, Dupuy, Journ. de conchyl., 4850, t. I, 
p. 307, tab. XV, fig. 5— Nouiet, Mem. cit,, 1854, p. 92. 

Testa dextrorsa, ovato-ventricosissima, apice obtusa, tenuis- 
sime striatula; rima lata; anfractibus 4-5 convexis, ultimo 
multomajorc; apertura transverse subovata, coarctata, 4 den- 
tata; dente alter o lamelliformi, vix obliquo, e marginis externi 
angulo ad intus provecto, alter o columellari et binis palatalibus 
marginem externum attingentibus, quorum inferior superior e 
major; peristomate rectiusculo, subincrassato ; margine columel- 
lari subrecto, alter o approximato. 

Coquille dextre, ovale, tres-ventrue, a sommet obtus, tres- 
finement striec ; fente ombilicale marquee ; tours 4-5 convexes, 
l'inferieur presque deux fois plus grand que tous les autres 
ensemble; ouverture transversalcmont suboval aire, resscrree, 
quadridentec ; une dent lamelliforme peu oblique se portant 
do Tangle superieur du bord externe vers Tintericur de l'ou- 
verture, ou olio penetre, une autre dent vers le milieu du 



bord columellaire et deux autres palatales arrivant jusqu'au 
bord externe et dont l'inferieure est plus grande que la 
superieure ; peristome droit legerement epaissi ; bord colu- 
mellaire presque droit, l'externe brusquement coude vers 
l'interieur. 

Hauteur 2 f-3 mill. 

Diametre 2 mill. 

Localite : — L'argile marneuse a petits ossements , a 
Sansan (Gers), C. 

». PUPA NOULETIANA. 

Pupa Nouletiana, Dupuy, Journ. de conchyl., 1850, t. I, 
p. 309, tab. XV, fig. 6. — Noulet, Mem. cit., 1854, p. 93. 

Testa dextrorsa, ovato-elongata , apice obtusa, tenuissime 
striatula; rima margine columellari partim tecta ; anfractibus 
5-6 convexiuscuMs, ultimo maximo, testoe mediam partem subef- 
formante ; apertura subrotundata, quinquedentata ; dente altero 
lamelliformi - obliquo , e marginis externi angulo ad intus 
provecto , dentibus binis columellaribus et binis palatalibus 
marginem externum subattingentibus ; peristomate tenui, acuta 
reflexoque ; marginibus arcuatis, subapproximatis. 

Coquille dextre , ovale-allongee , a sommet obtus , tres- 
fmement striee ; fente ombilicale en partie recouverte par le 
bord columellaire reflechi ; tours 5-6 peu convexes , le dernier 
tres-grand, formant alui seul au moins la moitie de la coquille; 
ouverture presque arrondie, a 5 dents, dont une lamelliforme ; 
oblique , se portant de Tangle superieur du bord externe 
vers l'interieur de Fouverture, deux sur la columelle et deux 
autres palatales arrivant presque au bord externe ; peristome 
mince, aigu et reflechi; bords arques et inclines l'un vers 
1' autre. 

Hauteur 2-2 { mill. 

Diametre \ \ mill. 



— 224 - 

Locality : — L'argilc a petits ossements, a Sansan (Gers) ; 
C. 

3. PUPA IB ATI AN A. 

Pupa Iratiana, Dupuy, Journ. dc conchyl., 1850, t. I, 
p. 310, tab. XV, fig. 7. — Noulet, Mom. cit., 1854, p. 94. 

Testa dextrorsa, ovato-elongata, sub cylindrical apice obtusa, 
tenuissime striatula ; rima vix aperta ; anfractibus 6 convexius- 
culis, ultimo maximo, testce medium partem efformante ; aper- 
tura subrotundata, quadridentata ; dente altera in medio parietis 
aperturalis, alter o columellari superius sito et binis palatalibus 
immersis, nee ad marginem exterior em provectis ; peristomate 
incrassato, acuto, subreflexiuscido ; marginibus arcuatis, callo 
lamelloso subunitis. 

Coquille dextre, ovale-allongee, presque cylindriaue, obtuse 
au sommet, tres-finement striee; fento ombilicale a peine 
indiquee; tours 6 peu convexes, le dernier tres-grand formant 
au moins a lui seul la moitie de la coquille et ordinairement 
un peu plus; ouverture presque arrondie, quadridentee ; une 
dent sur le milieu de la paroi aperturale, une autre vers le 
haut de la columelle, et deux palatales profondement situees 
dans l'interieur de l'ouverture et sous forme de callosites 
n'atteignant pas le bord externe ; peristome epaissi, tranchant, 
subreflechi ; bords arques, inclines l'un vers l'autre et unis 
par une lame calleuse. 

Hauteur . 8 -J- mill. 

Diametre 1 |- mill. 

Localite : — L'argile a petits ossements, a Sansan (Gers), 
R. R. 

4. PUPA BLAINVIIXEANA. 

Pupa Blainvilleana , Dupuy, Journ. de conchyl., 1850, 
t. 1, p. 311, tab. XV, fig 8. — Noulet, Mem. cit., 1854, 
p. 95. 



— 225 — 

Testa sinistrorsa, ovato-elongata, subventricosa, apice obtusa, 
tenuissime striatula ; rima sat patente ; anfractibus 5 convexius- 
culis, ultimo maximo, testm medium partem efformante ; aper- 
tura subrotundata, tridentata; dente altero in medio parietis 
aperturalis , binis palatalibus , callosis , profunde immersis ; 
peristomate incrassato, reflexiusculo ; marginibus arcuatis, callo 
lamelloso unitis. 

Coquille senestre, ovale-allongee, un peu ventrue, obtuse 
au sommet, Ires-fmement strieo; fente ombilicale assez mar- 
quee ; tours 5 un peu convexes, le dernier tres-grand, formant 
a lui seul plus de la moitie de la coquille ; ouverture presque 
arrondie, tridentee, une dent sur le milieu de la paroi aper- 
turale et deux autres palatales callouses, profondement situees 
dans l'interieur ; peristome epaissi, un peu reflechi ; bords 
arques, inclines Fun vers l'autre etunispar une lame calleuse. 

Hauteur 21 mill. 

Diametre 4 £ mill. 

. Localite : — L'argile a petits ossements, a Sansan (Gers), 
R.,R. 

5. PUPA TBIPE.ICATA. 

Pupa triplicata, Studer, Kurz. Verzeichn, 1 820, p. 89. — 
Pupa triplicata-fossilis, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 96. 

Testa dextrorsa, ovato-cylindrica , apice obtusata, levigata, 
subrimata ; anfractibus 6-7 vix convexiusculis, ultimo multo 
majore; apertura rotundato-lunata, tridentata, dente uno in 
parietis aperturalis medio, altero in columella, et tertio palatali; 
peristomate haud continuo, subrecto, intus marginato. 

Coquille dextre, ovale-cylindrique, a sommet obtus, lisse, 
avec une fente ombilicale a peine apparente; tours 6-7 peu 
convexes, le dernier beaucoup plus grand ; ouverture arrondie, 
echancree par l'avant-dernier tour, tridentee, une dent sur la 

46 



— 226 — 

paroi aporturale, ime autre sur la columelle et uno troisieme 
palatale ; peristome 11011 continu, presque droit, avec un bour- 
relet en arriere de la gorge. 

Hauteur 3 mill. 

Diametre 1 | mill. 

Localite : — L'argile a petits ossements, a Sansan (Gers), 
R. R. R. 

Aucun caractere ne fournit les moyens de separer cette coquille, a 
peine alteree par son sejour dans l'argile qui la recelait, du Pupa tripli- 
cata qui vit actuellement dans les Pyrenees. 

Genre CARYCHIUM. 

1. CARYCHIUM MINIMUM. 

Carychium minimum, Mttller, Verm, hist., 1774, t. II, p. J25, 
— Dupuy, Journ. de conchyl., 1 850, t. I, p. 312. — Cary- 
chium minimum-fossile, Noulet , Mem. cit. , 1854, p. 99. — 
Carychium Nouleti , Bourguignat , Amen, malacol. , 1857, 
t. II, p. 56, pi. 11, f. 9-10, et Paleont. desmoll. de l'Algerie, 
1862, p. 81, pi. 4, f. 22-23. 

Testa ovali, obtusa, levi vel sub lente tenuissime et irregu- 
lariter striatula, subrimata; anfractibus 4-5 convexis, ultimo 
ventricoso, testes, bis tertiam partem fere efformante ; apertura 
ovata, tridentata, dente uno in pariete aperturali, alter o in 
columella, tertio inmargine externo ; peristomate fix incrassato, 
reflexo ; marginibus approximates, subunitis. 

Coquille ovale, obtuse, lisse ou tres finement et irreguliere- 
ment dentee examinee a la loupe, fente ombilicale a peine 
designee ; tours 4-5 convexes, le dernier ventru, formant a lui 
seulapeu pres les deux tiers de la hauteur de la coquille; 
ouverture ovale, tridentee, une dent sur la paroi aperturale, 
une sur la columelle et la troisieme au bord exterieur; peris- 
tome a peine epaissi, r6fl6chi; bords rapproehes 1'un vers 
I'autre, presque unis. 



- 227 - 

Hauteur 1 £ mill. 

Diametre 1 mill. 

Localite : — L'argile a petits ossements, a Sansan (Gers), 
C. 

Identique a la coquille du Carychium minimum, Muller, vivant et 
commun dans toute la France. 

Genre PLANORBIS. 
f. PLANORBIS CORNU (1). 

Planorbis cornu, Brongniart, Ann. du Mus., 4810, t. XV, 
p. 371, pi. 22, f. 6. — Graieloup, Mem. sur les coq. foss. de 
l'Adour, 4 838, in Act. de la Soc Linn, de Bordeaux, t. X, 
p. 34, pi. 4, f. 30. — Planorbis corneus, Basterot, Descrip. 
geol. du bass, du sud-ouest de la France, 1825, p. 23, non 
£>raparnaud. — Dupuy, Moll, du G-ers, 1843, p. 99. — Pla- 
norbis pseudammonius, Zieten, Verts. Wiirtembergs , 1830, 
p. 39, t. XXIX, f. 8, non Voltz. — Klein, Wiirtemb. Faresh, 
1846, t. II, p. 77, 1. 1, f. 33. — Reuss, in Paleeontogr., 1852, 
t. II, p. 37, t. IV, f. 7. — Gofeanz, Sitzung. der k. Acad., t. XIII, 
p. 196, 1. 1, f. 8, — Hcernes, Foss. Mollusken d. tertiarbeckem 
v. Wien, 4856, t. I, p. 607, t. XLIX, f. 25. — Planorbis soli- 
DUS, Thornse, Nass. Fahrb., 1845, t. II, p. 453. — Sandberger, 
Conchyl. mainz. Becken, 4857, p. 71, et Di| conchylien des 
mainz, tertiar., 4863, p. 74, t. VII, f. 8. — Deshayes, Descript. 
des anim. s. vert. Paris, 4864, t. II, p. 737, pi. 47, f. 22-27. 
— Planorbis corniculum, Tlioaue, 1. c. p. 454, t. IV, f. 7. — 
Planorbis Mantelli, Dunker, in Paleeontogr., 1851, p. 159, 
t. XXXI, f. 27-29. — Planorbis Grateloupii, d'Oi-bigny, Prodr. 
paleont., 1852, t. Ill, p. 27. — Planorbis platystoma, Klein, 

(1) Ainsi que nous en avons averti dans une note, a la page 73, nous 
completons ici la synonymie de cette espece, dont l'existence fut de si longue 
duree pendant les temps tertiaires. Je dois a M. le professeur Sandberger 
les synonymes des auteurs allemands. 



228 

Wurtcmb. Farhrsh, 1853, t. IX, p. 219, t. V, f. 16.— Planorbis 
subpyrenaicus, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 100 — Planorbis 
incrassatus, Rambur, Descript. de coq. foss. des faluns de la 
Touraine, dans le Journ. de conchyl. 1862, p. 177, pi. 8, 
f. 3-4. * 

Testa supra planulata, stride umbilicata, subtus subplana, 
irregulariter striata; anfractibus 5-6 teretibus, fere sensim ac- 
crescentibus ; apertura ovato-rotundata, subintegra; peristomate 
simplici, recto acutoque. 

Coquille a peu pres plane en dessus et tres-etroitement 
ombiliquee, presque plane en dessous, irregulierement striee ; 
tours 5-6 arrondis , s'accroissant presque regulierement ; 
ouverture ovale-arrondie, a peine lunulee par l'avant-dernier 
tour; peristome simple, droit et aigu. 

Hauteur 7-8-10 mill. 

Diametre 22-25-30 mill. 

Localites : — Les calcaires blancs et gris, a Sos, a Nerac, a 
Vianne, a Saint-Julien-de-Fargues, a Aiguillon, a Nicole, 
a Agen (Lot-et-Garonne), C; a Boudou, a Malause, pres 
de Moissac, aBourret (Tarn-et-Garonne) , C. ; a Toujot, a 
Sansan (Ge^s), R. ; a Lucbardez, a Dax, a Saint-Paul 
(Landes), R. R. ; a Royan, a Mauras, pres de La Brede, 
a Saucats, a Noaillan, a Leognan, pres de Vilandraut 
(Gironde), C. 

Coquille variable, plus ou moins epaisse ; ovalaire dans le jeune age, 
arrondie a la fin, ce qui explique les nombreuses appellations sp^ci- 
fiques qui lui ont 6"t6 appliquees. 

» PLANORBIS CONTERRANEUS. 

Planorbis conterranfus, Koulet, Coq. foss. nouv., 1 857, 
p. 22. 



— 229 — 

Testa supra planulata, haud umbilicata, irregulariter striata, 
subtus concava ; anfractibus 5-6 sensim accrescentibus, ultimo 
tereti ; apertura ovata, subintegra, vix dilatata ; peristomate 
simplici, recto acutoque. 

Coquille presque plane en dessus et sans ombilic, concave 
en dessous par l'enroulement du dernier tour, irreguliere- 
ment striee ; tours 5-6 s'accroissant progressivement, le der- 
nier arrondi ; ouverture ovale, a peine lunulee, peu dilatee ; 
peristome simple, droit et aigu. 

Hauteur 7-10 mill. 

Diametre 22-30 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Jegun au haut du vallon du 
Masca, C. ; a Toujet (Gers), C. ; a Lucbardez (Landes) , 
R. ; a Saucatz (Gironde), R. 

3. PLANORB1S SANSANIENSIS. 

Planorbis sansaniensis, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 101. 

Testa supra umbilicata, subtus concava, tenue striata ; an- 
fractibus 6 crassis, teretibus, subtus vix obliquatis, fere sensim 
accrescentibus ; apertura ovato-rotundata, pariim lunata, sub- 
dilatata ; peristomate simplici, subrecto acutoque. 

Coquille ombiliquee en dessus, concave en dessous, fme- 
ment striee ; 6 tours epais, arrondis, a peine tailles en biseau 
en dessous et de dedans en dehors, croissant presque pro- 
portionnellement ; ouverture ovale-arrondie, peu echancree 
par l'avant-dernier tour, legerement evasee ; peristome sim- 
ple, a peu pres droit et trancbant. 

Hauteur. 9 mill. 

Diametre 24 mill. 

Localites : — Le calcaire et l'argile a petits ossements , a 
Sansan, C. C. C. ; le calcaire, a Lavardens (Gers), C, 



— 230 - 

Le Planorbis sansaniensis est voisin du Planorbis crassus, M. de 
Serres, de l'eocene superieur, mais il est plus arrondi que celui-ci., a 
cause du developpemeht presque proportionnel des tours ; le dernier 
de ceux-ci, qui a une moindre epaisseur, est coupe" moins obliquement 
de dedans en dehors. 

4. PLANORBIS DUPUYIANUS. 

Planorbis Dupuyianus, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 101. 

Testa compressa, supra in medio paululum concava, subtus 
vix concava, sub lente tenuissime striatula ; anfractibus 6 pau- 
latim accrescentibus, teretibus, haud carinatis, ultimo propor- 
tionali ; apertura ovata ; peristomate simpHci acutoque. 

Coquille comprimee, concave au centre en dessus, a peine 
concave en dessous (vue a la loupe), tres finement stride ; 
tours 6 s'accroissant progressivement, arrondis, sans trace de 
carene, le dernier proportionnel aux autres ; ouverture ovale ; 
peristome simple et aigu. 

Hauteur 2 mill. 

Diametre 7 mill. 

Localite : — Le calcaire. a Sansan (Gers), R. 

Dans cette coquilje, les tours sont enroules comme dans le Planorbis 
leucostoma, Muller, mais la terminaison du dernier tour ne paraitnul- 
lement dilatee, et l'ouverture ne portait point a l'interieur de bourrelet 
saillant ; les moules ne montrent en effet aucune depression a l'endroil 
que le renflernent aurait occup6. 

5. PLANORBIS GOUSSARDIANUS. 

Planorbis Goussardianus, Nouiet, Mem. cit., 1854, p. 102. 

Testa planiUala, supra concava, subttis concava umbilicataquc, 
sub lente tenuissime striatula; anfractibus 5 teretibus, parum 
crl enter accrescentibus, ultimo ri.v wajore; apertura rotunda Iff. 
n.r lunulata; peristomate simplici, recto acutoque, 



— 231 — 

Coquillc aplatio, concave en clessus, concave et ombiliquee 
en dessous (vue a la loupe), tres-fmement striee; tours 5 ar- 
rondis , croissant un peu rapidement, le dernier un peu plus 
grand relativement aux autres ; ouverture arrondie, a peine 
echancree par le dernier tour; peristome simple, droit et 

aigu. 

Hauteur f mill. 

Diametre 4 mill. 

Localites : — L'argile a petits ossements et le calcaire, a 
Sansan (Gers) , G. C. C. ; le calcaire, a Saucats, a 
Noaillan (Gironde), C. 

Le Planorbis Goussardianus a des rapports avec le Planorbis spirorbis, 
Muller, vivant, mais la coquille fossile est toujours plus petite que 
celle-ci et en est distincte par les tours de spire plus rapidement deve- 
loppes et completement arrondis. 

6. PLANORBIS ROUSIANUS. 

Planorbis Rousianus, Wouiet, Mem. cit., 1854, p. 103. 

Testa supra planulata, subtus concava, sub lente levissime 
striatula ; anfractibus 6 sensim accrescentibus, teretibus, ultimo 
alteris proportionali ; apertura ovata , parum lunata; peri- 
stomate simplici, recto acutoque. 

Coquille a peu pres plane en dessus, concave en dessous, 
tres-legerement striee (vue a la loupe) ; tours 6 s'accroissant 
proportionnellement, arrondis, le dernier proportionnel aux 
autres ; ouverture ovale, peu lunulee par l'avant -dernier tour ; 
peristome simple, droit et aigu. 

Hauteur \ mill. 

Diametre 5 mill. 

Localite : — Le calcaire, a Sansan (Gers), R. R. R. 

Les tours augraentant progressivement dans cette petite coquille, on 
la distingue aisement de la precedente dont le volume est presque le 
meme. 



- 232 - 

V. PLANORBIS DECLIVIS. 

Planorbis declivis, A. Braun, in Walch., ex Sandberger, 

Die conchyl. des mainzer tert., 1863, p. 8, f. 9. — Deshayes, 
Descript. des anim. s. vert., Paris, 1864, t. II, p. 751, pi. 47, 
f. 18-21. — Planorbis applanatus, Thonue, ex Sandberger, 
1. c. — Planorbis Ludovici, Noulet, Mem. cit. , 1854, 
p. 104. 

Testa planulata, supra convexiuscula subumbilicataque, sub- 
tus subplana, sub lente tenuissime striatula ; anfractibus 6 pau- 
latim accrescentibas, carina tereti infeme separatis, ultimo supra 
convexo, infra subplano; apertura ovata, utrinque subangulata ; 
peristomate simplici, recto acutoque. 

Coquille aplatie, legerement convexe en dessus et un pen 
ombiliquee, prosque plane en dessous, tres-fmement striec 
(vue a la loupe) ; tours 6 s'accroissant regulierement, separes 
par une carene inferieure arrondie, le dernier convexe en 
dessus, presque plane en dessous ; ouverture ovale, angd- 
leuse aux deux extremiles; peristome simple, droit et aigu. 

Hauteur 1-2 mill. 

Diametre 5-9 mill. 

Localites : — Le calcaire compacte et l'argile a petits 
ossements, a Sansan (Gers), R. ; le calcaire, a Saucats, a 
Noaillan, pres de Villandraut (Gironde), R.; a Lucbardez 
(Landes), R 

8. PLANORBIS LARTETII. 

Planorbis Lartetii, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 104. — 
Planorbis nitidiformis, Gobanz, ex Sandberger, in litt. 

Testa supra convexa, subumbilicata, subtus subconcava, stricte 
umbilicata, sub lente striatula; anfractibus 6 se invicem late 
ampleclentibus , carina infeme separatis *, ultimo permulto 



— 233 — 

maximo, supra convexo, infra planulato ; apertura acute cor- 
data; peristomate simplici, recto acutoque. 

Coquille convexe et un peu ombiliquee en dessus, presque 
concave en dessous et etroitement ombiliquee, tres-fmement 
striee (vue a la loupe) ; tours 6 se recouvrant largement entre 
eux, separes par une carene inferieure , le dernier beaucoup 
plus grand, convexe en dessus, presque plane en dessous ; 
ouverture cordee avec deux angles aigus opposes; peristome 
simple, droit et aigu. 

Hauteur 2! mill. 

Diametre 7 mill. 

Localite : — Le calcaire compacte, a Sansan (Gers), R. 

Cette coquille est si voisine de celle du Planorbis nitidus, Muller, 
qu on serait tente de la considerer comme une variete du type vivant. 
Neanmoins les exemplaires fossiles sont plus grands,, ils ont constamment 
6 tours a la spire, qui est plus convexe en dessus ; la face inferieure, a 
cause de l'aplatissement du dernier tour, est aussi plus plane et comme 
laillee en biseau vers la cavite ombilicale. 

Genre LIMN-3EA. 

1. LOIM:V PACHYG ASTER. 

Limn^eus pachygaster, Thomse , Nass. Jahrb. 11 S. 155, 
t. IV, f. 1. — Sandberger, Die conchyl. des mainz. tert., 
1863, p. 67, t. VII, f. 1-4. — Limnjsa stagnalis, »upuy, Moll, 
du Gers, 1843, p. 101, non Lamarck. 

Testa multo mriabili, ovato-ventricosa, vix rimata; spira 
plus minusve acuta; anfractibus 5-6 oblique striatis, ultimo 
peramplo ; apertura ovata ; peristomate acuto ; columella intorta, 
extus reflexa. 

Var. sansaniensis, Noulet, 1868. — Limnju sansaniensis, 
Noulet, Mem. cit., 1854, p. 105. 

Testa turrito-elongata ; spira elongata, acuta. 



- 234 — 

Yak. Lartetii, Noulet, 1868. — Limnjea Lartetii, Noulet, 
Mem. cit., 1854, p. 1 06. — Limnaa Noueli, Deshayes, Dcscript. 
des anim. s. vert. Paris, 1864, t. II, p. 705, pi. 45, f. 1-2. 

Testa ovato-elongata, ventricosa; spira sat elongata, acuta. 

Var. dilatata, Noulet, 1868. — Liunaa dilatata, Noulet, 
Mem. cit., 1854, p. 107. — Deshayes, Descript. des anim. s. 
vert. Paris, 1864, t. II, p. 704, pi. 44, f. 3-4. 

Testa ovata, valde ventricosa turbinataque ; spira brevi, 
stride acuta. 

Coquille tres-variable, ovale-ventrue, avec une fente ombi- 
licale etroite; spire plus ou moins aigue; tours 5-6 oblique- 
ment stries, le dernier demesurement plus grand que les 
precedents; ouverture ovale; peristome aigu ; columelle 
intorse, reflechie en dehors. 

Var. de Sansan. — Coquille turriculee-allongee, a spire 
allongee et aigue. 

Hauteur 50 mill. 

Diametre 25 mill. 

Var. de Lartet. — Coquille ovale-allongee, ventrue, a spire 
assez allongee, aigue. 

Hauteur 40 mill. 

Diametre 20 mill. 

Var. dilatee. — Coquille tres-ventrue ou meme turbinee. a 
spire courte, grele et aigue. 

Hauteur 30-40 mill. 

Diametre 21-26 mill. 

Localites : — Le calcaire compacte et l'argile a petits osse- 
menls, a Sansan, C; les calcaires, a Lavardens, a Touji't, 
a Pellefigue (Gers) ; les calcaires blancs et gris, ces 



— 235 — 

derniers surtout, a Sos, a Agen, a Marmancle, a Aiguil- 
lon, etc. (Lot-et-Garonne), C. C. C; a Malause et a Bou- 
dou, pres de Moissac (Tarn-et-Garonne) , C; a Lucbardez 
(Landes), R.; a Saucats (Gironde), R. 

Apres avoir signale les grandes Limnees fossiles du bassin sous- 
Pyreneen, je disais dans la premiere edition de mes Memoires, en 1 854 : 
« Les trois grandes Limnees que nous venons de decrire offrent trois 
» types distincts, le premier par la forme allongee de la eoquille et le 
» dernier par la forme raccourcie qu'elle presente, si bien que dans cer- 
» tains exemplaires les tours de la spire semblent 6tre rentres les uns 
» dans les autres; le troisieme est intermediate entre ces deux-ci. II est 
» neanmoins difficile de decider si chacune de ces formes repond a un 
» type specifique, a cause des variations qu'elles offrent. » 

Je n'en doute pas aujourd'hui, grace aux nombreux exemplaires que 
j'ai pu reunir ; aussi, ai-je considere comme de simples varietes du 
Limncea pachygaster d'Allemagne, decrit anterieurement a mes travaux, 
les formes les plus heurtees du miocene du Sud-Ouest. 

J'ai etabli l'identite des Limncea olilatata et Noueli, des calcaires d'Or- 
leans, avec nos types, sur de beaux exemplaires que M. Nouel a bien 
voulu m'envoyer. 

«. lAmiJEA SUBPALUSTRIS. 

Limn^a palustris (partim) , Basterot, Descript. geol. du 

bass, du sud-ouest de la France, 4825, p. 23, non Auctorum. 
— Grateloup, Mem. sur les coq. foss. du bass, de l'Adour, 
4838, p. 38, pi. 4, f. 36 {male), et Moll, de Dax, pi. 1, f. 44 
{male). — Limnjeus subpalustris , Thomae, Nass. Jahrb., t. II, 
S. 456, T. 4, f. 9 [male). — Limn^us acutus, Reus, in Palaen- 
tograph. 4 4, S. 35, f. T. 4, f. 3, ex Sandberger, Die conchyl. 
mainz. tert., 4863, p. 68, T. 7,f. 2. — Limncea pseudo-palustris, 
d'Orbigny, Prodr. de paleont., 4 852, t. Ill, 26 e et., n° 329. 

Testa ovato-oblo7iga, striata, imperforata ; spira parum elon- 
gata, acutiuscula ; anfractibus 5-6 sat convexis, ultimo amplo , 
aUikidinem duplam prcecedentium omnium mquante ; apertura 



— 236 — 

sat ampla, ovali; peristomate simplici; columella subintorta, 
cxtus ad rimam reflexa. 

Coquille ovalo-oblongue, striee, imperforee ; spire pcu 
allongee, legerement aigue ; tours 5-6 assez convexes, lc 
dernier ample, deux fois plus long que tous les autres ensem- 
ble ; ouverture assez ample, ovale ; peristome simple ; colu- 
mclle a peine torse, reflechie sur la place de la fente ombi- 
licale. 

Hauteur 49-30 mill. 

Diametre 9-13 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Saucats, a Noaillan, pres de 
Villandraut (Gironde), R.; le depot lacustre de Mendillot, 
a Saint-Paul (Landes), R. 

Les figures de l'excellent atlas de l'ouvrage cite de M. le professeur 
Sandberger represented cette coquille avec le dernier tour un peu plus 
developpe que ne l'offrent nos exemplaires. 

3. MJirV J.A GIRONDICA. 

Limn^a palustris (partim) , Basterot , Descript. geol. du 
bassin du sud-ouest de la France, 4825, p. 23, non Bron- 
gniart nee Draparnaud. — LlMN^A GIRONDICA, Noulet, Mem. 
cit., 4854, p. 440. 

Testa otato-elongata , striata , imperforata ; spira anguste 
acuta; anfractibus 5-6 convexiusculis, ultimo bis tertiam partem 
testoe totius adcequante; apertura ovato-elliptica ; peristomate 
simplici ; columella subintorta, extus ad rimam reflexa. 

Var. Urceolata , Noulet, 4 868. — Limn^us urceolatus , 
Braun, in Walchn. Geognosie, II. Aufl. S. 4134, ex Sandber- 
ger, 1. c , p 68. 

Coquille ovale-allongee, striee, imperforee ; spire effilee 
et aigu< ; ; tours 5-6 peu convexes, le dernier egalant les deux 
tiers de la longueur totale do la coquille ; ouverture ovale- 



- 237 - 

elliptique; peristome simple; columelle legerement torse, 
reflechie sur la place de la fente ombilicale. 

Hauteur 15-20 mill. 

Diametre 6-10 mill. 

La variete urceolee plus grande. 

Hauteur 20 mill. 

Diametre 12 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Saucats, a Noaillan, a Villan- 
draut (Gironde), C. 

4. LIHNJSA ARMANIACENSIS. 

LiMNiEA armaniacensis, Noulet, Coq. foss. , nouv., 1857 , 

p. 22. 

Testa ovato-elongata, imperforata; spira conica acutaque ; 
anfractibus 6 convexiusculis, ultimo majore, mediam partem 
testae efformante ; apertura anguste ovata ; margine vix 
patulo. 

Coquille ovoide-allongee, imperforee; spire conique aigue; 
tours 6 peu convexes, le dernier plus grand constituant la 
moitie de la longueur de la coquille entiere ; ouverture ovale, 
peu ouverte, a marge a peine evasee. 

Hauteur 47 mill. 

Diametre 9 mill. 

Localite : — Le calcaire, a Jegun, dans l'ancien Armagnac, 
pres de l'etablissement de bains du Masca (Gers), C. 

Au premier aspect, la forme de cette coquille rappelle celle du Lim- 
ncea palustris vivant ; mais sa spire est beaucoup plus allongee propor- 
tionnellement au dernier tour. 

5. OMN7EA DUPUYIANA. 

Limnaa minuta, Dupuy, Moll, du Gers, 1843, p. 101, non 
Auctoruiii. — Limmea. Dupuyiana, Nowlet, Mem. cit., 1854, 
p. 108. 



— 238 — 

Testa </ra<ili, ovato-elongata, tenuissimc striata, perforata; 
spira elongato-acuta, subcontorta, apice obtusata; anfracUbus 4 
convexiusculis, ultimo dirnidium testa totius adcequante ; aper- 
hira orato-oblonga ; peristomate continuo, subpatulo, profunda 
subincrassato ; columella intorta, extus reflexa. 

Coquille ovalo-allongec , tres-finement striee , perforee ; 
spire allongee, aiguo, comme tordue, a sommet obtus ; tours 4 
l)ou convexes, le dernier egalant la moitie de la longueur 
totale de la coquille ; ouverlure ovale-oblongue ; peristome un 
pen ouvert, avec un leger bourrelet interieur, assez profonde- 
ment situe; columelle torse, reflechie en dehors. 

Hauteur 6 mill. 

Diametre 3 mill. 

Localites : — Le calcaire compacte et l'argile a petits osso- 
ments, a Sansan (Gers), C. C. C. ; le calcaire- a Lucbardez 
(Landes), R. 

6. LIMNLEA LAUniLLAKDlANA. 

Limn^ea Laurillardiana, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 109. 

Testa ovato-oblonga, ventricosa, striata, subperforata ; spira 
brevi) acuta ; anfractibus 5 convexiusculis, ultimo bis tertian i 
partem testce totius ada 'quanta ; apertura ovata; peristomate 
subcontinuo, simplici; columella intorta, extus reflexa. 

Coquille ovale-allongee, ventruo, striee, subperforee; spire 
courte, aigue; tours 5 peu convexes, le dernier egalant les 
deux tiers de longueur de toute la coquille; ouverture ovale; 
peristome presque continu ; columelle torse, reilechie en de- 
hors sur la fente ombilicale. 

Hauteur 4 mill. 

Diametre 5 mill. 

Localites : — L'argile a petits ossements, a Sansan (Gers), 
H. ; le calcaire, a Lucbardez (Landes), C. 



— 239 — 

Cette coquille qui a la taille de celle des grands individus de la 
Limncea minuta, Dmparnaud, differe de celle-ci par son dernier tour 
plus d^veloppe et par la spire plus aigue. Les plus petits exemplaires 
sont aisement distingue^ de ceux de notre Limncea Dupuyiana par la 
proportion de la spire et le defaut de torsion de cette derniere; l'ouver- 
ture manque enfin de bourrelet inteneur. 

Le calcaire blanc inferieur de Nerac (Lot-et-Garonne) fournit abon- 
damment des moules interieurs d'une Limnee ayant de 25 a 30 mill, de 
longueur sur 4 a 15 mill, de diametre. lis sont dans la forme du 
Limncea (Limnoeus) obovata H?rtin, mais plus allonge's. 

Genre MELANIA. 

I. MELANIA ESCHERI Tar. AQUITANICA. 

Melania Aquitanica, Noulet, Coq. foss. nouv. du bass, 
sous-pyreneen, dans les Mem. de l'Acad. des sc. de Toulouse, 
4846, 3 e serie, t. II, p. 227, pi. 1, f. 1-2 (renversees) . — Mela 
nia TxRossecostata, v. Klein, Wurtemb Jahrehst, 1853, VIII, 
S. 158, T. Ill, f. 2-9. S. 221, T. V, f. 19. 

Testa elongato-pyramidali, turriculata, plus minusve acuta, 
scppe decollata, longitiidinaliter costata; costis 10-12; anfrac- 
tibus 40-14 subplanis, supra oblique spiralis ; sulcis 3-4-5 sub- 
imbricatis; apertura ovata, dilatata; columella callo tenuiore 
incrassata; margine subrecto. 

Coquille allongee-pyramidale, turriculee, plus ou moins 
aigue au sommet, souvent tronquee, longitudinalement rele- 
vee de cdtes au nombre de 1 0-1 2 ; tours 1 0-1 4 presque planes, 
etages par une rampe oblique et traversee par des sillons 
3-4-5 legerement imbriques, fmissant sur les cotes en tuber- 
cules d'abord aigus, puis obtus et arrondis; ouverture ovale, 
dilatee; columelle epaissie par uncalus mince; marge presque 
droite. 

Hauteur 60-70 mill. 

Diametre 48-20 mill. 



— 240 - 

Localites : — Les marnes argileuses, oil cette coquille a 
conserve le test, a Fonsorbes (Haute-Garonne), a Mont- 
ferran, a Gavarret, a Goutx (Gers), R. ; a l'etat de moule 
exterieur, dans des geodes ou nodules argilo-marneux, 
retires des sables et de la molasse, a Beauchalot, au 
Fousseret, a Montastruc-de-Saves, a Montagut, a Sei- 
gnede, a Agassac, a Saint-Frajou, a Mondavezan, a 
Benque, au Pin (Haute-Garonne), C. ; a Puylausic, a 
Montpezat, a Gensac, a Laymont, a Perigue, a l'lle- 
Jourdain, a Pujaudran, a Lahos, a Nizas, a Lombez, a 
Castillon, a Fregouville, a Montferran, a Escornebeuf, a 
Cologne, a Castelnau-Barbarens, a Peissan, a Gimont, 
a Caster a-Verduzan, au Saint-Puy (Gers), C. ; a Ban 
dignan (Landes), R. R. ; a Navarrenx (Basses-Pyren6es), 
R. R, 

Le Melania Escheri des couches a lignite de Koepfrach, pres de Zurich, 
ainsi nomme et non dCcrit par M. Brongniart, dans la Description 
geologique des environs de Paris, offre le type dune espece excessivement 
variable par sa forme, sa taille et les saillies diverses dont les tours de 
la spire sont releves, semblable en cela a son congCnere le Melania 
asperata, Lamarck, vivantaux Philippines. De Ik plusieurs denominations 
specifiques appliquees a des varietCs qui, conside're'es isole"ment, semblent 
autoriser ces separations. En voici la synonymie : 

Melania Escheri, Brongniart, 1. c. — Melania turrita, Klein. — 
Melania turritella, Quenstedt. — Melania grossecostata , Klein, ex 
Sandberger. — Melania inquinata, Bouillet, Cat. moll. d'Auvergne, 
1836, non Defrance. — Melania Lauras, Matheron, Cat. me"th., 4 842, 
p. 219, f. 23-24. — Melania aquitanica, Noulet. 

Jusqu'a present, le miocene sous-pyre'n^en, ou cette coquille est si 
abondante dans les zones supCrieures, ne nous a fourni que la variete 
aquitanique, excessivement 61oigne"e du type de la Suisse, mais que des 
interm&liaires unissent incontestablement. 



- 241 - 

Genre MELANOPSIS. 
f . MELANOPSIS KLEINII. 

Melanopsis Kleinii, Kurr, Wurtemb., Fabresbeftc , XII , 

p. 42. 

Testa ovato-fusiformi, apics acuta, striatula ; anfractibus 7 
convexiusculis, ultimo vix longiore ; apertura stride obovata, 
superne angulata ; labro simplici ; columella callosa, arcuala, 
superne dilatata. 

Coquille ovoide fusiforme, a sommet obtus, fmement 
striee ; tours 7 legerement convexes, le dernier a peine plus 
long que les autres reunis; ouverture obovale-etroite, anguleuse 
a la partie superieure ; levre simple ; columelle calleuse, 
arquee, superieurement dilatee. 

Hauteur 15-16 mill. 

Diametre 6-7 mill. 

Localites : — Le calcaire, a Seissan, R. ; 1'argile a petits 
ossements, a Sansan (Gers), R. R. R. 

J'avais jusqu'ici neglige de signaler dans notre terrain miocene cette 
coquille, que je crois identique au Melanopsis Kleinii du Wurtemberg, 
apres Tavoir attentivement comparee a des exemplaires de cette locality. 

Genre CYCLOSTOMA. 

1. CYCLOSTOMA ELEGANS-ANTIftOJM. 

Cyclostoma elegans-antiquum, BrongBsiart, Ann. du Mus., 

1810, t. XV, p. 365, pi. 22, f. 1. — Brard, Journ. de phys., 

1811, t. LXXII, p. 453. — Cyclostoma elegans, Deshayes, 

Coq. foss. de Paris, 1824, t. II, p. 75, pi. 7, f. 4-5, non 

BJraparnaud. — CYCLOSTOMA BISULCATUM, V. ZieJen, Verst. 
Wurtemb., S. 40, t. XXX, f. 6. — Sandberger, Die conchy]. 

47 



— 242 - 

dos mainzer tort., 1863, p. 7, t. I, f. 3. — Cyclostoma Bro- 
gnardianum (sic), Partiot, Mem. sur les Cycl., 1848, p. 27, 
n° 74. — Cyclostoma subelegans, d'Orbigny, Prodr. de 
Paleont., 1852, t. Ill, tabl. alph. — Cyclostoma antiquum, 
Deshayes, Descript. des anim. s. vert. Paris, 1864, t. II, 
p. 881, pi. 57, f. 13-14. 

Testa ovato-conoidea, vel ovato-coyiica, apice mamillata ; rima 
aperta; anfractibus 5-5 £ rotundatis, sutura profunda separatis, 
primo secundoque levibus , alter is spiraliter sulcis variantibus 
ornatis , ultimo tantum transversim striatulo ; apertura subor- 
bicidari , subangulosa ; peristomate continuo , vix dilatato , 
vaidulum incrassato. — Operculo tenui , spirali , anfractibus 
5 sensim accrescentibus , ad marginem carinatis, transversim 
costulatis. 

Var. subpyrenaicum, Nouiet, 1868. — Cyclostoma elegans, 
Dupuy, Moll, du Gers, 1843, p. 102, non Draparnaud. — 
PALUDINA IMPURA, Dupuy, 1. c., p. 102, non Draparnaud. 
— Cyclostoma subpyrenaicum, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 122. 

Anfractibus tantum sulcatis. 

Coquille ovo'ide-conoide, ou ovo'ide-conique, mamelonnee 
au sommet ; fente ombilicale ouverte ; tours 5-5 J arrondis, 
separes par unc suture profonde, le premier et le second 
lisses, les suivants diversement sillonnes ; ouverture subor- 
biculaire, subanguleuse ; peristome continu, a peine dilate, 
un peu epaissi. — Opercule mince, en spirale, a 5 tours s'ac- 
croissant graduellement, carenes vers la marge, traverses de 
petites c6tes. 

La variete sans trace de stries transversales ou d'accroisse- 
ment sur le dernier tour. 

Hauteur 14-17 mill. 

Diametre 12-15 mill. 



- 243 - 

Localites : — L'argile a petits ossements, a Sansan, R. R . R . ; 
les argiles marneuses, a Seissan, a Ornezan, C. ; les cal- 
caires, a Toujet (Gers), R. ; a Nerac, a Vianne, aTournon 
(Lot-et-Garonne), C. C. C. ; a Saucats (Gironde), R. 

Le type de cette espece offre sur le dernier tour des stries fines d'ac- 
croissement , coupant en travers les sillons prononces qui sont trace's 
dans le sens du developpement de la coquille et qui marchent sou vent 
deux-a-deux. Les stries d'accroissement manquent dans les exemplaires 
spathifies du miocene sous-pyreneen. Cette disposition , qui tient sans 
doute a letat de petrification dans lequel se trouve le test, jointe a la 
forme plus conique et par suite a l'ombilic moins ouvert des premiers 
exemplaires que je possedai, me deciderent a les considerer comme 
caracterisant une espece voisine, mais distincte, de celle de Paris et 
d'Allemagne. Apres de mures reflexions, je ne trouve pas ces differences 
suffisantes pour justifier une separation aussi radicale. 

». CYCLOSTOMA LARTETII. 

Cyclostoma Lartetii, Nouiet, Mem. ait., 1854, p. 143. — 
Cyglostoma sepultus, Rambur, Descript. de coq. foss. de la 
Touraine, dans le Journal de conchyl., 4862, p. 179, pi. 8, 
f. 7-8. v 

Testa oblongo-conica, spiraliter sulcata, striis transversim 
decussata, vix rimata ; anfractibus 6 rotundatis, sutura pro- 
funda separatis, ultimo majore, sulcis omninb ornato ; apertura 
suborbiculari ; peristomate simplici, haud dilatato. — Operculo 
ignoto. 

Coquille oblongue-conique, marquee de sillons profonds 
dans le sens de la spire, coupes par des stries tres fines trans- 
versalement et seulement visibles a la loupe; fente ombilicale 
a peine indiquee ; tours 6 arrondis, separes par une suture 
profonde, le dernier plus grand marque de sillons sur toute 
sa surface; ouverture suborbiculaire ; peristome simple, non 
dilate. — Opercule inconnu. 



- 244 — 

Hauteur 17 mill. 

Diametre 41 mill. 

Localites : — Les argiles marnouses, a Scissan, a Ornezan, 
C. ; les calcaires, a Fleurance, a Moncorneil, a Grazan 
(Gers), R.; les argiles marneuses, au Bois-de-la-Pierre 
(Haute-Garonne), R. R. 

La figure qui accompagne la diagnose du Cyclostoma sepultus, dans 
le M6moire de M. Rambur, represente la spire plus rapidement attenuee 
qu'elle ne Test dans nos exempl aires ; l'ouverture est aussi un peu plus 
grande , sans que Ton puisse douter pourtant de l'identite des exem- 
plaires de la Touraine avec ceux du miocenesous-pyreneen. 

3. CYCLOSTOMA VASCONENSE. 

Cyclostoma vasconense, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 114. 

Testa et operculo ignotis. 

Nucleo cylindrico-turrito, apice truncate* , stride umbilicato ; 
anfractibus 2 f-3 convexiusculis , ultimo paululum majore ; 
aperturce loco ovato, postice angulato ; margine subdilatato . 

Coquille et opercule inconnus. 

Moule interieur cylindrique-turricule, tronque au sommet, 
ombilic etroit et peu profond ; tours 2 |-3 peu convexes , lc 
dernier a peine plus grand ; place de l'ouverture ovale, avec 
un angle peu ouvert en haut ; bord a peine evase. 

Hauteur %% mill. 

Diametre 13-15 mill. 

Localite : — Le calcaire friable, a Jegun (Gers), pres de 
l'etablissement de bains du Masca, C. 

Les nombreux moules de cette espece que j'ai retires du calcaire du 
Masca ont leur extremite constamment tronqu^e au troisieme tour, meme 
dans ceux qui indiquent de jeunes individus; il devait en 6tre ainsi pour 
la coquille. Certains moules laissent apercevoir des traces de stries assez 
larges, disposers dans le sens du dtiveloppement de la spire. 



— 245 — 

Notre Cyclostoma vasconense est voisin , mais distinct , du Cyclos- 
toma Kcechlinianum, du miocene d'Allemagne. 

Le Cyclostoma cancellated (sic) de M. De Grateloup, Mem. sur lescoq. 
foss. du bassin de l'Adour, 4 838, que M. Partiot, Mem. sur les Cycl., 
p. 61, a place" parmi les especes douteuses, mais que M. A. d'ORRiGNY a 
accepte dans son Prodr. de Paleont. t. 3, etage 23, n° 35, doit etre res- 
titue au Littorina sulcata, Pickings, que Ton trouve aussi fossile dans le 
bassin de Vienne, d'apres M. Sandberger. 

GENRE BYTHINIA, 

f. BYTHINIA LEMANI. 

Cyclostoma Lemani, Basterot, Descrip. geol. du bass. tert. 
du sud-ouest de la France, 1825, p. 31, pi. IV, fig. 9 {Male). 
— Grateloup, Mem. sur les coq. foss. du bass, de l'Adour, 
Act. de laSoc. Linn, de Bordeaux, 1838, t. X. p. 114, pi. IV, 
fig. 28-29 (Optime). — Noulet, Mem. cit., 1854, p. 124.— 
Bythinia Lemani, Nouleft, 1868. 

Testa ovato - conica , apice obtusata, lemgata, subrimata; 
anfractibus 4-5 rotundatis, ultimo multo majvre, subgloboso ; 
apertura orbiculata; peristomate continuo, crasso, patulo, extus 
marginato. — Operculo ignoto. 

Coquille ovoi'de-conique, a sommet obtus, lisse, fente ombi- 
licale a peine indiquee ; tours 4-5 arrondis, le dernier beau- 
coup plus grand, subglobuleux ; ouverture orbiculaire; 
peristome continu, epais, ouvert, borde endehors. — Opercule 

inconnu. 

Hauteur 5 mill. 

Diametre 3 mill. 

Localites : — Les calcaires, a Saucats, a Noaillan (Gironde) ; 
a Lucbardez, C; a Saint-Paul (Landes). R. 

2. BYTHINIA SUBPYRENAICA. 

Hydrobia subpyrenaica, Nouiet, Mem. cit., 1854, p. 115. — 
Bythinia subpyrenaica, Noulet, Coq. foss. nouv., 1857, p. 11. 



- 246 — 

Testa ovato-ventricosa, apice obtusata, sub lente striatula 
irregular iter que subcostulata, stride rimata; anfractibus 4-,") 
convexis, ultimo maximo, ventricoso, bis tcrtiam partem testes 
efformante ; apertura obovata, ad summum sat acute angulata ; 
pcristomate continue), patulescente , subincrassato. — Operculo 
ignoto. 

Coqnillc ovoidc, ventrue, obtuse au sommet, tres fmoment 
striee observee a la loupe et irregulierement relevee de peti- 
tes cotes, tres etroitement ombiliquee; tours 4-5 convcxes, le 
dernier plus grand, ventru, formant a lui seul les deux tiers 
de la hauteur totale de la coquille ; ouverture obovale, avec 
un angle assez aigu au sommet ; peristome continu, un pen 
evase et legerement epaissi. — Opercule inconnu. 

Hauteur 3 mill. 

Diametre 2! mill. 

Localite : — Le calcaire, a Lucbardoz (Landes), C. 

3. BYTHINIA ATURENSIS. 

Paludina pusilla, Basterot, Descrip. geol. du bass. tort, 
du sud-ouest de la France, 1825, p. 31, non Bulimus pusillus, 
Brongniart, nee PALUDINA PUSILLA, Deshayes. — Grateloup, 
Mem. sur les coq. foss. du bass, de l'Adour, 1838, 1. c. — 
Hydrobia? aturensis, Noulet, Mem. cit., 1854, p. 116. — 
Bythinia aturensis, Koulet, Coq. foss. nouv. 1857, p. 11. — 
Littorinella acuta, var. d, SandbcB-ger, Die conchyl. des 
mainz. tcrt, 1863, p. 82, pi. VI, f. 91, non Cyclostoma acu- 
TUM, Draparnaud. — Bithinia Sandbergeri, Deshayes, Des- 
cript. des anim. s. vert. Paris, 1864, t. 2, p. 504, pi. XXXIV, 
f. 1-3. 

Testa conoidco-elongata, levi, spira gracili, apice obtusata, 
imperforata ; anfractibus 0-7 convexis, ultimo maximo, vix 
medium partem testes totius adcequante ; apertura obovato-rotun- 



— 247 — 

data, ad summum obtuse angulata ; peristomate continuo, patu- 
kscente, subincrassato . — Operculo ignoto. 

Coquille cono'ide-allongee, lisse, a spire elancee, obtuse au 
sommet, imperforee ; tours 6-7 convexes, le dernier plus 
grand, egalant a peine la moitie de la longueur totale de la 
coquille ; ouverture obovale-arrondie? avec un angle obtus a 
la jonction des deux bords ; peristome continu, a peine evase, 
logerement epaissi. — Opercule inconnu. 

Hauteur 3 mill. 

Diametre 1 mill. 

Localites: — Le calcaire,aLucbardez (Landes),C; aSaucats 
(Gironde), a Castelmoron-sur-Lot (Lot-et-Garonne), C. 

Cette tres- petite coquille a des rapports evidents avec celle de la 
Bythinia acuta (Cyclostoma acutum, Draparnaud), qui vit actuellement 
dans les eaux saumatres. Les naturalistes allemands ont confondu, sous 
la denomination commune de Littorinella acuta, Braunn, plusieurs 
types que nous croyons distincts. M. Deshayes en a separe la varj^te d, 
figurCe par M. Sandberger, pour en faire son Bythinia Sandbergeri ; ce 
type etant identiquement le m§me que notre Bythinia aturensis, ante- 
rieurement denomme, notre appellation doit avoir la priorite. 

Genre UNIO. 

t. UNIO FLABELLIFER. 

Unio flabellifer, Noulet, Mem. sur quelques Coq. foss. 
nouv., dans les Mem. de l'Acad. des Sc. de Toulouse, 1846, 
ser. 3, t. II, p. 232, pi. 2, f. 1, et Mem. tit., 1854, p. 117. 

Concha ovato-oblonga, ovata, subtrigonaque, crassa, plicata ; 
plicis plus minusve latis, pluribus a natibus ad marginem pos- 
teriorem radiantibus, plicis alteris diversis, numerosis, ad 
marginem superiorem et posteriorem decurrentibus ; dente 
cardinali crasso, conico, obtuso, sulcatoque. 

Valde variabili : elongata vel abbreviata ; plicis latis vel stric- 
tis ; natibus proeminentibus ml depressis ; marginibus diversis, 



- 248 -i 

Var. a latiplicatus, Noulet, 1868 — Umo latiplicatus, 
Noulct, Mem. do l'Acad. des Sc. do Toulouse, 1. c, p. 234, 
et Mem. cit., p. 4 4 9. 

Concha ovato-oblonga, superne vix arcuata, margine pos- 
terior e dilatato ; plicis latis, rectis ; natibus latis, tumidis, 
proeminentibus. 

Var. b depressus, Noulet, 4868. 

Concha ovato-oblonga, depressa, superne recta ; margine 
postcriore dilatato ; plicis sublatis, rectis vel recurvis ; natibus 
diffusis. 

Var. c eminens, Noulet, f 4868. 

Concha ovato-oblonga, ventricosa, superne arcuata ; mar- 
gine posterior e attenuato; plicis latis, recurvis; natibus sub- 
proeminentibus. 

Var. d permixtus, Noulet, 4868. 

Concha ovato-oblonga, subdepressa, superne arcuata; mar- 
gine posteriore attenuato -, plicis sublatis recurvis : natibus 
diffusis. 

Var. e pulchellus, Moulet, 4 868. 

Concha ovato-oblonga, subdepressa, superne parum arcuata; 
margine posteriore vix attenuato ; plicis sublatis, parum recur- 
vis; natibus diffusis. 

Var. f rreviplicatus, Noulet, 4868. — Unio breviplicatus, 
Nouiet, Mem. de l'Acad. des Sc. do Toulouse, I.e., p. 233, 
pi. 3, f. 4, etMem. cit., p. 448. 

Concha ovata, ventricosa, superne arcuata ; margine poste- 
riore plus minusve dilatato ; plicis latis, ad marginem inferior em 
recurvis; natibus proeminentibus. 

Var. g subtrigonus , Nouiet, 4868. — Unio subtrigonus, 
Nouiet, Mem. de l'Acad. des Sc. de Toulouse, 1. c, p. 234, 
pi. 3, f. 2-3, etMem. cit., p. 4 4 8. 



- 249 — 

Concha ovato-subtrigona , ventricosa, superne arcuata; mar- 
gine posterior e par urn attenuate', plicis latis, ad marginem 
superior em recurvis ; natibus proeminentibus, tumidis. 

Var. h strictiplicatus, TCoulet, -1868. — Unio strictipli- 
catus, Kouiet, Mem. de FAcad des Sc. de Toulouse, 1. c, 
p. 235, pi. 1, f. 2 (male), et Mem. cit., p. 420. 

Concha duabus pro3cedentibus simili; plicis strictis. 

Coquille ovale-oblongue, ovalaire, ou subtrigono, epaisse, 
valves plissees a leur partie posterieure ; plis plus ou moins 
larges, les uns naissant plus ou moins en commun au-dessous 
du sommet, et allant s'irradiant vers le bord posterieur et 
inferieur, les autres diversement prononces, un peu arques, 
obliquement diriges d'avant en arriere et atteignant les bords 
superieur et posterieur, occupant ainsi la place du corselet ; 
dents cardinales, epaisses, coniques, obtuses et sillonnees. 

Coquille tres-variable : allongee ou courte ; plis larges ou 
etroits, saillants ou peu prononces ; sommets et bords fort 
divers. 

Var. a. — Coquille ovale-allongee ; bord superieur a peine 
arque, le posterieur elargi; plis larges, droits; sommets 
larges, proeminents. 

Longueur 100 mill. 

Largeur 50 mill. 

Var. b. — Coquille ovale-allongee, deprimee ; bord supe- 
rieur droit, le posterieur elargi; plis assez larges, droits ou 
recourbes ; sommets vaguement accuses. 

Longueur. ...... 100 mill. 

Largeur 40 mill. 



5* 



Var. c. — Coquille ovale-oblongue, ventrue; bord superieur 
arque, le posterieur attenue; plis larges, recourbes; sommets 
peu proeminents. 



- 250 - 

Longueur 95-100 mill. 

Largeur 45- 48 mill. 

Var. d. — Coquillo ovale-allongee, un peu deprimee; bord 
superieur arque, le postericur attenue ; plis moderement lar- 
ges, recourbes ; sommets diffus. 

Longueur 68-95 mill. 

Largeur 37-50 mill. 

Var. e. — Coquille ovale-allongee, un peu deprimee; bord 
superieur peu arque, le postericur a peine attenue; plis 
moderement largos, peu recourbes ; sommets diffus. 

Longueur 80 mill. 

Largeur 48 mill. 

Var. f. — Coquille ovalaire , ventrue ; bord superieur 
arque , le postericur plus ou moins elargi ; plis largcs , 
recourbes vers le bord inferieur; sommets proeminents. 

Longueur 50-80 mill. 

Largeur 30-50 mill. 

Var. g. — Coquille ovalaire-subtrigone , ventrue ; bord 

superieur arque , le postericur peu retreci ; plis larges , 

recourbes vers le bord superieur ; sommets proeminents, 
epaissis. 

Longueur 80 mill. 

Largeur 50 mill. 

Var. h. — Coquille de la meme forme que les deux pre- 
cedentcs, mais a plis etroits. 

Longueur. . . . » . . . 80 mill. 
Largeur 50 mill. 

Localites : Les sables, a l'etat de moules geodiques, rare- 
ment avee rimprcssion des deux valves, a Montagut, a 
Mondavezan , au Pin (Hauto-Garonne) ; a Gensac, a 
Laymont, a Perigue, a Lahas, au Plan, a Pellefiguo, a 
Nizas, a Lombcz, a Samatan, a Cologne (Gers), R. 



— 251 — 

Je me decide a grouper en varietes, sous la denomination commune 
d'Unio flabellifer, les nombreux exemplaires que je possede de cette 
espece, moules sur les matrices naturelles tirees des sables miocenes de 
l'ancienne Gascogne. lis offrent entr'eux une si grande diversite de 
forme et de taille, que Ton est tente, tout d'abord, de les considerer 
comme appartenant a plusieurs types specifiques, surtout si Ton n'en 
possede que de rares specimens. Des intermediaries les relient les uns les 
autres : en designant par des noms particuliers et en signalant par de 
courtes diagnoses les formes les plus tranchees, je crois avoir leve, pour les 
autres, les difficultes qui m'ont longtemps arrete dans l'gtude de cette 
Mulette, qui rappelle si bien certains des Unio plisses, vivant dans les 
eaux des grands fleuves de FAmerique du Nord. 

Parmi les Mulettes fossiles, YUnio flabellifer trouve son analogue 
dans 1' I/mo flabellatus, Goldfuss, dela molasse Suisse. 

». UNIO VASCONENSIS. 

Unio vasconensis, ftoulet, Nov. sp., 1868. 

Concha rotundata, ventricosa; plicis numerosis , recur vis ad 
marginem superiorem et posteriorem tantiim decurrentibus ; 
plicis alteris destituta ; natibus proeminentibus , tumidis. 

Coquille arrondie, ventrue ; plis nombreux, diriges seule- 
ment, en se recourbant, vers les bords superieur et posterieur; 
les grands plis diriges vers les bords posterieur et inferieur 
manquent; sommets larges et proeminents. 

Longueur 45-55 mill. 

Largeur 32-42 mill. 

Localites : — Dans les sables, a l'etat de moules geodiques, 
a Solan, a Lahas (Gers), R. , R. 

Dans YUnio vasconensis on ne trouve que les petits plis nombreux, 
qui des environs des sommets se dirigent vers les bords superieur et 
posterieur ; les grands plis en eventail, qui, dans l'espece pr6cedente, 
naissent de la base des sommets, manquent completement. 

3. UNIO LACAZEI. 

Unio pictorum, var. Lacaziana, Dupwy, Moll, du Gers, 1843, 



p. 102, non Unio pictorum, Auctorum. — Unio Lacazi, Noulet, 

Mem. do l'Acad. des Sc. de Toulouse, 1846, 1. c. p. 236, 
pi. 4, f. 1-4, pi. 5, f. 1-2, et Mem. cit., 1854, p. 120. 

Concha ovato-oblonga, antice rotundata, postice subangulata , 
plicis destituta; natibus subproeminentibus ; margine superiore 
vix arcuato, margine inferior e linearivel subsinuato; dente car- 
dinali conico-tuberculato. 

Var. a laymontianus, Noulet, 4868. — Unio laymontianus, 

Nouiet, Mem. de l'Acad. des Sc. de Toulouse, 1. c. p. 237 , 
pi. 6, f. 1-2, etMem. cit., p. 121. 

Concha subreniformi, antice et postice rotundata. 

Var. b lartetii forsitan junior, Noulet, 1868. — Unio 
Lartetii, Nouiet, Mem. de l'Acad. des Sc. de Toulouse, 1. c, 
p. 258, pi. 5, f. 3, etMem. cit., p. 122. 

Concha ovata, depressa, antice rotundata, postice suban- 
gulata. 

Coquille ovale-allongee, depourvue de plis, arrondie ante- 
rieurement, subauguleuse posterieurement; sommets peu 
proeminents ; bord superieur a peine arque, l'inferieur droit 
ou legerement sinue ; dent cardinale conique-tuberculeuso. 

Longueur 60-70 mill. 

Hauteur 25-30 mill. 

Var. a. — Coquille subreniforme, anterieurement et pos- 
terieurement arrondie. 

Longueur 80 mill. 

Hauteur 40 mill. 

Var. b. — Coquille ovale , deprimee, anterieurement 
arrondie, subangulcuse posterieurement. 

Longueur 40 mill. 

Hauteur 20 mill. 



- 253 - 

Localites : — Les sables, a l'etat de moules geodiquos, au 
Pin, a Mondavezan (Haute-Garonne) ; a Laymont, a Lom- 
bez, a Lahas, a Montferran, a Cologne, a l'lle-en-Jourdain 
(Gers) ; a Saint-Paul (Haute-Garonne) ; dans un calcaire 
epuise, a Seissan (Gers) ; a Nicole, aa-dessous du calcaire 
gris de Tabor (Lot-et-Garonne) ; les argiles , au-dessus 
du calcaire de Boudou et de Malause, pres de Moissac 
(Tarn-et-Garonne) ; les argiles marneuses, a Roquemaure 
(Tarn), R. 

4. UNIO ANODONTOIDES. 

Umo anodontoides, Noulet, Mem. de l'Acad. des Sc. de 
Toulouse, 1846, I. c, p. 238, et Mem. cit., ^854, p. 422. 

Grande coquille imparfaitement connue, de la taille, au 
moins, de YUnio sinua tus vivant. Elle etait de forme allongee, 
avec l'extremite anterieure arrondie et a sommets assez 
proeminents. 

Localites: — Les sables, avec lesespeces plissees, a Lahas, 
a Pessan, a Saint-Solan, a Lombez (Gers), R. R. 

En constatant la variability si grande de nos types eteints, je me suis 
demande si la Mulette qui nous occupe, mieux connue, ne rentrera pas 
un jour dans YUnio Lacazei? 

II me reste a noter qu'aucun des nombreux exemplaires de ma collec- 
tion se rapportant aux especes, tant plissees que depourvues de plis, ne 
presente de trace d'erosion aux sommets des valves. 



RAPPORT 

SUR LES TRA.VAUX DE LA SOCIETE d'hISTOIRE NATURELLE DE TOULOUSE 
PENDANT l'annee 186C-1867 

Par M. Euegne TRUTAT , secretaire-general de la Societe. 

Messieurs, 

Si vous vous le rappelez, l'idee premiere d'une Socie'te d'His- 
toire Naturelle est entierement due a M. le docteur Guitard : c'est 
lui qui, dans sa lettre du 44 juillet 4866, signalait fort heureuse- 
ment a plusieurs d'entre-vous la necessile d'etablir un lien com- 
mun entre les Naturalistes de notre region. 

Cet appel devait etre entendu. Les adhesions vinrent de tous 
cotes, et, le 24 juillet, M. le docteur Guitard reunissait chez lui 
23 Naturalistes ; le jour meme, la creation de la Societe d'Histoire 
Naturelle de Toulouse etait decidee et, peu de temps apres, l'auto- 
rite prefectorale approuvait les Statuts de la nouvelle association. 

Le 3 aout, enfin, avait lieu la premiere reunion reguliere, dans 
le local que le Directeur de l'Ecole de Medecine avait genereuse- 
ment mis a votre disposition. Mais les vacances venaient aussilot 
disseminer ca et la, ceux que l'idee nouvelle avait su reunir, et ce 
n'est que le 40 novembre que la Societe inaugurait ses seances 
regulieres. 

A cette epoque, nous comptions deja 74 Membres, tous pleins 
de zele et capables de payer un large tribut a la science. 

Comme vous le voyez, Messieurs, il n'avait pas ete besoin d'un 
temps bien long pour rassembler de nombreux elements, et la 
mise a execution avait rapidement suivi le projet. C'est qu'en effet 
la Societe fondee par le docteur Guitard devait marcher sur les 
traces de l'oeuvre qui avait motive son organisation : elle devrait 
mettre le meme entrain, la meme energie qu'avait su apporter 
M. le professeur Filhol a la creation d'un Musee d'Histoire Natu- 
relle; aussi, vous avez cru qu'il etait du devoir de la Societe 
d'oftrir la presidencc a celui qui avait inaugure, a Toulouse, line 
ere nouvelle, pour I'etude des sciences naturelles. 



- 255 - 

Le but de notre Societe est, comme vous le savez, de concourir 
a l'avancement des sciences naturelles, par des travaux de tout 
genre. Aussi, a cote de la science pure et theorique, vous avez 
voulu donner une large part aux etudes pratiques : et, nous ne 
craindrons pas de raffirmer, c'est dans cette voie que doivent 
tendre tous nos efforts. Pour tout naturalisle, en effet, la science 
pratique initie rapidement a la science vraie, et tout homme qui 
se dit naturaliste doit avoir constamment devant les yeux cet 
axiome : Tout par I 'observation, tout par V experience. Sans 
doute, a un certain degre de l'etude des sciences, l'observation 
seule semble devenir insuffisante, mais alors nous sortons de son 
domaine reel. Car, pour nous, Messieurs, la science estlimitee; 
elle a des bornes, au-dela desquelles l'esprit huraain ne pourra 
jamais aller. Ces bornes, il est vrai, semblent reculer chaque jour, 
par 1'effort incessant de l'activite humaine ; mais, remarquez-le 
bien, la science vraie n'etudie jamais que des effets ou, du moins, 
des causes secondares, car jamais elle n'expliquera cette cause 
unique qui regit l'univers, et qu'une secte plus que hardie espere 
renverser un jour. 

Ne croyez pas, Messieurs, que nous voulions rabaisser par la 
nos etudes : nous croyons, pour notre part, qu'iln'est pas de chose 
plus belle pour l'homme d'etudes, que d'arracber a la nature 
quelques-uns de ses innombrables secrets ; et, si nous demandons 
de la science pratique, c'est que nous croyons que c'est a elle seule 
que nous devons les meilleurs progres de notre epoque. 



Vous nous permettrez, maintenant, d'entrer dans quelques 
details sur les travaux qui ont ete le sujet de communications a 
vos seances. 

Zooiogie. — M. le docteur Guitard, en meltant sous nos yeux 
un lezardvert, a deux queues, nous a rappele les opinions diver- 
ses que les auteurs avaient emises a ce sujet. Plus tard, le meme 
mernbre nous a communique un travail important sur la Zoologie 
d'Ussat ; dans ce Memoire, M. le docteur Guitard s'est attache tout 
parliculierement a caracteriser les debris humains qu'il a retires 
de la salle du cimetiere de la grotte de Lombrives. 

M. d'Aubuisson nous a donne' une description detaillee d'uno 



— 256 — 

espece nouvelle de Lepidopteres, VOrthosia pistacinoides, qu'il a 
decouverte aux environs de Toulouse. 

M. Marquet, de son cote, nous a annonce la decouverte d'une 
nouvelle espece de Carabique aveugle, qui vient encore augmenter 
la nombreuse serie de ses decouvertes. 

Le meme membre nous a donne une etude considerable sur le 
genre Clythra. Ce travail , reduit en travaux dichotomiques, sera 
d'un tres grand secours pour les entomologistes qui voudront 
debrouiller les especes difficiles de ce genre. 

J\J. Besaucele a egalement mis sous nos yeux un cas remarqua- 
ble d'hydrocephalie, chez un jeune mulet. 

M. Lambert nous a successivement entretenus : de la nidifica- 
tion du Nelicourvi : ploceus pinsilis et du genre balane. Dans ee 
consciencieux travail, notre savant collegue a relate minutieuse- 
ment les diverses opinions des auteurs anciens sur ce sujet; nous 
esperons voir, plus tard, cette etude completee par un resume 
semblable des ecrits modernes. 

M. Lacroix, dans un de ses voyages a Luchon, a rencontre 
quelques especes doiseaux encore inconnus dans nos regions ; il 
nous a principalement signale 1'Autour de Pensylvanie el le Serin 
a longue queue (1). La meme localite lui a donne une espece 
nouvelle de papillons, que M. Dubois, de Bruxelles, a nomme le 
Lycosia nigrescens. 

M. le professeur Bonamy a, de son cole, decrit la poche a eau 
du Lama; cet organe n'avait pas ele reconnu d'une maniere de- 
fi nitive jusqu'a present. 

Physioiogie. — M. Fourcade a expose, devant vous, sa theorie 
de la parole physique : il a longuement et minutieusement decrit 
les partieularites nouvelles qu'il a su observer sur lui-meme. Mais 
le cote de ces etudes qui nous a surtout entraines, c'estle cote pra- 
tique. Aussi avez-vous cru devoir nommer une commission pour 
examiner l'application du systeme de M. Fourcade a la demutisa- 
tion des sourds-muets; et M. Emile Joly nous a fait connaitre, 
dans un remarquable rapport, les resultats obtenus par M. Four- 
cade. 

A cote de ces experiences, reellement remarquables , nous 
placerons celles, non moins inleressantes, de M. do Lacy. 

(1) Voir Archives cosmologiques, n° 9, page 259 . 



- 257 - 

Vous vous rappelez encore cet auditoire d 'elite, que contenait a 
grand' peine le grand amphitheatre de l'Ecole de Medecine. Aussi 
cette seance nous a largement prouve combien le gout des sciences 
etait repandu dans notre ville, et le succes qu'auraient a Toulouse 
des conferences reellement scientifiques. 

M. de Lacy nous a montre le haut degre de perfection auquel 
sont arrives ses appareils, et combien, dans ses mains, est devenu 
docile cet agent rebelle : l'electricite. Le contraste etait d'autant 
plus frappant, que M. le docteur Guitard nous avait rappele, quel- 
ques instants auparavant, les difficultes qu'avaient rencontrees les 
predecesseurs de M. de Lacy. 

Paleomtologie. — La question nouvelle des ages antehistori- 
quesest souvent revenue sous vos yeux, et plusieurs d'entre vous 
ont successivement expose les resultats de leurs recherches et de 
leurs observations a ce sujet. 

M. Cartailhac, a diverses reprises, nous a entretenu de ses belles 
recherches dans les dolmens de l'Aveyron . 

M. Garrigou vous a parle de ses fouilles dans la grotte de la 
Vache; station interessante, qui renfermait a la fois : l'age du fer, 
l'age de la pierre polie, et surtout l'age du Renne. Ici, la stratifi- 
cation parfaite des depots a permis de verifier, une fois de plus, la 
justesse de la theorie de la succession quaternaire, que notre savant 
maitre, M. Lartet, a si brillainment decouverle. 

M. Guitard, comme nous l'avons dit tout-a-1'heure, s'est occupe, 
de son cote, des debris humains de la grotte de Lombrives. 

M. Filhol a signale la premiere decouverte de stations de la 
pierre polie dans la Haute-Garonne. Les grottes d'Arbas, explo- 
rees avec soin, ont, en effet, demontre 1'existence dans cette loca- 
lite de stations des differentes periodes quaternaires : age de 1'Ours 
des cavernes, age de la pierre polie et age du bronze, probable- 
ment. A cote de cela, une station a presente le fait interessant et 
nouveau d'etre une station de l'Ours, que nous avons cru devoir 
rapporter a l'espece actuelle. Du reste, M. Filhol nous fait esperer 
un travail complet sur ces interessantes grottes d'Arbas. 

Rappelons encore que M. Filhol a signale la presence de YEle- 
phas primigenius , dans les couches quaternaires du boule- 
vard Napoleon, au milieu meme de la ville de Toulouse. 

18 



— 258 - 

M. Pendaries a signals, de son cote, une station fort curieuse 
de l'age de la pierre. D'apres cet observateur, les divers instru- 
ments qu'il a recueillissur lesol, provenaient d'un tumulus enleve 
par un nivellement des terres ; cette station est pres de Villema- 
tier sur les bords du Tarn. 

M. Pendaries continue ses recherches et, dans un travail com- 
plet, il nous promet de relater les differentes observations qu'il a 
pu faire dans cette localite. 

Pour nous, nous vous avons successivement entretenus : des 
grottes de la Bonette, des dolmens de Saint-Antonin, d'une station 
nouvelle de Cervus megaceros , du Felis spelea et de YUrsus spe- 
leus. 

M. Cartailhac nous a lu egalement un travail de M. Beete-Juckes, 
sur le Cervus megaceros. Cette traduction est due a M. Lacrouy, 
qui avait bien voulu mettre a notre disposition sa profonde connais- 
sance de la langue anglaise. 

Geoiogie et Mineralogie. — M. Garrigou nous a, des le 
debut de nos seances, decrit la geoiogie de la station d'Ax, au 
point de vue de ses sources thermales. 

M. Mellies a cherche a etablir que la theorie de la formation du 
calcaire, donnee par M. le professeur Leymerie, devait etre regar- 
ded comme etant en opposition avec les theories chimiques et avec 
1'experience qu'il a cru devoir faire pour demontrer sa proposition. 

M. Fouque s'est occupe de l'etude d'une 'forme cristalline nou- 
velle dans le calcaire : Du prisme triangulaire et de sa derivation 
du rhomboedre. 

Botanique. — M. Filhol a expose devant vous les resultats 
entierement nouveaux de ses recherches sur la Chlorophylle ; et, 
joignant 1'experience a la theorie, il a produit sous nos yeux les 
reactions qui Font conduit a une theorie entierement differente de 
celle admise jusqu'a present. 

Plus tard, M. Filhol nous a egalement montre quelques essais 
de conservation de plantes a l'etat frais; experiences des plus inte- 
ressantes pour l'enseignement de la botanique, car il sera mainte- 
nant tres facile d'avoir, en hiver, les echantillons frais necessaires 
a la demonstration. 



— 259 - 

M. Guitard, continuant ses recherches sur la petite localite 
d'Ussat, nous a donne la nomenclature des plantes qu'il aurait 
recueillies dans ses herborisations ; cette annee, une circonstance 
climalerique lui a meme donne une recolte toute anormalo au 
mois de Janvier. 

M. Lacaze a signale, de son cote, un fait du meme genre a 
Toulouse. II a, de plus, donne des etudes detaillees sur YOEcidium 
oxyacanthm et sur la variete blanche du Lamium purpureum. 

M. Timbal-Lagrave nous a indique la presence, dans une mare 
du Pont-des-Demoiselles, d'une espece nouvelle pour la flore tou- 
lousaine, le Trapa natans, et a rappele les especes aquatiques du 
departement. 

Voila, Messieurs, quels ont ete les travaux communiques dans 
les seances de la Societe; a cote de ceux-la, nous esperions pou- 
voir mettre une serie aussi nombreuse de travaux d'un autre 
genre, je veux parler des excursions. 

Des leretourdu printemps, plusieurs d'entre nous demanderent 
qu'il fut fait quelques courses scientifiques, mais, malheureuse- 
ment, nous nous sommes trouves en face de difficultes que nous 
n'avons pu encore surmonter. Presque toutes les Societes savantes 
ont, en effet, la facilite de voyager a prix reduits y sur les chemins 
de fer 5 c'est grace a cette faveur qu'elles peuvent faire des excur- 
sions un peu considerables. Pour notre Societe, cette demarche 
n'a pu etre encore faite, car nous ne pouvons la demander d'une 
maniere un peu sure que le jour ou nous serons reconnus par le 
Ministere de {'instruction publique. 

Quoi qu'il en soit, la Societe a fait deux courses : l'une dans la 
foret de Bouconne, l'autre dans les bois de Larramet. Ces deux 
excursions n'ont pas produit des resultats tres remarquables ; sauf 
quelques especes rares, recueillies par MM. d'Aubuisson, Filhol, 
Marquet et Riviere, la chasse n'a pas ete abondante ; l'epoque, du 
reste, n'etant peut-etre pas la meilleure. Mais, ce qui n'a jamais 
fait defaut dans ces courses, c'est la plus franche cordialite. Aussi ? 
il n'est personne d'entre nous qui ne desire voir ces reunions plus 
frequentes, elles ne seront jamais plus agreables, mais, a coup sur, 
plus fruclueuses, lorsque nous pourrons nous eloigner un peu de 



— 260 — 

Toulouse et aborder les premiers contre-forts des Pyrenees ou les 
riches vallons de la Montagne-Noire. 

Mus6e. — La Societe a inscrit dans ses Statuts qu'elle concourrait 
a l'augmentation des collections du Musee : cette annee deja, elle 
a largement rempli sa tache ; nous ne pouvons vous enuinerer 
ici les nombreux echantillons que chacun de vous a bien voulu 
offrir ; les proces-verbaux de vos seances ont toujours eu a enre- 
gistrer un grand nombre de dons. Nommer les donateurs, serait 
vous nommer tous, aussi le Musee de Toulouse ne peut que 
remercier la Societe toute entiere, car il a deja trouve en elle un 
puissant auxiliaire. 

Non seulement vous avez enrichi nos collections de nombreux 
echantillons, mais nous avons trouvq parmi vous des collaborateurs 
aussi instruits que pleins de zele et de devouement. 

MM. Besaucele, de Monllezun, Marin et Piette ont, comme tou- 
jours, mene heureusement a bien, de jolies preparations, et, en 
voyant leur habilete, nous ne regrettons qu'une chose, c'est d'etre 
oblige d'abuser, forcement quelquefois, de leur complaisance, car 
vraiment il faut un devouement a toute epreuve pour entreprendre 
des travaux aussi ennuyeux que l'empaillage. 

M. Charles Fouque a revu notre mineralogie presque entiere, 
et, si un local suffisant avait permis de deballer les echantillons 
empiles dans les caisses, cette partie de notre collection serait 
aujourd'hui completement classee, grace a i'ardeur toute juvenile 
de notre excellent ami. 

M. Marquet a bien voulu entreprendre le classement de la nom- 
breuse collection entomologique, et vous avez pu voir deja qu'il 
cut ete difficile de rencontrer un savant, a la ibis, plus solide au 
travail, et plus sur dans ses determinations. 

M. d'Aubuisson commence maintenant un travail semblable, et 
nous esperons, dans le courant de l'annee, avoir complete la col- 
lection des lepidopteres du departement. 

M. Cartailhac, enfin, nous a ete d'un tres grand secours pour le 
classement de nos collections antehistoriques ; ce travail conside- 
rable, interrompu par le manque d'espace, va, fort heureusement, 
etre bientot repris, et la nouvelle salle des cavernes vous mon- 



— 261 — 

trera bientot que l'epoque quaternaire du midi de la France ne le 
cede en rien aux autres pays. 

La Societe aura done prouve deja qu'elle possedait, au supreme 
degre, cette ardeur au travail qui est le gage assure d'un brillant 
avenir ; et, si elle a trouve quelquefois qu'elle ne faisait pas encore 
assez, e'est a la force des choses qu'elle doit les quelques entraves 
qu'elle a rencontrees sur sa route 

Les relations que la Societe a pu etablir sont deja considerables; 
1'envoi de notre Bulletin nous a deja valu les reponses a vos 
demandes d'echanges de 19 Societes. 

Et cependant, Messieurs, tous ces resultats ont ete obtenus par 
nos seules forces ; dans quelques jours, votre Tresorier vous rendra 
compte de l'etat de notre caisse, mais je ne puis m'empecher de 
signaler, aujourd'hui, le mince budget de notre Societe etde vous 
faire prevoir combien vos travaux, et surtout vos publications, 
seront facilities lorsque votre Societe, mise sur le pied des autres 
reunions savantes de notre ville, verra, a la fois, le Ministere, la 
Prefecture et la Mairie aider a ses depenses ; a nous, Messieurs, de 
juger si nous avons assez fait deja pour essayer une demande, ou 
si nous devons patienter encore. 

Comme nous vous l'avions dit deja, au 46 novembre dernier 
nous comptions 74 membres ; aujourd'hui, nous avons atteint le 
chiffre de 96. C'est done 22 membres que nous avons acquis dans 
le courant del'annee. 

A cote de cette augmentation considerable, nous avons deja cette 
annee, a vous parler des pertes que nous avons failes. Vous le 
savez tous, le docteur Estevenet est mort au commencement de ce 
mois, et notre Societe a fait la une perte immense. La reputation 
du docteur Estevenet en faisait, en effet, un des hommes les plus 
considerables de notre cite ; son habilete comme chirurgien l'avait 
mis au premier rang dans le corps medical de Toulouse; sa parole 
claire, facile, elegante, nous l'avait fait connaitre professeur dis- 
tingue, et tous ceux qui ont suivi ses cliniques de l'Hotel-Dieu 
Saint-Jacques, se rappelleront longtemps le succes de son ensei- 
gnement. 

Des le debut de notre Societe le docteur Estevenet avait accorde 



- 262 - 

toutes ses sympathies a l'ceuvre nouvelle j de tous temps, en effet, 
il avait observe, et il avait su observer avec une sagacite merveil- 
leuse. Son habilete comme analomiste l'avait souvent en train e dans 
des preparations minutieuses d'anatomie comparee, et nous ne 
pouvons que trop regretter que la cruelle et longue maladie qui l'a 
emporte ne lui ait pas permis de mettre la derniere main a un 
travail sur le systeme venimcux de la vipere, travail qu'il destinait 
a notre Bulletin, et qui devait etre accompagne de ces merveilleux 
dessins dont lui seul avait le secret. 

Ma tache est terminee et j'ose esperer que, malgre toutes ses 
imperfections, ce premier Rapport montrera , d'une maniere 
evidente, que Toulouse n'a pas encore perdu cet amour de Petude 
qui a fait autrefois sa veritable reputation. Remercions done encore 
M. le docteur Guitard de son heureuse institution et si deja nous 
avons pu affirmer notre existence, osons dire que le passe repond 
de l'avenir. 



- 263 - 
LISTE 

SOCIETE I 
DE TOULOUSE. 

Au 16 novembre 1867. 



Membres n6s. 

Le Prefet de la Haute-Garonne. 

Le Maire de Toulouse. 

Le Recteur de l'Acad^mie de Toulouse. 

IHembres honoraires. 

MM. le docteur Clos, professeur a la Faculte" des sciences. 
Dulaurier, membre de l'lnstitut. 
Filhol, professeur a la Faculte des sciences. 
Iavocat, directeur de l'Ecole veterinaire. 
E. Lartet, a Paris. 
Noulet, professeur a l'Ecole de me"decine. 

COMPOSITION DU BUREAU 

Pendant l'annee 4 866-1867 (1). 

President : M. Filhol, professeur a la Faculte des sciences. 

Vice-president : M le docteur Guitard , professeur a l'Ecole de 

medecine. 
Secretaire- general : M. Eugene Trutat, conservateur du Musee d'his- 

toire naturelle. 
Secretaire-adjoint : M. Marius Lacaze. 
Tresorier : M. Charles Fouque. 

(1) Dans sa seance du 11 novembre 1866., la Societe a decide que, contraire- 
ment au reglement, le bureau de 1866 etait nomme pour trois ans 



- 264 



LISTE 



DES SOCIETES CORRESPONDANTES. 



Societe academique des sciences de Maine-et-Loire. 

Academe des sciences, belles-lettres et arts de Clermont-Ferrand. 

Societe des sciences et arts de Vitry-le-Francais. 

Academic des sciences deLa Rochelle. 

Societe de climatologie Algerienne. 

Societe des sciences physiques et naturelles d'lle-et-Vilaine. 

Societe d' agriculture de la Haute-Garonne. 

Societe de medecine, chirurgieet pharmacie de Toulouse. 

Societe imperiale d'acclimatation. 

Archives cosmologiques de Bruxelles. 

Societe des sciences naturelles et historiques de l'Ardeche. 

Societe linneenne de Maine-et-Loire. 

Societe archeologique, scientiftque et litteraire de B6ziers. 

Societe d'emulation du Jura. 

Societe des sciences naturelles de Golmar. 

Societe des sciences historiques et naturelles de Semur (C6te-d'Or) 

Societe litteraire, scientifique et artistique d'Apt (Vaucluse) . 

Societe d'archeologie, sciences, lettreset arts de Seine-et-Marne. 

Societe des sciences naturelles de Strasbourg. 

Socie'te linneenne de Bordeaux. 



- 265 



MEMBRES TITULAIRES. 



Messieurs, 

D'Adhemar (Victor). 

D r Alzieux, a Axiat (Ariege). 

D r Armieux. 

D'Aubuisson (Auguste), Fondateur 

Badin, chirurgien-orthop6diste. 

Belleville, commandant en retraite. 

D r Bellicher. 

De Belot, vice-consul de San-Salvador, a Bordeaux. 

Berdoulat (Jules), Fondateur 

Besalcele, etudiant en medecine. 

Biroteiu. 

D r Bonamy, professeur a l'Ecole de Medecine. 

Bonnal (Edmond), Fondateur. 

D r Bonnans, aux Cabannes (Ari6ge). 

D r De Bourilhon. 

Bordenave, chirurgien-dentiste. 

BnuN(Emile), conservateur du Museum de Montauban. 

Galmels (Henri). 

Gambe (Hippolyte), avocat. 

Carrere, etudiant en droit. 

L'abbe Carriere. 

Cartailhac (Paul-Emile), Fondateur. 

Cassanhol (Edmond), Fondateur. 

Chalande, Fondateur. 

Glergeaud, juge d'instruction a Villefranche (Haute-Garonne) . 

Compayre (Ernest), a Gaillac (Tarn). 

De Const ant -Bonneval. 

De Goustou-Goysevox, a Montauban. 

Dr CuSON. 

Guq, interne des hopitaux de Toulouse. 
D 1 ' Delate. 

'9 



— 266 - 

f ) esc los , phar macien . 

DrnouL (Leopold). 

L'abbe Duilhe-de-Saint-Projet . 

Faure (Amedee). 

Filhol (Henri), interne des hdpitaux dc Paris. 

Fittere, pharmacien, a Auch. 

Fouque {Charles), Fondateur. 

Fourcade (Vincent-Marius). 

D r Garrigou. 

D r Gourdon, professeur a l'Ecole Veterinaire. 

D r Graciette. 

D r Guiraud, a Montauban. 

D r Guitard, professeur a l'Ecole de Medecine, Fondateur. 

Hebert, ingenieur des mines. 

Henquel. 

Jaybert, juge de paix, aux Cabannes (Ariege) . 

D r Jeanbernat. 

Joly (Arthur), professeur au Lyc£e de Vile de la Reunion. 

D r Joly (Emile) . 

Jouet. 

D r Labeda, chef des travaux anatomiques a l'Ecole de Medecine. 

Lacaze (Marius), Fondateur. 

Lacroix (Adrien), Fondateur. 

Lambert, Fondateur. 

Lassere, capitaine d'artillerie. 

Magnan (Henri). 

Magnes fds. 

De Malafosse (Louis). 

De Marin (Philippe). 

Marquet, Fondateur. 

Marty, Fondateur. 

Mazuc. 

Mellies, professeur a l'Ecole des Arts, Fondateur. 

De Montlezun, Fondateur. 

Mussy, ingenieur des mines, a Vicdessos (Ari6ge). 

D r Palenc. 

Pendaries (Emmanuel). 



- 267 - 

Peyre fils, Fondateur. 

Piette (Alexandre), Fondateur. 

PlAj professeur a l'Ecole Normale, Fondateur. 

De Planet. 

Regnault (Felix). 

Riviere, Fondateur. 

Rozy, professeur a l'Ecole de Droit . 

Sarrans. 

De Saint-Paul (Amed6e), officier de marine en retraite. 

De Saint-Paul (Arthur) , sous-inspecteur des forets a Prades ^P . -0 . ) 

De Saint-Lieux (Charles). 

Suau, de l'Escalette. 

Tanq, pharmacien. 

Thomas (Philadelphe), aGaillac (Tarn). 

Thoumaing, chef de gare, a Foix. 

Timral-Lagrave, pharmacien. 

Trutat, conservateur du Museum, Fondateur. 

Vidal. 



MEMBRES CORRESPONDANTS. 



Capdenat, lieutenant au 32 e de ligne. 
Bruno-Dusan, directeur de la Revue archeologique. 
Fourcade (Charles), veterinaire a Luchon. 
Mondain (Georges) 



ERRATA. — Page 87, ligne 20. 
Au lieu de : elie est contenue, Usez : elle est normalement (c 1 est-a-dire les 
iabiees ordinaires) contenue. 



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TABLE DES MATIERES. 



Ax, scs Sources, sa Gcologie, par le D r F. Garrigou. 1 

Note sur un Lizard vert a deux queues, par le D r Guitard 15 

Memoirc sur TQEcidium oxyacantha?, par M. Marius Lacaze 19 

Nota relative a la theorie de M. Leymerie (professeur de geologie a la 
Facultc des sciences de Toulouse), sur l'Origine du Calcaire dans la 
nature, par M. J.-M. Mellies, preparateur de chimie a la Faculte 

des sciences de Toulouse 30 

Kote sur les proprieles chimiques de la Chlorophylle, par M. E. Filhol. 33 
Du Prisme triangnlaire dans le Calcaire, sa derivation du rhomboedre, 

par Charles Fouque 37 

Note a propos du Trapa Nalans L., decouvert a Toulouse, par M. Timbal- 

Lagrave, pharmacien 39 

Note sur une espece nouvelle dXJrthosia, par Aug. d'Aubuisson t2 

Fssai sur la Flore d'Ussat, par le D l Guitard. ... 44 

Age du Reune dans la grotlc de la Vache, vallee de Niaux, pres Tarascon 

(Ariege), par le D 1 F. Garrigou 58 

Etude sur la forme generale du Crane chez TOurs des cavernes, par 
M. Eugene Trulat, conservateur du Musce d'histoirc naturelle de 

Toulouse 07 

Note sur la variete a fleurs blanches du Lamium Purpureum, suivie de 

quelques considerations sur I'Albinisme, par M. Marius-Lacaze. . . 85 
Tableau des especes europeennes du genre Clythra (Laicharting), par 

M. Marquet 91 

Mcmoires sur les Coquilles fossiles des terrains d'eau douce du Sud-Oucst 
de la France, par J.-B. Noulct, D.-M., professeur de therapeutique 
et de matiere medicale a TEcole de Mcdecine de Toulouse, professeur 
de la chaire d'agriculturc de la meme ville, membre dc plusicurs 
Societes savantes 10S 

— Premier Mcmoire sur les Coquilles fossiles du calcaire lacuslre 
infra-nummulitique du departement de TAudc (eocene inferieur). . . 110 

— JJeuxieme Mcmoire sur les Coquilles fossiles du terrain eocene 
inferieur, dans le bassin Sous-Pyreneen 123 

— Troisiime Mcmoire sur les Coquilles fossiles du terrain d'eau douce 
moyen ou mioccne dans le bassin Sous-Pyreneen 182 

Uapport sur les travaux de la Society dTIistoire naturelle dc Toulouse 
pendant l'annee 1806-1807, par M. Eug. Trulat, secretaire-general 
de la Sociele 254 

l.iste des membres dc la Socictc 203 



Toulouse. — Typographic dc Bonnai. et Gibiuc, rue St-Home, 44,